
Par Jeanne Doré le 15 février 2010
Marque : Serge Lutens
Année : 2010
Créé par : Christopher Sheldrake
Famille: Florale
Note des visiteurs :
(55 avis)
par Six’, le 15 février 2010 à 11:11
Jeanne,
J’ai déjà dit tout le "bien" que je pensais de ce dernier lancement sur Grain de Musc...
J’ajouterai juste une chose : un "pied de nez", pourquoi pas, mais en l’occurrence ceux qui achèteraient le "savon le plus cher du monde", convaincus par le manifeste "anti-parfum"/"univers olfactif saturé" s’en trouveraient les dindons de la farce....
(je ne parle pas, bien entendu, de ceux qui pourraient être séduits par la senteur même de L’Eau, sans prêter attention au discours !)
En tout cas, d’accord avec vous : si ce lancement n’avait pas été estampillé "Serge Lutens", il n’aurait probablement pas attiré la moindre attention, sur la blogosphère du moins.
réponse de Jeanne Doré, le 15 février 2010 à 22:38
Bonsoir Six’, en effet j’ai lu l’article sur Grain de Musc ainsi que vos commentaires, après avoir rédigé mon article, il y avait pas mal de sujets abordés en commun !
En fin de compte, oui, c’est un parfum qui peut plaire, mais pas forcément à la cible qui est visée !
par clochette, le 15 février 2010 à 11:15
C’est bizarre, je me retrouve à défendre ce parfum alors que je ne l’ai même pas encore senti, que ce n’est pas du tout mon univers olfactif et que je suis sûre que je ne l’achèterai pas !
Je suis musicienne et je rêverais d’un silence total, extérieur et intérieur (les morceaux que l’on prépare tournent en boucle dans la tête, c’est souvent insupportable) ; alors je comprends le besoin d’un artiste de changer de "chanson". Evidemment les amoureux de Lutens réagissent fort, ça a déjà été le cas avec Nuit de Cellophane.
Jeanne, vous dîtes "Honnêtement, parlerions-nous de ce parfum s’il avait été contenu dans un flacon d’une marque quelconque d’un Séphora ? J’en doute fort...". Je pose le problème à l’envers : aurait-on critiqué cette Eau si elle était sortie chez Yssey Miyake ou Narciso Rodriguez ? Comme vous le dîtes plus loin, Essence a été très bien accueillie ! Alors encore une fois je ne connais pas cette eau, mais pour moi Essence est trop "sec" pour que je le porte plus qu’une fois à l’occasion (j’ai 3 échantillons que je n’ai pas encore finis), alors je rêve de cette Eau un peu plus "muguet", "magnolia" et quelques épices qui évoquent l’Air du Temps comme le décrit GraindeMusc. Mais c’est sûr que si cette Eau tourne au synthétique type Calvin Klein, je ne vais pas adhérer non plus... Alors attendons de sentir !
Après, le prix, c’est un vrai problème et je ne suis toujours pas convaincue le prix des niche soit justifié, je ne pense pas du tout que le prix du jus soit si élevé, de plus ces marques n’ont pas à financer de campagnes de publicité. Je suis persuadée que, depuis By Killian aux Heures de Cartier en passant par les Hermessences et les exclusifs de Guerlain, tous pourraient être commercialisés au prix des mainstream. C’est dommage, ils plument leur clientèle "select", c’est sûr, mais ils se coupent d’une grande partie du public (dont je fais partie, j’achète presque toujours en mainstream) qui commence à avoir la curiosité des parfums de niche sans avoir les moyens ou l’envie de débourser plus de 50 euro pour un flacon. Après, c’est sûr que je serais plus encline à débourser ce prix pour un Borneo !
Concernant l’Antimatière, ce parfum continue de me surprendre : j’y étais complètement anosmique au premier test, puis au fur-et-à-mesure je le sens de plus en plus, c’est... déroutant !
réponse de Jeanne Doré, le 15 février 2010 à 22:49
Chère Clochette, pour être honnête, oui, j’aurais critiqué ce parfum s’il était sorti chez Miyake ou Narciso Rodriguez, et je trouve que les deux derniers lancements de ces marques se distinguent par une certaine féminité, élégance, un raffinement que je ne retrouve pas dans le dernier Lutens. On est forcément tous un peu influencés par nos attentes, mais je vous assure que j’aurais préféré avoir un avis plus positif !
Si vous trouvez Essence trop sec, alors en effet, vous trouverez certainement L’Eau plus juteuse, avec ses notes de melon vert et aquatique !
J’ai hâte d’avoir votre avis là dessus lorsque vous aurez eu l’occasion de le sentir.
Concernant le prix des parfums, c’est un vaste sujet, nous sommes d’accord que beaucoup de parfums font payer la marque, le flacon et l’emballage plus que le contenu, mais je crois que la qualité a tout de même un prix, et avec un peu d’entrainement, on arrive facilement à savoir quand ce prix est justifié ou pas.
