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Antaeus

Chanel

Flacon de Antaeus - Chanel
Les Classiques
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Anti-Bleu

par , le 20 mai 2011

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Le sous-titre de ce premier parfum de Jacques Polge en 1981 pour Chanel aurait pu être "cuir duel" tant la notion de dualité est celle qui caractérise le mieux Antaeus.

95, tel est le nombre d’ingrédients proclamé dans le dossier de presse de ce parfum décrit comme étant « très riche », dans la grandiloquence souvent too much des années 80. Lors du "pshittage", un effet de trop plein rappelle Poison ou Loulou (« oui, c’est moi ! » ).

Un départ très dense, heureusement équilibré et rafraîchi par des notes hespéridées (citron et limette) nous plonge immédiatement dans un univers effectivement intense et dense, presque claustrophobe. Alors que des aromates "virilisent" ce parfum (sauge, thym et basilic....), un coeur floral classique de rose et jasmin apporte une douceur salvatrice (féminine ?).

Le fond poursuit cette confrontation duelle en couplant un patchouli tout en douce rondeur à une note un peu "sale" de castoréum. Étonnamment, le patchouli, utilisé dans les compositions contemporaines pour donner du corps à des fruités-floraux qui en manquent cruellement, apporte ici de la rondeur dans son accord avec l’animalité de la facette cuir du castoréum : après quelques rugissements, un fauve radouci au pelage chaud, un peu odorant, mais doux et agréable, se pose sur la peau de celui (ou celle, car Antaeus se conjuguerait probablement très bien au féminin) qui le porte.

Après, donc, la cacophonie des premiers instants, la symphonie de cet orchestre s’accorde miraculeusement pour jouer un air harmonieux sans que l’on parvienne à distinguer une note ou un instrument en particulier dans la partition qui est jouée (mais, n’est-ce pas la règle, pour nombre de chefs-d’œuvre, que de nécessiter des ajustements dans les instants qui précèdent la "représentation symphonique" des odeurs, à la manière d’une pièce à l’opéra ?).

Enfin, ciste-labdanum et mousse de chêne apportent leur signature à ce que l’on pourrait ainsi classer dans la famille des chypres cuirés : la bête au poil doux, mais sombre, chaud et un peu sale, peut rejoindre sa tanière des sous-bois.

Historiquement, cuir et parfum sont associés depuis longtemps (le titre de "Maître Parfumeur et Gantier" en est un exemple). L’usage du cuir nécessitait dans le passé divers traitements afin de le rendre portable : imperméabiliser les bottes des danseurs des Ballets Russes au goudron de bouleau au 20ème siècle (d’où, les "Cuir de Russie") ou rendre les gants de la noblesse, qui ne sentaient pas bon, agréables à porter au 17ème.

Comment rendre les peaux tannées tirées de l’animal, mal odorantes, agréables et portables comme seconde peau à l’homme, alors qu’elles lui sont nécessaires ? C’est à ces références d’odeurs complexes que renvoient les parfums dits "cuirés". A la fin des années 80 a lieu le début du déclin de ces notes en même temps que celui des notes animales et "sales" au profit des notes marines et "propres".

Paul Valéry a écrit dans L’Idée fixe publié en 1932 que "ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est sa peau" (emprunt au blog "Esprit de Parfum). Peut-être trouve-t-on dans cette formule l’essence de ce qui rend les parfums cuirés si sensuels...

Antaeus (ou Antée) était, d’après la mythologie grecque, un géant, donc un demi-dieu, fils de Gaïa (la "Terre") et de Poséidon (selon les sources) à qui il voulait élever un temple composé des crânes des passants qu’il massacrait ("charmant", n’est-ce pas ? ). Hercule le terrassa, durant sa quête des pommes d’or du jardin des Hespérides, quand il comprit que le demi-dieu, quasi invincible, était ranimé par sa mère (la "Terre"), dès lors qu’il la touchait en tombant au sol. Hercule étouffa Antaeus en le soulevant dans les airs.

