
Par civetta le 31 janvier 2010
Marque : Guerlain
Année : 1889
Créé par : Aimé Guerlain
Style: classique
Famille: Orientale
Note des visiteurs :
(53 avis)
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par Géraldine, le 1er février 2010 à 17:38
Jicky fut mon cadeau de Noël cette année, en eau de parfum. Il me faisait rêver depuis quelques temps. C’est également mon premier Guerlain : à 40 ans, il était temps ! Sur moi les notes animales et vanillées sont celles qui ressortent le plus, mais c’est surprenant comme il garde une certaine fraîcheur aromatique. Ténacité excellente en effet, je le sens encore le soir quand je bouge la tête -sans m’en être inondée. Je l’abandonne parfois quelques jours et le retrouve avec émotion. Un animal très doux lové contre moi, qui me donne un petit coup de patte de temps en temps. Une histoire qui commence, sans doute. Je prends le temps d’apprivoiser ce monument.
par civetta, le 1er février 2010 à 20:08
Geraldine>> entièrement d’accord avec toi ! pour ce que tu dis : "quand on bouge la tête le soir" (pour peu qu’on en ait mis derrière les oreilles)...c’est exactement ça ! tu vas voir, tu ne pourras plus t’en passer ; personnellement, j’essaie d’en changer juste histoire de changer, mais impossible. Trop fidèle à la guerlinade via Jicky...
par sophie, le 1er février 2010 à 22:21
Merci beaucoup pour cette magnifique revue parfumée, chère Civetta ! Cela m’a incité à tester un échantillon de ce parfum ce soir,et, comme vous le dites si bien j’y perçois une lavande sombre et vanillée, avec un fond animal, très boisé/mousse, entre fraîcheur et sensualité. J’aimerais savoir dans quelle concentration vous portez ce parfum, car je crois que mon échantillon est le parfum de toilette, mais je ne sais pas ce que vaut l’eau de toilette actuelle et l’extrait. Bien à vous.
par PoisonFlower, le 1er février 2010 à 23:48
Homme ou femme ? Fougère ou oriental ? Jicky est à bien des égards un éternel point d’interrogation dans le monde des parfums. Et c’est ce qui fait précisément son charme.
Je n’arrive d’ailleurs pas, moi non plus, à avoir un ressenti arrêté en ce qui le concerne, tant il peut évoquer des choses différentes selon qu’on le porte en eau de toilette ou en eau de parfum.
L’eau de toilette, fraîche et fugace à souhait, fait la part belle au cocktail agrumes/lavande/aromates (je crois y déceler un soupçon de menthe également) et évolue, sur moi en tout cas, vers un accord fougère boisé à l’odeur de foin et de mousse à raser.
L’eau de parfum, quant à elle, oublie les agrumes pour se concentrer sur la lavande et les aromates pour un effet "étal de fruits et légumes au marché", avant de plonger dans le foin et des notes sombres aux relents boisés et animalisés.
Dans les deux cas, je ne ressens personnellement pas une véritable influence orientale dans Jicky, nulle trace ici en effet d’effluves distinctement poudrés, vanillés et/ou ambrés.
Là où l’eau de toilette ne m’a jamais semblé avoir changé, il en va différemment pour l’eau de parfum. De mémoire, vers 2000/2001 (alors encore intitulée parfum de toilette), elle était semblable à celle que l’on trouve actuellement dans le commerce (mon vaporisateur date de fin 2008 à vrai dire), alors que vers 2004 les notes de fond me paraissaient plus rondes et douces, avec un petit côté marshmallow.
Je n’ai plus de souvenirs assez précis pour décrire l’extrait, porté deux ou trois fois il y a une dizaine d’années grâce à un fond de testeur. J’en ai pourtant bien un flacon tout neuf (soldé à - 50 % l’an dernier !), mais la présentation est tellement ravissante et raffinée que je n’ose encore le desceller... ^^
Ce qui me fait tant aimer Jicky ? Le fait qu’il ne renvoie olfactivement à aucun territoire sexué précis et puis aussi ce refus de la douceur, de la séduction facile.
Jicky ne sent pas le parfum à proprement parler, il sent bien évidemment bon, car son odeur est quand même avant tout agréable, mais cela va au-delà de la simple bonne odeur. Ainsi, la première fois que j’ai senti Jicky, mon impression a été, avant même de me dire "Ca sent bon"/"Ca pue" ou "J’aime"/"J’aime pas", qu’il sentait le... vieux, mais pas vieux au sens négatif, car cela se rapprochait en fait de ce que l’on peut (re)ssentir lorsque l’on entre dans une vieille maison bourgeoise des centres-villes français : le parquet craque au gré des pas et ce simple son nous rappelle que la maison a un vécu de plusieurs dizaines d’années, le temps loin de la dévaloriser lui confère ainsi au contraire une patine qui ne fait qu’augmenter son charme. Dans le même ordre d’idées, Jicky m’évoque d’ailleurs à certains moments l’odeur de l’intérieur d’une maison bourgeoise dont le parquet aurait été fraîchement ciré.
Finalement, je considère davantage Jicky comme le prolongement d’une personnalité que comme un quelconque sent-bon. On le porte avant tout pour soi, parce qu’on se retrouve dans ce qu’il sent - il est discret tout en étant doté d’une forte individualité - et non pour se faire remarquer.
par Thierry, le 2 février 2010 à 12:48
Je comprends "l’embarras" de Jeanne... J’aurais moi aussi des difficultés à placer des mots sur ce parfum...
