Auparfum

Chapitre 2 - Le nez dans les essais : Isabelle Doyen compose Nuit de bakélite

par , le 14 octobre 2020

Auparfum vous propose un dossier qui présente la genèse, le développement et les rouages d’une création olfactive hors normes, Nuit de bakélite d’Isabelle Doyen pour Naomi Goodsir. Cette série est née de la même envie de décortiquer un parfum unique comme nous l’avions fait pour L’Heure perdue de Mathilde Laurent pour Cartier.

Isabelle Doyen a fait ses études de parfumeur à l’ISIP (qui deviendra l’Isipca), où elle obtient son diplôme en 1982. Elle se lance alors en indépendante dans la création de parfums avec Monique Schlienger. En 1985, elle rencontre Annick Goutal, point de départ d’une collaboration au long cours qui donnera naissance à de mythiques parfums de la marque : Ninfeo Mio, Grand Amour, Duel, Eau du ciel, Ce Soir ou jamais, etc. Elle compose aussi pour la marque suisse LesNez, ou Bonpoint au sein de sa société de création Aromatique Majeur avec Camille Goutal.


Isabelle Doyen (Photo Evgeniya Chudakova pour Fragrantica)

Isabelle fait la connaissance de Renaud Coutaudier en 2005 par un message laissé sur son répondeur. La proximité du nom Coutaudier avec celui un ami d’enfance perdu de vue, Couturier, va déclencher une reprise de contact avec ce fameux ami, et Isabelle aura une forme de reconnaissance pour Renaud. Au téléphone, Isabelle trouve la voix de Renaud annonciatrice d’une personnalité intéressante. Il la contacte pour créer une bougie, à l’occasion des dix ans de la marque de Collette Dinnigan, designeuse australienne. Isabelle a carte blanche, aucune directive, le champ libre. Pour cette bougie, elle s’inspire de l’odeur très lactonique [1] et suave des copeaux de bois de citronnier qui brûlent sur des charbons. Le développement est rapide, en quelques mois la bougie est prête, coulée dans de jolis godets de biscuit blanc : ce sera Bois de citronnier.


Bougie Bois de citronnier de Collette Dinnigan (Source : VELA Life)

Isabelle et Renaud gardent le contact, par exemple en se souhaitant la bonne année. Un jour, ils se retrouvent dans un café avec la créatrice de mode australienne Naomi Goodsir, de passage à Paris. Pour Isabelle, Naomi dégage une impression d’OVNI, dotée d’une grande gentillesse et d’une immense douceur. Renaud admire le travail de Naomi, il semble habité d’une forte volonté de promouvoir ses créations et pourquoi pas de mettre également en scène un parfum pour elle. Naomi ne connaît pas cet univers et craint de ne pouvoir aider dans cette aventure, ou de faire échouer un tel projet par son inexpérience. Le développement ne commencera qu’en 2013 après que le trio se soit accordé sur la piste à suivre.


Naomi Goodsir (Photo Evgeniya Chudakova pour Fragrantica)

Pour cela, une séance au laboratoire est organisée pour sentir des matières premières. Ils évoquent l’Australie et l’univers du cheval, chers à Naomi. Parmi les matières senties, Naomi montre une fascination pour le labdanum, tout comme Renaud. Son approche est toujours très humble, exprimant ses préférences, sans le vocabulaire des professionnels, de façon candide mais clairvoyante. Ainsi, l’idée d’un parfum se précise, pour lequel Isabelle a une liberté totale. Une certitude est présente dès le départ, la volonté de faire une tubéreuse, et un impératif : pas une tubéreuse classique. Seule contrainte pour cette création, le temps. En effet, 90 % de l’activité d’Isabelle est dévolue à la marque Goutal Paris ; ce développement sera donc nécessairement long. Mais Naomi est très soucieuse de ne pas bousculer Isabelle : cela prendra tout le temps qu’il faudra.

Le nom vient très vite, apporté par Naomi et Renaud : Nuit de bakélite incorpore les idées de blanc, de vert, de tubéreuse et de nuit blanche. Isabelle pense immédiatement à Nuit de cellophane chez Serge Lutens, jusqu’à en être troublée quant à une possible confusion qui pourrait poser problème, mais devant la détermination de Naomi et Renaud, elle l’adopte. Dans ses papiers, Isabelle utilise le nom de code BKBL, et les feuilles de formulation sont titrées « Bakélite ».

