par Poivrebleu, le 12 juillet 2010 à 10:09
Une tres belle description de Vol de Nuit, que je préfere pour ma part à Jicky. La note animale est plus envloppante, mais elle est aussi plus enveloppée et le résultat est d’une classe sans pareille. Je lui ai moi aussi trouvé une empreinte années 30 de la dame aux gants noirs et à la fourrure. C’est toute une histoire, comme vous le dites... (http://poivrebleu.com/2007/09/21/pe...)
par RomainB, le 12 juillet 2010 à 20:36
Tout simplement sublime, j’ai craqué quand je l’ai senti, il a rejoint ma collection. C’est un vrai bonheur de le porter.
par Uella, le 12 juillet 2010 à 22:05
L’extrait de Vol de Nuit etait un des plus beaux parfums du patrimoine de la parfumerie francaise, mais la encore force est de constater que l’actuelle reformulation de l’extrait n’est pas a la hauteur de ce qu’etait la version originale. Le plus decevant est cet affreux civet synthetique "marin", tres persistant m’insupporte au plus haut point et qui n’existait pas auparavant. En fond le parfum n’est plus aussi riche et somptueux qu’autrefois.
réponse de Mascarette, le 13 juillet 2010 à 20:08
Un billet qui tombe à point nommé. Il est toujours si doux d’entendre parler d’un parfum qu’on aime…
Amoureuse de L’Heure Bleue depuis vingt-cinq ans, j’ai négligé Vol de Nuit jusqu’au jour où sa beauté m’est apparue, c’est-à-dire il y a peu, à la faveur d’un ultime « humage ». J’ai également découvert combien il pouvait être réconfortant, moi qui le considérais comme « distant », froid et surtout terriblement daté, plus que son aîné. Depuis peu aussi, je ne suis plus aussi réfractaire aux notes vertes.
Je ne m’imaginais pas l’apprécier, jeune.
Passée l’ouverture vigoureuse, verte, hespéridée et aromatique (que l’on retrouve chez d’autres anciens Guerlain, le galbanum en moins), les notes, sur ma peau, s’adoucissent très vite. Je retrouve alors cet accord vanillé-ambré-poudré qui l’apparente à L’Heure Bleue… Son caractère légèrement suranné ne me gêne pas, au contraire. En dépit de son âge, il reste pour moi un parfum non conformiste. L’était-il déjà en 1933 ?… Classique, peut-être, par son histoire et son statut de "monument", mais pas par son esprit et sa construction...
Les températures estivales lui réussissent, il fuse sur la peau avant de s’y fondre en révélant son cœur chaleureux. Autant dire qu’il ne m’évoque pas du tout la fourrure, d’ailleurs les seules fourrures que je « possède » sont dotées de quatre pattes, de moustaches et bien vivantes !
Je viens de m’offrir l’eau de toilette. J’ai essayé l’extrait, dont j’ai quelques précieuses flaconnettes, une merveille, mais l’achat n’est pas prévu dans l’immédiat !
J’aime en ce moment le porter le soir ; il accompagne mon glissement dans le sommeil…
réponse de Uella, le 13 juillet 2010 à 22:42
mascarette, je vous certifie que le vrai Vol de Nuit (pre-reformulation) est un parfum fourrure et que meme en eau de toilette ce n’est pas un parfum dont les notes fusent et s’adoucissent sur la peau, mais normalement un parfum qui s’exprime avec une forte personnalite. Je ne me suis pas donne la peine de tester l’actuelle version de l’eau de toilette mais certainement comme pour l’extrait c’est une question de reformulation. En matiere de parfums classiques comme Vol de Nuit, la plupart des matieres premieres naturelles qui composent ces parfums legendaires ont ete, depuis une dizaine d’annees, supprimees au profit de molecules synthetiques ; resultat, on se retrouve aujourd’hui avec un Vol de Nuit ou les tonalites et les facettes les plus complexes ont disparu pour donner une version approximative, plate et allegee de l’original.
réponse de dau, le 19 juillet 2010 à 16:42
Moi non plus, je ne le trouve pas spécialement fourrure… y compris dans la version sentie il y a 25 ans. En même temps, question de goûts aussi, on n’a peut-être pas tous la même idée du parfum fourrure.
C’est amusant que vous le trouviez non-conformiste, parce que moi, justement, je trouve qu’il marque bien le retour au néo-classicisme des années ’30 après les folies des garçonnes bien plus exubérantes et tapageuses. Question d’appréciation aussi. Mais au moins on est tous d’accord pour le trouver merveilleux ! C’est dommage qu’on le laisse autant dans l’ombre des Guerlain à succès.