Pas seulement parce qu’il s’agit d’un monument, mais dans mon cas, parce qu’il est consubstantiel à ma personne même si je ne le porte que très rarement, pour mieux en redécouvrir toutes les facettes ? pour mieux me retrouver face à moi-même ?
Combien vous dois-je docteur ?
par Jeanne Doré, le 2 février 2010 à 21:42
Merci à tous pour vos commentaires, et bien sûr à Civetta pour sa contribution !
En réalité, j’aurais bien pu, si vraiment je m’étais un peu forcée, écrire quelque chose sur Jicky, mais comme Civetta m’a directement proposé de le faire, j’ai sauté sur l’occasion de combler une des grandes lacunes du site ! Et comme il en reste beaucoup d’autres, les volontaires sont bienvenus ... ;)
Quoiqu’il en soit, je suis heureuse que ce parfum ait enfin sa page sur auparfum !
Je n’ai jamais porté Jicky, mais à chaque fois que je le sens, je suis comme impressionnée, intimidée par cette beauté à la fois simple (magnifique dualité lavande-coumarine) et pourtant complexe (comme vous l’avez dit, chaque facette scintille à son tour en alternance). Je lui trouve également un charme aristocratique voire monarchique, avec cette sensation d’âge séculaire, d’ancêtre de la parfumerie moderne, car c’est tout de même l’un des derniers vétérans de la parfumerie du 19ème siècle encore présent dans un Séphora !
par PoisonFlower, le 2 février 2010 à 22:27
J’avais oublié de valider ma note, oubli réparé ! ;-)
Ce statut de vétéran de la parfumerie a cet avantage qu’il permettra sans doute à Jicky de conserver à jamais une place dans le catalogue Guerlain (même si elle est de plus en plus réduite : une gamme de seulement cinq références, une exposition quasi nulle dans les rayons des parfumeries...), puisqu’il fait assurément partie des intouchables de la marque, juste derrière le trio de choc L’heure bleue/Mitsouko/Shalimar, que les ventes soient satisfaisantes ou confidentielles.
par civetta, le 2 février 2010 à 22:51
Chère Sophie, je porte JICKY depuis des années en "Eau de parfum", dans son etui recharge doré plat (tel qu’il se faisait il y a plus de 10-15 ans maintenant) et dont, d’ailleurs, j’ignore s’il se fait toujours puisque je n’achete plus que la recharge plate à insérer dedans (et pas toujours sans peine d’ailleurs, cet achat : les vendeurs doivent toujours fouiller un bon moment en fond de tiroir pour m’en trouver un exemplaire...sous les HEURE BLEUE empilées et autres Guerlain plus vendus, sans doute) ce qui me fait redouter chaque fois qu’un beau jour l’on me reponde : ah non, on ne le fait plus, madâââme ! si cela devait arriver, je crois que je ferais un massacre ds la parfumerie ! - :)
par civetta, le 3 février 2010 à 12:07
Poisonflower>> je plussoie tout ce qui est dit et notamment que "Jicky sans le vieux" en comprenant très très bien ce que vous voulez dire ; espérons aussi que le statut de vétéran lui confère sa perennité... (quel dommage que Guerlain ait arrêté l’excellent Coriolan..)
par julita54, le 3 février 2010 à 14:50
Qui pourrait me parler de l’extrait,svp ? je l’ai en EDT vintage mais je suis tentée par l’extrait, or il parait qu’il est très (trop) animalisé !!!!!!!!!! Je trouve l’EDT actuelle trop plate voire insipide : on ne sent pratiquement qu’une lavande proprette et toute l’ ambiguité de Jicky a malheureusement disparu !
par civetta, le 4 février 2010 à 10:34
julita54>> je n’ai pas cette impression avec l’eau de parfum qui me satisfait pleinement et je ne trouve pas qu’il n’en reste que la lavante proprette, au contraire (de tte façon, je ne prends jamais l’eau de toilette, sûrement trop légère) ; quant à l’extrait, je ne le connais pas vraiment (trop cher, je n’ai jamais tenté)
par eh-andy, le 4 février 2010 à 19:48
Je m’excuse, mais pour l’image du pipi de chat, vous tombez justetellement juste !.. Je ne vois pas tellement ce que ça a de valorisant pour un parfum que l’odeur du pipi de chat, surtout lorsque l’on sait que Guerlain torture effectivement l’arrière-train des civettes, quasi des chats, duquel vous semblez aimer recevoir des coup de pattes olfactifs.. !! J’aime beaucoup certains parfums guerlain, certes jicky c’est un vestige 1900, mais quand même... torturer des animaux pour un sillage "vintage" j’adhère moyennement. Un jeune amateur de parfum qui déteste les parfums synthétiques, qui aime les vrais parfums, mais qui reste un peu gêné par les méthodes guerlain..
