
Par Jeanne Doré le 04 juillet 2010
Marque : L’Artisan Parfumeur
Année : 2010
Créé par : Bertrand Duchaufour
Famille: Boisée
Note des visiteurs :
(24 avis)
par Uella, le 5 juillet 2010 à 06:03
En matiere de tubereuse, je ne jure que par la "criminelle" de Lutens : sensuelle, enigmatique et soyeuse au plus point - la j’ai eu beau teste et reteste Nuit de Tubereuse pendant plusieurs jours, point de tubereuse a mon nez mais un bouquet acre et aigrelet de notes fruitees et epicees qui finit sur un fond boise synthetique "sciure de bois".
par Uella, le 5 juillet 2010 à 09:31
Desolee pour mes fautes, j’envois sans me relire et puis c’est le "long weekend" du 4 juillet aux Etats-Unis - avec au programme : canicule, fireworks, horndogs et autres sex pigs qui trainent dehors, odeur vile des vendeurs de "street meat ;)...malgre tout, Nuit de Tubereuse en tant que nuit secrete l’ete a Paris ? j’ai vraiment du mal a voir ou se trouvent sa feminite extravertie et son effet narcotique. Pour l’amalgame parfum transformiste/transgenre, j’avoue que ca me laisse perplexe. En 2010, les femme transgenres ou plus exactement transsexuelles sont avant tout des nanas des qui ont des vies de nana comme les autres et heureusement pas du tout "transformiste", parce que la c’est comme si on associait encore a notre epoque l’ensemble de la communaute gay a la Cage aux Folles !
par Jeanne Doré, le 5 juillet 2010 à 21:48
Bonsoir Uella, nous sommes bien d’accord, Nuit de Tubéreuse a un nom bien trompeur, surtout pour les adorateurs des grands classiques de la fleur blanche, à l’odeur opulente, sucrée, solaire, et en effet, souvent narcotique, alors que cele-ci ne l’est pas. Il faut plutôt le voir comme un travail sur les facettes sombres de la tubéreuse, avec ses côtés épicés, répondant en echo aux notes boisées. Nuit Secrète l’été à Paris aurait été sûrement un meilleur nom !
Après, mon analogie avec un "transformiste", c’etait plus pour l’effet de style, le parfum m’ayant surprise par sa facette très boisée qui s’affirme au cours du temps, alors que le départ est plus féminin, doux et sensuel. Loin de moi l’image d’Albin dans La Cage aux Folles !
par Thierry, le 5 juillet 2010 à 23:21
Effectivement, la dénomination peut induire une déception tant du point de vue nocturne que floral.
Quoiqu’il en soit, la métaphore de Jeanne, que personne ne peut avec un peu d’intelligence et de bonne foi prendre au premier degré, me paraît extrêmement pertinente si on y voit ce jeu de caché/dévoilé où la fleur joue avec ses pétales, ses racines et la forêt qui l’entoure. C’est justement cette capacité du parfum à déjouer les attentes qui rend celui-ci intrigant et passionnant.
par Uella, le 6 juillet 2010 à 00:52
Jeanne, en tete, l’acidite rafraichissante et rayonnante de la mangue anime aussi bien le nez que la bouche mais combinee aux epices et surtout a ce fond boise sec et terreux (que je trouve affreux), transforme le tout en une fragrance qui frole le "vinaigre de toilette". Il lui aurait peut-etre fallut un fond plus rond et baume en contrepoint.
Meme si je comprends que ce n’etait qu’un effet de style sans arriere-pensee de votre part, neanmoins j’estime que c’est important pour moi de faire la part des choses parce que les gens associent encore trop souvent les personnes transgenres avec ce qu’il y a de plus negatif et pejoratif dans les esprits - bresiliennes du Bois de Boulogne, transformistes chez Michou, Shemale Porn sur internet, drag queens et travestis du samedi soir etc - ce qui ne reflete en rien la realite d’aujourd’hui - de nombreuses femmes transgenres reussissent leur vie professionnelle et privee a New York comme a Paris et sont parfaitement integrees dans la societe.
par RomainB, le 9 juillet 2010 à 23:14
J’ai beau le sentir, j’accroche pas, trop vert pour moi. Je préfère largement la Carnal Flower chez Malle, ou Fracas de Piguet ainsi que Tubéreuse Couture de Parfumerie Générale. Celle de Lutens à un côté trop médicinal pour moi.
par Jeanne Doré, le 14 juillet 2010 à 13:37
Cette Tubéreuse surprend, dérange, et divise les avis. Il est intéressant de remarquer que lorsqu’on a porté un parfum emblématique d’un ingrédient (Fracas, Carnal Flower...), qui de surcroit, porte son nom (Tubereuse Criminelle, Tubéreuse Couture...), on associe à tout jamais cet ingrédient à son parfum, qui devient le référent en la matière... Alors qu’il n’est lui même qu’une interprétation, une construction olfactive parmi d’autres.
