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Jeanne Lanvin My Sin

Lanvin

Flacon de Jeanne Lanvin My Sin - Lanvin
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Péché de paresse

par , le 10 mai 2017

Je suis toujours un peu stupéfaite de constater comment les marques de parfum utilisent parfois avec maladresse (mauvais goût ?) leur patrimoine. Enfin, plutôt celui d’une maison de couture ayant porté le même nom il y a longtemps, ce nom étant désormais la propriété de grands groupes ayant peu à voir avec l’histoire de ladite marque.

Prenons au hasard Lanvin, qui après avoir lancé en 2008 l’insignifiant, même pas méchant, Jeanne Lanvin, du nom de la fondatrice de la maison, nous ressort tout le catalogue des créations mythiques de la maison pour en faire d’abominables flankers. Tout en entretenant bien entendu une astucieuse confusion qui laissera planer le doute chez le consommateur quant à la véritable identité du parfum. Est-ce une réédition ? Un hommage ? Une variation sur le même thème ?

Après Scandal annoncé en 2016 (mais jamais aperçu en magasin), c’est au tour du nom de My Sin d’être accolé à la série rose des Jeanne Lanvin, et dont « l’esprit frondeur et facétieux exalte un parfum de rébellion ». Vraiment ?
Attendez... un « sillage provocateur est un appel à succomber à l’interdit et à céder aux plaisirs capiteux ». Et, bien sûr la femme My Sin est « libre de céder à ses émotions, n’écoutant que l’appel de la sensualité, elle revendique le plaisir de surprendre, troubler et bouleverser ».

J’aimerais bien que l’on m’explique en quoi une femme qui sent comme un arôme concentré de bonbon Kréma ou un Yoplait aux fruits des bois peut « subjuguer ceux qui la rencontrent » et opérer un « irrésistible pouvoir d’attraction qui envoûte les sens et réveille les instincts de séduction ».

Dites-moi, quel genre d’homme succombe vraiment à ça ??

Pour rappel, My Sin, lancé en 1924 et disparu dans les années 80, est une œuvre à part dans l’histoire de la parfumerie, reconnue et respectée par tous les connaisseurs, jouant les contrastes du propre et du sale, avec des notes aldéhydées, musquées et animales, dans une débauche de fourrure complexe et vivante, et une dimension charnelle et érotique rarement égalée.

Aller puiser dans l’histoire d’une maison de couture des noms mythiques, associés à des compositions qui étaient, elles, véritablement osées, provocantes et diablement attractives, pour les transformer en smoothies collants, puérils, artificiels, honteusement bas de gamme et aux antipodes d’une quelconque idée de séduction, semble être devenu monnaie courante en parfumerie, et ne semble plus choquer personne.

Imaginez La Maman et la Putain de Jean Eustache repris dans un épisode de Dora l’exploratrice, avec Babouche dans le rôle de Jean-Pierre Léaud, Chipeur à la place de Bernadette Lafont, et Dora, avec son petit T-shirt rose qui répéterait en boucle « Il n’y a que toi pour me baiser comme ça. Il n’y a que moi pour être baisée comme ça par toi »...
Cela ne me paraitrait pas plus obscène (mais plus drôle, en revanche).

La bonne nouvelle, c’est qu’il s’agit d’une édition limitée, vendue exclusivement aux Galeries Lafayette, donc avec un peu de chance l’intégralité sera vendue en grand majorité à un public plutôt touristique qui remportera tous les petits flacons loin, très loin d’ici !

— 
Jeanne Lanvin My Sin, Eau de parfum vaporisateur, 59 euros/50 ml

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Jean-David

par , le 14 mai 2017 à 18:25

"Au s’cours, on my [sa] sin’  !"

C’est débile, je sais, mais j’ai succombé à l’interdit et aux plaisirs capiteux de la faiblesse blagoïde.

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par , le 15 mai 2017 à 05:39

Y a pas à dire c’est Rock’ N’ Roll l’ambiance ici !

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zab63

par , le 13 mai 2017 à 15:42

Oh, non :(
Fausse joie. L’émoi n’a pas duré longtemps, grâce à la photo du flacon.

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Beer luc

par , le 11 mai 2017 à 10:25

Analyse pertinente qui réume bien la morosité que l’on rencontre dans l’univers de la parfumerie actuelle,surtout celle destinée au grand public.
Quand la fixation de faire de l’argent avec tout ce qui bouge rencontre la masse,le succès est assuré,exemple type de consommer très vite et tout de suite.
Heureusement que nous ne sommes pas tous concernés par cette machine destructrice qui considère le parfum comme une lingette pour bébé.

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DOMfromBE

par , le 10 mai 2017 à 18:24

Jeanne en mode Kalachnikov... J’adore ! J’adhère !
 ;-)

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