Au départ, deux pistes sont présentées :
Piste 1 : une tubéreuse classique, lactonée, fleur oranger, un peu cuirée, (qui se développe alla Fracas)

Piste 2 : une formule évoquant la sève de tubéreuse, verte et âpre.

Pour cette seconde piste, qui sera celle poursuivie, Isabelle a en tête Fil tendu, une sculpture d’Alberto Giacometti de 1932 exposée au Centre George Pompidou qui montre une fleur stylisée sous la menace d’un fil près à la lacérer. Cette œuvre lui inspire pour le parfum l’idée d’une fleur blessée, dont les scarifications font couler la sève.


Alberto Giacometti, Fil tendu, 1932 (Source : Kunsthaus Zürich)

On peut également voir cette fleur blessée avec la photographie Feast of Angels : Sex Scenes de Nobuyoshi Araki (1992), découverte par Isabelle Doyen au Musée national des arts asiatiques - Guimet, qui montre une pivoine en train de saigner. Ce qu’elle en retient n’est pas une vision de violence, mais l’impression d’une blessure mélancolique qui s’épanche en larmes de sang.


Nobuyoshi Araki, Feast of Angels : Sex Scenes, 1992 (Source : Artsy)

Pour rendre cette tubéreuse sanglotante, avec des notes de sève de tubéreuse et du vert âpre, il est clair pour Isabelle que le parfum doit contenir du galbanum, l’univers de Noami Goodsir impliquant également la présence d’une note cuirée. Ainsi une seconde pièce de puzzle doit s’assembler à cette piste N°2, une note blanche faite avec une base Evernyl, un cuir doux, presque daim qui procure aussi un effet très seventies de parfum floral aldéhydé abstrait, typique de la laque Elnett. L’effet de cuir velouté est également inspiré de bougies qu’Isabelle avait créées pour Gas Bijoux, (un trio Or - Cuivre – Argent, cette dernière étant marquée d’une note d’iris argenté) ainsi qu’une autre bougie Le Sac de ma mère, signée pour Annick Goutal (et qui exploitait un cuir soyeux et cosmétique.)


Bougie Le Sac de ma mère (Source : Annick Goutal)

L’idée est de faire un cuir dont la texture ressemble au cuir de poisson, au toucher duveteux, très souple, à l’apparence mate.


Peau tannée cuir de poisson Arapaima (Source photo : DINES)

L’idée de sève qui suinte va elle impliquer l’ylang-ylang et la tubéreuse. Au départ son idée est claire et forte. La formule initiale, très courte, qui en découle est brute de décoffrage, et estomaque celles et ceux qui la sentent. Elle sait qu’elle va « galérer » pour rendre tout cela portable, et que ce ne sera qu’après un très long travail de ponçage car l’idée initiale tient par elle-même, et chaque modification peut casser la structure, créer des trous, des excroissances, faire tomber un bras, enlever une jambe. C’est la grande différence de son travail de parfumeure indépendante, comme Marc-Antoine Corticchiato pour Parfum d’empire, d’avec les créateurs de grandes sociétés : partir d’une feuille blanche, sans le confort de schémas préconstruits. Dans les grandes maisons les parfumeurs utilisent souvent des schémas connus, qui tiennent la route, des éléments préfabriqués qui permettent de construire rapidement un parfum présentable, alors qu’Isabelle doit prendre le travail de zéro et explorer le territoire des odeurs pour trouver une structure cohérente.

Lors des essais, Renaud trépigne, avec l’envie fébrile de voir ce projet aboutir, tandis que Naomi rappelle son souhait qu’Isabelle puisse prendre son temps. Le rôle de Renaud est cependant important, il est la locomotive, il garde en tête le but final d’un parfum achevé en évitant de se perdre dans les méandres de la création. Seule certitude : c’est la piste n°2 qui est la bonne. Naomi et Renaud décrivent leurs perceptions des différents essais, en restant descriptifs de ce qu’il et elle sentent, sans jugement, et d’ailleurs sans orienter particulièrement Isabelle dans une direction ou une autre. En revanche, si un essai penche alors plus vers une impression masculine ou féminine, l’orientation est de retrouver un juste milieu, pour que le parfum n’ait pas de genre.