Antaeus mourut donc de "ne pas avoir les pieds sur "Terre" " ! Critique qui ne peut être portée à Chanel, sa mère en matière de parfum.

Antaeus est donc un demi-dieu entre force et faiblesse dont la campagne publicitaire déclarait qu’il était "puissant mais pas invincible, viril mais pas macho" !

On croirait lire, trente ans plus tard, une accroche publicitaire qui serait tout aussi efficace, quoique bien moins plausible et plus mensongère dans ce cas, pour le dernier-né de la marque : Bleu.

Durant les trente dernières années, l’image de l’homme, fort mais fragile, bourru quoique sensible, a été exploitée à foison et continuera à l’être.

Antaeus, dès son lancement, a été soumis, comme le sont tous les produits à caractère commerciaux, à des critères d’adaptation au marché mais recèle bien des qualités que Bleu ne possède pas. Le flacon du premier (dont le second a été fortement inspiré par ailleurs) renvoie ainsi au célèbre vernis à ongles maison, le N°18, plus connu sous le titre Rouge Noir.

Le nom même du produit, Antaeus, demi-dieu peu connu, est un choix marqué du sceau du risque auprès du grand public en ne renvoyant à aucune référence culturelle communément partagée qui permette l’adhésion. "Antée" s’insère dans une autre mythologie, celle de parfums à histoires, renvoyant à des mythes quasi inconnus en dehors du parfum qui porte leur nom : Mitsouko, Shalimar, Opôné, Aziyadé... autant d’invitations au voyage au travers de la fiction littéraire, de l’espace ou du temps.

Pari risqué que celui de tenter de répondre à son époque de manière biaisée, en conciliant virilité et douceur, fraîcheur et profondeur, puissance et fragilité... Mais, en choisissant de nous raconter une histoire cohérente dans toutes les facettes de son produit (publicité, flacon, nom, composition de la fragrance), Chanel parvenait à maîtriser la dualité presque impossible du compromis entre des exigences artistiques qui pérennisent la qualité de son nom, et une réussite commerciale qui assied ses moyens matériels de réussites futures.

Le petit dernier de cette famille, représentatif de l’époque actuelle où tout doit être lisse, où l’on n’ose plus rien par peur de déplaire, où toute aspérité qui dépasse et gêne est gommée, où seul l’immaculé a droit de cité, est, à ce titre, tristement révélateur de notre époque... Bien qu’il soit une réussite commerciale, il est probablement un échec artistique.

"Anti-Bleu" affirme, quant-à lui, un caractère difficile qu’il faut apprivoiser. Ce demi-dieu me touche plus particulièrement par ses aspérités même, ses distorsions... Bien qu’il soit un peu marqué par les années vécues (et les débordements des années 80 laissent des traces), assez épais et rugueux de prime abord, au caractère peu sympathique dans les premiers instants de la rencontre, il se révèle chaleureux, complexe et intéressant, et pas si vieux-beau que cela, pour peu qu’on lui consacre un peu de temps...

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bus57

par , le 22 mai 2011 à 13:32

Du grand Chanel. Une puissance et virilité dans un magnifique flacon noir....

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Vivi Snow

par , le 22 mai 2011 à 12:32

Bravo Opium pour ce bel article (4 étoiles) détaillé (beau passage mythologique) !
Je ne connais pas Antaeus mais tu m’as donné envie d’aller y mettre mon nez.
Contente de te lire. ;-)
A bientôt

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par , le 24 mai 2011 à 23:39

Bonsoir Opium,
Je vois (ou plutôt, je lis !) que tu as commencé à répondre aux avis que les auparfumistes t’ont laissés.
Je suis le dixième avis si j’ai bien compté, et après moi, il y a encore plus ou moins cinq avis.
Je te souhaite bon courage, bien du plaisir et une très bonne fin de soirée au clavier ;-)
Encore : bel article, Opium ! (oui ! Je radote comme une vieille ^^)

