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Eden

Cacharel

Flacon de Eden - Cacharel
Les Classiques
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Pêché original

par , le 20 mars 2014

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Après avoir lancé le floral pour jeunes filles en fleurs qu’était Anaïs Anaïs et obtenu une réussite plus sulfureuse et mature avec Loulou, comment la marque Cacharel parviendrait-elle à maintenir l’intérêt pour ses parfums au début des années 90 ?

Avec la carte de la provocation pour la pub et en rejouant à nouveau celle des floraux pour le jus.
La publicité télévisée, à peu près la dernière "grande pub" pour un parfum (avec un lancement médiatique maximal), exhibait ainsi l’éveil des sens d’adolescents nus dans la nature. C’est qu’il fallait tenter de rester aussi marquant qu’avec les deux pubs précédentes, sommets du kitsch aujourd’hui, qui ont survécu dans la mémoire collective.
Pour le jus et parvenir à évoquer cette nature originelle, des notes vertes humides accompagn(ai)ent un accord de fleurs blanches qui était la signature de la marque à l’époque.

Ici, tubéreuse et fleur d’oranger - déjà présentes dans Loulou -, sont accompagnées de notes vertes aquatiques qui, si elles étaient censées évoquer une nature primale et glorieuse, me font plutôt penser à la fraîcheur et au naturel d’une feuille de salade froissée qui serait restée soudée avec le sac plastique transparent tiré du bac à légumes dans lequel elle se serait glissée.

A l’image de Dune et d’Amarige avec qui Eden partage quelques notes (une tubéreuse fruitée de mandarine et de pêche) et un certain goût du mélange des genres (naturaliste, floral et oriental), ce parfum est une sorte de "post-j’y-fous-tout" qui ne parvient pas à choisir entre la cacophonie de notes propres aux années 80 et l’épure zen qui est celle des 90’s. Mais, si Dune parvient finalement à mêler avec harmonie ses notes ozoniques et orientales, dans Eden, elles vrillent les tympans. La tubéreuse, entêtante, qui s’accommodait bien de l’amande de Loulou, hurle contre les notes vertes plastifiées peu réalistes typiques de son époque de création.
Eden, c’est un peu le "naturel" d’Amarige et Dune mixé avec la puissance entêtante de Loulou et une feuille de salade humide défraîchie censée évoquer un nénuphar flottant dans son lac. On aurait pu trouver mieux comme image d’un paradis imaginaire.

Cette nature-là paraît bien artificielle et peu accommodante, comme un mauvais décor de carton pâte. Les notes vertes, plutôt qu’évoquer un lieu calme fantasmé, alourdies par des bois baumés orientalisants, se font piquantes, épaisses et envahissantes comme un kaléidoscope vert psychédélique agressif pour la rétine. Traiter des notes naturelles puissantes posées sur un fond plus rond pour les rendre accessibles pourrait sembler une bonne idée ; dommage que ce type d’accord autour d’un bambou et d’un lotus humide vire souvent à une impression de soupe aux légumes verts en brique Tetra Pak. Fleur de Liane de L’Artisan Parfumeur, avec le même genre de traitement, basculait lui aussi dans la bouillie potagère informe cuite selon moi. Eden tape sur le système de manière insidieuse, refusant de se faire oublier.

Pourtant, ce parfum a pour lui de posséder une vraie signature : on l’identifie vite et bien, à l’image d’un Poison, avec lequel il partage un fort potentiel d’énervement (et sait se faire aussi exaspérant). Parfois, je porte Eden, comme par bravade, probablement dans un acte masochiste, jusqu’à ce que les céphalées pointent le bout de leur vilain nez alors que je tente de me souvenir des années 90 comme on écouterait un tube de UB40.
L’invitation au paradis s’avère, souvent, être pour beaucoup la visite de l’enfer, sauf pour quelques irréductibles qui semblent être parvenus à y trouver leur septième ciel !

