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L’absolu For her

Narciso Rodriguez

Flacon de L'absolu For her - Narciso Rodriguez
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Patchoumusc

par , le 1er novembre 2015

Après la fleur d’oranger de l’eau de toilette puis la rose de l’eau de parfum, c’est aujourd’hui aux fleurs blanches que Narciso Rodriguez vient marier son musc iconique, dans L’absolu For her.

Les premières gouttelettes s’échappent de la désormais classique fiole rectangulaire, et tout de suite c’est un miel floral qui vient chatouiller nos narines, mêlant un jasmin et une tubéreuse charnus, fruités et sucrés. Comme dans les autres opus de la collection, cette ouverture franche, cette consistance d’emblée évoquent une construction sans véritable tête : on entre immédiatement dans le vif du sujet, point de badinage, pas de note virevoltante à l’horizon pour faire diversion, le propos se veut aussi profond que le rouge bordeaux de la bouteille.

D’ailleurs, peut-être est-ce la beauté de ce carmin opaque et tirant vers le noir qui m’influence, mais c’est à un vieux vin rouge charpenté, gorgé de soleil et de tanins que L’absolu me fait penser.
Rapidement, comme le bouquet de saveurs s’ouvrant en bouche, la richesse des fleurs blanches s’adjoint la rondeur familière du musc Narciso Rodriguez : épais, un peu laiteux, jouant à merveille son rôle de personnage ambigu entre propreté cotonneuse et sensualité à fleur de peau, il nous ramène en terrain connu. Oui, L’absolu fait bien partie de la famille For her, et vient tout naturellement ajouter sa pierre à l’édifice de ceux que l’on considère déjà comme des classiques, les néo-chypres.

Cependant, la boule de musc caractéristique des précédentes créations du créateur se voit ici tempérée, contenue dans son déploiement par le patchouli, qui vient se poser en ossature et apporte à la composition une certaine clarté de ligne. Le sillage s’en trouve modifié, plus aéré, plus structuré, un peu comme si la boule initiale avait été sculptée et avait pris des angles, des épaules, une silhouette.

L’absolu, tout en restant fidèle à ses origines musquées et à une signature que l’on ne peut lui renier, vient également s’inscrire dans la tendance actuelle de renouveau dans le traitement de la note patchouli : sans révolutionner le paysage ni la gamme dans laquelle il s’inscrit, cette nouvelle mouture constitue une proposition élégante pour qui chercherait à s’entourer d’une atmosphère boisée, douce et chaleureuse dénuée de tout orientalisme.

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Raphaëlle

par , le 3 novembre 2015 à 07:04

J’avais testé l’edp et n’avais pas été emballée. Je l’ai trouvé joli, mais étrangement un peu trop en transparence et trop léger par rapport à ce à quoi je m’attendais (et après avoir eu un échantillon de Rosa Nobile de Acqua di Parma, je crois qu’en fait, je n’aime pas tant que ça la rose... je m’en étais pschitté un peu le poignet, je l’ai trouvé atroce et l’ai hyperosmisé... cauchemar). Et à cause de cette expérience peu convaincante avec l’edp, je n’ai jamais testé l’eau de toilette...

Mais avec votre article chère Doudou, j’ai maintenant très envie de tester l’edt et surtout cet Absolu !! Merci :) je sais où aller demain après-midi !

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Lady of Shalott

par , le 1er novembre 2015 à 22:52

Il faut que j’aille le sentir ! Je suis complètement addict à l’odeur d’une copine et d’une collègue enseignante qui portent toutes deux le For Her d’origine. Je suis curieuse de déceler les modifications que vous évoquez ; malheureusement, je n’y entends rien. Qu’est-ce qu’un néo-chypre ? Et, surtout, pourquoi, mais pourquoi le patchouli devient-il à ce point incontournable ?

