
Par dau le 05 septembre 2010
Marque : L’Artisan Parfumeur
Année : 1999
Créé par : Olivia Giacobetti
Famille: Boisée
Note des visiteurs :
(18 avis)
par Phoebus, le 5 septembre 2010 à 10:34
Ah, excellent, j’attendais une critique de Passage d’Enfer sur Auparfum justement !
Mais c’est bizarre, tu n’évoque pas du tout le lys dans la composition .. ?
Ce que je trouve le plus formidable avec Passage d’Enfer, c’est le coeur qui nous offre un Lys ultra épuré, minimaliste, débarrassé de son opulence verte et entêtante...D’ailleurs, la fleur est plus suggerée qu’imposée dans le parfum, ce qui n’est pas très courant !
C’est comme si on prenait un bâton d’encens encore incandescend à la manière d’un fusain...Et qu’on dessinait de façon très simple un lys sur une feuille de papier. Noir sur blanc. Zen. Toute la pureté du lys, cerné par des cendres noires et parfumées...
Je n’ai pas toujours aimé Passage d’Enfer, je suis passé par plusieurs stades (entre l’adoration et la répulsion la plus totale...En passant par l’indifférence la plus complète). A un moment où je l’aimais beaucoup, je l’ai fait sentir à ma mère, et elle avait eu l’air d’avoir peur. Elle m’a dit que c’est presque exactement l’odeur qui règne dans les pompes funèbres. Pendant quelques temps, le simple fait de penser à son nom me donnait la nausée...Mais là ça va mieux (la qualité rattrape les préjugés !).
Donc bref, à noter que c’est aussi un parfum sans pour 100 citron plutôt originale en été...(le principe étant de faire une "eau d’encens" fusante et légère, l’eau de toilette se prête très bien aux grosses chaleurs !).
réponse de dau, le 5 septembre 2010 à 10:56
Impossible pour moi d’évoquer le lys, j’ai beau le chercher, soit c’est ma peau, soit c’est mon nez, mais sur moi il ne ressort pas du tout, ni sur carton ou Passage n’est pas très intéressant d’ailleurs, il reste "plat." Sur d’autres ? j’avoue que je connais une autre personne qui a essayer de porter passage d’enfer, mais j’ai réquisitionné le flacon. Mais c’est vrai que j’aurais du le mentionner parce que pour beaucoup, il est un élément important du parfum. Heureusement, tu as réparé l’erreur ! merci.
Pour ce qui est de le porter en été, je trouve aussi qu’il est très bien comme tous les capiteux qui ont ce coté "sec" plus épices et bois que baume et animal.
par zab63, le 6 septembre 2010 à 16:03
Je n’ai testé "Passage d’Enfer" qu’une fois, et je me souviens en effet d’une senteur sèche et agréable ... à retester, donc. Pour ma part, je regrette amèrement la disparition de "Nu" d’YSL, lui aussi à base d’encens, mais plus "moelleux" ( la rose, sans doute). Encore une belle création supprimée. :(
par aktarus, le 12 septembre 2010 à 12:02
Bien que l’encens soit léger et très transparent, c’est pour moi la meilleure évocation de l’atmosphère sacrée et austère d’une église...totalement addictif pour moi, et quel nom bien trouvé ! d’autres parfums se réclamant de cet univers m’ont laissé désappointé (Avignon de Comme des garcons, Cardinal de Heeley, qui une fois sur ma peau évoquent tous deux une vague odeur de détergent mêlée de déodorant axe).
Je suis surpris de lire dans vos commentaires que vous le portez l’été, pour ma part je ne peux plus dès qu’arrive le printemps, ça ne fonctionne plus, le charme disparaît et je passe à un autre parfum, en attendant le retour des premiers frimas...
Toujours en quête d’encens de cathédrale, ma curiosité aujourd’hui serait de sentir l’ether, également signé Olivia Giacobetti, quelqu’un parmi vous a-t-il pu faire la comparaison avec Passage d’enfer ?
réponse de Phoebus, le 12 septembre 2010 à 12:39
Oui, bon, on n’est pas trente-six à avoir dit qu’il se prêtait bien aux grosses chaleurs non plus...Je crois que je suis le seul en fait xD.