par civetta, le 5 février 2010 à 08:40
eh-andy>> j’avoue que j’ignore un peu ds les details la question de la civette (mais vous avez sans doute raison, d’ailleurs quel parfum ou quelle marque de parfum ou de cosmetique est nickel question environnement et respect des animaux ? je doute...) ; quant à savoir si c’est valorisant, sur le papier dit comme ça, cela peut paraître négatif en effet, mais (cette impression n’etant que très fugitive et perceptible qu’en connaissant par coeur JICKY pour en decouvrir toutes les facettes les plus infimes) c’est en réalité un compliment pour nombre des parfums Guerlain auxquels cela donne cet aspect animalisé qui en fait des parfums "de peau". J’avais senti la "civette" en element isolé à l’Osmotheque à Versailles (demonstration par Jean Kerleo à l’epoque) et en sortant, j’avais senti (juste après) Vol de Nuit. Parce que j’avais memorisé l’odeur "pure et isolément", du coup elle sautait au nez d’evidence qd on sentait Vol de nuit juste après...
réponse de Troudujol, le 5 février 2010 à 10:02
A ma connaissance, les produits animaux ne sont plus utilisés en parfumerie et sont mêmes interdits. Ils ont laissé la place à des produits synthétiques de substitution.
par Jeanne Doré, le 6 février 2010 à 10:18
Eh-andy, rassurez-vous, je vous confirme comme l’a mentionné Troudujol que plus personne n’utilise de civette naturelle aujourd’hui, pas même Guerlain ! Toutes les matières premières d’origine animale ont été remplacées par leur équivalent synthétique, c’est à dire une reconstitution au plus près de chacun de leurs constituants, obtenue par assemblage.
par incense, le 6 février 2010 à 11:49
Ahhhh.... Jicky....Quel drôle de parfum quand même. Le parfum le plus "Dr Jekyll & Mr Hide" que je connaisse. Un départ scintillant, et oui, très aristocratique. Un pur bonheur. Je ne parle que de l’EDP, que je porte régulièrement. Cette lavande... Puis, très vite, on découvre un fond tout à fait étonnant. Parlons cru, mais ce n’est pas le pipi de chat qui me saute au nez, mais son caca. Bon, d’accord, dit comme ça, brutalement, ca peut paraitre exagéré, mais je vous assure que c’est ce que je ressent ! Plus étrange, cela fait partie de la beauté de ce parfum. Un délicieux animal sublime, doux, et pas très propre, un petit sauvageon. En revanche, ce parfum me semble beaucoup plus masculin dans son orientation aromatique/animal. Je ne l’ai encore jamais senti sur une femme... En revanche, j’ai testé Jicky + Spiritueuse Double Vanille, et on tombe sur un joli Shalimar masculin ! en tout cas, un **** Luxe !
réponse de Thierry, le 7 février 2010 à 10:26
Je ne saurais dire si Jicky contient ce matériau, mais le Skatol est je crois assez souvent utilisé pour remplacer les produits animaux désormais prohibés. La substitution du K au C reste anecdotique (transcription anglo-saxonne ? ) mais l’évocation, elle, est sans ambiguïté, quelle que soit la forme prise par les excréments....
"pipi, caca, popo" c’est ça aussi la grande parfumerie !
réponse de Méchant Loup, le 7 février 2010 à 11:16
Thierry, en effet, il ne serait pas étonnant que la civette reconstituée utilisée aujourd’hui dans Jicky contienne du scatol, mais aussi bien d’autres composants pour la rapprocher au plus près de la richesse de la "vraie" désormais interdite !
par Jeanne Doré, le 7 février 2010 à 14:56
Incense, C’est drôle que vous évoquiez ce mélange, car la légende veut que ce soit en renversant une louche de vanilline dans une cuve de Jicky que Jacques Guerlain aurait inventé Shalimar ! Comme quoi, vous avez vous-même recréé le mythe !
Thierry, Méchant Loup, en effet l’absolue de Civette contient du scatole (je ne l’ai toujours vu qu’avec un “C”...), de l’indole (présent aussi dans le jasmin) et de la civetone (phéromone macrocyclique), entre autre, et surement plein d’autres molécules présentes en infimes quantité qui n’apparaissent peut-être pas aujourd’hui dans le substitut synthétique...
par Donald Bovy, le 26 février 2010 à 23:04
Il y a un grand mystère pour moi derrière ce premier parfum moderne ou du moins le premier moderne toujours « vivant ». En effet, « Jicky était le nom familier par lequel Aimé appelait son neveu Jacques » (C. Fellous, Guerlain. 1987)). J’imagine un oncle émerveillé par tant de talents chez son jeune apprenti, Jacques Guerlain, créateur selon moi d’au moins 3 des 10 plus grand parfums au monde. Aimé Guerlain, le créateur de Jicky, ne s’est pas marié et la famille a du communiquer sur le fait qu’il avait un amour platonique : une longue correspondance avec une femme de l’autre côté de la manche. Un parfum tellement moderne qu’il ne rencontre pas le succès auprès de femmes lors de sa sortie en 1889. Ce sont les hommes qui vont le porter les premiers. Ce n’est qu’en 1912 que la presse féminine finit par « l’honorer ». Jicky est donc le premier parfum moderne (1889). Il est féminin et masculin. Il porte le nom d’un homme mais il est destiné aux femmes dans les rayons. Il a été créé par un homme dont il a fallu que la famille Guerlain communique sur ses orientations sexuelles. Je trouve personnellement que l’Histoire des parfums modernes commence par un bel hommage aux cocottes ;o) P.S. : je sais que cette famille est "en perdition" mais il me semblait qu’il fallait classer Jicky dans la familles des Fougères plutôt que dans les orientales.
réponse de Jeanne Doré, le 28 février 2010 à 19:38
Bonsoir Donald, je ne connaissais pas ce point de vue sur l’“ambiguité sexuelle” d’Aimé Guerlain qui aurait conduit sa famille à communiquer une sorte de “démenti” inavoué...