Après tout, c’est toujours un peu subjectif : si un parfum vous transporte de bonheur à chaque fois que vous le portez, quelque soit sa composition, cela n’a pas de prix ! Et vous trouverez toujours trop cher un parfum que vous n’aimez pas ;)
En revanche, je déplore le fait que certaines marques ne puissent pas proposer de plus petits formats, à des prix plus abordables, mais c’est sûrement un choix commercial, et peut-être pour certains, une obligation pour s’y retrouver financièrement !
par piccolina, le 15 février 2010 à 19:05
Bonjour a toutes et a tous, j’ai reçu un échantillon de ce parfum, et je l’ai essayé sans aucun a priori. La demarche est intéressante, et Lutens mérite certainement du respect pour vouloir faire autre chose pas rapport a son passé, et donc pourquoi pas ? Et Nuit de Cellophane je l’avais bien aimé. Mais malheureusement ce non-parfum ne me dit rien du tout. Ma première réaction a été : est-ce-que on a besoin de ca apres Essence ? Il me rappelle le parfum de Rodriguez, que j’admire beaucoup mais sans coupe de foudre (quoi que j’y reviens régulièrement pendant les dimanches a la maison, quand je n’ai pas envie de trop me parfumer mais de sentir bon), mais il est encore moins « parfum ». Alors, Clochette, je ne sais pas si cela va vous plaire ou pas – j’ai l’impression que la ligne de démarcation entre l’eau de Lutens et Essence peut être différente selon la sensibilité de chacun. Moi je me retrouve dans la description de Jeanne... Je vais le tester a nouveau apres avoir lu la critique de Grain de Musc, pour voir si j’y trouve quelque chose de plus – je suis très d’accord avec la vision d’un univers très japonisant comme le dit PoivreBleu…mais pour l’instant je reste très froide (et par rapport au prix, alors…).
réponse de Jeanne Doré, le 15 février 2010 à 23:06
Bonsoir Piccolina, merci de nous faire partager votre avis.
Vous avez raison, la frontière entre Essence et L’Eau peut paraitre mince pour certains, mais pour moi, elle est tranchée : j’ai d’un côté un neo floral aldéhydé poudré musqué, pas forcément passionnant, mais "élégant", de l’autre, j’ai quelque chose qui ne me surprendrait pas dans un flacon Calvin Klein unisexe...
réponse de clochette, le 15 février 2010 à 23:17
On tient le Magritte des parfums, après "Ceci n’est pas une pipe", pour pousser le décalage au bout, ils auraient pu graver sur la bouteille "ceci n’est pas un Lutens" !
réponse de clochette, le 9 janvier 2011 à 23:54
Une autre alternative petit prix quand on a juste envie de sentir propre et frais, que j’ai testée en parallèle et qui me semble avoir plus de sillage, de tenue et je trouve un petit plus par rapport à ce Lutens : Pure white linen d’Estée Lauder ! Dire que certains trouvaient que 30 euro, c’était trop cher payé pour un sent-bon quand il était sorti !
par orphée, le 17 février 2010 à 06:33
Certes excellent marketing, se donnant des allures de grande création... Mais inutile en effet de faire trop long : c’est d’une banalité absolue ! Qu’un parfum sente bon ce n’est pas une qualité, c’est un minimum et encore, tous les goûts sont dans la nature... Ce parfum aurait pu atterrir dans n’importe quel autre flacon de supermarché, ou d’ailleurs, avouons le, nous avons tous trouvé un jour au hasard une fragrance que l’on aimait bien, et que nous aurions achetée si elle avait été griffée Chanel ou Givenchy... ! Il faut à un moment arrêter le snobisme parisien d’une pseudo-élite artistique et intellectuelle : c’est une arnaque, se moquer du monde, ou bien tout simplement un aveux : Lutens nous roule dans la farine ! Qu’est ce qu’un "non-parfum" ? Un triturage intellectuel pour faire passer une banalité ! Imaginez aller dîner à la Tour d’Argent et que l’on vous serve un sandwich à 120 euros en vous disant : c’est de la "non-cuisine", nouvelle tendance très chic... !??? Arrêtons de se moquer du monde, ce parfum ne mérite même plus que l’on en parle. Et pourtant, il n’est pas désagréable, il me plait même à porter... Ce n’est juste pas de la "grande parfumerie" avec les tarifs qui vont avec. 100 euros pour ça, il faut être vraiment être snob ou ne pas avoir senti autre chose avant...
par Poivrebleu, le 21 février 2010 à 01:17
Bonjour à toutes et à tous,
Jeanne, je comprends très bien votre réaction, j’ai moi aussi franchement eu du mal à me faire un avis sur ce parfum. Et c’est pour ça que j’ai pris le parti de ne pas le considérer comme tel. J’avoues que j’apprécie la démarche même si elle est très conceptuelle.
Orphée, j’ai beaucoup aimé votre réaction et je pense que vous avez tout à fait raison dans le fond... Mais la politique de Serge Lutens sur ce lancement était intéressante et il fallait pousser le raisonnement jusqu’au bout. Cela peut être tiré par les cheveux, mais c’est ce qui se passe très souvent en parfumerie aujourd’hui lorsque l’on veut vendre un parfum. Je n’irai pas mettre 100 euros dans un savon, c’est sûr. Serge Lutens emploi des mots très clairs, il ne parle pas de parfum, et je ne suis pas sûre qu’il s’attende vraiment à un succès avec cette Eau, surtout auprès de sa clientèle fidèle. Toucher une nouvelle cible pourquoi pas, il fallait entrer dans un nouvel univers et peut-être ne pas trop prendre de risque.