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par , le 2 novembre 2015 à 00:09

Vous savez, tout est aujourd’hui un peu « neo » dans la parfumerie. De nouvelles molécules ont, parfois pour de sombres raisons, remplacé les anciennes (ici la mousse de chêne de l’accord chypre – mousse avec de la bergamote plus une fleur). Neo fougère, neo cologne, etc. On lifte, on allège, on réduit, on éradique. Parfois pour le meilleur, souvent pour le pire. Quant au patchouli, il ne « devient » pas incontournable, il l’est. Car il fait partie du club très fermé des matières indispensables aux accords de base. Comme la bergamote, le vétiver, l’eugenol, le jasmin, le salycilate de benzyle, etc. Outre qu’il y a patchouli et patchouli. Aujourd’hui on parle de fractions, de process e, de distillations moléculaires, ôtant aux matières leurs caractéristiques un peu sales ou (soi-disant) dérangeantes. Vous avez des patchoulis très terreux-humides, d’autres secs et chocolatés, amers, ou doux ; tout est possible ou presque. On peut parfois s’y perdre, au point d’être loin de la matière originelle, naturelle. Vous n’aimez pas le patchouli ? Mais quel patchouli ? :) En tout cas bonsoir !

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par , le 2 novembre 2015 à 16:50

Bonjour ! Non, j’adooore le Patchouli ; j’en ai en encens, j’ai senti celui de Réminiscence sur une dame agent immobilier une fois et je n’ai pu m’empêcher de lui demander ce qu’elle portait tant c’était enivrant (sur mon poignet, je n’ai pas eu le coup de coeur, en revanche) ; j’ai porté Opium, Si Lolita, Coco Mademoiselle pour les cheveux, je porte Shalimar, 1996 de Byredo, j’ai même la bougie éponyme sous mon nez à l’heure où je vous écris ces mots ; je vous assure, je n’ai rien contre le patchouli. Néanmoins, j’entends régulièrement sur AP l’expression péjorative de "patchoufruit" et c’est davantage à cela que je voulais faire référence. Je me demandais d’où pouvait venir cette mode. Lire votre petit exposé me conforte dans l’idée que j’ai besoin d’une formation en matière de parfum. Auriez-vous des conseils à me donner pour aller dans ce sens (ouvrages, formations, sites exhaustifs, kits de matières premières simples à commander pour les sniffer...) ?

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par , le 2 novembre 2015 à 09:06

Bonjour Lady of Shalott,
N’hésitez pas à revenir faire part de vos impressions quant à cette nouvelle version de For her, surtout si vous appréciez l’original ( sûrement l’eau de toilette ?)
Pour répondre à vos questions, on désigne par néo ou nouveaux chypres la vague initiée par les sorties de Coco Mademoiselle, For her, qui ont remis au goût du jour la structure chypre, un peu délaissée dans les années 90, en la rendant certainement plus accessible. Nicolaï a évoqué les matières fractionnées, allégées, j’ajouterais que ces nouvelles compositions chyprées recherchent certainement aussi plus de rondeur, de souplesse que leurs aînées parfois ressenties comme raides, et jouent d’avantage la douceur en donnant la part belle aux notes musquées, fruitées. La panthère de Cartier en est un exemple particulièrement subtil, souriant en tête avec sa légère échappée fruitée, ronronnant et moelleux dans sa dimension musquée, mais clairement relié aux chypres plus classiques par son fond bien structuré, sec, clair, et sa fine mousse de chêne.
En cliquant en haut de cette critique sur le mot " chypre" vous trouverez une petite définition et la liste des parfums classifiés dans cette famille sur le site.

Quant au patchouli, effectivement on n’a jamais cessé de l’utiliser comme élément de structure, mais on ne communiquait pas tellement dessus, car il souffrait des clichés, note baba-cool, pas très élégante...depuis un petit moment il semblerait qu’on cherche à le réhabiliter et on le revendique dans les compositions. La mode est un éternel recommencement...

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par , le 2 novembre 2015 à 17:07

Merci pour votre exposé très clair pour moi qui suis néophyte. Vous m’avez donné la réponse que je recherchais au sujet du patchouli. En effet, dans ma prime jeunesse, j’avais lu, dans un ouvrage des années 60 appartenant à maman et intitulé "La beauté" (tout un programme), une série de conseils sur le parfum, dont le très classique "ne pas avoir la main leste les jours de bureau" ! Accompagnait ces prescriptions de bon sens une illustration de secrétaire sixties, avec ses lunettes vintage et son foulard turban, assise devant sa machine à écrire et agitant sa main devant son nez en disant "Violette au patchouli, patchouli à la rose, rose au patchouli !". J’ai demandé à maman ce qu’était le patchouli. Elle m’a répondu une fleur et expliqué le dessin par le fait que cela sentait très fort (quand on porte Poison, il fait beau dire !). Grâce à vous, tout s’éclaire et je comprends enfin ce vieux dessin et le cliché qu’il représente.

