
Par Jeanne Doré le 10 février 2010
Marque : Maison Martin Margiela
Année : 2010
Créé par : Daniela Roche-Andrier
Famille: Boisée
Note des visiteurs :
(13 avis)
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par eh-andy, le 10 février 2010 à 14:17
Oh eh bien j’ai hâte de le sentir ! Des notes vertes et des notes d’encens en même temps, ça promet de me plaire. Ceci dit, ce qui m’inquiète un peu, c’est la touche musquée qui d’après vous, Jeanne, fait penser aux parfums Prada.. Je crois que je n’aime guère les muscs surdosés des parfums pour homme de Prada, qui me font trop penser à white musk de body shop.. Mais c’est une question de goût, j’en conviens, et si ce rapprochement que j’évoque est peut-être celui d’un néophyte.. Cela semble mériter d’être testé. Quant au prix, de quel ordre est-il, savez-vous ?
réponse de Jeanne Doré, le 10 février 2010 à 19:34
Bonjour Eh-andy, le musc n’est pas aussi présent que dans White Musc, il est surtout associé au bois et à des notes poudrées, avec une grosse "signature" Prada, plus que Body Shop.
Son prix est de 55 euros les 30 ml, 80 euros les 50 ml ou 100 euros les 75 ml.
Vous le trouverez dans les grands magasins parisiens le 1er mars et dans les parfumeries agréées à partir du 15 avril prochain.
réponse de ben, le 11 mai 2010 à 12:00
Bonjour. Vous indiquez "féminin-masculin" dans la fiche descriptive. D’autres blogs aussi. Cependant la récente campagne de pub Margiela le désigne comme "parfum pour femme". Dans le commerce il est classé dans les féminins. Il avait pourtant toujours été annoncé comme unisexe. Est-ce un revirement de dernière minute de la part de l’Oréal ? Une peur de la confusion marketing ?
Et à votre avis, est-il vraiment unisexe ?
réponse de Jicky, le 11 mai 2010 à 16:23
Perso je le trouve même plus masculin que féminin... mais c’est cette note verte que j’associe souvent aux hommes qui me le fait dire. Il a quand même un petit coeur bien sympathique pour une femme !
par Maowel, le 21 février 2010 à 16:42
J’aime beaucoup cet (Untitled) ! Je le trouve chic, vraiment : il me rappelle, dans un esprit beaucoup plus contemporain, Balmain de Balmain sorti il y a une dizaine d’années, qui tentait (un peu trop vite apparemment... ;) de remettre au goût du jour les chyprés verts. Tentative réussie cette fois-ci : (Untitled) a le caractère altier de cette vénérable famille et en même temps l’espèce de décontraction qui caractérise notre époque... Coup de coeur pour moi !
réponse de lucasdries, le 11 mai 2010 à 13:18
Pour ma part j’ai senti ce parfum et ça m’a tout de suite évoqué l’encens flamboyant de Goutal, est-ce complètement anormal ? Sauf que j’ai trouvé celui-ci un brin écoeurant avec son côté fumé, presque quelque chose de l’ordre du plastique brûlé au milieu d’un tas de sapins en braises.. Pas très agréable pour moi !!
par Jeanne Doré, le 11 mai 2010 à 21:41
Ben,
Pour répondre à votre question plus haut, il m’arrive d’attribuer les 2 genres à des parfums que j’estime pour les deux, totalement arbitrairement ! A vrai dire, je ne me souviens pas avoir lu pour qui il était destiné, mais qu’ils le positionnent féminin ne m’étonne qu’à moitié.
Lucasdries,
je peux comprendre cette asssociation avec l’Encens de Goutal, il y a une note fumée et résineuse qui se dévoile après le galbanum, mais qui d’après ce que je lis, n’a pas l’air de vous faire rêver !
par lucasdries, le 11 mai 2010 à 21:46
Eh bien, .. c’est vrai qu’il ne me fait pas rêver cet Untilted, et justement ce qui est étrange c’est que je lui trouve une vraie parenté avec Encens de Goutal, mais c’est comme si il n’y avait que cette parenté qui me plaisait à vrai dire.. Une note qui me plaît beaucoup dans un parfum, et pas du tout dans un autre, alors que j’associe les deux, c’est très étrange !
par Jicky, le 19 mai 2010 à 13:56
(Untitled) c’est d’abord un nom que je trouve sympa. Puis bon, le flacon est rigolo, la pub horrible (mais c’est pas grave).
Quant à l’odeur, et bien elle change ! Sincérement, j’aime beaucoup les parfums verts, du n°19 à A Scent, je trouve qu’il y a un quelque chose de très beau. C’est le fameux galbanum, que j’ai appris à connaitre grâce à Vol de Nuit de Guerlain.
Margiela nous présente un galbanum assez naturel, c’est à dire terreux, racineux, résineux (je suis pas sur pour le "racineux" mais on a tous compris^^). La fraicheur verte n’est pas tranchante comme peut l’être Chance Eau Fraiche, mais plus sur le côté "je viens de la terre". On sent les sous-bois, les racines, le bois. Une réelle profondeur qui me fait aussi penser à du lierre.
Puis ce fond très musqué et fait de résine et d’encens. Il est assez présent mais n’est pas fort dans le parfum. Il lui donne son caractère.