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par , le 25 mai 2011 à 00:46

Salut Vivi,
Cela fait un bien fou d’avoir les retours des personnes auxquelles cet article rappelle des souvenirs (bons ou mauvais), de recevoir des compliments (dont les tiens) : merci beaucoup Vivi !
Je t’appelles demain ou après-demain dans la journée.
Si tu vas tenter l’approche de ce demi-dieu, je ne peux que te conseiller, comme je le disais à Amalia, de remettre ton testeur olfactif à zéro. Il faut le découvrir sans trop d’attentes, mais en gardant à l’esprit son caracture peut-être trop viril, bourru, assez rentre-dedans, ses défauts assez nombreux. Il est très représentatif de la parfumerie des années 80 ! Alors, ça déménage, et pas forcément en finesse.
Comme on peut le lire aux commentaires, certains sont séduits, bluffés, d’autres sont exaspérés. Et, je comprends tous ces avis que je partage (ce qui était un peu le sujet de cette dualité de ce cuir qui m’attire malgré ses défauts, pour son caractère même !).
En espérant qu’à défaut de te séduire, il te touche un peu. Mon secret : attendre une heure ou deux. Et là, le gros malabar à biscotos montre qu’il n’est pas si idiot et qu’il peut même être attachant !
"Antée" s’accommode pas trop mal de la cigarette au fait. Au cas où, pour "Monsieur Vivi"...
Bises Vivi !
Et, encore, un grand merci ! ;-)))

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par , le 4 août 2011 à 11:42

Recoucou Opium,
Voilà, il était temps que je vienne poster un avis sur ce fameux Antaeus que je suis allée sentir suivant tes bons conseils il y a plus d’un mois déjà !
Effectivement, sur mouillette, j’ai été surprise, wouah ! : la fougère-brute-de-coffrage. Le type style "armoire à glace, grande gueule et rentre-dedans", tout ce qui m’insupporte habituellement et me fait fuir.
Et puis, j’ai oublié mes aprioris, "même pas peur", je l’ai porté sur un poignet et tant qu’à faire, avec Egoïste sur l’autre poignet.
J’ai même été très étonnée qu’il se fasse presque de suite si doux, presque un parfum de peau sur la mienne. Un beau cuir qui a bien fini par me toucher, bien plus qu’Egoïste d’ailleurs... Pourquoi ? parce que même si je vais mettre 3 étoiles aux deux, j’ai dû par plusieurs fois coller mon nez à mon poignet pour le sentir cet Antaeus, il s’effaçait face à Egoïste pimpant de l’autre côté qui prenait toute la place. Cet égoïste me faisait des clins d’oeil à tout bout de champs pour attirer mes faveurs, mais c’est ce "demi", qui se taisant presque, m’intriguait. C’est justement son côté "demi" plutôt que "Dieu" qui m’a agréablement touchée.
Vraiment pourquoi pas sur une femme cet Antaeus, tout comme Egoïste... Pour donner un peu de "caractère" à une femme "blonde-écervelée-naïve-douce-et-ronde" ;-)
Un parfum protecteur, pourquoi pas !
Merci pour cette belle découverte, j’en veux d’autres !!!^^

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Tim Buktu

par , le 22 mai 2011 à 12:00

Le parfum inclassable par excellence. On a tout écrit et son contraire sur Antaeus : cuir, chypre, fougère aromatique, odeur de boîte à cigares... même Luca Turin dans son Guide estime qu’Antaeus aujourd’hui sied mieux aux femmes. Allez savoir. Pour ma part Antaeus fut un premier parfum choisi après les errements de mes années "parfums de la honte", dont Drakkar Noir. Je le porte rarement mais j’y reviens toujours, régulièrement attiré par le mystère de ce flacon à l’opacité absolue (impossible de savoir combien il en reste dans mon flacon du début des années 90), et pour tout dire ce que j’y aime aujourd’hui (le castoréum, le côté cireux et boisé) n’est plus la même chose que ce que j’aimais il y a 20 ans : le patchouli le côté fougère de grand luxe.