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Sianais

par , le 7 avril 2020 à 17:49

Un parfum qui embaumait les pièces.
Une ambiance aquatique, comme si l’on enfonçait son pied dans une marre chaude avec quelques plantes gluantes qui viendraient délicieusement s’y coller.

Il me faisait du bien, j’aimais le sentir sans pouvoir clairement identifier la personne qui le portait, il m’apaisait . D’abord enfant, découvert dans le fourre-tout parfumé dont ma mère ne se servait jamais (mais dans lequel j’adorais déjà plongé le nez) puis des années plus tard, lorsqu’on poussait la porte du secrétariat de mon lycée. Reconnaissable entre 1 million. EDEN.

Et puis finalement, je craquais pour un 30 ml. Et quelle déception, l’opulence avait disparu, un coté Brut de Fabergé moyen s’en dégageait au bout de quelques heures.

Mon Eden n’était plus que l’ombre de lui-même, son souvenir passé appartiendrait maintenant au temps des légendes.

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Nez inexpert

par , le 23 octobre 2018 à 02:15

Marrant, Annacarina, j’allais publier mon avis sur Eden hier après l’avoir porté pour la première fois, et vous m’avez coupé l’herbe sous le pied : en gros, vous écrivîtes ce que je pense - sauf en ce qui concerne l’adoration.

Eden a de quoi se faire mal-aimer : l’ouverture, mélange de pastaga et de désodorisant pour les toilettes, devrait me faire fuir, et pourtant je reste. Je me flaire le pli du coude toute la journée, interloqué et un peu charmé. Après quelques heures il reste une senteur plus boisée et conventionnelle, comfortable. Quand je dis quelques heures : attention, Eden n’a pas un sillage monstrueux mais une longévité de tortue des Galapagos.

J’ai un penchant pour ne pas faire comme les autres, alors forcément, Eden, de par son originalité, est un peu fait pour moi. Je dirais qu’il est aussi singulier que L’heure fougueuse de Cartier. De plus, puisqu’il est si clivant, je ne vais ni adorer ni détester, tiens : je vais juste apprécier.

N.B. : "qu’importe le flacon...", d’accord, mais Cacharel pousse le bouchon un peu loin. Il me fait penser à un nichon de Martienne.

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par , le 23 octobre 2018 à 08:11

Bonjour Nez inexpert, décidément j’adore vos interventions qui réservent toujours une surprise à la dernière ligne. Vous m’avez bien fait marrer avec le "nichon de Martienne" que vous évoque le flacon d’Eden.
Le parfum Eden de Cacharel m’étonne beaucoup. Sa longévité surtout. Je me souviens de sa sortie. Si ma mémoire est bonne il était présenté comme le parfum qui évoque la nature originelle mais avec des notes synthétiques recréées par le nature print ou un autre procédé. S’agit-il bien de celui-là ? Je n’avais pas apprécié ce parfum à sa sortie car il me piquait le nez, je ne le trouvais vraiment pas agréable. Je suis surprise qu’il soit encore sur les linéaires car je ne pensais pas qu’il "marcherait". Votre commentaire m’a donné envie de le ressentir. Je vous remercie de vos interventions qui apportent beaucoup de fraîcheur tant par le décalage de vos mots que par les parfums que vous mettez en avant. Bonne journée !

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par , le 24 octobre 2018 à 04:42

C’est gentil de votre part, Zapakh. J’apprécie de mon côté vos contributions. Mince, à la relecture je m’aperçois que j’ai écrit "comfortable" à la franglaise, comme un gros beauf.

Je n’ai pas souvenir de la sortie d’Eden, et j’ignore si on le trouve encore dans les parfumeries : mon flacon vient d’Ebay. Il devrait être intéressant pour vous de le re-découvrir après tant d’années.

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par , le 5 novembre 2018 à 18:41

On m’informe que Jean Guichard, auteur de cet Eden au premier abord si déconcertant voire rébarbatif, est aussi responsable de Soleil de Fragonard, qui fut un coup de foudre immédiat. Quel contraste ! La belle et la bête.