Nous verrons ce qui sera proposé par la suite.
par Maowel, le 21 février 2010 à 16:52
Je rejoins ce qui a été dit auparavant et enfonce le clou : cette Eau, fort bien faite au demeurant, est un pléonasme, une redondance totale dans le travail de Serge Lutens. Toute sa parfumerie jusqu’à maintenant, difficile, radicale, exclusive, s’est attachée à faire du parfum une chose rare et précieuse, l’antithèse d’un produit banal, le bourreau du convenu et du vulgaire : qu’avait-il besoin de cette insignifiante cologne pour illustrer le propos ? Ses précédentes créations avaient déjà fait le travail nécessaire pour défendre son point de vue, et ce manque de subtilité soudain écorche sacrément la poésie de son oeuvre. Que personne ne se trompe (je rejoins tout à fait Orphée) : vendre 100 euros ce banal sent-bon, c’est entrer dans la danse qu’il condamne ! Un non-sens absolu, à mon humble avis...
par guet-apens, le 22 février 2010 à 07:56
Pas encore teste mais pourquoi pas un parfum Lutens qui sent le propre ? Enfermer les gens dans des petites cases c’est tellement francais comme reaction !
Jeanne vous aimez White Linen d’Estee Lauder (que j’aime aussi) pour son odeur de linge propre mais pas celui de Serge Lutens tout ca parce que c’est Serge Lutens... ?
Pourtant ce n’est pas la premiere fois que Lutens sort un parfum non oriental ou epice - Fleurs de Citronnier, Clair de Musc et mon prefere Nuit de Cellophane.
réponse de Jeanne Doré, le 22 février 2010 à 21:28
Bonjour Guet-Apens, en effet j’aime beaucoup White Linen, et beaucoup d’autres parfums qui sentent le "propre", mais selon moi, L’Eau Serge Lutens joue sur un registre assez différent, mais c’est très personnel, bien qu’appremment partagé par d’autres internautes.
Je n’ai aucun à priori concernant les nouveautés de Serge Lutens, d’ailleurs, j’ai adoré le dernier Filles en Aiguilles autant que j’avais détesté Nuit de Cellophane, au moins, Serge Lutens nous balade de surprises en surprises !
Peut-être pourrons-nous en reparler lorsque vous aurez senti cette dernière nouveauté ?
réponse de LaComtesse, le 30 mars 2010 à 00:33
Je m’inscris en faux ! Moi qui adore le White Linen, éclatant de soleil frais, dont le parfum m’enchante longtemps après l’avoir posé sur ma peau, je viens d’essayer cet après-midi l’Eau de Lutens. Réaction : rien. Une moue qu’on pourrait traduire par "ah bon..." J’ai trouvé joli le prix tout rond, et j’en ai profité pour m’asperger de Five O’clock. Pas la peine d’en faire une histoire, Mr Serge Lutens (comme disait sa vendeuse extatique au bord de la prière sussurée) a bien le droit de s’amuser, et surtout n’oblige personne à acheter quoi que ce soit !
par etiennesuper, le 22 février 2010 à 13:31
C’est quand même étonnant que Monsieur Lutens parle de "savon le plus cher du monde" pour ce nouveau parfum. On a l’impression de repartir des dizaines d’années en arrière quand Joy de Patou utilisait le slogan "Le parfum le plus cher du monde". J’aurais préféré "le savon le plus beau du monde ; ça au moins c’est une promesse alléchante. Pourquoi miser autant sur le prix ? 100 € pour un flacon 100 ml devrait être réservé à des parfums d’exception (c’était sans doute le cas sur l’extrait de parfum de Joy à l’époque d’ailleurs...), pas à un joli "sent bon" ou un "sent presque rien"... Cela étant dit, j’aime bien ce parfum mais je ne l’achèterai pas car il est beaucoup trop cher dans ce registre. Je reste fidèle à la Cologne de Mugler que je conseille à tous les amoureux de "linge propre séchant au soleil".
réponse de guet-apens, le 23 février 2010 à 22:55
etiennesuper, Jean Patou avait utilise cette formule de parfum le plus cher du monde pour provoquer, c’etait juste apres la crise de 1929. Serge Lutens s’amuse tout autant en periode de crise et puis n’oublions pas qu’il avait deja evoque la necessite de luxe inabordable. Faut surtout pas prendre Lutens au premier degre comme ca. "Savon le plus beau du monde" comme vous le dites, moi ca me rappelle les pubs de savons des annees 70 ou des blondes se pament dans leur baignoire avec de la mousse dans tous les sens...pas innovant et totalement vide d’humour !
réponse de etiennesuper, le 24 février 2010 à 00:24
Cher guet-apens, je n’associe pas vraiment l’humour avec Serge Lutens ; je le vois plutôt comme un esthète, un personnage d’exception, un visionnaire, un précurseur etc. J’ai sans doute eu tord de prendre l’expression "savon le plus cher du monde" au premier degré ; c’était donc un pied de nez ! Il n’empêche que je trouve le rapport qualité-prix de ce nouveau parfum vraiment médiocre. Je sais bien qu’il est assez difficile de juger de la qualité d’une formule de parfum (je n’ai pas encore de spectrogramme dans ma cuisine...) mais pas besoin d’être un expert pour savoir que c’est très cher pour ce que c’est. Je me demande donc qui va acheter ce parfum. Quelle est la clientèle visée ? Sans doute des clients qu’au fond Monsieur Lutens méprise... Concernant Jean Patou, je pense que le créateur avait juste envie d’un très grand parfum, qu’il l’a fait et l’a crié haut et fort malgré la crise car il y aura toujours une frange de clients fortunés et/ou connaisseurs prêts à dépenser plus pour quelque chose de vraiment exceptionnel (ce qui loin d’être le cas pour l’Eau et c’est bien là le problème).
réponse de schlimmelmann, le 3 mars 2010 à 01:23
C’est vrai, quel bonheur la « Cologne » de Mugler. J’adore le « Bouquet Impérial » de Roger&Gallet et le « White » de Lalique dans ce régistre léger aussi.
