
Par Jeanne Doré le 20 mai 2008
Marque : Hermès
Année : 2007
Créé par : Jean-Claude Ellena
Style: classique - frais - propre
Note des visiteurs :
(7 avis)
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par NathalieB, le 20 mai 2008 à 12:01
Je ne la connait pas cette fougère minimaliste mais cette jolie description me fait très envie de la sentir.
par Poivrebleu, le 20 mai 2008 à 12:23
J’ai beaucoup aimé cette lavande originale dans les Hermessences, qui redore un peu le blason de cette matière qui me plait tant, même si en effet, elle est souvent associé à une parfumerie d’usages ménagers ou cosmétiques. Brin de Réglisse fait aussi la démonstration du talent de Jean Claude Ellena, qui nous ravis chaque fois avec ses créations d’une simplicité (apparente) déroutante. En revanche, un élément a piqué ma curiosité. Bien que je conçoive l’intérêt de recréer soi-même une lavande dans l’exercice en question ici, je me demande pourquoi faut-il considérer certains aspects de l’huile essentielle naturelle comme désagréables ou bien même inutiles ? Une matière première naturelle a plus de valeur à mes yeux (et à mon nez) justement pour cette raison, parce que tous les aspects, même ceux qui sont moins propres, moins convenus, en font parties.
Ce sont ces facettes qui donne en partie vie à la matière et lui donne du relief. Les odeurs animales, de poussière, de moisi font parties aussi de notre quotidien et ont à mon sens la même importance que les autres, sinon que diable venait faire la civette dans nos parfums d’antan ? Et que dire alors de la divine odeur du patchouli, une matière magnifique du début à la fin, qui récolte pourtant des "Ah mais ça pue ce truc !" lorsqu’on le fait sentir pur, à des personnes qui le découvre pour la première fois ?
Qu’en pensez-vous ?
par jerryb, le 20 mai 2008 à 20:50
Bonjour Poivrebleu, ce parfum est effectivement une très belle lavande, et il serait étonnant que J.C.Ellena ne se contente que de reproduire une essence sans l’utiliser "pure" dans sa formule. Pour répondre à vos interrogations, l’essence de lavande utilisée dans Brin de Réglisse est très certainement une essence naturelle, mais ce qui fait la différence, c’est le traitement qu’elle a subit. Il s’agit surement de ce que l’on appelle une "extraction Co2". Cette méthode, innovante par rapport à une distillation classique, fait ressortir les plus belles matières premières comme la rose (ds rose ikebana), le poivre (ds poivre samarcande), la lavande (ds brin de réglisse) et bien d’autres, de manière plus claire, plus lumineuse, plus fine, je dirai même plus "pure". Ceci permet de créer des parfums plus "aériens". En revanche, pour le patchouli, c’est un traitement à l’acide dit "acid washed" qui permet de d’avoir un patchouli plus fin, moins"poussiéreux" et sans la note chocolatée. Il fait des merveilles dans dans les floraux et les Colognes. Je n’ai pas confirmation des ces informations, mais elles semblent logiques. D’autres précisons sont les bienvenues. A bientôt
par carmencanada, le 20 mai 2008 à 23:52
J’ai trouvé un Brin de Réglisse assez délicieux au départ, mais un peu chétif à l’arrivée. L’odeur de réglisse qui s’assortit si bien à l’une des facettes de la lavande s’est évaporée en quelques instants, le reste a suivi d’assez près... Dommage, ce manque de ténacité est ce qui m’empêche d’apprécier des exercices minimalistes et élégants comme Un Brin de réglisse ou Vétiver Tonka à leur juste valeur.
par Jeanne Doré, le 21 mai 2008 à 10:00
Poivre Bleu, remarque intéressante, mais rappellons nous qu’une huile essentielle, ou une absolue, ce n’est déjà plus la nature, mais le produit d’une transformation physique et chimique d’un composé naturel qui aboutit à un mélange dont l’odeur diffère bien souvent de la plante d’origine, car bon nombre des composants sont transformés ou dégradés par la chaleur. C’est en cela que l’exercice de J.C. Ellena est appréciable, car il tente de reproduire au plus proche ce que la distillation ne peut toujours nous donner : l’odeur de la vraie lavande.
JerryB, d’après ce que j’avais lu dans une interview d’Ellena, il me semblait qu’il avait bel et bien reconstitué lui-même entièrement l’odeur de la lavande, sans faire appel à une huile essentielle, mais peut-être avais-je mal compris ?...
Carmencanada, je reconnais que la puissance n’est pas extraordinaire, mais j’aime justement cette évolution decrescendo, qui en fait un parfum pudique et discret, plutôt un parfum pour soi qu’un parfum pour les grands soirs...
par Poivrebleu, le 21 mai 2008 à 11:01
Merci à tous pour vos réponses. En effet, je n’avais pas pensé au mode d’extraction au CO² qui préserve les qualités de la plante (merci Jerry B). A-t-on déjà essayé avec du muguet ? Enfin, ce que je voulais surtout dire ici, c’est que je suis pour ma part attaché à la petite touche naturelle un peu rustique, et s’il le faut animale dans les parfum.
par Girl SoDeadly, le 22 mai 2008 à 04:51
Plus ca va plus Ellena s ’emporte dans sa quete obsessionelle minimaliste. Pas un mauvais parfum mais pas un chef d ’oeuvre non plus, une senteur reduite a trois accords ; lavande, reglisse sur fond de coumarin, un exercise de style olfactif qui n ’a rien de folichon et qui ne detronera pas Pour Un Homme !
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[Bâton de lavande]
Jean-Claude Ellena dit des Hermessences qu’elles sont son laboratoire d’idées, qui lui permet d’apprendre à aller à l’essentiel, de « dépouiller sans simplifier » ses créations olfactives.
Sa dernière expérience en date s’est portée sur la lavande, célèbre fleur provençale, rarement considérée comme matière noble, car plus souvent galvaudée dans les mousses à raser, nettoyants pour le sol et autres assouplissants pour linge, en raison de son prix abordable. L’huile essentielle naturelle de lavande, outre ses facettes fraîches, florales et camphrées, comporte également certains aspects moins agréables, quelques notes poussiéreuses de champignon, voire pour certains, animales.
Au lieu de rechercher la meilleure qualité qui soit, Ellena a donc plutôt décidé de recréer sa propre version de la lavande idéale, en décortiquant les quelques 300 molécules qui constituent l’essence naturelle, et en composant une lavande volontairement sèche et intense. Un bel exercice d’épuration, qui démontre au passage que la synthèse peut avoir parfois des avantages par rapport à la nature... La lavande, ainsi débarrassée de ses composants encombrants, se retrouve alors délicatement et intimement imbriquée à une réglisse noire et gourmande qui vient se substituer aux notes de fonds manquantes, dans un bel équilibre chaud-froid parfaitement maîtrisé. Les notes fraîches du départ évoquent la bergamote (normal, il existe un point commun entre cette dernière et la lavande qui s’appelle le linalol), tandis que la fleur d’oranger rappelle l’odeur de guimauve. La coumarine aux accents de tabac et de foin complète cette fougère expérimentale d’une autre ère dans un esprit intimiste, minimaliste, mais loin d’être simpliste.