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par , le 23 mai 2019 à 18:55

Après "mature" (pour vous autres Franglais) réflexion, le fond boisé voluptueux ne justifie pas de souffrir cette ouverture si sucrée et artificielle, qui ne m’évoque rien d’un délicieux jardin fleuri mais tout d’une gomme Malabar. Alors, si je m’incline devant l’audace de Cacharel et Guichard, en fin de compte, comme tous les fruités gourmands, Eden n’est pas pour moi. "Je m’occupe, moi, de choses sérieuses !"

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annacarina

par , le 21 octobre 2018 à 10:16

Moi,je l’adore Eden et d’ailleurs jamais je n’ai trouvé un parfum comparable à celui-ci.
Eden ne laisse pas indifférent,soit on l’aime soit on le déteste.
Chez moi c’est sentimental,j’aime son opulence écœurante,il faut quand même admettre qu’il a sa personnalité et qu’on le reconnait de suite.
C’est un parfum qui m’évoque quelque chose que je ne serai définir,pas le paradis mais une sorte d’évanescence toute particulière.Il est vrai qu’avec Eden on ne sait pas vraiment où se situer et c’est cela qui fait son charme à mes yeux.Une sorte de mystère olfactif qui me trouble et m’enivre.

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par , le 27 mars 2014 à 23:25

Bonjour à tous,
Je vais venir en opposition à vos avis mais moi, j’aime cet Eden, même si je le concède, il n’est pas d’une harmonie totale.
C’est peut être sentimental, car je l’ai beaucoup porté dans une période clef de ma vie mais je pense qu’il y a autre chose.
En fait quand je pense à Eden, je me rappelle ces matins où je partais prendre le bus dans la froideur des hivers montagnards, et ses effluves fleuris et verts se mêlaient délicieusement au vent du matin ... Sans savoir pourquoi, il m’évoquait la neige, c’est certainement lié à cet aspect aqueux ?!
J’aimais cette signature, à la fois pure et opulente.
Ceci reste un avis personnel et plein d’émotions ;-)

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Jeanne Doré

par , le 22 mars 2014 à 09:50

Opium, tu as parfaitement résumé cet Eden qui fait le grand écart entre la parfumerie "baroque" et extravertie des années 80 et celle, plus empreinte de nature, avec le début des notes végétales, aquatiques des années 90. Un véritable hybride un peu maladroit, qui a, comme le remarque Louve, sans doute moins bien vieilli que Loulou...

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par , le 22 mars 2014 à 18:43

Salut Jeanne.
Merci pour ton compliment.
Je pense également, comme Louve et toi, que Loulou a finalement bien mieux vieilli que "l’hybride un peu maladroit" (joliment trouvée cette formule ! ^^) Eden qui, a ne pas faire de choix "entre la parfumerie "baroque" et extravertie des années 80 et celle, plus empreinte de nature, avec le début des notes végétales, aquatiques des années 90" (toujours aussi bien trouvé !), à avoir le c*l entre deux chaises si tu me permets d’utiliser cette expression, ne parvient pas à se maintenir dans la durée. En fait, Zab63 en parlait, il y a quelque chose d’Amarige aussi ici qui ne fonctionne toujours pas : un aspect "j’y-vais-j’y-vais-pas" qui insupporte déjà pas mal en soi et qui, cumulé à des notes pas franchement naturelles ("florales sous plastique"), qui ne sont pas super bien accordées les unes aux autres (florales, aquatiques, vertes, orientales et pis quoi encore ? !) et en sus assez écœurantes malgré leur manque de naturalité, rend le parfum assez exaspérant. (Pauvre de lui ! ^^)
"L’équilibre" (tout relatif, soit) de Loulou me plaît bien bien bien davantage. Avec lui, au moins, même si cela est foutraque, on sait où l’on va... ;-)
Passe une agréable soirée.
A trèès viiiiiiite !
Opium

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Louve

par , le 21 mars 2014 à 18:53

Je côtoie malheureusement une de ces irréductibles pour qui Eden est "le parfum", et depuis des années je le subis presque tous les jours...et c’est vrai qu’il est impossible de s’y habituer !! C’est pour moi, la tubéreuse la plus synthétique qu’on puisse imaginer, quant à la fleur d’oranger, je n’arrive même pas à la percevoir ! Et je dois dire, Opium, qu’une fois de plus vous avez trouvé les mots justes ! "Une feuille de salade soudée à un sac plastique"...bravo !