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par , le 25 mai 2011 à 15:42

Appel à tous les amis (es) d’Auparfum : au sujet de Luca Turin, la version française de son nouveau guide de 2009 est bel et bien sortie il y a déjà quelques mois, aux éditions City. hélas le livre est déjà indisponible et ne figure même plus au catalogue de l’éditeur.Il est toujours en vente sur le site de la fnac, mais après l’avoir commandé en février, le service clients vient de m’indiquer que la commande ne pourrait être honorée faut de disponibilité. Quelqu’un pourrait-il m’aider ? d’avance merci !

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par , le 25 mai 2011 à 21:08

 :-( Je l’ai commandé il y a 10 jours à la Fnac (en magasin). Toujours pas eu non plus, aux dernières nouvelles (hier) ma commande n’était même pas sortie des entrepôts... Si j’ai des nouvelles je te fais signe...

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par , le 26 mai 2011 à 09:20

Merci Nez-Link, j’espère qu’on arrivera à se le procurer d’une manière ou d’une autre ! A+

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par , le 27 mai 2011 à 02:41

Nez-Lik et Moujik4,
J’ai été au Virgin et à la Fnac dernièrement. Je crains que le livre ne soit pas disponible. Il aurait dû être édité, peut-être l’a-t-il été, mais ni le Virgin des Grands Boulevards ni la Fnac des Halles ne semblent l’avoir reçu. Il ne serait pas en cours d’édition ou de réédition. Les personnes qui m’ont informé ne savaient pas trop quoi me dire, si ce n’est qu’il n’a pas l’air d’être publié en France, ou, en tous les cas, pas disponible dans leurs réseaux bien qu’il aurait dû être disponible il y a quelques semaines ou mois...
Si j’obtiens d’autres informations, je vous tiendrais au courant.
Bonne recherche malgré tout ! :-)

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par , le 27 mai 2011 à 07:12

Merci pour ton message, Opium ! Je vais attendre encore quelques jours puis demander le remboursement si je ne vois rien venir... Et puis bon anniversaire (en retard...) !

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par , le 11 juin 2011 à 14:58

De mauvaises nouvelles... Comme l’a dit Opium, le livre n’est en fait pas disponible auprès de l’éditeur. La FNAC a annulé la commande et m’a remboursée. Too bad :-(

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par , le 13 juin 2011 à 12:40

hello Nez lik et merci Opium :) Donc ça confirme ce qui m’est arrivé avec ma commande à la FNAC annulée au bout de quelques semaines pour indisponibilité.
Il existe ce livre pourtant, puisqu’il a un numéro ISBN. Il faudrait peut-être contacter l’éditeur française, CITY. Il existe bien mais va savoir s’il est vraiment sorti, et ça il n’y a que l’éditeur qui pourrait le dire. On n’en trouve nulle trace sur les sites comme ebay ou amazon. On continue l’enquête ? bonne journée.

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par , le 27 juillet 2011 à 23:32

Bonsoir Nez-Lik, Moujik4 et toute autre personne qui serait intéressée par l’information qui va suivre...

 

Le site de la Fnac ne référence plus le livre qui aurait dû paraître entre avril et mai, la page a été supprimée. Il ne reste lorsque l’on tape "Luca Turin", dans le moteur de recherche de la Fnac, que ses ouvrages en anglais et des ouvrages assez anciens.
Cela semble assez mal s’annoncer. Toutefois, étant d’humeur optimiste, j’ai adressé un mail à City Editions afin d’obtenir davantage d’informations. Bien entendu, je vous tiendrais au courant de la suite des évènements.

