Auparfum

Idée reçue n°3 : la qualité d’un parfum varie suivant les peaux

par , le 9 mai 2015

L’idée :
« J’adore ce parfum, mais sur ma peau il vire au vinaigre », ou « Je n’aime pas ce parfum sur moi, mais sur elle, c’est divin ».
C’est vrai, c’est bien connu, de mystérieuses substances à la surface de certains épidermes se jettent à l’assaut des parfums dès qu’ils sont vaporisés pour les reformuler en de dangereuses molécules pestilentielles (et vinaigrées) ou en de sublimes effluves sorties de nulle part.

La vérité :
On a tous en effet à la surface de notre peau une flore bactérienne qui en fait l’unicité.
Notre transpiration, notre sébum, notre température corporelle, nos habitudes alimentaires et d’hygiène, et le pH de notre peau (son acidité) influencent et façonnent la manière dont un parfum va être diffusé, absorbé, déformé,. En effet, le parfum est constitué de molécules odorantes, qui peuvent, en fonction de cet environnement physico-chimique, être sujettes à certaines réactions qui peuvent ainsi légèrement modifier l’odeur générale.

Le pH de la peau est naturellement acide, et il varie entre 5,2 et 7, la moyenne étant 6,5.
De là à métamorphoser un horrible patchoufruit en subtil chypre velouté, il ne faut pas non plus exagérer.

Des ressentis différents, oui, une qualité et un résultat totalement distinct, c’est beaucoup plus rare.

Image : La piel que habito, Pedro Almodovar.

Demain : pourquoi mon parfum ne sent rien ?

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par , le 3 mai 2017 à 15:45

Bizarre, bizarre, je viens de lire tous les commentaires, et j’ai l’impression d’être la seule personne à n’avoir jamais remarqué d’effet particulier sur ma peau. Les parfums sentent ce qu’ils sentent et pas autre chose.

J’avoue que je me suis rarement posé la question. L’idée me semble fantasque, étrange, aussi étrange que celle de boire des huiles essentielles (au lieu de les diffuser pour en sentir le parfum !!!) Quand je sens quelque chose qui m’étonne ou qui est différent, je me dis que c’est l’anosmie, l’évolution des notes de fonds, ou bien que j’ai le nez bouché. Ou bien la différence de perspective subjective/objective. Le problème pour les parfums c’est qu’on ne pourra jamais se croiser soi-même et percevoir son propre sillage...

Alors je reteste le parfum et je finis par me dire que finalement c’était ça. Parfois en fin de journée je teste ce qui reste dans mon cou en y frottant mon avant bras. Je n’ai jamais rien senti d’autre que le parfum que je portais ce jour-là (moyennant les x heures d’évolution).

D’un autre côté on pourrait imaginer que certains parfums n’iraient pas sur des personnes qui mangent épicé ou beaucoup d’ail. Mais le problème, c’est que ces personnes ne le sauront pas, vu que cette odeur corporelle parasite a certainement créé une anosmie chez eux et qu’ils ne la perçoivent plus. Donc l’intéressé est le moins bien placé pour percevoir cette "alchimie" ou son absence sur sa peau, ce qui me laisse sceptique sur ce concept d’ "alchimie", du moins qui serait perceptible par la personne elle-même...

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Marie00

par , le 26 juillet 2015 à 00:53

J’arrive un peu tard pour cette discussion mais je pense que l’odeur du parfum varie aussi d’après le savon avec lequel on s’est lavé (même les neutres) et d’après ce qu’on a mangé (fort épicé par exemples).

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Jeanne Doré

par , le 18 mai 2015 à 16:39

Je me permets à nouveau de re-préciser : oui, la perception des parfums varie suivant les peaux (pour les raisons que j’ai évoquées dans l’article), et certains parfums s’accomodent mal de certaines peaux, je l’admets volontiers.
C’est l’"exécution" du parfum, qu’il me semble plus difficile de qualifier de "variable", à savoir le travail du parfumeur, la qualité intrinsèque du parfum, son écriture, son esthétique, qui serait jugée inégale d’une peau sur l’autre... même si au final le rendu peut être différent, je l’avoue, c’est complexe !

J’espère être un peu plus claire sur cette "idée reçue qui n’en est au final pas tout à fait une" :)

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Thaleee

par , le 17 mai 2015 à 15:42

Lors d’un passage chez Senteurs d’Ailleurs, j’ai reçu un échantillon de Carnal Flower... Le Graal pour moi, et c’est donc très religieusement que j’en ai vaporisé ma peau.

Et puis... comment dire... rien. Je ne sentais rien.
Ayant bien conscience que je peux ne pas le sentir pour cause de saturation nasale (cfr. idée reçue n°4), j’ai donc interrogé mon mari, qui m’a très sérieusement demandé si je portais un parfum.

Quelle déception, ma peau fait office d’éteignoir pour ce chef d’oeuvre !
En même temps, voyons le côté positif, je vais faire de sérieuses économies.