Isabelle n’a pas de limite de prix. Mais travaillant avec des formules sur papier, elle n’a pas le suivi au fur et à mesure des contraintes réglementaires. Ce sera le cas avec la quantité d’ylang-ylang, bien en dehors des limites, qu’elle doit drastiquement remettre dans la norme. Une étape importante est donc été de retrouver un équilibre sans la grande quantité initiale de cette fleur. Une deuxième étape est la normalisation de la quantité d’IBQ qui apporte trop d’amertume. La troisième étape permet de renforcer le galbanum par une pyrazine verte, la Galbazine (ou 2-isobutyl-3-methoxypyrazine). A partir de là, Isabelle sent qu’elle a atteint un palier, que quelque chose a été trouvé. Naomi et Renaud sont emballés. Enfin, pour renforcer la note cuirée, elle ajoute le Suedéral, une tonalité d’oud, et le karo karoundé comme nous le verrons en détail dans les chapitres suivants. Le développement se fait sans chemin de traverse, crescendo.

En pratique une base est faite en quantité importante et on teste les différents ingrédients en les ajoutant à celle-ci, ce qui permet de faire beaucoup d’essais sans tout repeser à chaque fois. Comme le dit Isabelle, « à un moment, il y a une évidence, le sentiment de "j’y suis" et les doutes s’évanouissent. C’est un bonheur absolu, mais on ne se sent pas responsable, c’est la joie d’avoir déniché un truc, d’avoir mis le doigt sur un point particulier, d’avoir eu accès à un territoire inconnu jusque là. Dès lors on sait qu’il reste du travail pour peaufiner le parfum, mais l’essentiel est là désormais. Ce sentiment est très fort. » C’est d’autant plus vrai car Isabelle pèse elle-même les formules, et elle a donc « le nez dans ses essais. » Au total il y en aura eu plus de 850 et la formule finale fait 60 lignes. Dans son souvenir le développement a commencé en 2013, et le parfum terminé en décembre 2016 après plus de trois pleines années de développement. « Finir un parfum, c’est ne pas avoir de regret, de se dire qu’on n’a pas négligé une piste. Ce sont les autres qui disent que c’est fini, que les essais tournent toujours autour du même point, et que les modifications ne sont que des éclairages différents sur la même œuvre. » À partir de là, plus de regret, comme pour un livre, lors de son impression, qui échappe à l’auteur, l’œuvre va vivre sa propre vie.

Lors de notre entretien où nous avons senti de nombreuses matières et créations anciennes qui ont servi à la composition, le mot « texture » revenait sans cesse. Chaque ingrédient a été testé et choisi pour son odeur, mais aussi et peut-être surtout pour son effet sur la texture du parfum. Les adjectifs âpre, rêche, rugueux, reviennent. Pour d’autres matières, leur rôle est d’assouplir, de lisser, mais chaque élément du parfum est pensé pour son « toucher ». Il est saisissant de réaliser que la mode développée par Naomi Goodsir est décrite avec le même terme, que ses créations sont conçues avec la plus grande attention aux textures et que le choix d’un iris ou d’un ylang-ylang se fait avec le même soin que le tomber d’un coton sergé ou le grain d’un jersey.

[1les lactones sont de molécules à odeur fruitée douce, de pêche, de prune ou de coco

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Jicky

par , le 15 octobre 2020 à 09:15

Aaah quel plaisir de lire des interviews/reportages autour du travail de parfumeurs. Il y a tellement d’éléments à souligner dans cette retranscription du travail d’Isabelle Doyen.

Personnellement, ce qui me touche et que je trouve exceptionnel, c’est l’importance que le temps a pris pour développer ce parfum. Je me rappelle, au moment du lancement de Bois d’ascèse que Nuit de Bakélite avait déjà été annoncé (ça remonte à 2012-2013 donc !). Quand je suis arrivé à l’ISIPCA en 2015, j’ai eu la chance d’avoir Isabelle Doyen en professeur d’olfaction et je me souviens plus d’une fois, à la fin du cours, avoir essayé de lui demander si ce parfum était prêt, si on pouvait le sentir. Et elle disait que non, pas encore, il fallait encore du temps...