Par ailleurs, oui, il pourrait tout aussi bien être classé en fougère, je vous l’accorde, mais parfois il y a aussi ambigüité dans les familles olfactives, et il faut bien trancher !
réponse de moujik4, le 2 mars 2010 à 12:18
A ce propos, Luca Turin classe également JICKY dans la famille des Fougères. Mais quelquefois il n’est pas très aiser de classer clairement dans une catégorie. Pour mettre tout le monde d’accord, je dirais bien concernant JICKY, qu’il s’agit d’une Fougère Orientale....
réponse de Donald Bovy, le 2 mars 2010 à 21:11
Et Madame Veuillet-Gallot le classe aussi ainsi dans son guide même si elle reconnait que Jicky « flirte toutefois avec les parfums ambrés ». Elle défini la famille comme suit : accord constitué par des notes hespéridées, lavandées, boisées (patchouli et mousse de chêne) et courmarinées. Il y a l’ancêtre disparu Fougère royale d’Houbigan, puis le bel américain Canoë de Dana. Sentez le si vous avez la chance de le croiser, il est créé en 1935. On se souvient aussi d’avoir penchait son nez différemment sur Brut de Fabergé après avoir lu le livre de Monsieur Turin où il le qualifie de monument. Il nous parle de cet accord pour Canoë ainsi : « vivace et laiteuse odeur d’ombrelle vénéneuse que la parfumerie a choisi d’appeler du nom flatteur de « fougère » pour cacher son origine synthétique » (Parfums Le guide, 1992). Pour ma part, j’ai cru à un retour de cette note avec l’Eau de Cologne d’Helmut Lang. Mais je me suis trompé. Pourtant, ce parfum de Maurice Roucel fut pour moi un grand plaisir malheureusement aujourd’hui disparu des rayons. Comme il se doit pour cette famille : “It is a fragrance that would suit a black suit as much as it would an ivory chiffon gown."(http://boisdejasmin.typepad.com/_/2...).
réponse de Le Gnou, le 3 mars 2010 à 21:34
Canoë n’est pas si américain que ça puisque la maison Dana est d’origine espagnole (créée en 1932 à Barcelone) ; et Brut est un monument, c’est vrai !
réponse de LaComtesse, le 7 avril 2010 à 03:17
Canoe ! Vous parlez de Canoe ! Je crois que c’est mon plus ancien souvenir de parfum. Je crois même que c’est le petit échantillon de Canoe dans ma boite à trésors, qui m’a donné le goût des parfums poudrés (à moins que ça ne soit le benjouin) (je crois que je vais bien relire tous vos messages)... Comme chante le beau marin Jacques Perrin dans les Demoiselles de Rochefort "Je l’ai cherché partout tout autour de la terre". Vingt ans après, une copine l’arbore dans sa salle de bains, un pshitt, et tout un univers familier me revient. Encore dix ans plus tard, et je me décide à le chercher sur internet : oh ! il suffisait de le commander ! Voilà donc trois mois que j’ai mon Canoe d’enfance à la maison, rien qu’à pour moi toute seule.
Voilà pas que, l’autre jour, je m’offre un délicieux un exquis un caressant "Eau Lente" de chez Diptyque... Que j’ai posé tout à côté du Canoe. Voilà pas que, mue par une intuition fulgurante, j’essaye L’Eau Lente sur la main gauche et Canoe sur la main droite : ils sont cousins ! Presque frères. Le Canoe de mon enfance m’a bel et bien guidée dans mes goûts pour ces sucrés caressants.
Le nez n’oublie jamais !
par xxerus, le 3 mars 2010 à 13:25
Je suis donc allé découvrir ce monument de la parfumerie. Comment dire... : une joyeuse guerlinade fruitée qui n’a malheuresement duré que quelques instants. Au bout de 5 minutes à peine, une odeur de civette vraiment présente, impossible de s’en détacher. Beurk ! Effet "caca dans le bosquet" garanti... Pour moi, au regard des nombreuses fragrances qui promettent des instants sulfureux et torrides, Jicky est vraiment le premier parfum qui sent "le cul"... (désolé pour cet écart de langage mais je ne voyais pas comment le dire autrement)
réponse de Jeanne Doré, le 5 mars 2010 à 23:08
Xxerus, j’apprécie votre "auto-censure", mais dans ce contexte on ne peut plus justifié, nous tolèrerons cet écart de langage !
réponse de julita54, le 7 mars 2010 à 18:28
XXERUS, vous me faites rire mais beaucoup de personnes sont de votre avis !!
Sur moi par contre, JICKY ne sent que la lavande ...et j’attends désespéremment ces notes fécales !
réponse de Tim Buktu, le 14 avril 2010 à 17:52
Peut-être faut-il évoquer ici le confidentiel "Mouchoir de Monsieur" de Guerlain, une sorte de cousin de Jicky pour "vieux beau" (il paraît). Pour ma part je ne m’arrête jamais aux classifications hâtives et je porterais assez volontiers Jicky ou Mouchoir de Monsieur si j’en possédais un flacon. J’ai testé les 2 et j’ai trouvé que MdM sentait beaucoup plus la civette que Jicky.