Vous avez raison... c’est trop cher. Si on voit qu’un parfum si "aqueux" coute si cher on n’achète pas facilement. Je pense à ça aussi quand je vois le « Musk » d’Etro, le « Paprika Brasil » des Hermessences, « l’Eau de Cologne » des Exclusifs... c’est trop pour ce que c’est.
par guet-apens, le 24 février 2010 à 05:47
etienne, Serge Lutens le parfumeur esthete qui idolatre Jean Genet, forcement son humour provocateur, cruel et cynique masque des blessures.
Je me moque des 100 euros a condition bien sur que le parfum suive, ce qui d’apres vos reactions semble etre loin d’etre le cas, il me reste plus qu’a le tester mais c’est vrai que je ne m’attends a rien de mirobolant. JOY etait une vraie provocation pro-Luxe (celle de Lutens "just a fart in a spacesuit"), parce qu’en comparaison avec la crise actuelle qui n’est qu’une bulle qui a eclate pour redonner vie a d’autres (qui eclateront aussi), les consequences sociales de 1929 etaient bq plus graves. JOY au moins etait un tres grand parfum !
réponse de etiennesuper, le 24 février 2010 à 08:42
"Just a fart in a spacesuit" : Le genre de concept / nom qu’Etat Libre d’Orange pourrait reprendre pour son prochain parfum :-)°
par guet-apens, le 24 février 2010 à 20:52
...a moins qu’ils coulent avant, il parait qu’ils vendent quasiment rien du tout chez Henry Bendel a New York !
par schlimmelmann, le 3 mars 2010 à 01:07
À mon avis, « Arabie », « Chergui », « Fumerie Turque »... et les autres schéhérezadisants sont le Lutens le plus génial. Bien sûr que « Datura Noir » ou « Chypre Rouge » sont des chef-d’oeuvres, mais on sent que ce qu’il maîtrise c’est cette illusion orientale et somptueuse, cette élégance anachronique et toujours exotique.
De toute façon, à mon avis, on voit que la marque est en processus de popularisation massive, et certaines créations des dernières années sont moins audacieuses, plus "conformistes".
Cette version de l’eau n’est pas inoubliable, mais on n’y voit pas aucune prétention. Si simple que ce soit, on sait que si Serge Lutens veut de l’eau il peut se payer ce luxe et qu’il sortira un parfum de qualité.
Bref, je n’ai pas adoré, mais je la trouve moins plate que autres ultralégères frustrées (Escale à Pondichery, Rose Ikebana des Hermessences, même le Scent de Miyake...)
En fait on avait déjà besoin d’une eau légère chez Lutens. Parfois on a une simple (et belle) envie de prolonger cette sensation physique que seulement un bain tiède peut créer. On vient de sortir de la douche, on ne veut pas se parfumer, et les odeurs les plus insignificantes deviennent insupportables.
Dans ce cas-là, ce qui nous reste, c’est de l’eau fraîche.
par incense, le 27 mars 2010 à 19:43
Je ne vais pas m’étendre... NUL.
0 étoile.
Horrible déception, vraiment. J’ai mal à mon Lutens.
par Aline1102, le 16 avril 2010 à 16:43
En ce qui concerne ce parfum, je me démarque de la majorité, puisqu’il me plaît beaucoup. Il ne ressemble certes pas aux autres Lutens, mais cela ne me dérange pas, puisque je n’ai jamais véritablement accroché à ses prédécesseurs (qui me plaisent sur les autres mais pas sur moi).
par The Rebel Gardener, le 23 mai 2010 à 19:09
Personnellement j’ai été un peu déroutée la première fois que je l’ai senti mais par la suite, j’ai apprécié le travail sur ces matières disons assez inhabituelles chez Serge Lutens : je trouve qu’il y a un vrai travail sur ces notes aromatiques-musquées qui, curieusement me rappellent Tom of Finland de Etat Libre d’Orange. J’aime beaucoup, mais je trouve aussi le prix un peu exagéré.
par Phoebus, le 27 juin 2010 à 19:23
(je ne parle pas de l’Eau puisque je l’ai sentit et...c’est déjà pas mal, faut pas trop m’en demander après ça. Ca sent bon, mais ça vaut pas son prix, et puis même si c’était moins cher, je ne l’achèterais pas, ce n’est pas aussi unique que Lutens veut nous le faire gober. Un gros foutage de gueule pour la bagatelle de 100 euros, donc, ils pourraient vendre ça le matin sur m6 boutique).