Mais l’absolue tubéreuse, outre ses facettes complexes médicinales, camphrées, solaires, sucrées, renferme également déjà ces notes terreuses, épicées, boisées, qui ont été ici bien sûr déployées, exagérées, mais qui selon moi, ne sont pas si étrangères à la matière première naturelle.
par fluorose, le 14 juillet 2010 à 19:14
Je trouve l’exercice de style assez étonnant en effet : des tonalités vertes et sombres, comme une impression de feuilles et de fruits en décomposition dans la terre humide d’une forêt tropicale. Une touche florale mais plutôt du fruité, de l’épicé et des bois en veux tu, en voilà ! Reste que ce parfum malgré cette pirouette n’égale pas, à mon avis, le choc esthétique de Tubéreuse Criminelle de Serge Lutens et Carnal Flower de Frédéric Malle qui restent de loin mes 2 parfums préférés sur ce thème.
par eh-andy, le 24 novembre 2010 à 10:20
Cette tubéreuse est jolie, je le conçois, l’admets, l’accepte. Elle est bien construite, a de la tenue. Elle a un effet fruité mangue sympathique. Après, je trouve qu’elle ne mérite pas son prix, et qu’elle ne dépasse pas une autre douce tubéreuse à la sensualité bien plus développée, avec plus de sillage, plus de tenue, pour un prix un peu plus abordable : DO SON de Diptyque, une véritable merveille de sensualité !!
réponse de miroulette, le 24 novembre 2010 à 10:44
D’accord avec toi Eh-andy, je préfère de loin Do Son à Nuit de tubéreuse. Au premier abord Nuit est séduisant, mais très vite, il apparait un élément qui m’écoeure (comme dans la plupart des parfums de l’Artisant).
réponse de baron.de.la.brède, le 26 janvier 2011 à 04:40
Je suis tout à fait d’accord avec tous les commentaires de eh-dandy. Pour une Eau de Parfum, ça ne dure pas assez et on peut avoir mieux pour moins cher. En parlant de la durée. Cependant, c’est mon préféré de l’Artisan. Je ne donne pas 4 étoiles parce que sur moi ça dure 6 à 7 heures alors que certaines Eaux de toilette dure plus longtemps.
J’aimerais savoir ce que Mme Doré a pensé de Prada Infusion de Tubéreuse, en terme de longévité et projection ?
par eh-andy, le 24 novembre 2010 à 10:49
oui, peut-être est-ce cette note un peu mangue, ou u mélange rose et quelquechose, je ne sais trop dire. Qu’en penses-tu ? Do est tellement plus aérien, tellement subtil.. Il faudrait que l’un de nous se décide à en envoyer une critique à Jeanne pour inciter nos confrères d’auparfum à se pencher dessus, je serais curieux d’avoir les avis de nos amis auparfumés sur cette fragrance. Content de m’être trouvé une amie-fan-de-do-don en tout cas !
réponse de Jeanne Doré, le 24 novembre 2010 à 23:28
bonsoir Eh-Andy, si vous êtes tenté par l’écriture pour exprimer vos impressions sur DO SOn, ce sera avec grand plaisir que je les publierai !
par Géraldine, le 21 janvier 2011 à 17:13
Avec Nuit de tubéreuse,"j’entre en tubéreuse", pour la première fois.
La note tubéreuse m’a toujours dérangée, écoeurée. C’est pour moi l’archétype de la "cocotte". J’ai essayé de l’apprivoiser, je commence à pouvoir apprécier de la sentir sur touche, mais c’est avec Nuit de tubéreuse -en effet assez éloignée de ce que j’avais senti jusque là- que j’ai franchi le pas.