 

Je vous souhaite une excellente soirée, sans Luca et, peut-être, auprès de JC Ellena (ma consolation littéraire parfumée du moment),
Opium

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par , le 28 juillet 2011 à 10:21

Merci encore Opium, en effet il faut remonter à la source, donc à l’éditeur, pour avoir le fin mot de l’histoire. J’espère qu’ils te répondront rapidement... A+ Moujik

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par , le 30 août 2011 à 10:11

@ Opium : j’ai moi aussi envoyé un mail à l’éditeur il y a une quinzaine de jours, je n’ai toujours pas de réponse. Je suppose que tu n’en as pas eu non plus...Que pourrions-nous faire d’autre pour avoir la clé du mystère et savoir si ce nouveau Guide "in French" n’est qu’un livre fantôme ou s’il est réellement sorti ?!

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par , le 9 septembre 2011 à 11:40

Bonjour Moujik4.

 

Je crains, n’ayant, moi non plus, pas obtenu de réponse de la part de l’éditeur, que nous puissions en tirer la conclusion que cette publication est devenue obsolète. En effet, si elle était toujours d’actualité, un service en charge de la communication aurait eu pour tâche de nous tenir informés. Le silence de la part de l’éditeur, en outre d’être peu professionnel, est probablement une mauvaise nouvelle.

 

Nous n’avons plus qu’à nous mettre à l’anglais écrit ! ;-)
Si j’avais d’autres informations, je me ferais un plaisir de te/vous tenir informés... Mais, pour être honnête, je n’y crois plus vraiment.

 
A très vite sur le site...
Opium

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Jicky

par , le 21 mai 2011 à 20:56

En fait, je suis plus du côté eh-andy de la force. L’article est super (j’adoooore les explications mythologiques :D !)

 

Mais sincérement, Antaeus, j’ai énormément de mal. J’ai un de mes oncles qui le porte, mais même, j’en ai eu un fond de flacon, et le problème de ce parfum, c’est qu’il est imprécis, grossier, et trop, mais alors là trop viril. Je ne ressens aucune subtilité, aucun trait de plume aiguisé. Une sorte de grosse caisse de la mort qui tue. Individuellement, il est bien, et encore plus comparé à bleu. Mais vraiment, ce parfum a quelque chose de complétement lourd, indiscret, pas délicat du tout, et qui en plus a très mal vieilli (cela dit, pas autant que Azzaro Pour Homme).

 

Mais en fait, il est agréable comme ça, en passant, mais vraiment, il n’y a pas le clin d’oeil malicieux qu’on peut retrouver dans Egoiste.

 

Vive l’odorat !

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par , le 25 mai 2011 à 00:33

Jicky,
Merci pour ton compliment ! ;-)
Antaeus me charme malgré ses défauts. Mais, il est vrai qu’il en est bourré ! Un mot me venait à l’esprit après la publication, en fin de semaine dernière : "brouillon". Antaeus, s’il était une copie à laquelle on attribue une note et un commentaire aurait probablement obtenu un message du type : "bonnes idées, un peu touffues, manque de clarté ; effort à poursuivre, à clarifier" !
Je partage ton avis quant au manque de rondeur, son aspect "rentre dedans" avec "ses gros sabots" (dirais-je). Les transitions entre les notes sont presque absentes, ce qui crée du "bruit" entre aromates, agrumes, notes florales et plus terriennes. Pourtant, mais cela est personnel, dans cette cacophonie, à un moment, j’entends le silence, l’apaisement, et une forme d’harmonie des voix qui susurrent (peut-être d’ailleurs un peu trop bas ?) les notes de fond. Et, à ce moment-là, mais cela est très subjectif et personnel, je suis sous le charme.
Moment de "racontage de life" => J’ai toujours aimé les personnages secondaires. Je suis plus attaché aux seconds rôles, aux personnages qui ne tiennent pas les rôles principaux dans les films, les romans. A ces personnages gaffeurs, mal dans leur peau, qui donnent de la profondeur à l’histoire racontée (la/le copain(e) rigolo(te) qu’on découvre plus touchant dans le déroulé de l’histoire). Je préfère la méchante reine à Blanche-Neige. Les amis des héros me touchent toujours plus que les héros eux mêmes. Alors, peut-être est-ce pour cela que j’apprécie Antaeus. Il est bourré de défauts, mais je lui trouve une sorte de vigueur (mêmes dans ses imperfections) qui me touche et m’attire assez. D’autres ne verront les défauts que pour ce qu’ils sont, des défauts.
En fait, je me disais qu’Antaeus, et Kouros dailleurs, mériteraient presqu’une "belle" reformulation (pour gommer certains défauts grâce à certaines molécules qui permettent de faire du lien, qui supprimeraient le bruit typique des années 80 (comme les photos d’aujourd’hui sont plus nettes que celles du passé)). Mais, dans ce cas (et en admettant que dans le lot de centaines de reformulations ratées, ces deux-là soient réussies, et cela serait peu probable !), ces mythes seraient-ils encore eux-mêmes ? Ne sont-ils pas appréciables par certains par leur aspect rétro-vintage même (comme la signature d’une époque) ? !