Enfin bref, hier, je suis tombé sur une collection de minuscules bouteilles d’alcool que mon frère a ramené d’Irlande, récemment. L’une d’elle, du whiskey, s’appelait "Irish Mist" et ça m’a automatiquement fait penser au célèbre "Iris Mist" qui n’a pas de fiche sur Auparfum, mais dont beaucoup d’internautes ont parlé dans "choisir son parfum".
Une seule lettre de différence entre l’alcool et le parfum, ça ne peut pas être un hasard (surtout que Serge Lutens m’a l’air d’être un gentil petit plaisantin qui adore les jeux de mot). Donc est- ce qu’il y a un rapport, ou je me fais des films ? (surtout que je vois pas le lien entre le whiskey et l’iris...Donc la comparaison entre l’iris et le whiskey s’arrêterait au jeu de mot).
réponse de Jicky, le 27 juin 2010 à 19:46
Alors là... en fait c’est "Iris Silver Mist" le nom complet, mais quand je l’ai senti, je n’ai pas vu de ressemblance particulière avec une quelconque liqueur... En fait, ça sent l’absolu de beurre d’iris, juste en plus subtil, plus cotonneux et moins agressif. Il y a comme un voile blanc sur la matière, pas de réinterpretation selon moi de whisky irlandais^^
Après je connais pas la petite histoire du parfum, mais c’est vrai que c’est Silver Mist... Si quelqu’un a une info ?
réponse de dau, le 27 juin 2010 à 19:59
À l’époque de la sortie, Lutens expliquait qu’il avait été inspiré par une image de Greta Garbo au bord d’un lac embrumé au milieu d’une foret de bouleaux en Suède.
Et d’après moi, ça colle tout à fait, le coté poudré nostalgique du parfum avec une atmosphère brumeuse et blanche de novembre...
(et au risque de me répéter, celui-là, que je l’aime !)
par Brit, le 6 décembre 2010 à 11:44
Le problème de cette Eau c’est pas le jus en lui même, c’est la marque sous laquelle il est sorti. Honnêtement j’ai beaucoup aimé ce parfum/non-parfum, très frais et relaxant, qui serait génial à porter l’été. Par contre, pour le prix, je préfère encore m’acheter CK One qui fera le même effet pour beaucoup moins cher.
Je pense que c’est un bon coup marketing pour attirer une nouvelle clientèle qui auparavant aurait pu être repoussée par des parfums polarisants, en créant un parfum on ne peut plus consensuel. Je suis à peu près sûre que la plupart des amoureux de SL n’auraient jamais reconnu ce parfum comme étant un SL s’il avait été senti à l’aveuglette et l’auraient rejeté. Oui j’aime bien (voire beaucoup) ce parfum, mais il serait à ranger du côté des mainstream entre Calvin Klein et D&G.
par schlimmelmann, le 19 février 2011 à 15:36
Étant donné que j’avais plusieurs échantillons et je n’osais pas les utiliser (sur mon poignet ça sentais le chlore melonné), j’ai passé les quatre derniers jours anti-parfumé.
Maintenant c’est tout compris. J’y vois un peu l’idée de Blanche de Byredo, c’est vrai. Mais Blanche sent l’adoucissant et L’Eau sent l’après-shampooing biphase liquide-bleu-mousse-blanche Revlon. C’est tout à fait drôle, ironique, etcetera... mais ce n’est pas beau. Pour coronner le tout, il faut le vaporiser si abondamment pour avoir un certain sillage, que son pris haut de gamme devient le comble de l’absurdité.
Vive Iris Ukiyoé alors, absurdement cher aussi mais beaucoup plus élégant.
par eh-andy, le 19 février 2011 à 17:04
ah ah ah. Et puis non, en fait, cette "eau" n’est même pas drôle. Elle sonne comme un coup de cynisme de plus dans notre monde qui en est déjà bien empreint. Serge Lutens s’amuse ? Ah oui, s’amuse de nous oui. C’est parfaitement ridicule, et je trouve même que cela tend à ridiculiser une bonne partie de ses autres créations. Certes il aime se mettre en danger, mais je lui suggère la prochaine fois de faire autrement, de manière intelligente ce serait mieux, comme par exemple, comme le suggère Jeanne, en sortant une lessive parfumée à Féminité du bois. Mais qu’il aille de rhabiller avec cette eau conceptuelle, grotesque et quasi-insultante !
réponse de schlimmelmann, le 21 février 2011 à 02:32
Une lessive Lutens, vous avez raison, ça aurait l’effet d’une bombe atomique. Alors, ce que je fais : je m’amuse aussi. J’ai réuni une demi-douzaine d’échantillons de L’Eau pour la tester sans avoir besoin d’acheter.
Chez Hermès c’est plus ou moins pareil. J’avoue avoir acheté plusieurs fois Ambre Narguilé parce que sa tenue est exceptionelle pour une eau de toilette (et parce qu’il s’agit d’un très beau parfum). Mais je trouve que 160 euros sont un peu trop quand même. C’est pour ça que j’ai moissonné des échantillons d’Iris Ukiyoé pendant une semaine. Cinq boutiques (Bruxelles, Anvers, Paris x 3) font 12 échantillons de 4 ml : 6 Iris Ukiyoé, 4 Vanille Galante, 2 Paprika Brasil. Alors ça fait 76’8 euros d’Hermessence obtenus au culot.