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Noenrys

par , le 17 mai 2015 à 10:04

C’est la seule idée reçue avec laquelle je suis d’accord (et donc le seul article de la série sur auparfum avec lequel je ne suis pas d’accord ^_^ ). Un parfum peut avoir une odeur différente selon la personne, selon sa peau. Ca implique beaucoup de variables, à commencer par le degré d’hydratation de la peau, le ph, la sudation etc etc. Mais tout ça fait varier considérablement l’odeur corporelle de base, alors un parfum...

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par , le 17 mai 2015 à 13:25

Bonjour Noenrys, Jeanne le précise bien et ça a été souligné dans les commentaires : oui les odeurs changent avec la peau. NON la qualité d’un parfum ne changera globalement pas avec la peau. Une bouse intergalactique ne se transformera pas en chef d’œuvre de construction etc.

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Aaricia

par , le 13 mai 2015 à 10:36

Ah ah ! Je l’attendais cette "idée reçue"-là, c’est un peu la tarte à la crème... D’ailleurs on voit bien dans les commentaires que quasi tout le monde a une ou plusieurs expériences de "parfum qui tourne", même ceux qui n’y "croient pas".
Nous avions fait l’expérience lors d’une escapade, avec une connaissance de BT (c’était pas toi potra si ?) de tester Safran troublant de l’AP. Un pshit chacune, issu du même flacon, pulvérisé au même moment à quelques secondes près... On élimine donc la variabilité des formulations, du mode d’application, et l’écueil du "parfum sans tête". 1 heure après, l’évolution était franchement différente... Oui, on reconnaissait le parfum dans les 2 cas, mais il y avait un grand écart tout de même entre les 2 versions.

Il y a évidemment une diversité dans la perception, mais je ne crois vraiment pas qu’il faut balayer d’un revers de main la question de l’évolution du parfum en fonction des peaux. "La qualité d’un parfum varie selon les peaux", peut-être pas, mais "l’odeur d’un parfum varie selon les peaux", oui. C’est un fait olfactif, non une idée reçue.

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par , le 13 mai 2015 à 12:43

Absolument Aaricia.

J’ai un nombre incalculable d’exemples en tête, mais pour se rapprocher de la situation que tu relates, je me souviens d’un jour où mon mari et moi nous sommes parfumés simultanément avec la même fragrance (il s’agissait de Serge Noire) et où dès le premier instant, le rendu a été presque désastreux sur mon mari et parfait sur moi...

Et il m’arrive aussi parfois de trouver un parfum médiocre dans l’absolu mais plutôt agréable senti sur quelqu’un (dernier exemple en date, une amie qui porte Black Opium qui est joli sur elle).

Donc pour moi aussi, la variabilité de la beauté d’un parfum selon la peau est un fait olfactif et non une idée reçue... sinon d’ailleurs, il n’y aurait nul besoin
de tester sur peau un parfum, le test mouillette serait suffisant... On sait tous qu’il n’en est rien... ;)

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potra

par , le 11 mai 2015 à 23:50

Merci Jeanne d’avoir abordé ce sujet si complexe... Je pense aussi que les mélanges entre nos odeurs (naturelles, produits d’hygiène et alimentation) et nos parfums sont pour beaucoup dans la variabilité observée dans les effets.
L’effet du pH me questionne beaucoup, ça serait hyper intéressant d’inventer des mouillettes à différents pH pour expérimenter (un chimiste dans la salle ?).

Je pense que dans le "il ne sent pas pareil sur moi", il a aussi parfois le phénomène du "parfum sans tête" que l’on croise à un stade suffisament avancé de son évolution, pour que le test en parfumerie fasse une impression complétement différente, et entre le "coup de boule" dans le nez et l’écart avec ce qui était attendu, on peut avoir vite fait d’accuser sa peau...
Et la variante du "parfum qu’on aime de loin", quand on a craqué sur un sillage, mais qu’au porté la magie n’opère pas.

Bonne soirée à tous,
Potra

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par , le 12 mai 2015 à 10:19

Bonjour Potra,
vous soulevez avec justesse des points essentiels : pour le pH, c’est très difficile de reproduire "in vitro" le phénomène, car comme vous le dites, il y a tous les autres paramètres "externes" qui interviennent... c’est aussi pour cela qu’on parle souvent d’"alchimie", entre la peau et le parfum, car il y a beaucoup de réactions et d’équations inconnues !
Et je vous rejoins sur le "piège" de l’évaluation à différents stades de l’évolution du parfum, qui peut donner l’impression d’un parfum différent, surtout avec les classiques ou les niches qui évoluent beaucoup entre la tête et le fond.

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par , le 11 mai 2015 à 21:02

Bonsoir,

Sur ma peau et à mon nez, Mitsouko ressemble à de la friture. C’est tout de même frustrant de ne pas pouvoir apprécier ce parfum de légende à sa juste valeur.

Plus anecdotique, Clair de Musc est tout simplement affreux tant il vire (genre œufs pourris), alors que MKK pourtant pas toujours avenant chez certaines personnes se fait doux comme un produit pour bébé...il y a parfois de quoi perdre y perdre son latin...

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par , le 11 mai 2015 à 21:56

Clair de Musc est une horreur sur ma mère, très joli sur moi. Il vire, selon elle à l’odeur de "poubelles". J’en suis restée pantoise.