Je suis intriguée par cette histoire de chypres. Je trouve Miss Dior (le seul, le vrai) particulièrement addictif. Il fut une véritable découverte pour mon nez. Cela signifie que j’aimerais le chypré ; j’apprécie Coco Mademoiselle (seulement dans les cheveux et pour aller en ville ou au travail quand je veux rester neutre et ne pas mettre en avant ma personnalité) mais je ne lui trouve pas de parenté avec Miss Dior... Il faut dire que je ne les ai jamais sentis qu’avec de grands écarts temporels. J’irai investiguer sur la question, notamment avec l’aide de la fiche Chypre d’AP que vous m’avez mentionnée.

J’en arrive à la panthère : Ah bon ? C’est un chypre ? Enfer et damnation ! pour moi, la panthère est sans caractère. J’ai testé plusieurs fois les échantillons et niet ! Cela ne me parle pas. Sans doute mon nez n’est-il pas encore assez formé pour percevoir la complexité de la construction. j’irai faire mes devoirs et retester tous ces chyprés, dont la panthère, pour tenter de comprendre. Merci.

PS : Pour For Her, je demanderai à mes amies la version qu’elles portent.

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par , le 3 novembre 2015 à 00:05

Chère Lady of Shalott,

Vous qui vouliez savoir si un atelier ou autre était prévu, vous avez de la chance car la prochaine session du Nez Bavard sera consacrée au Chypre et à la Fougère et je pense que Juliette y abordera toutes ces problématiques. Comprendre comment on est passé du chypre de coty à for her, comment analyser un chypre et l’aborder etc...

Ca sera le 29 novembre, voici un lien : https://www.facebook.com/events/782955535143062/

Bonne journée à vous,

Alexis

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par , le 3 novembre 2015 à 17:58

Cher Jicky,

Comme c’est aimable à vous de me faire part de cette délicieuse réunion ! Malheureusement, je n’ai pas tant de chance que cela puisque je ne serai pas disponible pour monter sur Paris ce dimanche-là. J’en profite pour humblement réitérer auprès de l’équipe ma suggestion de produire des comptes rendus de ces conciliabules que j’imagine pertinents, documentés et jalonnés de précieuses digressions.
Je vous remercie et vous souhaite une bonne soirée.

Elayne d’Escalot.

PS : Mes hululements de perfumista pour obtenir une méthode de formation au parfum résonnent encore dans la nuit sombre et froide !!! *ahhhouuuuuuu ahouuuuuuuu*

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par , le 30 mars 2016 à 00:19

bonjour/soir,
je hulule de concert !
d’autant que j’ai relu mes rares commentaires sur AP et je cherche activement une pelle pour me creuser un petit trou et y glisser ma tête façon autruche^^
j’ai commencé à travailler, commandé des échantillons, lu... je suis toute excitée quand je réalise que je reconnais à présent beaucoup plus de senteurs, d’odeurs ou quand je lis une critique et que je comprends les mots et ce qu’ils expriment vraiment (ce qu’est un cuir par exemple, ce qu’est une base, certains composants utilisés pour exprimer des fleurs différentes).

du coup, j’ai vraiment l’impression que passer du temps sur AP, c’est une formation aussi^^ avec pleiiiiiiin de travail à la maison, mais plutôt très agréable.
enfin, je passe sous silence le côté frustrant de lire des critiques de créations qui ne chatouilleront sûrement jamais mes narines ;)
à part si un jour une expo "olfactive" tourne en France (je pense à ça parce-que l’expo Signac m’avait toute tourneboulée, effleurer des yeux les toiles) : une expo olfactive historique, une autre à thème matière, une autre à thème couleur, une à thème voyage... vous voyez le truc ?

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Méira

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