Auparfum

L’Air du Temps

Nina Ricci

Flacon de L'Air du Temps - Nina Ricci
Les Classiques
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Blanches colombes et divin œillet

par Aurélien Caillault (PoisonFlower), le 28 février 2013

Je connais bien L’Air du Temps, c’est le parfum préféré d’une femme de mon entourage. Comme ils sont pour moi indissociables l’un de l’autre, je vous parlerai de cet incontournable de la parfumerie au travers de cette amie que nous nommerons Catherine.

Catherine est une belle femme à laquelle il est difficile de donner un âge : elle n’a plus vingt ans, mais elle ne fait pas "dame" pour autant.
Au niveau du look, elle n’est pas vraiment dans l’air du temps, pas démodée non plus, juste hors du temps avec ses cheveux châtains, longs et soyeux, et ses robes vaporeuses. Elle possède une allure et un tempérament romantiques, ce qui ne veut pas dire qu’elle manque de caractère ou qu’elle soit mélancolique, bien au contraire !

D’ailleurs, quand elle parle de L’Air du Temps, qu’elle décrit comme "[sa] signature parfumée, [son] alter ego olfactif", elle fait très justement remarquer la chose suivante : "Ce n’est pas qu’un parfum doux, romantique… Ca m’énerve, les gens emploient ces mots pour ne pas avoir à dire qu’ils le trouvent niais ! Alors qu’il possède aussi une vraie énergie, beaucoup d’allant. D’abord, il y a la note citronnée de la bergamote, légèrement piquante, qui annonce le thème central : l’œillet, épicé, qui saute un peu à la figure, accompagné d’ylang-ylang, lui aussi épicé, le tout sur un lit de fleurs à la douceur crémeuse (gardénia, violette, jasmin, rose, iris) et un fond boisé délicat (cèdre, santal, musc)."
A titre personnel, j’ajoute que j’aime beaucoup la tendresse qui se dégage de cette note fleurie, épicée, cosmétique propre à L’Air du Temps (que je retrouve aussi quelque peu dans Cacharel pour l’Homme) : elle me replonge en effet dans l’atmosphère du rituel des lavages de cheveux de mon enfance avec le shampooing Mixa bébé, qui possédait également ce côté à la fois très doux et légèrement piquant/épicé !

Pour bien illustrer le fait que Catherine ne manque pas de caractère, ni d’imagination, voici une anecdote qui en dit long sur elle et qu’elle nous a racontée il n’y a pas si longtemps…

C’était il y a quelques années et son couple battait de l’aile. Bien décidée à ne pas baisser les bras, elle mit au point un petit stratagème qui avait autant pour but de raviver la flamme que de mettre à l’épreuve la fidélité de son mari. Pour cela, elle lui envoya des lettres parfumées (devinez à quoi !) et enflammées qu’elle signa d’un "Bien à toi, Barbara". Le monsieur reçut ces missives avec un certain plaisir, flatté d’être courtisé de la sorte par une inconnue, même si un je-ne-sais-quoi lui rappelait étrangement, comme il le reconnut par la suite, sa femme ou plutôt la Catherine de la période à laquelle ils s’étaient rencontrés et qui l’avait tant séduit : douce, fantasque, passionnée.
Comme la supercherie fonctionnait au-delà de ses espérances, Catherine ne s’arrêta pas en si bon chemin et ne tarda pas bientôt à donner rendez-vous à son mari dans une nouvelle lettre signée Barbara. Le jour dit, elle se rendit sur le lieu convenu tout en prenant soin de se déguiser, car il fallait aller jusqu’au bout de ce jeu de la séduction d’un genre nouveau : le tour fut joué avec un chapeau, une perruque, des lunettes de soleil, un vieil imper et une rose rouge à la main en guise de signe de reconnaissance. Quand il l’aperçut, il se dirigea naturellement vers elle comme s’il l’avait toujours connue et lui cria avec fougue : "Je suis à toi, Barbara !", avant de l’embrasser et de lui retirer son chapeau et ses lunettes, car au final cela faisait un petit moment qu’il avait compris que Barbara n’était autre que Catherine !