Par contre, je ressens toujours une petite émotion quand je sens Loulou que j’ai porté(comme beaucoup d’adolescentes dans les années 90) quand j’étais au lycée...

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par , le 22 mars 2014 à 18:18

Bonsoir Louve.
Je vous rejoins totalement, une tubéreuse qui a bien enfilé sa tenue bitchy ; problème, le cuir a fait place à du latex ; le maquillage a coulé, le rouge à lèvres bave et l’œil noirci ressemble à celui d’un corbeau.
Désolé pour ces moments qui doivent être un peu difficiles au travail. Mais, comme il a un peu de personnalité, bien que je ne l’apprécie pas/plus trop, il doit trouver ses adeptes et avoir ses fidèles ce parfum qui, même un peu raté, reste toujours tellement loin devant, à mille lieues des parfums génériques sucraillons actuels.
Merci pour vos compliments, je suis touché que mes images soient "parlantes" même si elles taquinent un peu les parfums qu’elles concernent. Mais, l’image de la "feuille de salade défraîchie soudée à un sac plastique" m’est venue si naturellement. ;-)
Clairement, ma préférence va à Loulou également : il peut un peu taper sur les nerfs et écœurer lui aussi, mais, comme vous, je ressens toujours une certaine émotion lorsque je le sens ou le vaporise pour le porter. Je crois qu’il a vraiment marqué les années 80-90.
Bonne soirée à vous.
Opium

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zab63

par , le 21 mars 2014 à 17:34

Eh bien, je ne sais pas comment tu fais pour porter ce parfum que j’ai toujours eu beaucoup de mal à supporter...comme Amarige, d’ailleurs.
Je fuis ce paradis, ce jardin agressif, et dans le genre j’y-fous-tout, je préfère nettement Ysatis, qui lui, fait figure de grand classique...normal : il date de ...1984 ou 1986...?
J’ai aussi remarqué l’incroyable ténacité de ce parfum.C’est vraiment l’enfer ! Avec L’Eau d’Issey (même époque)c’est vraiment le duo infernal pour moi.

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par , le 22 mars 2014 à 17:49

Bonjour Zab63.
En fait, je suppose que ce qui fait que je parviens à le porter cet Eden qui ne fait pas tant rêver ou, plutôt, à l’avoir porté, c’est que c’est encore un peu une tubéreuse et que, même si sa tenue n’est plus si sexy, je pardonne beaucoup à cette vieille copine. De plus, je parviens à voir un lien avec Loulou, l’accord fleur d’oranger orientalisé complexe peut-être, à moins que ce ne soit subliminal, je ne suis pas sûr de moi.
Mais, pour être honnête, je ne le porte quasiment plus.
Tu décris très bien ce "jardin agressif" en guise de paradis, qui vire au cauchemar plutôt qu’à l’évocation bucolique idéal(isé)e. C’est l’un des très rares parfums qui parvient à me prendre la tête (ce qui est rare pour moi), après quelques heures il m’insupporte. Et, comble de malchance, il me donne aussi la nausée, ce qu’aucune tubéreuse, même la plus lactée, grasse, épaisse et confite, ne parvient à faire.
L’Eau d’Issey est, également, effectivement, très très tenace aussi, comme Eden, deux parfums qui se la jouent un peu naturalistes pour, finalement, bien prendre la tête.
Quitte à choisir, comme toi, je préfère clairement Ysatis (qui date bien de 1984), même si elle aussi, selon mon humeur, peut me taper sur le système ! Mais, c’est une diva, c’est normal ! ;-)
Bon samedi soir.
A bientôt.
Opium

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