Pour ce qui est de l a reformulation : je la trouve bien plus réussie que celle de son héritière direct Miss Dior la trop liftée !
Au passage : bravo Jicky.
par Uella, le 21 juillet 2010 à 22:09
dau, en parfumerie la conception du parfum fourrure n’est pas une idee personnelle mais bel et bien un parfum considere generalement feminin, capiteux et sophistique. Si Mitsouko est la femme mysterieuse, la femme de caractere, Shalimar la femme sensuelle, Vol de Nuit a tjs ete considere comme le plus sophistique des Guerlain classiques. Certes, l’actuelle reformulation de Vol de Nuit n’est pas une catastrophe, raison pour laquelle j’ai vote 2 sur 4, par contre a 350 dollars l’extrait, entre ce civet et ce fond boise synthetiques, je prefere m’abstenir.
New Yorkaise, j’ai la chance d’avoir acces aux listings des parfums vintage de Guerlain sur ebay.com, interdits en France.
je prefere mille fois acheter un ancien flacon scelle encore en bon etat plutot que les reformulations actuellement commercialisees dans les points de vente Guerlain.
réponse de dau, le 22 juillet 2010 à 07:55
Perso, je trouve Shalimar plus fourrure que Vol de nuit qui me semble « printanier. » Féminin, capiteux et sophistiqué, je veux bien, mais ça peut se concevoir de plusieurs façons. Vol de Nuit ne me semble pas si capiteux que ça : on a connu mieux, ou pire, c’est selon, disons juste plus capiteux. Il joue beaucoup plus sur le mystère que sur la sensualité. Il me semble même qu’il contienne un bonne dose de sentimentalité.
Et j’avoue que le classement officiel de Guerlain me semble plus relever de la publicité qu’autre chose. Et je trouve un peu dommage qu’ils enferment leurs parfums comme ça dans des clichés. C’est peut-être ça aussi qui fait la force du N°5 de Chanel : une communication avec des femmes très différentes et un parfum qui est juste décrit comme féminin et moderne sans donner trop de détails ou d’images précises, c’est peut-être plus faciles à s’approprier. (même si malgré tout, il traine des clichés de tailleurs parce que c’est l’un des autres éléments forts du style Chanel, on est d’accord)
réponse de Uella, le 22 juillet 2010 à 17:43
effectivement la on est dans le domaine de votre appreciation personnelle des choses - Shalimar parfum fourrure, a la limite pourquoi mais toujours est-il que c’est la reference orientale du parfum qui a ete le premier a jouer a fond la carte de la seduction pour la seduction. Il lui manque ce cote parfum tres sophistique pour en faire un vrai parfum fourrure.
Vol de Nuit "printannier", vraiment c’est la premiere fois que je lis ca. Je me demande vraiment si on parle du meme parfum. Vol de Nuit est un parfum que j’ai en trois exemplaires (des annees 60 aux annees 90) et que je connais depuis longtemps. Certes, je ne connais pas l’actuelle version de l’eau de toilette, il me faut la tester parce que je suis inquiete pour le coup. Comme vous le savez j’ai trouve l’actuelle reformulation de l’extrait bcp moins capiteuse et moins complexe que le Vol de Nuit que j’ai toujours connu.
réponse de Uella, le 22 juillet 2010 à 18:03
Dau, en y repensant la vanille de Shalimar ne peut pas en faire un parfum fourrure. Pensez a des parfums comme Poivre de Caron (la encore les versions vintage de Poivre, pas l’actuelle pietre reformulation qui n’est qu’un abominable jus de chaussettes), 1000 de Jean Patou en extrait, ca ce sont des parfums fourrures ! Vol de Nuit pour Guerlain.
réponse de Heurebleue78, le 8 janvier 2012 à 20:58
Bonjour,
Il y a eu une mise en conformité début 2011 du parfum l’Heure Bleue. Je suis vraiment vraiment désespérée car la formule est vraiment différente. Quelqu’un peut-il m’indiquer un site où je peux me procurer des parfums vintage ? Je suis sur Paris.