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par , le 21 mai 2011 à 20:17

la pub est tellement Peplum, on s’attend à voir surgir elizabeth taylor !

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par , le 21 mai 2011 à 20:15

Opium, comme d’habitude, ton écriture est limpide et enthousiasmante. Dommage qu’Antaeus, moi, je n’y arrive pas, mais pas du tout !

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par , le 21 mai 2011 à 20:16

(à ton article je mets les 4 étoiles, ça c’est pour le parfum qui donne mal à la tête)

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par , le 25 mai 2011 à 00:12

Eh Andy, à toi aussi je dis merci pour les 4 étoiles pour l’écriture, etc, ma "limpidité", dont j’ai pourtant si souvent l’impression de manquer ! Les compliments, ça fait du bien ! ;-)
Ce parfum est bien une signature des années 80 : "too much is never enough" ! Opium, Poison, Loulou, et autres sorties des années 70-80 sont dans la même veine. Encore, encore et encore plus : voilà ce que l’on devait dire à l’époque aux parfumeurs ; d’où les indispositions fréquentes que ces parfums déclenchent probablement. En effet, plus on augmente le nombre de matériaux, plus probablement on augmente le risque de la présence de certains qui nous sont dérangeants. Aujourd’hui, la tendance serait probablement plutôt au moins, moins, moins. Un autre charme que celui des années 2000 et quelques... :-s
Liz Taylor ! Cela aurait été génial ! Elle en était à combien de mariages en 81 ?
La scénographie, la lumière, la musique : vive les 80’s !
Et une pub "péplum" de plus pour Kouros justement cette fois !
http://www.youtube.com/watch?v=rAH9EcjWAko
Qui a dit summum du kitsch ? Régale-toi (régalez-vous) ! ;-)

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ChrisB

par , le 21 mai 2011 à 19:52

Je l’attendais depuis longtemps cette critique, et franchement, elle est réussie, et passionnante. Antaeus est en effet l’antithèse de Bleu. Il me fait penser sous bien des aspects à Kouros : son nom "alambiqué" pour tout néophyte, son côté viril, sauvage, animal, sale. Antaeus est un parfum puissant, tenace, sombre. Le terme "claustrophobie" lui sied à merveille. Lorsque l’on sent Antaeus pour la première fois, que l’on connait Egoiste, on se demande comment Chanel a pu nous pondre Bleu. Je recommande également "Salvadore" de la maison Dali, le frère jumeau d’Antaeus, peut-être moins "rond", mais tout aussi audacieux et passionnant.