Pour Jicky comme pour Mouchoir de Monsieur les essais sur bande de papier donnent une très mauvaise impression. Sur le poignet c’est un peu mieux mais je crois qu’il faut surtout s’en parfumer le corps (avec modération) pour bien se rendre compte. Je me suis fait la même remarque avec l’Eau d’Hermès (répugnante sur le papier mais magistrale sur le corps 1 heure après l’application !)
par aldo, le 15 mars 2010 à 13:45
C`est vrai que c`est un monument de la parfumerie et j`espere que ca ne va pas disparaitre un jour. Jicky comme tous les parfums correspond a certaines personnes du fait de leur peau, mentalite,...
En tous cas, ca reste un parfum exceptionnel. Au moins, ca ne ressemble pas a tous ces parfums qui sont lances sur le marche et qui se ressemblent a force.
La parfumerie a besoin de proteger ses monuments afin de garder son ame.
par dreamparfum, le 1er juin 2010 à 00:15
Le parfum le plus ancien que je connaisse et qui n’a pas pris une ride. Le parfum mythique par excellence. Une légende inimitable, plein d’originalité et d’audace, comme tous les féminins de Guerlain d’ailleurs, et évoquant une histoire d’amour, typique des créateurs Guerlain. C’est bizarre mais je viens de m’apercevoir qu’il est unisexe apparemment, si c’est le cas j’ai hâte de le porter. Il parait justement selon un forum que Sean Connery le porte, ou peut être le portait...la grande classe ! surtout pour un homme aussi élégant et ayant été le meilleur des James Bond, chapeau ! sans oublier d’après ce que j’ai vu sur le forum si les sources sont vrais, que la plus belle, la plus élégante, la plus magnifique, la plus sublime des femmes à sa belle époque le portait, à savoir Brigitte Bardot en personne ! si ça c’est pas une merveille de parfum ! porté apparemment à l’époque par la plus merveilleuse des femmes qui existe au monde ! Ah Brigitte Bardot, mon plus grand fantasme à jamais, la femme de mes rêves. Pourquoi est-ce qu’il a fallu que je sois né dans les années 80, j’aurais pas pu être né dans les années 30 ! c’est pas juste. Houlla ! je m’emporte là. Dsl pour ces dernières lignes, je ferais attention la prochaine fois, lol. C’est un site sur les parfums avant tout.
réponse de tambourine, le 10 juin 2010 à 16:50
malheureusement vous ne devez pas être le seul à regretter d’être né trop tard... mais c’est dur de savoir ce que portait réellement brigitte bardot au final car les sources divergent... j’ai déja entendu jocky mais aussi vent vert, en outre elle a été l’égérie de chamade.. mais qqun m’a affirmé qu’il savoir de source sûre qu’elle portait l’heure bleue.. et il me semble l’avoir déja lu également sur le blog d’élisabeth de feydeau... elle devait quand même de tte façon porter du guerlain d’après les paroles d’initials BB...
par dreamparfum, le 1er juin 2010 à 00:36
Tout à fait vrai Aldo, tu en parles très bien en le qualifiant de "monument de la parfumerie". J’espère moi aussi qu’il ne disparaitra pas un jour, même si on sait tous que tout à une fin malheureusement. Et il est vrai qu’il ne ressemble à aucun autre, ça c’est exceptionnel, être capable de créer un parfum unique ! voire même plusieurs, chose encore plus rare et donc encore plus exceptionnel. Et seul Guerlain, qui est pour moi la plus grande maison de la parfumerie, pouvait le faire. Surtout quant on connait le génie de cette grande génération de parfumeur. Et puis je trouve justement que chaque parfum Guerlain, (essentiellement féminin), à sa personnalité propre, son identité olfactive unique et inimitable. Exemple : L’Heure Bleu, Mitsouko, (flacons pratiquement identique mais 2 parfums différents, sublime !), Shalimar...et tous les autres. Tous des parfums exceptionnels, des monuments de la parfumerie. Je ne dis pas ça parce que les Guerlain sont mes préférés, mais je trouve que c’est vrai. Après ce n’est que mon avis. Mais quel grand succès ce Jicky, encore aujourd’hui alors qu’il a plus de 100 ans ! phénoménal !! et en plus en étant aussi bien porté par les hommes que par les femmes. Peut-on faire mieux ? je suis sûr que non. Vive Guerlain et ces parfums, pour l’éternité !
réponse de Jicky, le 1er juin 2010 à 17:42
Je sens que tous les deux on va bien s’entendre !