En vous remerciant de tout coeur
par dau, le 22 juillet 2010 à 19:05
Je vous explique le printemps que j’y vois : le jour s’allonge, les première fleurs sont là, toute timides, deux jonquilles et un crocus, le ciel est bleu… mais on a encore besoin de son petit cachemire. Donc, Vol de Nuit, chaleureux, confortable, mais avec déjà l’annonce des beaux jours dans son joli départ. Pour moi, il correspond tout juste au moment de l’année ou on en peut plus de l’hiver, ou on veut y croire au moindre rayon de soleil que c’est le printemps. Mais ou on ne couperait le chauffage pour rien au monde quand on est encore un peu frileux.
par dreamparfum, le 18 septembre 2010 à 23:41
Ahhhh, moi qui attendait la critique sur le célèbre "vol de nuit". A ma grande surprise c’est Jicky qui s’y colle, je ne m’y attendais pas vu qu’en général c’est Jeanne qui s’occupe de ça. J’ai bien aimé ta description Jicky, notamment l’intro ou tu racontes bien une page de l’histoire du roman du même nom. Dans l’ensemble je dirais tout simplement que ta critique est bien faite, structurée, plaisante à lire. Malheureusement pour moi il faudrait que je le ressente parce que je ne m’en souvient plus très bien.
réponse de Jicky, le 19 septembre 2010 à 15:42
Merci Ô dreamparfum^^
Bah oui ! Jeanne m’a forcé à "m’y coller"... Ca a été une expérience très dure pour moi... J’en ai encore des sequelles ! Maintenant mon cerveau me harcèle quant à un achat de l’extrait :O !!!
par dreamparfum, le 26 septembre 2010 à 14:08
Ah bon, tu en a vraiment souffert ? si t’es sérieux j’en suis désolé, mais ça a été si dure que ça ? rassure moi, dis moi que non lol.
par Mesqualine, le 7 novembre 2010 à 18:17
"Vol de nuit" est-il toujours édité ? Je ne le trouve pas dans les parfumeries près de chez moi... Peut-être n’est-il vendu qu’à Paris, comme d’autres parfums ? (malheureusement)
réponse de Jicky, le 7 novembre 2010 à 18:32
Vol de Nuit est trèèèès bien caché ! Pour le trouver ! 2 solutions : soit être soi même un(e) gymanste hors pair, auquel cas on peut se baisser et fouiller tout le rayon du bas des Guerlain. Soit demander à une vendeuse, auquel cas elle va ouvrir un tiroir, puis là y’a plein de tester, et généralement y’a Vol de Nuit. Mais c’est vraiqu’on le trouve pas partout....
=)
par sleep2dream, le 25 septembre 2011 à 16:53
Je vois que cela fait presque un an que personne n’a commenté ce magnifique parfum et ce merveilleux billet de Jicky !
Alors je pense qu’avec le 19, celui-ci va m’accompagner de longues années. Je parle de l’extrait, ayant découvert l’EDT juste après, autant vous dire que je n’ai rien pu sentir tellement l’extrait est... magique.
J’ai comparé sur un poignet Vol de Nuit, sur l’autre Shalimar. Ce qui m’a attiré vers Vol de Nuit, c’est ce mélange petit grain et galbanum. Le petit grain et moi c’est une très grande histoire d’amour ; c’est la première bouteille d’huile essentielle dont je suis devenue complètement dépendante. La vanille arrive vite "tiens mais c’est L’Heure Bleue !", aussi douce, gourmande, poudrée, amandée, mais avec quelque chose en plus, la bigarade qui reste un peu... Là je me suis dit : la prochaine fois que je prends un extrait ce sera celui-là. Il est plus complexe que l’Heure Bleue et plus beaucoup plus doux que Shalimar.
Je fais un tour, prête à rentrer chez moi, et là : le cuiiiiiir ! Un cuir très vanillé, plutôt doux, je me suis dit "Mais maintenant je sais pourquoi je n’aime pas Cuir Beluga ! C’est parce que c’était ça que j’attendais !".
Là je ne peux plus résister... Le 30 ml... Ah mon banquier doit en faire des cauchemars...
Et il tient vraiment, contrairement au 19.
Pour l’anniversaire de mon amoureux je lui ai offert un beau et doux sac en cuir qui sent divinement bon : avant de le lui offrir je le reniflais en cachette. Maintenant plus besoin ! Une goutte sur le poignet, et il tient une demi-journée, je peux le sentir sans laisser de sillage (j’aime me parfumer égoïstement !).
par Absinthe, le 17 novembre 2011 à 18:07
Redécouvert en extrait grâce à un décant, depuis je pleure à intervalles réguliers et j’économise sous par sous, en évitant de venir sur AuParfum pour ne pas me laisser aller à d’autres tentations (oui bon j’ai acheté Kenzo Amour quoi lol).
.