« Finir un parfum, c’est ne pas avoir de regret, de se dire qu’on n’a pas négligé une piste. Ce sont les autres qui disent que c’est fini, que les essais tournent toujours autour du même point, et que les modifications ne sont que des éclairages différents sur la même œuvre. »

C’est tout à fait ça. Et avoir eu le temps pour explorer ces pistes est un luxe que beaucoup de parfumeurs n’ont pas aujourd’hui. Beaucoup de petits développements de parfums se font rapidement, à partir de formules plus ou moins déjà prêtes et difficilement ajustées au projet (projet qui n’a parfois pas grand chose à dire... et donc peu d’éléments pour inspirer au parfumeur un développement plus complexe aussi il faut dire). Sur les gros lancements, j’ai l’impression que ce temps est plus un dilueur d’idées qu’autre chose : en partant d’accords plus ou moins forts, les tests et panels vont lisser les idées et inclure ce qui était un accord certes pas encore abouti en parfum mais néanmoins distinctif, dans un moule de facettes propres à séduire le public à un instant t (une année ce sera les notes fruitées, une autre fois les notes musquées propres, une autre encore les notes boisées, d’autre fois les notes sucrées, etc... quand parfois il s’agit même d’un peu toutes ces facettes pour être sûr de ne laisser personne sur le bord de la route).

Qu’on aime ou non Nuit de Bakélite, tout de suite on sent que c’est un parfum qui a été pensé, qui a été construit par quelqu’un. C’est ce que je relevais dans l’article sur le top 10 de la rédaction des parfums des années 2010, la richesse de la collaboration, le temps accordé au développement sont des facteurs de cette réussite créative assez incroyable.

C’est en tout cas toujours un grand plaisir de lire des parfumeurs s’exprimer, encore plus pour des projets aussi riches et où on sent qu’ils ont pu dire quelque chose à travers leur parfum.
Merci beaucoup pour ce dossier passionnant Olivier !

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par , le 15 octobre 2020 à 14:21

Oui. Quand on pense à la recette d’un bon parfum, on pense d’abord à un.e nez talentueux.se et à un bon budget pour la formule.
On a tendance à ne plus voir ce qui est évident.

L’ingrédient le plus important et le plus cher, c’est devenu le temps.
(Rien de neuf, quand on y repense, puisque c’est le corolaire du nombre de créations par an. Dans les années cinquante, on comptait en douzaine, depuis les années 90 on compte en millier de sorties.)
On peut jouer à tracer une comparaison avec nos vies.
(L’invention de l’horloge a transformé nos actions en performances mesurables, et on vend notre temps comme une marchandise.)

L’autre ingrédient qu’on oublie, c’est une direction artistique talentueuse.
C’est à se demander si les bon.nes directeurs.rices artistiques ne sont pas aussi rares que les bon.nes nez.
J’image que trop souvent, le problème ce n’est pas le parfumeur, mais le directeur artistique qui a du yaourt dans le cerveau. Et comme c’est lui qui valide le projet/le bon à tiré/le paiement...

Et cet article illustre bien ces deux points. (Mais au fait, tu remercie "Olivier", alors que c’est signé Jeanne Doré)

Ce sera un bon signe, quand on verra davantage de parfumeurs, et d’amateur éclairés -et formés-, au sein des marques. (pas juste des marketeux)
(Et, si on se met du côté de la marque, seul un parfumeur a une connaissance de la concurrence pour éviter les redites, olfactivement parlant. Ca permet aussi de ne pas se faire rouler par la société de composition.)

Luca Turin avait une métaphore rigolote à ce sujet. La direction artistique c’est comme le rabotage d’un parquet : Trop peu, et vous marchez sur des planches de bois (attention aux échardes). Trop de retouches, et vous risquez de passez à travers le sol.