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par , le 24 mai 2011 à 23:59

ChrisB, encore un merci pour les compliments (je me répète, mais c’est trop bon) ! ;-)
Plus sérieusement, il est vrai que Chanel ne répondait probablement pas aux mêmes exigences avec Antaeus, Egoïste et Bleu. Ce dernier est probablement un pari tronqué assurant la victoire : associer tous les éléments d’un succès (jus consensuel réunissant toutes les facettes des plus grosses ventes de ces 30 dernières années et rouleau compresseur de la communication pour faire connaître l’existence de l’objet). Est-il nécessaire de préciser la victoire commerciale écrasante (aux dernière nouvelles, au-delà de ce qui était imaginé dans les meilleurs scénarios, plus rapide que le Million) ? ...
Kouros serait effectivement un excellent jumeau d’Antaeus : ils partagent qualités (ces notes propres qui tentent de cacher la crasse et qui me font personnellement jubiler) et défauts (cette profusion de notes, pas toujours très symphoniques, qui jouent parfois contre les unes des autres et non avec) ! On est bien au début des années 80 avec ces deux "frères" !

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amalia

par , le 21 mai 2011 à 14:04

Un superbe billet Opium, qui donne envie de découvrir cet "Anti-Bleu", un chypre cuir, je les adore comme bon nombre de parfums des années 70.
J’ai eu la chance d’avoir une maman coquette qui aimait les parfums, les cuirs en particulier, ainsi que des grandes soeurs, (neuf et quinze ans d’écart entre nous ça compte).
L’avantage donc d’avoir toujours baigné dans "les trucs de filles", les cosmétiques et les parfums en particulier.
La chance suprême d’avoir fréquenté les parfumeries dés la plus tendre enfance.
Je me souviens encore de l’odeur qui régnait dans celle de ma petite ville natale. L’odeur des produits de beauté, de la cire chaude et des parfums chyprés.
Rien à voir avec les effluves à 100 m à la ronde des Séphonocibé d’aujourd’hui. Snif.
Je me défends d’être passéiste, j’ai horreur de regarder en arrière, je préfère de loin fermer les portes. Sauf concernant la parfumerie.

 

Je vais aller sentir Antaeus dés que possible.
Merci encore pour ce bel article.

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par , le 24 mai 2011 à 23:50

Amalia,
Je te remercie et pour les compliments qui me touchent toujours, et pour l’évocation tout en douceur, émotions, et vivante, que tu partages avec nous. Parvenir à révéler des bouts de soi, de son passé, de ses envies, c’est ce qui me fait également passer ici un temps inconsidéré à vous lire toutes et tous !
Merci pour tes attentions, tes descriptions, tes émotions (à "fleur de peau" parfois, d’où ton amour des cuirs peut-être ? ;-) ).
A propos de ta découverte de ce jus : S’il s’agit bien d’un parfum complexe (compliqué diraient certain(e)s ?) avec une facette cuir, je dois bien reconnaître que le foisonnement des ingrédients qui s’expriment en même temps, la saturation des notes, crée une sorte de cacophonie (comme je le précisais dans l’article). Pour certain(e)s, tout cela sera finalement intelligible, pour d’autres non. La facette cuir, pour toi qui en connaît pas mal, des "à fleur de peau(x)" (tannées) de cette famille, la facette cuir donc, pourra peut-être te sembler décevante. Personnellemnnt, je trouve Antaeus attachant, mais doit reconnaître que son aspect "transgenre" fait que chaque facette peut sembler inachevée (aromatique (fougère ?)/chypre/cuir/...). Par exemple, Cuir de Russie de Chanel également, Cuir Ottoman de Parfum d’Empire ou Cuir Mauresque de Serge Lutens, bien que 3 cuirs très différents les uns des autres, expriment plus pleinement la profondeur des peaux tannées que nous aimons toi et moi.
J’ai hâte d’avoir tes impressions sur Antaeus et d’autres.
(Je me permets le tutoiement. Le vouvoiement met une distance parfois utile, mais parfois trop froide, que je ne souhaite pas en général... N’hésite pas à me dire si cela te dérange ! (et je recommence avec ce satané "tu" !)
Merci encore...