Je l’ai essayée et c’est justement son côté terreux et bois-humide, comme une écorce d’arbre qui se détache, un peu molle et rongée, que j’ai aimé. Je verrai à l’usage mais ce cadeau que je viens de me faire est comme un deuxième Noël !
réponse de Jeanne Doré, le 21 janvier 2011 à 22:34
Geraldine, je vous avouerais que je ne fais partie non plus des fanatiques de la tubéreuse, quand elle est traitée de façon "bubble gum", un peu sucrée.
Mais ici, je trouve qu’elle apparait dans son aspect le plus proche de la matière première naturelle, avec sa facette épicée, terreuse, et me fait penser de plus en plus à l’esprit de Dzongkha quand je la porte...
réponse de Géraldine, le 22 janvier 2011 à 17:39
J’ai commencé à découvrir les parfums tubéreuse grâce à la plume de Denyse, sur Grain de musc (aussi parce que j’aime découvrir ce que je ne connais pas et identifier ce dont on me parle). Elle m’écoeure dans Poison (eurk, vomi !) mais dans Amaranthine ou Vamp à NY,je la trouve déjà plus fréquentable, moins mini-jupe+décolleté+talons+rouge à lèvres, quoi.
Je n’ai jamais senti la vraie tubéreuse, la fleur, je ne la connais qu’à travers les parfums.
C’est peut-être, en effet, l’absence de sucre dans Nuit de tubéreuse, qui me la rend acessible, ainsi que la fleur d’oranger et ce bois humide... en tout cas je me réjouis de la porter bientôt et j’attendrai de mieux la connaître pour lui donner ses étoiles :-)
par amalia, le 12 mars 2011 à 12:11
J’ai un petit pschitt de Nuit de Tubéreuse sur le poignet.
Lorsque je l’ai sentie en boutique, en opposition avec d’autres tubéreuses, celle de Parfumerie Générale et une autre d’Annick Goutal, sa verdeur me parvenait mieux.
je la trouve très attachante, pas trop sucrée mais je sens bien son côté beurre de cacao.
Je ne retrouve pas la filiation avec Dzongkha, mais je n’ai ni les connaissances ni le nez de Jeanne. (Par contre le côté rose fruit de Dzongkha me fait un peu penser à la Traversée du Bosphore par moment, sans doute la patte du créateur).
En tout cas la note musc est évidente et elle me plait bien cette tubéreuse pas si "proprette" que ça.
C’est ce musc là que j’espérais trouver avec Dans Tes Bras, mais malheureusement ma peau l’amplifie tellement dans cette création, que le parfum ne devient portable qu’après une bonne heure et demie.
Je prends conscience que je suis assez sensible au travail de Bertrand Duchaufour, dont j’avais sélectionné une bonne partie des créations chez l’Artisan.
par grand’ourse, le 13 mars 2011 à 04:42
J’ai beaucoup aimé Nuit de Tubéreuse, mais seulement les premières heures. Après quoi une note "poivre" a semblé vouloir dominer tout le reste.
Pour avoir aimé aussi Fracas et Do Son, mais respectivement l’un trop floro-floral et le second trop éthéré à mon goût pour être adoptés, je pense donc persister dans ma quête de la tubéreuse parfaite.
D’après vos commentaires, Carnal Flower, Amaranthine et Vamp à NY seraient à tester ?
Peut-être les amatrices/eurs du genre pourraient-ils me souffler d’autres pistes ?
Merci de vos avis...
réponse de amalia, le 13 mars 2011 à 08:19
Bonjour Grand’ourse,
Personnellement, il y a quelques jours, je n’étais pas spécialement en quête de tubéreuse, j’avais envie de sentir celle de l’Artisan, si bien évoquée par Jeanne, pour le côté vert racine et la manière inhabituelle dont elle semblait avoir été travaillée par BD.
La jeune vendeuse avait un fort parti pris pour Tubéreuse Couture de Parfumerie Générale (et pour la marque en particulier) que j’ai bien appréciée.
Elle m’a proposé aussi Passion d’Annick Goutal.
Cette maison propose également Gardénia Passion qui en contient et surtout l’absolue de Tubéreuse (bon le prix...).
Denyse sur Grain de Musc y consacre un article : Tubéreuse d’Annick Goutal : La vraie star sans fards...
par Jeanne Doré, le 13 mars 2011 à 11:48
Bonjour Amalia, la filiation entre les parfums d’un même parfumeur est parfois évidente pour certains, introuvable pour d’autres, cela dépend souvent sur quoi on "accroche" en premier dans un parfum, dont la perception peut être bien différente suivant les personnes.