Jeanne et les autres, je crois que jamais, au grand jamais, je serais capable de faire ma critique de Jicky. C’est même pas que les mots me manquent... c’est que ... c’est que ma tête jamais m’autorisera à le publier...
par dreamparfum, le 1er juin 2010 à 18:29
Mais pourquoi tu ne pourrais pas publier ta critique sur cette légende de la parfumerie qu’est Jicky. Ecoute, quand on parle de parfums, on a chacun sa propre opinion de ce que l’on ressent, on parle d’identité olfactive, de souvenirs marquants, de culture. Chacun à son propre avis et on doit le respecter. Il est normal que certains ne soit pas d’accord avec d’autres, mais il faut avant tout respecter les avis. Donc n’est pas peur de faire ta critique, surtout pour un parfum aussi magnifique que Jicky. Au contraire, je suis sur que Jeanne, moi et les autres seront heureux de voir ce que tu as à dire et nous respecteront ton avis sois en sur. Je suis certains que tu en parleras très bien, lance toi, dis ce que tu pense, tu te sentira mieux dans ta tête. Bon courage !
réponse de Jicky, le 1er juin 2010 à 18:35
Ah mais ce n’est pas faute de vouloir ni de le pouvoir ni de le craindre, c’est juste que... Ouah quoi ! En tout cas, bienvenue sur AuParfum =) (Je suis moi aussi un Guerlainiste assumé !!)....
par julita54, le 10 juin 2010 à 15:28
Pour les fans de JICKY ( celui de Guerlain LOL !!!) , un bel article de Sylvaine Delacourte sur son blog :
réponse de dreamparfum, le 10 juin 2010 à 20:51
Effectivement c’est un très bel article, bien détaillé. Ce parfum mérite vraiment tous les honneurs.
par Jicky, le 8 juillet 2010 à 00:20
Sylvaine Delacourte dit en citant Cocteau que Proust lui même portait Jicky...
M’en fout ! Jeanne, vous arrêtez la critique et les autres vous allez la voir (je vous paye le voyage et tout), et vous me construisez une machine à remonter dans le temps ! Rien à faire, je veux vivre en 1889 !
Crise existentielle ? Peut être, en tout cas, je vous invite tous et on se fait un bon repas bien sympa autour d’un thé, en dessous d’un saule pleureur aux bois de boulogne à côté de la Seine et on invite Proust, Rimbaud, Verlaine, Zola puis en fin d’après midi on se fait un rush sur la tombe de Baudelaire ! Puis tant qu’à faire, on invite Aimé et Jacques Guerlain, Jean-François Houbigant, Coty et les autres !
Allez, au boulot !
par clochette, le 9 juillet 2010 à 20:42
Pour la première fois j’ai pu le sentir sur peau, et mon dieu quelle merveille ! L’impression qui me domine, c’est une fumée, un feu de bois. Il se fait très ambré, sur moi, mais effectivement ce parfum, comme tous ceux qui sont chargés émotionnellement, est protéiforme. Je n’ai pas eu envie de l’analyser, je préfère aujourd’hui me laisser aller sans trop intellectualiser, ça me demande encore pas mal d’effort de chercher à reconnaître certains composants, alors je profite de ce stade pour ne pas chercher à le faire ! Je suis assez bien placée pour savoir que quand la connaissance devient pointue, il devient impossible d’avoir cette "virginité", c’est le même principe avec la musique. D’ailleurs, je ne sais pas si vous êtes au courant, mais les chercheurs ont constaté que lorsque qu’un musicien professionnel écoute un morceau, c’est l’hémisphere gauche du cerveau (plus analytique, rationnel, logique) qui s’active, alors que chez les autres, c’est l’hémisphère droit (où siègent les émotions, l’imagination, la passion). Alors je laisserai l’analyse pour la prochaine fois que je le porterai !
par RomainB, le 9 juillet 2010 à 23:11
j’ai sentis plusieurs fois Jicky, sur touche uniquement, et l’impression "d’un chat qui a chier dans une touffe de lavande", c’est vraiment l’image que j’en ai. trop animal pour, enfin quoi que le MKK de Lutens me fais pas le même effet.
Il faudrait que je le teste sur la peau pour voir. Sinon cela reste un beau parfum, très bien construit avec beaucoup de personnalité.
par milleric, le 12 juillet 2010 à 16:07
pour ma part j’ai eu mouchoir de monsieur et là vraiment j’ai eu du mal tellement l’odeur presque fécale devient indisposante je trouve.beaucoup plus animal que jicky à mon sens.quand à coriolan je ne le regrette absolument pas n’ayant personnellement jamais accroché sur ce parfum qui d’après moi a commencé à sonner le glas de la splendeur de guerlain bien que me semble t-il il ait été un des derniers parfums conçus par Jean-Paul Guerlain.je pense qu’il n’a pas marché car on ne reconnaissait plus la patte du maître et d’un autre côté c’était un parfum qui se voulait moderne mais ne l’était pas.les jeunes ne l’ont pas plus adopté que les plus anciens.je ne serais pas étonné que monsieur Guerlain ait été sommé d’apporter du sang neuf par lvmh et son flop n’est peut-être pas non plus étranger à la suite des évenements....
par Phoebus, le 27 juillet 2010 à 02:02
Croyez le ou non, je n’avais jamais sentit Jicky avant aujourd’hui ! Je n’ai jamais éprouvé le désir de le tester non plus, faut dire, mais je tiens à découvrir les classiques.