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par , le 25 mai 2011 à 14:55

Opium, je viens de lire que c’était ton anniversaire il y a quelques jours.
Alors joyeux anniversaire avec un peu de retard mais du fond du coeur !
Moi aussi j’ai perçu "quelques petits bouts de toi" et j’apprécie beaucoup ta gentillesse et ta sensibilité.
Bises (et pour le tu c’est sans problème au contraire)

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kranzler

par , le 21 mai 2011 à 02:44

MERCI ! Merci de nous rappeler que Chanel n’est pas synonyme de BLEU. Je n’ai utilisé qu’un seul flacon d’Antaeus, lorsque j’avais 29 ans. Violence, animalité, c’est un jus qui avait a priori beaucoup de raisons de me plaire mais que j’ai toujours trouvé un peu arrogant et sans fond - une claque olfactive incapable de m’émouvoir. Sans doute n’ai-je aucun souvenir marquant lié à ce parfum, contrairement à JULES que je continue à porter chaque hiver.Cela dit, par curiosité, j’aimerais savoir quel effet Antaeus me fait aujourd’hui - et je salue l’audace et le talent qui ont été nécessaires pour créer le liquide fou contenu dans ce flacon noir.

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par , le 24 mai 2011 à 23:34

Kranzler,
Je vous remercie également pour les compliments.
Je vais me permettre de relever certains points que je trouve particulièrement justes :
- La claque initiale suivie d’un fond pas assez existant, d’une chute un peu radicale dirais-je. Très juste. Le plus beau moment est celui de la note de fond, mais il ne dure pas très longtemps et l’intensité est clairement diminuée à ce moment (alors que c’est là que le cuir se forme et qu’agrumes et aromates (trop ?) virils disparaissent). Ce fond est superbe, mais pas assez long ni intense. Personnellement, j’en voudrais plus.
- Jules => L’un des rares parfums (avec Dans Tes Bras, mais pour des raisons totalement différentes, par son introspection dans ce dernier cas) que je n’ose pas tester sur peau. Cette note extrêmement puissante, presque agressive, dans les premiers instants, m’effraie un peu. Mais, en raison de votre affection et de votre commentaire, je vais quand même le tenter un de ces jours... Voir / sentir ce qui se passe sur peau !
Le jus fantasque d’Antaeus, quels que soient ses défauts intrinsèques, a au moins le mérite d’exister, et de nous rappeler que, parfois, on peut sortir de la consensualité, même quand on porte l’un des noms de l’une des marques les plus prestigieux qui soient.
Heureux de vous avoir fait revivre certains de vos souvenirs !

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Chris

par , le 21 mai 2011 à 00:54

MERCI ! depuis le temps que j’attendais un article sur mon parfum préféré ! cela remonte à mon année de seconde en 1988 quand ma meilleure amie m’a offert une miniature : coup de coeur olfactif immédiat ! ce parfum est dense, complexe comme vous l’avez si bien décrit et surtout très sensuel avec son fond floral et chypré. Je trouve qu’il est fait pour l’amour ! Je sais, je ne suis absolument pas objectif ! et l’aspect mythologique ne fait que renforcer ma passion pour ce chef d’oeuvre de la maison Chanel ( avec Egoïste).

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par , le 24 mai 2011 à 23:23

Chris, recevoir un compliment de la part de quelqu’un qui apprécie la critique qui a été réalisée à propos d’un objet qu’il admire me comble de joie. Le risque de dénaturer lors d’une critique l’objet d’attachement est assez important. J’avoue que je "stressais à mort" lors de la rédaction et dans l’attente de la parution de cet article (par peur d’être totalement à côté de mon sujet, décevoir ceux qui le connaissent mieux que moi...). Merci donc grandement !
C’est vrai qu’il pourrait être une invitation à l’amour parfois, comme Egoïste par ailleurs ! Pas avec tout le monde probablement, mais avec certain(e)s à qui il arriverait à faire un peu de charme... Il faudra que je le teste dans des circonstances, plus, euh, "grrrrh" comme dirait Mitsouko ! ;-p

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