Mais j’ai repéré ce bel objet (enfin je trouve), et je sais déjà ce que je vais demander à Noël :
.
http://www.sephora.fr/Maquillage/Te...
réponse de sleep2dream, le 17 novembre 2011 à 21:16
Tu fais bien d’économiser pour l’extrait de Vol de Nuit, c’est le meilleur !
Malgré toutes les tentations, c’est Vol de Nuit que je choisirais en premier !
par zab63, le 29 novembre 2011 à 14:00
Une brume poudrée, délicieusement rétro. Une senteur mystérieuse, confortable et moelleuse.
par zoizozette, le 31 janvier 2012 à 11:49
je n’ai trouvé Vol de nuit ni a sephora ni a nocibé mais abeauty success.C’est une merveille mais je n’ai pas trouvé la tenue geniale .Quel dommage !
réponse de lolo, le 31 janvier 2012 à 16:08
C’est vrai,la tenue n’est pas formidable. C’est un parfum intime et éphémère.
réponse de zoizozette, le 7 février 2012 à 15:33
De toute facon tenue pas top ou pas j’ai craqué .Vive les bons de reductions ,j’ai moins de remords !
La decouverte de ce site me menera a ma ruine !!!
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[Le parfum de la dame aux gants noirs]
Jicky récidive, toujours avec Guerlain, mais cette fois, en prose...
Comme dirait Jeanne, le “truc” c’est la phrase d’accroche. Sauf qu’en l’occurrence, une phrase d’accroche dans le style « Incontournable de tout passionné... » ou « Il était une fois moi et.... » et bien ça le faisait tout simplement pas.
Vol de Nuit
Pour la petite histoire, Jacques Guerlain était ami avec Antoine de Saint Exupéry. Ce dernier avait sorti en 1931 son roman Vol de Nuit, mon préféré avec Terre des Hommes. Ce livre retrace l’épopée du Commandant Rivière, un héros audacieux qui prône la rapidité du vol de nuit pour les vols postaux. Le roman raconte en outre l’aventure d’un pilote, qui se sait condamné, et de sa toute récente femme, qui l’attend désespérément.
Saint Exupery relate donc l’expérience d’une femme nouvelle : elle est libre, confiante, forte de caractère. Et ce à une époque où la femme s’émancipe : travail, relation, caractère,... et avec Jacques Guerlain, parfum !
Parler de Vol de Nuit est difficile car c’est un parfum ô combien facetté, ciselé.
Condenser la description olfactive de Vol de Nuit en une simple énumération serait peu pertinent : « Mieux vaut ne pas s’essayer à décrire l’indescriptible, ce serait réducteur » comme qui dirait.
La première impression est très poussée car résolument moderne : une note verte et florale, avec une belle impression de fleur d’oranger. Le galbanum est selon moi maîtrisé pour une des premières fois dans la parfumerie et donne, loin de l’impression terreuse, une dimension fugace de verdure. C’est la tête indéniablement. Elle m’évoque l’image de ces longs gants de soie noirs que les femmes des années 20-30 remontaient jusqu’aux coudes. Après cette facette lumineuse, c’est là que le parfum s’épanouit, selon la personne, il évolue de manière florale, épicée, boisée, puis parfois ambrée et orientale.
Officiellement, Vol de Nuit, c’est la jonquille ; une fleur assez incisive, associée à la rose, au jasmin, ou encore à l’œillet. Sur ma peau, il n’en va pas de même, je fais passer ce cœur floral très discrètement : le vert du début perdure, et s’y ajoute un aspect animal, puis une petite odeur délicate de fleur, dans le style de la gentiane, qui apporte une touche plus classique à l’accord. Comme la nuit tombe, la femme aux gants de soie se pare d’une belle fourrure, en adéquation avec son style étoffé.
Puis en fin de journée, Vol de Nuit est devenu une subtile Guerlinade boisée, ambrée, sèche presque. Et là, à coup sûr, le parfum se révèle à nous. Sur moi, il garde le côté animal très suave, proche de Jicky, avec une note cuirée et chyprée. C’est délicat et persistant. Cela évoque un peu l’odeur des vieux livres et d’un fauteuil en cuir, avec une ambiance calme, fin de soirée. En fait, c’est comme un conte que l’on nous raconte dans un petit boudoir feutré : on est tout petit, émerveillé, face à un conteur, même une conteuse, la mystérieuse dame en gants montants. Dans notre tête volent des rêves d’évasion, de machines volantes improbables, et de danger.
Et moi de demander à Guerlain : « Dessine-moi un avion ».