J’avais envie de m’amuser, alors d’entrée de jeu je suis allé voir la vendeuse la plus proche avec un air à vous fendre le coeur. "Bonjour, excusez-moi, Jicky de Guerlain, vous connaissez ?" (je l’avais repéré à dix mètre, cinquième étagère sous la lettre G depuis ma place, mais j’ai quand même attendu qu’elle aille chercher confirmation auprès de sa supérieur, pour finalement revenir vers moi et essayer de décrypter ses étagère, en murmurant "Jicky...Jicky..". Enfin, tout vient à point à qui sait attendre). J’ai monté une histoire à propos de ma soi disant grand mère atteinte d’Alzheimer, c’était son vieux parfum, j’ai pas les clés de chez elle pour aller lui chercher son original et lui apporter sur son lit d’hopital afin de la motiver à recouvrer la mémoire alors, s’il vous plait, je ne sais pas si c’est possible mais, je pourrais avoir un échantillon ? (le truc à savoir c’est que le séphora ne donne jamais d’échantillons gratuitement, faut acheter autre chose pour qu’ils deviennent subitement très généreux). Mais là, la vendeuse est partie chercher une petite fiole dans l’arrière boutique directement, avec les yeux brillants, je mériterais un Oscar ! (la semaine prochaine je reviendrai en disant que ça a un peu marché, mais qu’elle trouve qu’il y a quelque chose de changé...Je leur dirai que j’ai vérifié sur internet et que l’IFRA a effectivement frapper. "Elle voudrait vérifier avec ses autres chouchous, Mitsouko, Vol de nuit, Chamade et l’heure Bleue. Je ne l’ai jamais vu aussi motivée, ça a l’air de marcher ! Je pourrais avoir des échantillons s’il vous plait .... ?".
Bref, j’ai donc pu tester Jicky tranquillement chez moi en rentrant, au calme. Dès les premières secondes, la modernité du parfum frappe. La première idée qui m’est venue spontanément, c’était "tient, une fougère pour femme", sans que je ne puisse me l’expliquer. Pour le reste, je trouve ce parfum vraiment très lisible, très clair dans les évocations qu’il suscite en moi. Dans les notes de coeur, je pense à quelque chose de mauve, soyeux, languissant au vent comme une étoffe...Ou plutôt comme un voile pudique qui cacherait quelque chose de moins politiquement correct. Une note âcre et grasse, en sourdine, qui m’évoque le gravier et les roches un peu poudreuses (quelqu’un a parlé de litière pour chat je crois ?) mais je ne voit pas de matières fécales sur mon poignet. Puis dans les notes de fond, la chose se concrétise : je vois très clairement une couche pour bébé, (pas forcément sale d’ailleurs). Les couches modernes, avec des attaches adhésives, une odeur poudrée/collante, un peu plastique, qui dégagent une odeur plus que caractéristique (les quelques parfums que je me suis payé jusqu’à maintenant, je les dois à l’argent du baby-sitting, je trouve ça ironique qu’un parfum puisse me rappeler les couches !).
C’est donc un parfum très "parlant" et avant-gardiste que je découvre...Il mérite son succès, et me permet de comprendre en partie pourquoi on dit toujours que Guerlain suscite l’émotion, raconte une histoire...Il a ce petit truc en plus qui fait les classiques, vraiment.
Après, je ne l’achèterais pas, c’est clair...Mais si on me donne un flacon, je le porterais sans problème.
(oh, et pour finir, je trouve que l’idée de "fougère pour femme"est vraiment à creuser...Après les vétivers au féminin, pourquoi pas un savon à barbe rose ?)
réponse de Phoebus, le 27 juillet 2010 à 02:04
je lui remets deux étoiles pour une moyenne de 2.5...Parce qu’il a une très mauvaise tenue sur moi. Pas plus de deux heures...
(mauvaise tenue, presque pas de facette animale/fécale dérangeante...j’ai l’impression qu’à cause de ma peau je passe à côté de l’essentiel du parfum, au vu des autres commentaires !!)
réponse de Géraldine, le 27 juillet 2010 à 11:50
Phoebus, avez-vous testé Jisky en edt ou en edp ? Je le porte parfois en edp, et sur ma peau la ténacité est excellente. L’odeur animale y est, me semble-t-il, beaucoup plus prononcée que dans l’edt.
réponse de Phoebus, le 27 juillet 2010 à 13:30
Eau de parfum...Mais en fait, après deux heures, je sens toujours une "présence" de notes de fond, mais comme si c’était des muscs très très très dilués vous voyez ?(comme si j’avais de la poudre de craie sur les doigts après avoir écrit au tableau, pour être plus précis, mais en plus transparent). Les notes de têtes sont fortement présentes, heureusement, mais après ça décroit très vite de façon exponentielle...
Mais il me donne envie de le conseiller aux gens qui chercheraient quelque chose d’unique et de moderne (oui, moderne). Je me suis fait la réflexion : si Guerlain reprenait la formule de Jicky, la mettait dans un flacon design art-déco, faisait une campagne de pub avec Kate Moss sur une moto et coiffée à la garçonne...Les gens l’achèteraient-ils ? Je pense que OUI. Mais heureusement Guerlain a encore assez d’honneur...(quoique, finalement, je ne serais pas contre de garder à la fois l’ancien packaging et d’en faire un nouveau pour plus de résultats...).