Je n’ai par-dessus la tête de tout ce snobbisme et tout ce faux luxe qu’on prétend nous vendre à tout prix. Un peu plus d’anarchie, pardi !
réponse de Youggo, le 21 février 2011 à 10:15
Pour ma part je viens d’acheter 3 Lutens à -35% grace au CE d’une grosse entreprise française dont je tairais le nom et où je ne travaille même pas.
Tout de suite le prix de l’Eau parait beaucoup moins scandaleux. ;p
par Jicky, le 19 février 2011 à 18:41
Jeanne, vous avez trouvé le mot : Plouf !
Gros flop olfactif, créatif et aussi commercial, tenez, ils essaient de le relancer en offrant des échantillons par ci par là, en proposant des miniatures et tout.
Comme le souligne eh-andy avec justesse et pertinence, Serge Lutens s’amuse de nous ! Ce parfum me rappelle inévitablement un autre parfum... Ah oui ! J’ai retrouvé !!!
Mignonne Serenity In Blue, un petit parfum de super marché à 15€ les 100 ml à tout cassé. Et encore, je le trouve limite plus mignon.
Comme vous le dites tous, un exercice genre Francis Kurkdjian, IUNX ou LesNez aurait été génial. Mais non.
Quand je pense que je lorgne sur La Cologne de Mugler depuis très longtemps, avec son honorable 70€ pour... 300 ml ! Là je me dit qu’il y a baleine sous cailloux...
Vive l’odorat !
par Youggo, le 19 février 2011 à 23:09
Je vais venir regonfler un peu les rangs des partisans de cette Eau.
Oui le prix est exorbitant, oui c’est une eau fraiche et propre comme il y en a déjà, oui cela surprend dans l’univers riche et capiteux de Lutens... mais passé ces considérations purement affectives, le constat objectif est clair : c’est une belle eau.
Le traitement des matières reste bien au-dessus d’un CK One ou d’une Essence de Narciso Rodriguez, avec une sensation à la fois très naturelle, comme un vent frais chargé d’aromates, et en même temps clairement lessivielle. Le parfum est à la hauteur de ses promesses de fraicheur et de propreté.
Comme d’autres, je pense que cette eau épurée est un pied de nez aux "fans" de Lutens. Comme si il avait voulu leur dire "vous pensiez vraiment me connaitre ?". Alors oui, ça peut être un peu déstabilisant, voir vexant, mais en y regardant de plus près la qualité est au rendez-vous.
La même eau sortie dans un flacon Prada aurait certainement eu plus d’éloges, mais là on parle de Serge Lutens alors les attentes ne sont pas les même...
réponse de Jicky, le 19 février 2011 à 23:55
Au risque de paraitre provocateur, je ne suis pas du tout, mais alors là pas du tout d’accord avec vous. Non, ce n’est même pas une belle eau. Ca sent bon, mais j’ai envie de dire, Scarlett aussi sent objectivement bon. Est-ce que ça en fait un vrai beau parfum ? Je ne crois pas.
Non, ce n’est pas une belle eau. Je l’ai sur peau depuis l’après midi, et non, elle n’a rien d’extraordinaire. Limite elle m’incommode avec sa fraicheur. On lui donne des attributs "parce que c’est du Lutens et que forcément c’est bien", on dit "le problème c’est parce que c’est fait pas Lutens", mais j’aimerai retourner le problème : "Et si ça avait été Eau Jeune qui avait sorti cette eau". Je suis sûr que il n’y aurait même pas eu de considération.
Et je suis encore moins d’accord quand on le dit inférieur à Essence. Essence est audacieux : c’est un mainstream qui reprend le thème aldéhydé et floral d’une manière poétique et innovante, avec pour difficulté de ne presque pas sentir sur mouillette lorsque l’on est au séphora, et en plus d’être assez dérangeant par un côté grinçant. Là il y a une prise de risque. Là il y a de la création. Là, je trouve que derrière, il y avait une idée autre que celle de "on va choquer et dire il y a quelqu’un d’autre derrière Lutens".
Lutens a plus d’un tour dans son sac, et ce n’est pas avec son eau qu’il a voulu nous époustoufler. Oh que non. Lutens étonne dans un autre registre avec des Iris Silver Mist, des Bas de Soie et des Tubéreuse Criminelle. Mais pas avec l’Eau.
Vive l’odorat !
réponse de Youggo, le 20 février 2011 à 11:17
Rassure toi, tu n’es pas provocateur Jicky. Mais sache avant de dire "On lui donne des attributs parce que c’est du Lutens et que forcément c’est bien", que j’ignorais tout de l’existence de Serge Lutens, de ses parfums et de son image de marque il y a encore 6 mois. Et j’ai encore beaucoup de mal à apprécier la plupart de ses parfums. Alors non, non, et non, je ne lui invente pas des attributs parce que c’est du Lutens.
Et j’ai passé l’âge d’apprécier un parfum parce qu’il "sent bon" (pour preuve, j’ai failli vomir dans une boutique Ulric de Varens hier). ;)
Pour la comparaison avec Essence, moi ce parfum m’ennuie. Malgré son côté "je ne suis pas fait pour plaire à tout le monde", je le trouve creux, synthétique et sans âme.
Idem pour CK One que je trouve vraiment ultra chimique et pas très agréable (pourtant je l’ai longtemps porté). A la limite je préfère le Chrome Sport d’Azzaro dans le même genre.