Cette anecdocte vous rappelle peut-être quelque chose, mais vous ne savez pas quoi… Un roman ? Un film, peut-être ? A moins qu’il ne s’agisse d’une chanson ? Comme je vois que vous donnez déjà votre langue au chat, j’avoue mon forfait : je me suis fortement inspiré des paroles de cette chanson géniale de Kate Bush, Babooshka !

Et comme vous vous en doutez sans doute à présent, Catherine n’existe bien évidemment pas et sa description est empruntée au style intemporel de la Kate Bush de la fin des années 70, qui est à mes yeux une sorte d’incarnation idéale de L’Air du Temps : tour à tour fragile (comme dans son autre grand tube, Wuthering Heights, dans lequel elle se glisse dans la peau de Catherine, l’héroïne du roman Les Hauts de Hurlevent) et imaginative (comme dans Babooshka), toujours romantique, mais jamais nunuche.

Kate Bush, encore, qui avait à peine vingt ans en 1978 lors de la sortie de son premier single, Wuthering Heights, et en paraissait presque dix de plus. Ce qui nous renvoie à une époque, pas si lointaine que ça, où les jeunes femmes se parfumaient pour faire comme les grandes et ainsi accéder à ce Graal nommé féminité, et non pour rester éternellement des lolitas. S’il existe des jeunes filles qui osent encore aspirer à cela en 2013, elles doivent de toute urgence découvrir ou redécouvrir L’Air du Temps.

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par Vanessa, le 2 février 2018 à 20:57

Je l’ai senti pour la première fois aujourd’hui, à force d’en entendre du bien sur ce site !
Eh bien, sans le vouloir, j’ai découvert le parfum de ma grand mère, depuis très longtemps,... enfin je crois qu’elle met du parfum !
Je m’en suis pchitter sans faite exprès sur les doigts, j avais l’impression qu’elle était collé à moi !!!

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millet3

par millet3, le 30 octobre 2016 à 17:40

Oui, l’Air du Temps est un classique. Oui, 1948 peut paraître bien loin, car nous sommes au XXI° siècle. Mais j’aime ce parfum car il reste, avec cette belle colombe, un magnifique symbole de paix et je me laisse aussi fréquemment séduire une fois encore par cette senteur unique, à la fois douce et originale. L’ Air du Temps est incomparable. Quant au flacon, il continue de séduire les amateurs de flacons et de belles sculptures.

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par Walkyrie, le 6 juillet 2015 à 15:16

Et bien, je reconnais tout à fait mon histoire dans cet article et dans certains commentaires...
L’Air du temps, c’est mon premier parfum... celui que m’a offert ma mère pour mes 13 ans, quand j’ai commencé à m’intéresser aux parfums "sérieux". C’était semble-t-il pour elle un incontournable de l’apprentissage de la féminité. Et je le ressens de temps en temps et continue à le trouver très beau et, au regard de ce qui sort, beaucoup plus adapté à une jeune fille que ces gourmands régressifs.
Je l’ai porté jusqu’au Grand Coup de Coeur : Paris. Senti sur une amie de ma mère, qui embaumait littéralement, il faut dire qu’elle avait toute la gamme. Il m’a fallu patienter un peu car pour ma mère, ça faisait trop femme. Mais pour le Noël de mes 14 ans, je l’ai demandé et obtenu... Il m’a accompagné plusieurs années, j’ai porté parallèlement Cabotine et Coco.
Comme quoi, un démarrage avec l’Air du temps, ça augure de belles choses pour la suite...

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billieH

par billieH, le 30 mai 2015 à 12:19

Je viens de l’acheter pour les 81 ans de ma grand mere ! J’espère qu’il lui plaira...moi je l’aime vraiment beaucoup, crémeux, élégant, réconfortant...Une des pires visites de ma vie chez Noc...plein de monde, ma fille qui fait une allergie à une petite edt pour enfants, le doudou oublié. Ouf je suis quand même partie avec cette merveille alors que la vendeuse me conseillait J’Adore, une valeur sûre. Mais elles ont été quand même très sympas !