C’est personnel, c’est juste que quand il fait chaud, on distingue nettement mieux le coeur de lys. En hiver, quand la saison est plus fraiche, c’est l’encens qui domine...Et bon, je préfère largement le lys à l’encens, donc ma préférence va pour le porter en période estivale !
réponse de eh-andy, le 12 septembre 2010 à 12:51
pour ma part, ma préférence en matières d’encens va à "encens flmaboyant", de Goutal, exprimant pour moi ien davantage l’ambiance sacrée et d’église que le passage d’enfer, très joli, mais si volatile.. Ce dernier étant assez léger, en revanche, et plus floral, il trouve mieux sa place en été, à mon avis également !!
réponse de Dominique, le 12 septembre 2010 à 14:03
Bonjour Aktarus,
je me suis rendue compte que, tout comme vous, j’apprécie l’odeur d’encens en parfumerie !
Voici mes trouvailles, peut-être trouverez vous votre bonheur :
**
Gucci Eau de Parfum (on ne le trouve plus en parfumerie, mais très aisément sur internet),
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Encens et Lavande de Serge Lutens (qui m’a fait presque pleurer tellement il m’a touchée, mais je n’ose pas encore le porter, j’aurais l’air de quoi à être bouleversée toute la journée ?),
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Messe de minuit de Etro (rond, très facile à porter, et d’une excellente tenue comparable à une eau de parfum alors qu’il est désigné comme cologne).
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Je suis très curieuse à propos du parfum de la créatrice Hiroko Koshino, encens japonais : quelqu’un l’a-t-il senti ?
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Ce qui est bizarre, c’est que je ne supporte pas du tout les encens à brûler, quel que soit leur parfum !
Cordialement.
réponse de Jeanne Doré, le 12 septembre 2010 à 16:37
Bonjour Aktarus, je ne les ai jamais comparés côt à côte, mais la filiation est évidente. Pour moi, l’éther est plus impactant, plus brut, moins floral, plus extrême, mais peut-être moins facile à porter... encore une fois, ce n’est qu’une impression de mémoire !
réponse de dau, le 13 septembre 2010 à 15:05
Je trouve aussi que l’évocation de Lutens est la plus "église", boulversante ou éoeurante suvant vos souvenirs de l’église en question. À tester sur peau parce que sur d’autre, il évoquait beaucoup plus la lavande que sur moi...
J’aime beaucoup celui de Goutal aussi, mais je le préfère en encens d’hiver, puisque moi aussi en été, j’aime passage d’enfer. (Peut-être pas en pleine canicules, mais...)
par julita54, le 13 septembre 2010 à 16:21
Pour ma part, j’adore ENCENS FLAMBOYANT de Goutal . C’est un encens pur, translucide , léger voire gai ... pas un encens lourd , enfumé et triste ( comme MESSE DE MINUIT qui me glace le sang ! ) ;
Passage d’Enfer, je le trouve limite minimaliste pour ma part .
par miroulette, le 15 octobre 2010 à 14:17
Aktarus,
Je porte régulièrement "Ether" et j’ai eu l’occasion de sentir "Passage d’Enfer", ils se ressemblent très fort mais comme dit Jeanne, "Ether" est plus brut, plus fort, plus tenace, plus entêtant. Je trouve personnellement "Passage d’enfer" timide en comparaison.
A choisir j’investirais dans "Ether" !
par miroulette, le 15 octobre 2010 à 14:44
Oups, j’ai oublié de le noter.
Trois étoiles quand même !
par eh-andy, le 24 novembre 2010 à 10:23
je reviens sur ce parfum : il est si beau, si léger et mystique, féminin et masculin, un équilibre parfait. Mais sa fugacité sur la peau et dans le sillage me fait penser que si je devais nommer un parfum frustrant, ô combien frustrant, parmi tous ceux que je connais, ce serait celui-ci. Je l’adore et il me déçoit. Affection malheureuse. Tant pis !
réponse de miroulette, le 24 novembre 2010 à 10:39
Eh Andy,
Essaye Ether (son frère jumeau, de Giacobetti aussi), il a une tenue irréprochable (24h).
réponse de dau, le 24 novembre 2010 à 13:43
J’avais aussi cette impression.