Quand tu parles de "dilution" avec le temps, ça me fait penser aux gros lancements qui ont trop de signatures.
La vie est belle était signée par Ropion Polge Flipo. Sur le papier, c’est une dream team.
Le résultat est un monstre chimérique. C’est une boule informe. On sent encore la signature des auteurs sous la forme d’une énergie désespérée, c’est assez drôle. Tordre l’idée initiale pour ne prendre aucun risque, surtout ne déplaire à personne. Rafistoler la grosse pièce-montée monogoût pour qu’elle ne s’affaisse pas sous son propre poids.

Certains best seller iconiques ont été conçus autour d’un jus fini. Je pense à Opium et à Angel. Le flacon, le nom et le concept sont venus autour.
C’est à se demander si les grandes marques ne font pas les choses à l’envers, en créant le nom et le flacon en premier, avant le brief.

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par , le 15 octobre 2020 à 18:29

Bonsoir Petrichor,
C’est bien cela, une question d’envers/endroit, Pierre Bourdon le rappelle dans l’interview fleuve et chorale des 20 ans de Frédéric Malle. Au temps jadis, c’était le directeur.rice d’une maison qui commandait le parfum, décidait plus ou moins de la direction à prendre et laissait le parfumeur faire son affaire et ils.elles validaient ensemble la formule finale (Christian Dior et Roudnitska, Chanel et Beaux...).
Puis la direction artistique est venue apporter une connaissance plus pointue de la parfumerie pour mettre en musique les volontés d’une marque (Yves Saint Laurent avec Chantal Roos par exemple)
Et dans un second temps une fois le parfum terminé, le marketing avait la mission de vendre cela au maximum, en se débrouillant avec le bazar quel qu’il fut. L’idée du parfumeur étant de faire du neuf, de s’éloigner (un peu, pas trop quand même) du paysage ambiant.
Mais cela n’a pas mis longtemps, les marketeux ont pris le pouvoir et ont dicté à la direction artistique ce qui allait marcher, donc au final, de voir ce qui marche déjà et de le mouliner pour que ça marche encore... donc intrinsèquement l’inverse de la créativité. Et comme tu le dis, dans cette configuration, le markéting place plus d’énergie dans le flacon, la com, l’égérie que dans le travail du jus.

Naomie, Isabelle et Renaud ont pu se payer le luxe de faire les choses dans l’ordre logique de personnes qui pensent que le parfum est une œuvre d’art et pas un produit d’hygiène. Et ce qui est émouvant pour avoir un peu échangé pour ce dossier, le parfum qui en résulte parle de ces trois personnalités, il est à leurs images, ce qu’on peut appeler un propose, éminemment personnel, et peut parler à d’autres, par forcément tout le monde.

Je confirme, je suis bien l’auteur du dossier, Jeanne a tout relu, corrigé, mis en forme, elle est donc aussi l’auteure de ces chapitres en un sens ;)

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par , le 15 octobre 2020 à 20:47

Bonsoir Passacaille,

Effectivement, la question de l’endroit/envers est cruciale ici. Mais il s’agit simplement d’une question de but (pas limité à la parfumerie, d’ailleurs) : crée-t-on un produit pour répondre à ce qu’un marché demande, ou crée-t-on une demande pour un produit unique, une création ?
Dans bien des cas, un simple produit répondant à la demande suffisant. Mais la parfumerie va plus loin : quand on voit le nombre de personnes qui s’attachent à un parfum pour le porter pendant des dizaines d’années, voire une vie entière, il est clair que le marché gagnerait à s’appauvrir en pâles copies, pour laisser la place à de plus nombreux parfums signés et signatures. L’édition limitée et éphémère ne devrait alors qu’être une exception et un propos artistique, chaque nouveau jus un nouveau terrain de recherche et d’expression, parlant à un public toujours renouvelé.

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par , le 17 octobre 2020 à 12:25

Je confirme qu’Olivier a entièrement rédigé ce dossier et qu’il s’agissait juste d’un simple oubli au moment de la publication, mais j’en profite pour le remercier encore de l’initiative de cet énorme chantier, qui creuse profondément la question de la création et je suis sûre que vous êtes nombreux à apprécier. (et vous allez voir, c’est loin d’être fini !)
Merci !

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par , le 15 octobre 2020 à 08:16

Passionnant ! Merci

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par , le 17 octobre 2020 à 20:40

Oui, c’est un dossier formidable, instructif, technique... mais aussi très bien écrit, un vrai plaisir à lire !

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