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par , le 12 mai 2015 à 22:29

Merci billieH pour ce retour sur Clair de Musc. Je me sens moins seule je vous avoue.

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tyssyt

par , le 11 mai 2015 à 19:42

Bonsoir,

Voilà un sujet très intéressant, d’autant plus que je fais partie de ces gens qui font tourner les parfums depuis quelques mois...

Avant, un parfum sur moi, on peut dire en gros que "ca sentait ce que ça devait sentir".

Maintenant, et seulement depuis quelques mois, je fais littéralement tourner certains parfums. J’ai l’impression que ma peau leur donne un aspect "sale", lourd, écoeurant, chimique (coucou Kenzo Amour qui sent maintenant le fond de poubelle moisie sur moi !).

Pareil, certains parfums qui me faisaient peur se sont adoucis. Exemple, un Shalimar sur moi maintenant, ça sent 2 heures et c’est très (trèèès) doux. Moi qui il y a quelque mois en arrière le trouvait très imposant, je pourrai presque le porter aujourd’hui sans problème.

Heureusement, une bonne partie des parfums ne vire pas sur ma peau (surtout les parfums masculins à ce que j’ai pu remarquer), mais je ne pourrai plus acheter un parfum sans l’essayer sur ma peau.

Donc si la peau ne peut pas rendre un parfum sympa, j’ai quand même envie de dire qu’elle peut en rendre quelques uns vraiment moches, ou bien plus sages :)

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par , le 11 mai 2015 à 22:23

Bonsoir Tyssyt, votre remarque est intéressante car on voit combien il est difficile de discerner un "virement" de parfum d’un "virement" de ... perception et de goût !
Plus on s’interesse au parfum, plus on porte un avis affûté et éclairé sur ce qu’on porte, et cela arrive très souvent de changer complètement de perception, surtout après avoir "éduqué" un peu son nez :)
Et c’est bien connu, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis... :)

Par ailleurs : essayer sur peau , oui toujours !

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par , le 12 mai 2015 à 11:45

Bonjour Jeanne et merci beaucoup pour votre retour.

Je suis complètement d’accord avec vous concernant l’odorat qui s’affine.

Je pourrais presque comparer cela à quelqu’un qui mangerait tous les jours au Mac do et qui tout à coup a accès aux vrais restaurants. Il ne sera pas forcément charmé tout de suite par la cuisine étoilée : trop de saveurs nouvelles, trop de mélanges complexes, absence de clés de compréhension. Et puis, au fur et à mesure des découvertes, le palais évolue, apprécie de nouvelles choses, arrive à décomposer un plat, peut comprende l’histoire et les émotions d’une assiette dans son ensemble et reconnaitre la signature d’un chef.

Clairement, je ne sens plus par exemple un Chanel n°19 ou L’Heure Bleue de la même façon aujourd’hui qu’il y a 6 mois.

Par contre, je reste malgré tout persuadée que la peau peut vraiment altérer un parfum, puisque ce n’est pas seulement mon nez qui n’apprécie pas ce que je porte, mais presque des hauts le coeur chez les gens qui sentent certains parfums sur moi maintenant... Autant dire qu’il ne faut pas être susceptible quand on vous dit que vous sentez les égouts :)

Très belle journée et au plaisir de vous lire.

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par , le 11 mai 2015 à 14:03

Bonjour,
Et bien, une peau ne peut probablement pas réussir à transformer un parfum médiocre en chef d’oeuvre, mais l’inverse me paraît plutôt vrai ! Sur ma peau, Shalimar (comme Ysatis) tourne horriblement... Quand je l’ai testé en boutique, j’ai trouvé l’odeur surprenante et ai appelé une vendeuse qui m’a dit d’un air dégoûté "normalement, ça ne sent pas comme ça"... Inversement, la peau de mon mari "ambre" les parfums. Je lui ai ainsi refilé Shams de Memo et L’Hêtre rêvé de Nez à Nez, car ils sont beaucoup plus ronds, chauds, sur sa peau, alors que sur la mienne, ce sont les facettes fumées / boisées qui ressortent et leur donnent des côtés plus secs. De même, lors d’une visite à Haramens, chez Parfumerie Générale, l’effet sur sa peau de Indochine avait tellement surpris le vendeur qu’il lui en avait offert un petit flacon ! Bon, faut dire qu’on avait acheté Isparta, Bois de Kopaïba et L’eau guerrière, mais quand même...

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par , le 11 mai 2015 à 22:11

Chère Walkyrie, en effet, on peut certainement dire que la transformation “chef d’oeuvre”-> “désastre” est plus courante que l’inverse...
Il ne faut pas non plus négliger l’influence des odeurs de la peau, comme celles des produits utilisés (crème, savon, lessive..) tout autant que celle de la peau elle-même (transpiration, sébum...) qui viennent "déformer" le parfum et modifier sa perception.
En tout cas, le sujet fait débat, et si l’on n’a jamais réussi à prouver scientifiquement comment les peaux faisaient "bouger" les parfums, ni établir des “règles précises”, c’est un fait indéniable !

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