C’est très subjectif comme avis et ça répond à ma recherche de parfums à la fois très naturels et à la construction intelligente (critères auxquels l’Eau répond parfaitement pour moi).
J’ai testé la plupart des parfums auxquels vous comparez l’Eau tout au long de vos avis, et pour moi, le Lutens reste sur le haut du panier pour l’instant. Mais il reste très certainement des superbes jus que je n’ai pas eu l’occasion de renifler, et qui finiront par me convaincre.
PS : Par contre on est bien d’accords sur une chose. Iris Silver Mist, Bas de Soie ou Tubéreuse Criminelle sont des perles. Ils font partie des rares Lutens que j’apprécie et que je porterais avec plaisir.
réponse de Jicky, le 20 février 2011 à 14:14
En fait, je pense que le seul avantage de cette Eau, c’est d’être une eau de parfum, et donc d’avoir une tenue et une diffusion bien supérieure à la normale.
Mais, et c’est pas faute de l’avoir essayé, ressayé et tout, elle est vraiment bien plate, insipide et chimique.
Essence est tout sauf plat et insipide. Il faut absolument le tester sur peau, le laissez évoluer. Après, je comprend qu’il puisse déranger par son côté grinçant, mais ça reste une magnifique création selon moi.
CKOne, je l’ai toujours trouvé bien foutu en fait. Il est tout simple, mais il y a cette petite note métallique que je ressens particulièrement, et qui donne une véritable richesse au parfum. D’ailleurs, c’est drôle que vous portiez de Chrome, parce que je trouve qu’il a à moitié copié cet accord métallique, qui n’a pas été mis en avant chez le Calvin Klein, et très exposé dans le Azzaro, alors que je le trouve trèèès proche.
par Maxxxx, le 20 février 2011 à 19:35
Je viens rejoindre les partisans de l’Eau.
Je ne l’ai jamais vraiment porté (si maintenant ils en distribuent des échantillons, ça sera peut-être l’occasion) mais ma première impression est plutôt positive... C’est clair que c’est en discordance complète avec tout le reste de la gamme de la marque, mais je me verrai très bien avec pour les jours ou j’ai envie de porter quelque chose de très simple, frais, léger... pour l’instant je n’ai que Chrome qui occupe cette place.
réponse de Jicky, le 20 février 2011 à 20:01
Testez ! Testez ! Et avec honneteté, revenez nous dire si sur peau, il est si bien que ça...
réponse de mitsouko, le 20 février 2011 à 20:09
Je l’ai testé sur peau : épouvantable ! Une odeur de lessive bon marché, on avait l’impression que j’avais plongé ma main dans un bidon de lessive (la bas de gamme bien polluante) et que j’avais laissé sécher sans rinçage préalable. Et bien sûr, un mal de chien pour enlever l’odeur car il est tenace le bougre !
réponse de Maxxxx, le 20 février 2011 à 23:04
Moi j’aime bien la lessive ! :-P
réponse de Jicky, le 20 février 2011 à 23:08
Moi j’aime bien manger un malabar à la menthe. J’aime bien l’andouillette. J’aime bien le couing aman (alors là, l’orthograohe :p) ;)
J’en mettrai pas dans mon parfum pour autant ;)
par Maxxxx, le 21 février 2011 à 01:31
Pas loin, kouign-amann. ;-)
Tu penses à un parfum en particulier quand tu parles d’andouillette ? (Parce pour que le kouign-amann, je vois très bien auquel tu fais allusion, le chewing-gum à la menthe, j’ai ma petite idée également... t’aurais même dis "jambon cru", ça restait clair pour moi ^^ mais andouillette, franchement !!)
réponse de Jicky, le 21 février 2011 à 01:52
Andouillette, saucisson brûlé... la nuance n’est pas loin ;)
réponse de lolo, le 21 février 2011 à 15:26
Q’est-ce que l’on se marre sur au parfum !! j’adore !! continuez !!
réponse de nez-lik, le 21 février 2011 à 23:42
Moi je recherche encore le parfum-reblochon.
Des idées, les gars ?
réponse de Youggo, le 21 février 2011 à 23:48
Muscs Koublaï Khan ? Ah non, lui il sent la tome de chèvre.
réponse de Opium, le 22 février 2011 à 03:42
Muscs Koublaï Khan : Oui, une petite note de fromage(s) de chèvre... Mais, pas que... Et les écuries, les chevaux, les fauves du cirque, et toutes les odeurs qui vont avec... Un "peu" rude au début, mais ensuite, l’animalité se fait douce ! Quel bonheur... Je le mets lors de ma prochaine sortie en boîte : l’aspect animal, sensuel, presque, si ce n’est totalement, sexuel (désolé de ripper, mais je suis obligé) a eu beaucoup de succès lors de sa précédente sortie la nuit ! ! Des bêtes difficiles à apprivoiser, mais quelle joie quand les fauves se collent à vous et deviennent de gros chats séducteurs !
réponse de nez-lik, le 23 février 2011 à 22:45
Muscs Koublai Khan !! Mon parfum du dimanche ! Je l’adore.