Pourtant, les autres le sentaient. Et j’ai fini par le sentir de moins en moins jusqu’à ne plus le sentir du tout même au moment ou je vaporisais, j’avais juste la sensation de l’alcool. Donc, finalement, c’était peut-être bien mon nez… Je ne sais donc toujours pas s’il a un souci de tenue ou si on s’habitue trop. Sur les tissus, il ne tient quand même pas trop mal : essayez les vêtements ?
par eh-andy, le 24 novembre 2010 à 10:46
Bonne idée, merci, mais les parfums IUNX ne sont-ils pas hors de prix ?? j’ai bien peur que tu me répondes par l’affirmative.
réponse de miroulette, le 24 novembre 2010 à 14:19
A Bruxelles : 145 euros pour 150 ml. C’est vrai c’est un peu cher mais le flacon et le packaging sont superbes... Et le parfum est de qualité.
Si tu m’envoie un travalo (petit vapo de 4ml qui se rempli à partir de n’importe quel flacon de parfum muni d’un vapo) je te le remplirai d’Ether et te le réexpédirai.
par catfat, le 20 février 2012 à 11:33
A l’occasion des soldes chez l’AP j’ai pris une petite bouteille de Passage d’enfer. Je n’ai pas eu de coup de foudre pour ce parfum en le sentant sur touche, mais son odeur m’intriguait beaucoup, tellement que sur un coup de tête je l’ai choisi (en me disant aussi, c’est Olivia Giacobetti ça ne peut pas être raté !). Je l’ai porté une fois, deux fois et finalement je n’arrive plus à porter un autre parfum, je recherche les traces de ce lys merveilleux sur mes cols, mon écharpe... Disons que l’on a appris à se connaître tous les deux ^^ Je trouve ce parfum très délicat, pour paraphraser Murakami, la fleur du lys serait comme "un petit animal entré en méditation", en lisant le passage je me suis dit que c’était ça ! Merci pour cette belle découverte toute en subtilité, mais néanmoins addictive.
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[Esprit d’encens]
Après Comme des Garçons, Dau s’attaque à une autre marque emblématique des perfumistas, l’Artisan Parfumeur.
Ancienne adresse de L’Artisan Parfumeur dans le XIVème, le nom Passage d’Enfer a été donné à ce parfum lancé spécialement pour le passage à l’an 2000. Pas la peine d’espérer des effluves sulfureux ou démoniaques pour autant…
Passage d’Enfer est tout encens, mais on est loin de la fumée d’église qui fait défaillir de volupté. Le descriptif de la marque parle d’une eau d’encens et c’est assez joliment trouvé. Le parfum est transparent, comme décanté, un peu boisé en fond, avec juste une trace de benjoin. Il me fait penser, non, pas à l’encens lui-même mais à la trace qu’en aurait gardé le vêtement, la chevelure d’une belle inconnue après avoir fait ses dévotions au temple. Il ne donne pas vraiment l’impression d’être parfumé, plutôt celle de s’être frotté contre des matières précieuses…
Il m’évoque une citation de Gabrielle Chanel : « le luxe, ce n’est pas le contraire de la pauvreté, mais celui de la vulgarité », parce qu’il est assez décalé dans sa belle sobriété, un poil austère, au milieu des gourmands frivoles qui encombrent les rayonnages des parfumeries. Je ne parlerai pas de minimalisme, mais d’épure, façon calligraphie zen, une épure emplie d’une spiritualité qui laisse place au mystère.
S’il manque peut-être un peu de sillage, c’est un vrai bonheur de sentir sa trace sur une écharpe ou un foulard et de se dire que même lorsqu’on ne le sent plus, il est toujours bien présent. J’apprécie particulièrement sa belle sécheresse qui le rend si facile à porter toute l’année.