Bon, je me débrouille pour entrer en école de commerce, intégrer la maison Guerlain, proposer l’idée et je vous redit ça dans....vingt ans ?
réponse de chucho, le 27 juillet 2010 à 16:32
Euh... c’était moi, la vendeuse...
réponse de Phoebus, le 27 juillet 2010 à 18:33
Arf, je savais que je vous avais trop parlé pour passer inaperçu. Vous imaginez bien que je n’en ai pas contre vous personnellement mais contre le système de la firme (pour ma défense, je suis un garçon et vu mon âge, dès que j’entre dans votre séphora, de une je me fais toujours arrêter par le garde du corps qui fait une tête de plus que moi pour enlever mon sac à dos (les filles ont le droit de garder leurs sacs à main, pourtant, allez savoir), de deux on ne me laisse jamais seul au rayon parfums féminins (alors que pour un parfumista, c’est quand même là que se trouvent la plupart des trésors). On m’a toujours refusé des échantillons jusqu’ici (alors qu’une quinquagénaire qui passe devant balanciaga se voit recevoir en moyenne 5 échantillons à chaque visite selon une étude menée par Scribd ). Le prix à payer pour avoir accès à la découverte d’un classique, pilier de la parfumerie, loin des odeurs saturées de cosmétique du séphora et de ses nouveaux lancements à la pelle lorsque l’on est de sexe mâle et de type méditerranéen ? Devoir monter une histoire. (et oui, je vais dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas : c’est de la discrimination, ni plus ni moins, mes amis).
réponse de chucho, le 27 juillet 2010 à 21:17
Mais non, je rigolais, c’était pas moi ! Mais c’était sympa le plaidoyer, ça valait le coup de jouer à l’arroseur arrosé !
réponse de Phoebus, le 27 juillet 2010 à 21:34
Alors ça c’est pas gentil du tout (bon je m’en doutais quand même, le message était trop polit), j’étais déjà en train de me dire que je ne mettrais plus les pieds pendant quelques temps dans ce séphora et que j’irais au Douglas à la place (et là où c’est pas gentil du tout, c’est parce que ce séphora a des SERGE LUTENS et le Douglas non lol !!).
Pour en revenir à jicky j’ai réussis à percevoir la facette "excréments félins dans une touffe de lavande"...en appliquant jicky sur le dos de la main, et pas sur le poignet, l’odeur change.
réponse de chucho, le 27 juillet 2010 à 21:38
Je comptais pas te faire mariner longtemps, mais c’est vrai que j’aurais pu mourir avec ce secret, et là... adieu les Lutens !
réponse de Phoebus, le 27 juillet 2010 à 21:46
Oh, ça aurait été l’affaire de quelques semaines, je change de ville pour mes études (nah !). J’aurais survécu. Non mais pour les lutens ça m’aurait embêté vu que je suis toujours dans l’attente d’un bas de soie au coin des étagères...
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[Emouvant ancêtre]
Ce n’est pas faute d’aimer ce parfum, mais parfois les mots me manquent pour évoquer une oeuvre d’art telle que Jicky. Je laisse donc ma plume à une blogueuse invitée, Civetta, qui nous a proposé de nous livrer sa version personnelle de ce monument de la parfumerie.
Jicky fut pour moi l’essence même du parfum comme " forme la plus intense du souvenir " (Jean-Paul Guerlain), puisque je l’ai adopté par "souvenir" inconscient de mon premier parfum de jeunesse, L’Eau Neuve de Lubin, happée que j’étais sans doute par leurs départs communs d’agrumes, de bergamote et de lavande. Ironie de l’histoire, Jicky fut précisément créé en 1889 en souvenir du premier amour d’Aimé Guerlain... Quelles meilleures preuves que Jicky est bien l’un des emblèmes de la maison Guerlain ?
Jicky est un parfum qui réussit le tour de force d’associer fraîcheur et légèreté à la ténacité. Le départ est frais, dynamique et vif, très vert sur le moment, grâce à la bergamote, à la piquante lavande, au romarin et à la coumarine qui lui confèrent ces senteurs de "foin coupé en bord de mer". On sent assez vite pointer les notes sucrées et les notes animales : l’ambregris, très iodé, laisse cette impression d’effluves-sur-l’île-de-Ré-en-fleur, marié au musc et la civette. Mais Jicky varie selon les différents moments de la journée : vaporisé sur votre poignet, vous y sentirez tantôt la note de basilic, tantôt la touche de vanille, et plus tard voici que s’éveillera la note boisée de mousse de chêne sur le bois humide de l’automne... Jicky pétille différemment selon l’endroit du corps où on le vaporise : au poignet, les notes boisées et vertes dominent ; sur la main, il se fait plus oriental et animal (patchouli, vanille et frangipane lavandée) ; au creux de la poitrine, il est plus ambigu et s’épanouit avec toutes ses facettes... Par moments même (et je n’osais le formuler ni l’écrire !) Jicky peut suggérer une légère odeur de pipi de chat parfumé, bizarrement très fascinante au milieu de cet arc-en-ciel de senteurs... Or, il semble que je ne sois pas la seule : "comme si un chat avait chié dans une touffe de lavande" lit-on ici. Un jugement qui, aussi paradoxal qu’il puisse paraître, est loin d’être péjoratif : c’est à l’image de Jicky, un parfum fortement animalisé, et en même temps très piquant, à la fois frais et sucré. Souhaitons seulement que la maison Guerlain ne mette jamais aux oubliettes un tel joyau, aussi resplendissant que le fut le regretté Coriolan...