Comme vous le dites, c’est parfois plus souvent la "patte" que certains accords d’ailleurs, qui apparait comme évidente.
Bonjour Grandourse, si vous recherchez une tubereuse "parfaite", donc peut être moins épicée que celle de l’Artisan, Amaranthine risque de vous faire le même effet, car elle est assez "mixée" avec d’autres ingredients (mais cela dit magnifique !).
Avez-vous essayé : Noix de Tubereuse chez Miller Harris, Beyond Love chez By Kilian, Gardenia chez les Exclusifs de Chanel, La Tubereuse de Maitre Parfumeur et Gantier, Infusion de Tubereuse de Prada, Gardenia Petale de Van Cleef, Velvet Gardenia chez Tom Ford ? Bons essayages !
réponse de Thierry, le 13 mars 2011 à 12:54
En fait, "suivre" un parfumeur est passionnant... Dans le cas de Bertrand Duchaufour, cela permet aussi de saisir la singularité mais aussi l’évolution de son style.
Pour moi, cette 3ème période créative avec NDT Amaranthine, Havana Bosphore se caractérise par une production plus "féminine" moins "radicale" mais toujours aussi passionnante...
par grand’ourse, le 14 mars 2011 à 06:09
Bonjour et merci de vos suggestions !
Je programme donc une escapade parisienne, histoire de bénéficier de l’option grands magasins, avec plus de 10 références recommandées il faut optimiser ses déplacements.
Et pour justifier pleinement le voyage, peut-être serais-je contrainte et forcée de me pencher sur les petits camarades de Gardénia (l’article relatif à Sycomore était terriblement incitatif)...
par amalia, le 29 avril 2011 à 21:28
J’ai passé la journée avec Gardénia Passion d’Annigou.
Quand Nuit de Tubéreuse est mutine et délurée, Carnal Flower pulpeuse et sulfureuse, je trouve Gardénia Passion un peu bourgeoise pudique.
Un parfum de très belle qualité mais plutôt évanescent.
S’il avait été plus persistant, j’aurais sans doute eu le temps d’apprécier sa tubéreuse toute en douceur et retenue. Mais il a préféré filer.... en douce.
par baron.de.la.brède, le 17 mai 2011 à 03:40
Finalement, j’ai mis la main sur Nuit de Tubéreus qui me hantait. Je pense que c’est mon premier parfum ou la note de tubéreuse domine. L’hiver dernier j’avais pris Infusion de tubéreuse parce qu’elle avait un effet poudré. Et, sans me rendre compte, j’arrete pas de penser à la tubéreuse de l’Artisan. Je donne 4 étoiles puisque les parfums à base de tubéreuse dure pas trop longtemps en général. L’autre raison est que c’est l’un des meilleurs parfums que la Maison de l’Artisan Parfumeur a à offrir voir la meilleur avec La Chasse aux Papillons. Havana Vanille est bien sauf que je n’aime pas la vanille meme si l’Impératrice Joséphine a su apprécié cette note.
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[Strip-tease surprise]
La nuit, la tubéreuse se déshabille, elle dévoile ses dessous chics et troublants dans un striptease hypnotisant.
Elle commence par effeuiller une à une ses notes végétales, vertes et crues comme de l’herbe coupée. Elle poursuit en jetant au visage de son audience des poignées de poivre noir, en riant. Dans une pause langoureuse et aguicheuse, elle passe et repasse sur ses lèvres pulpeuses un baume de beurre de cacao, lacté et beurré. Sa féminité extravertie est à son paroxysme lorsque soudain, au détour d’un pétale blanc, elle laisse entrevoir un petit coin d’intimité, son arme fatale cachée : un vétiver brut, fumé et flamboyant, clamant sans pudeur sa virilité insolente et inattendue. Plus personne en sait qui elle est vraiment, mais tout le monde n’a plus qu’une idée fixe, la posséder immédiatement.
Nuit de Tubéreuse est un sublime numéro de transformisme, un parfum trans-genre profondément addictif et mémorable, une tubéreuse épicée et boisée comme on ne l’attend pas. Une certaine filiation avec Dzongkha m’apparaît tout d’un coup, comme si ce dernier avait été épuré de ses notes terreuses et poudrées embarrassantes, comme maîtrisé et dompté. Et l’on retrouve également une certaine excentricité abordé dans Amaranthine, qui aurait été ici déployée et affirmée dans une version plus sombre et plus sexy.