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Yohan Cervi (Newyorker)

par Yohan Cervi (Newyorker), le 6 janvier 2014 à 00:46

J’ai reçu hier, grâce à un ami italien un flacon d’Oeillet Sauvage de l’Artisan Parfumeur, un parfum créé par Anne Flippo en 2000, dans la collection "Je t’ai cueilli une fleur" (aux côtés de Verte Violette et de la Jacinthe des Bois) et malheureusement disparu en 2006, à cause des règlementations sur l’eugenol. J’aurais aimé avoir votre avis, pour ceux qui le connaissent. Pour ma part, j’ai été très surpris, je m’attendais à un oeillet très réaliste, et ce n’en est pas vraiment un. En tête, je retrouve tout à fait la sensation que j’éprouve en plongeant le nez dans un bouquet d’oeillets, puis rapidement, le parfum évolue vers une facette ylang et lys avant de se poudrer légèrement et de reposer sur un joli fond héliotropé et vanillé. C’est une création ravissante, délicate, tendre et très maitrisée, assez cosmétique, verte, solaire, poudrée. Il me rappelle un peu le regretté Summer by Kenzo et même Baiser Volé.
En revanche, j’ai l’Oeillet Mignardise de Roger et Gallet, un ancien parfum de la maison, dans une version des années 60, beaucoup plus réaliste, très joli également, mais un poil caricatural, car un peu trop eugenol.
Avec Opium et Jickouille, on se disait que finalement, le plus bel œillet c’était l’Air du Temps (que je préfère à Bellodgia), vintage, bien sûr :), même si ce n’est pas un soliflore mais un vrai bouquet floral.

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par Jicky, le 6 janvier 2014 à 02:58

Je me suis même moqué de ma Nounouille en lui disant que ça faisait 25 ans qu’il embêtait tout le monde avec ses œillets pour en finir à la conclusion la plus évidente du monde : L’Air du Temps est vraiment le plus bel œillet en parfumerie. (Oui, l’ancienne version. Même si l’actuel est un joli floral blanc).

Bref. Dans 4 mois il viendra, d’un pas assuré et me dira "tu sais quoi Jicky ? Je crois qu’en fin de compte, le plus bel iris sur Terre c’est Iris Silver Mist".

Quant à l’Oeillet Sauvage ma foi c’est joli, il reprend vraiment la trame floral solaire crémeux, entre Baiser Volé (vraiment saisissant) et même un cœur floral assez semblable au N°22. C’est plus une sorte d’ylang très ornementé, à la fois poudré, boisé et j’avais un effet vaguement amer (mais amer chaud). J’avoue en revanche ne pas saisir son statut culte en tant qu’oeillet... J’sais pas. Mais OSEF, c’est joli. Belle acquisition.

Et vive le dealer italien :D !!!

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kranzler

par kranzler, le 19 mars 2013 à 00:55

"Vous portez quelques fois l’Air du Temps" mais pas aujourd’hui..."

(Hannibal Lecter s’adressant à Clarice Starling)

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zab63

par zab63, le 10 mars 2013 à 19:27

L’Air du Temps, c’est toute mon enfance car c’était le parfum de ma mère. On lui avait offert lorsqu’elle était jeune fille. Il était riche et doux à la fois. Et ma mère a ensuite porté Givenchy III puis ...Opium ! J’ai senti ce dernier en vintage récemment et j’ai immédiatement perçu l’oeillet, un petit "rappel" de L’ Air du Temps dans ce parfum des plus capiteux.

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afflairasuivre

par afflairasuivre, le 4 mars 2013 à 16:13

Bravo pour cet article hors du commun qui m’a fait voyager, voyager, voyager et réécouter cette musique que j’aimais tant et ce parfum qui me rappelle bien des choses. La première fois que je l’ai senti, c’était dans la rue, j’étais en troisième et j’avais arrêté la jeune femme qui le portait pour lui demander le nom dudit parfum. Je me suis souvent dit que cette jeune femme était vraiment classe !
J’ai toujours été conquise par lui, sur touche, il avait un petit côté qui me faisait rêver, mais sur ma peau hélas...il vire affreusement...

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ChrisB

par ChrisB, le 4 mars 2013 à 08:30

"L’Air du temps" est pour moi indissociable de Noel et du cadeau. Lorsque j’étais enfant, "L’Air du temps" était le parfum qu’achetait ma mère pour offrir à une tante, sa belle-mère... Le parfum avec lequel elle était sûr de ne pas se tromper. A noter tout de même que l’offre ciblait des femmes d’un âge mûr. Pour des jeunes filles, ma mère choisissait "Anais Anais".