Par contre il y a un petit truc qui me dérange - petit^^ : c’est que pour moi il est importable ! Jamais je supporterais de sentir ça ! Il est trop lourd, trop terreux ! Or, la but d’un parfum c’est quand même de pouvoir être porté, au delà des expérience olfactive du type de "Comme des Garçons".
Et là aussi je pense comme Jeanne : il a surement besoin d’être encore plus abouti !
Vive l’odorat !
réponse de The Rebel Gardener, le 22 mai 2010 à 16:56
Personnellement, Martin Margiela représente pour moi la quintessence du prêt à porter et on ne pouvait que s’attendre à quelque chose d’aussi fou que ses créations. Et là, c’est vraiment la GROSSE déception. La note de tête verte, avec le galbanum et l’effet buis coupé (une de mes odeurs préférées) est vraiment sympa, légèrement déconcertante mais vraiment pas mal. Et après : l’horreur. C’est cet accord encens qui s’enroule autour du parfum que je ne supporte pas. Trop balsamique (je retrouve exactement le même accord dans mon Nombril Immense de Etat Libre d’Orange, sans le côté boisé bien évidement). S’accorde mal avec l’accord vert de tête : j’ai l’impression qu’il y a deux parties dans la parfum ayant chacune leur propre identité et qui tentent de co-exister tant bien que mal. L’évolution n’est donc pas du tout réussie. Et puis le fond, il est vrai, ressemble beaucoup à celui des parfums Prada. Pas très intéressant.
Après, la campagne papier est un vrai foutage de gueule. Je paraphrase : "Nous montrons que nous pouvons faire de la parfumerie autrement ... Nous sommes TELLEMENT révolutionnaires dans ce milieu ..." Venant d’un groupe comme L’Oréal, je ne peut m’empêcher de trouver ce genre de réflexions déplacées. S’appuyer sur une maison innovante agonisante (parce que Martin Margiela n’est plus à sa tête) pour vendre du pseudo-révolutionnaire en le clamant haut et fort, c’est, à mon avis, de très mauvais goût. Les choses se seraient passées autrement si le maître avait été encore à la tête de sa maison, Maison Martin Margiela aurait pu faire aussi bien que Comme Des Garçons.
par The Rebel Gardener, le 2 juillet 2010 à 19:30
Bon, en fait j’ai re-senti ce parfum récemment et j’en ai un avis beacoup plus favorable. je ne peux m’empêcher de lui trouver une parenté avec le no 19, sauf un fond plus musqué, plus doux. Même dépard de galbanum, plus aggressif pour (untitled), et un coeur assez fleuri, mais bien entendu, le parfum reste assez bien ancré dans son époque et ne se contente pas d’une simple copie de son illustre ainé.
Et, chose étrange, j’ai l’impression de détecter une note de plâtre au centre de la composition, mêlée à l’encens et la fleur d’oranger, genre plâtre frais encore humide.
réponse de The Rebel Gardener, le 2 juillet 2010 à 19:31
je mets un 4 cette fois-ci, comme ça on obtient 3 au final.
par Jeanne Doré, le 3 juillet 2010 à 12:30
Je suis ravie de ce revirement !
La matière qui m’évoque le plâtre, en général, c’est le costus (comme dans le Mâle, Zino...), mais je n’ai pas reconnu cette note dans Untitled, peut-être est-elle bien cachée, ou y êtes vous très sensible ?
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[Infusion de Galbanum]
Cela faisait des mois qu’on nous en rabattait les oreilles, le voilà, le premier parfum Margiela est enfin dans les rayons (enfin, du moins, ceux de chez Colette).
A la vue de sa description, on ne peut tout de suite s’empêcher de vouloir établir un parallèle avec le dernier Miyake qui joue sur le même revival vert aux consonnances 70’s.
Mais là où le galbanum hespéridé dans A scent joue parfaitement sur la transparence, comme le verre de son flacon, (au risque de paraître presque un peu tranchant), Untitled enrobe très joliment sa note verte et croquante de baumes enfumés, presque cuirés, au milieu desquels il n’en ressort que plus éclatant.
Le parti pris semble celui d’un vert noirci de fumées d’encens et de bois résineux, où le galbanum fait une fulgurante apparition dans les premières minutes, pour s’éteindre ensuite sur un univers plus sombre évoluant sur des notes de cèdre crayonneux et de résine de lentisque, avec un petit effet de réglisse noire.
Après cette première transformation olfactive arrive la troisième phase : le fantôme d’Infusion d’Iris surgit, avec ses notes vintage musquées et poudrées enveloppantes, signature indélébile que Daniela Roche-Andrier n’a pu s’empêcher d’apposer dans sa nouvelle création, au risque d’en agacer certains (Octavian, par exemple), ce que je peux comprendre. La parenté est à la fois subtile sur mouillette, mais évidente dans le sillage. C’est une marque indéniable du parfumeur, qui sera certainement appréciée des amoureux de la série des Prada, mais en sera-t-il autant de la marque italienne détenue par Puig ?
Au final, un parfum plutôt sage, bien que relativement réussi dans sa cohérence et sa personnalité par rapport aux derniers lancements du groupe L’Oréal qui ne semblait pas vraiment vouloir prendre de gros risques olfactifs ces derniers temps, que ce soit avec Cacharel, Diesel ou Viktor & Rolf... Mais il aurait peut-être mérité d’être un brin plus abouti, voire plus extrême dans cette idée de galbanum “encensé” et embaumé.