Plus que la tome de chèvre, je trouve qu’il sent les babouches toutes neuves !
réponse de Maxxxx, le 22 février 2011 à 01:48
Saucisson brûlé !? C’est un fumé ? Chez Goutal la fumée tourne carrément au feu de bois bien nourri, donc je ne pense pas que ça soit ça qui t’évoque le saucisson/andouillette... Reste en lice Le Labo et Cartier, la réponse est par là ?
par bus57, le 9 mars 2011 à 12:31
Je viens d’avoir un échantillons de cette "Eau". ça ressemble a l’eau d’hermès mais en plus fade. par contre je ne m’attendais pas a des critiques aussi sévère. C’est une eau assez légère mais les épices qui en ressortent m’ont beaucoup plus. Par contre , il est vrai qu’il existe des parfums aussi bon et meilleur marché.
par RomainB, le 20 mars 2011 à 20:02
éh bien bizarrement je comprends mieux pourquoi un peu avoir envie d’une pause olfactive, d’un "anti-parfum" et donc de créer un parfum comme l’Eau de Serge Lutens alors que d’habitude il joue dans un registrement franchement opposé.
En ce moment à cause de diverses choses, je ne peux plus porter mes parfums, moi qui pourtant adore les parfums riches, chauds, épicés, je ne les supportes plus, et pourtant ce n’est pas faute de les adorer.
C’est comme si je n’avais plus la force de les assumer, une besoin irrépressible de fraicheur, de transparence, de légèreté et de propre.
Et je suis bien content d’avoir un échantillon de cette eau, d’avoir garder mon Bigarade Concentrée et mon Iris Ukiyoé.
Je vous garantie que ça fait drôle comme sensation, avoir tout les parfums que vous aimez sous le nez et ne pas pouvoir les porter.
Donc merci Lutens d’avoir une eau fraiche et propre, mais de bonne qualité !!!
par Patrice, le 12 mai 2011 à 17:29
Bon alors, je viens de le sentir avec attention et ca fait 20min qu’il est sur mon poignet. Je n’ai pas lu tous les commentaires car ca fait un peu beaucoup, mais voilà ce que je sens : un CKone amélioré !
Et tout comme CKone, il m’horripile !!!
Hédione, menthe, thé vert (?), muscs !
Mouais, ben je suis déçu !
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[Plouf !]
Oublié le santal, enterré l’encens, confisqués les épices, jetés à la poubelle les fruits confits... dans son dernier lancement, Serge Lutens envoie tout balader de son univers olfactif habituel pour nous offrir "l’eau", qui se définit comme un anti-parfum, et revendique un retour à l’essentiel et à la sobriété. L’idée en soit est plutôt intéressante, devant cet évident trop-plein, ce foisonnement de choix, la tentation de revenir à l’essentiel s’impose, et quoi de plus basique, de plus neutre que l’odeur de propre, en l’occurrence celle d’une « chemise blanche séchée au soleil » ?
Le résultat est donc là : un accord blanc, translucide et même aqueux, déploie dans une insolente propreté son cortège d’aldéhydes métalliques, d’agrumes pétillants, de melon synthétique et de muscs lessiviels. Rexona ou Calvin Klein n’auraient pas fait mieux.
Même Cosmétique Mag a osé qualifier ce lancement de "procterien", c’est pour vous dire...
Alors comment juger un tel parfum ? Comme le suggère Poivre Bleu : « L’accueillir comme un parfum serait une erreur, car cette eau n’a pas été conçue comme un parfum et n’en est pas un. L’Eau Serge Lutens sonne pour moi comme un pied de nez ».
Mais alors dans ce cas, a-t-on tout de même le droit de parler de l’odeur en soi, indépendament de la démarche, qui relève elle-même davantage de l’artistique, du conceptuel ?
Mais d’ailleurs, peut-on réellement qualifier d’artistique le fait de vendre 100 euros les 100 ml une eau de toilette qui, en dehors d’être conditionnée dans un élégant flacon fidèle à l’esthétique de Shiseido, ne présente pas vraiment d’interêt olfactif, et encore moins pour les amoureux de la marque ?
Honnêtement, parlerions-nous de ce parfum s’il avait été contenu dans un flacon d’une marque quelconque d’un Séphora ? J’en doute fort...
Alors oui, j’approuve la démarche, qui à sa manière crée le buzz et dénonce une surenchère, mais je ne suis pas sûre d’adhérer pour autant au choix olfactif qui en découle et qui se résume à un décevant floral aquatique musqué très 90’s, alors qu’il y avait d’autres manières de représenter l’odeur de propre, l’anti-parfum, ou même l’odeur de rien. Francis Kurkdjian l’a selon moi un peu mieux réussi avec son Aqua Universalis, qui s’inscrit davantage dans un concept de gamme, et Isabelle Doyen l’a magistralement bien illustré avec son Antimatière, chez LesNez. Les aldéhydes ont par ailleurs été recemment exploités de manière un peu plus féminine et classique dans Essence, ou de façon plus experimentale et abstraite dans le dernier Artek chez Comme Des Garçons. Enfin, quitte à créer « le savon le plus cher du monde », comme le cite son créateur, je préfère la version Prada et sa note de savonnette poudrée et retro dans Infusion d’Homme.
L’univers de l’odeur du propre a un potentiel d’exploitation non négligeable en parfumerie, qui ne se résume pas nécessairement à pasticher la parfumerie “procterienne”.
Faire une lessive ou un assouplissant qui sent Féminité du Bois aurait été, à l’extrême limite, certainement plus intéressant qu’une eau de toilette Serge Lutens qui sent le linge propre !