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Opium

par Opium, le 3 mars 2013 à 20:53

Bonsoir PoisonFlower.

 

Bravo pour ce superbe texte ! Il est très inspiré, le point de vue détourné est intrigant. C’est top !

 

Merci d’autant plus pour deux autres raisons :
- Comme cela avait été le cas pour Truth or Dare, tu es parvenu à poser des mots sur un parfum que j’apprécie alors que je ne sais pas comment l’aborder. Ce que tu as parfaitement fait.
Le risque, avec ce très beau parfum, mais plus complexe qu’il n’en a l’air de prime abord, c’est de tenter une description du parfum, description qui sera toujours en-deçà de la beauté ressentie face à la chose. Or, tu as évité cet écueil.
L’Air du Temps est, comme Vol de Nuit, un parfum d’une telle complexité masquée, dont la machinerie paraît fluide au ressenti, qu’il vaut mieux éviter de retirer la part du rêve de ce tour de magie olfactive.
Bizarrerie de la chose, même vintage, j’ai toujours eu du mal à concevoir L’Air du Temps comme "un œillet", je le vois plutôt comme un bouquet mille fleurs dans lequel reposent des œillets mordants et vifs. Une sorte de Jour, ce bouquet floral large, mais sans œillet (et sans "coques" ! ^^).
- Ensuite, si je suis content de voir si joliment chroniqué L’Air du Temps, c’est car c’est un parfum que j’ai porté un tout petit peu aux alentours de 18 ans et car il est, avec Opium, l’un des deux premiers parfums "féminins" que j’ai "outé" pour mon usage personnel plus récemment.

 

A propos de la reformulation, je crains que L’Air du Temps ne fasse partie des dix, voire trois, pires reformulations de l’histoire de la parfumerie. Mais, où est l’œillet ? C’est-à-dire que sans eugénol les choses sont compliquées. Mais, avec certains lancements dernièrement, on a constaté que certains parfums parvenaient à faire plus ou moins illusion : Oeillet Louis XV et Vitriol d’Oeillet en sont quelques exemples, plus réussi dans le premier cas pour ce qu’il en est du réalisme. Mais, la violette ébouriffée du second a quelque chose de touchant et de proche de... L’Air du Temps. Même s’il se fait plus métallique aujourd’hui, il reste joli. C’est le problème des reformulations : les séances de torture ont du mal à totalement achever les chefs d’œuvre ; simplement, ils passent de "magistraux" à "jolis"... ce qui est déjà pas si mal. ;-)

 

Merci pour cet agréable moment d’évasion, avec Kate Bush et avec Catherine (qui a, l’air de rien, une sacrée personnalité).
A bientôt
Opium

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par PoisonFlower, le 3 mars 2013 à 23:06

Merci pour les compliments, ça fait toujours plaisir ! ^_^

 

Figure-toi que je ne savais pas non plus trop comment aborder L’air du temps au départ... Je voulais éviter l’hagiographie en règle (que j’ai déjà expérimentée malgré moi avec Samsara, mais bon disons que c’étaient mes débuts ! :-P Pourtant, je l’aime plutôt bien cet article, mais si je le rédigeais aujourd’hui, je ferais pas mal de coupes, notamment car il y a quelques passages redondants et puis je gommerais volontiers le côté un peu trop "Oh la la, c’que c’est beau" © Annette in Premiers baisers ^^) et je ne voulais pas non plus en rajouter une couche sur le mythe L’air du temps en revenant lourdement sur l’histoire de sa création et tout le blabla habituel autour du flacon, dont on a un peu trop tendance à parler au détriment du parfum qu’il renferme. J’avais cette fois envie de raconter une petite histoire, à la façon d’une anecdote dont L’air du temps serait indirectement la vedette...

 

Sinon, moi je sens distinctement l’oeillet dans L’air de temps, pas que lui, mais il ressort bien. Je trouve d’ailleurs que le mordant caractéritique de cette fleur, qui chatouille un peu les narines, donne une grande partie de son énergie et toute sa personnalité au parfum : il est peut-être doux et romantique, mais on sent bien qu’il a en même temps son petit caractère et ne s’en laisse pas conter, tout comme Catherine en somme ! ;-)

 

C’est marrant ce rapprochement avec Opium, car pour moi aussi les deux sont liés. En fait, j’ai découvert L’air du temps après Opium et l’ouverture du premier m’avait alors beaucoup rappelé la tête hespéridée/épicée du second. Depuis, je ne peux m’empêcher de voir le Nina Ricci comme une alternative printanière au Saint Laurent ou bien comme une initiation aux notes épicées pouvant amener à découvrir Opium...

 

Il faudra que je redonne une chance à Vitriol d’oeillet, tiens... Je suis passé très vite dessus en fait, car là pour le coup je n’ai pas retrouvé la moindre trace d’oeillet, ce qui m’a bien déçu. A la place, je me suis retrouvé avec un parfum plutôt masculin, vaguement épicé, pas du tout à la hauteur du nom dont il se réclame...

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par Opium, le 7 mars 2013 à 21:20

Bonsoir PoisonFlower.

 

Merci pour ta réponse.
L’Air du Temps pourrait servir, effectivement, d’introduction à Opium, comme une sorte de mise en bouche encore assez sage, avant de passer aux plats principaux.
C’est que presque tout le monde n’a retenu qu’une chose à propos d’Opium : "Il est fort !" En oubliant deux éléments essentiels : sa beauté et sa complexité. Et, faisait partie de cette complexité, entre autres choses, un œillet comme dans L’Air du Temps. Mais, entre la mandarine, la pêche, les aldéhydes, la rose, la cannelle, l’ambre, l’encens et la mousse chyprisante, c’est qu’il avait du mal à se faire sa place cet œillet : on ne le remarquait pas dans la photo de groupe, d’autres faisaient les malins. ;-)
Dans L’Air du Temps, même si l’œillet épicé, au centre de la scène, est entouré, lui aussi, des danseuses - cygnes blancs que sont les fleurs blanches en bouquet, il rayonne davantage.
L’Air du Temps est un parfum à redécouvrir : et, étonnamment, bien qu’assez "dame", il attire plutôt des compliments ; soit qu’il touche à un inconscient collectif partagé, soit, tout bêtement, qu’il soit beau... ;-)
Je suis content de l’avoir senti tout à l’heure dans la rue (ça changeait des si originales odeurs de Chupa Chups à la cerise de La Petite Robe Noire (que j’aime bien) et l’étouffe chrétien Poubelle La Vie. ^^

 

Redonne une chance à Vitriol d’Oeillet, je ne l’ai pas trouvé si masculin et, finalement, c’est l’un des Lutens que je porte le plus car c’est un "vêtement" qui est très facile à enfiler et à porter. Je le trouve, pour ma part, plutôt féminin, mais, sans que cela soit un problème. Aaaahh, ces histoires de ressentis persos ! ^^
En revanche, je te confirme, comme toujours en ce moment avec Monsieur Serge Lutens : il y a beaucoup d’humour dans son intitulé de parfum. Ce n’est pas un œillet au vitriol, pas une once de colère trop épicée ici, juste une violette ébouriffée par quelques pincées de poivre. (D’ailleurs, dans l’intitulé du titre, on trouve bien dispersé l’anagramme, dans le désordre, du mot "violette" : "Vitriol d’Oeillet". Est-ce dû au hasard, je n’en sais rien, mais, cela m’a fait sourire en le découvrant. Malgré tout, j’aime bien cette violette poivrée qui rappelle un peu Paprika Brasil dans le style et le traitement.

 

Encore bravo et merci pour ton texte ! L’évocation de l’anecdote de Catherine comme métaphore à ce parfum, moins fragile, romantique et niais qu’il n’en a l’air, est très bien trouvée. ;)
A bientôt.
Opium

 

Ps : Parfois, les "Oh la la, c’que c’est beau" © Annette in Premiers baisers, c’est bien aussi, il ne faut pas culpabiliser. Répéter cela à l’envi, là, ce serait gonflant. Mais, je le fais aussi parfois, et si c’est mérité, tant mieux. Il va y avoir prochainement un article de ce type-là... Cela peut permettre aussi d’asseoir certaines vérités. Et puis, je préférerai toujours l’emballement extasié au cynisme froid (posture bien trop fréquente à mon goût). ;)

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