Auparfum

Le Dandy

D’Orsay

Flacon de Le Dandy - D'Orsay
Les Classiques
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Alcoolisme mondain

par , le 30 septembre 2014

C’est l’histoire d’un dandy, du genre brun à fine moustache, esthète, un brin dédaigneux, qui traîne dans les soirées mondaines en quête de rencontres divertissantes et d’aventures rafraîchissantes.

Ce soir, face à la résistance de ses proies potentielles, notre dandy s’est saoulé à coup de cocktails improbables, à base de rhum arrangé aux épices et de whisky écossais pure malt, plus vite qu’il ne le pensait.

Il tente la dégustation de quelques fruits au sirop dans l’espoir de dessaouler, il goûte quelques rondelles d’ananas, des pêches et des prunes, mais, écoeuré par ces fruits un peu trop sucrés à son goût, il déambule vers un petit salon aux teintes sombres, il trébuche sur le tapis et vient s’affaler dans un vieux chesterfield en cuir râpé, d’où il décide, téméraire, de s’allumer un beau cigare cubain.

Pris de vertiges, entre les relents de fruits, les vapeurs d’alcool et les volutes de fumée, il ôte ses Church’s, desserre sa cravate, s’allonge maladroitement et tombe immédiatement dans un sommeil de plomb.

Une fois son haleine saturée en vapeurs d’alcool un peu dissipée, on perçoit alors l’odeur de ses pieds chauffés par le cuir et l’alcool. Sa peau devenue légèrement acide et grasse par la transpiration éthylique, comme un musc animal un peu sale, semble diffuser des notes d’épices, à moins que ce ne soit son after-shave anglais qui ait viré avec la chaleur ? Ou les restes de son cocktail au gingembre sans doute en partie renversé sur sa veste ? Des traces d’odeur de lessive de sa chemise blanche distillent encore quelques notes de santal et de fève tonka fantomatiques.

Quelques heures plus tard, notre dandy ouvre un œil, aperçoit le salon désert, jonché de verres sales renversés. Il se lève, la tête aussi lourde qu’une caisse de Jack Daniel’s et l’haleine aussi chargée que les canots de secours du Titanic. Un peu honteux, il remet ses chaussures, cherche son loden, et s’enfuit le plus discrètement possible par la porte de derrière.

Non, décidément, il n’a plus l’âge pour ce genre de minables aventures. Ce soir, il restera tranquille, à la maison, avec maman.

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zouloutim

par , le 2 octobre 2014 à 21:53

Bonsoir Jeanne,
Bravo pour ce bel article si évocateur. Je suis nouvelle sur auparfum quoique cela fasse plus d’un an que je vous lis régulièrement.

Je ne connais pas Le Dandy mais je gage que le nez va me démanger très vite grâce à votre plume (!). Vous pratiquez là une littérature toute olfactive à laquelle je me livre aussi mais dans un autre genre : à quel héros (ou quelle héroïne) de roman ce parfum me fait-il immédiatement penser ? J’aime à me constituer ainsi ma petite (toute petite) galerie de portraits au croisement des personnages et des odeurs...

Ainsi, votre texte fait naître devant mes yeux l’image d’un Duroy (Bel-Ami) des mauvais soirs... et j’aime aussi l’idée d’Iris et Newyorker pour Jacques de Bascher... comme une évolution du personnage de Maupassant.

Alors merci de partager votre passion avec des mots intelligibles et très évocateurs pour tous ! A très bientôt !

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Jeanne Doré

par , le 2 octobre 2014 à 21:07

Merci encore et encore à tous pour vos gentils mots, vous me faites rougir !

Nahema1 : je n’arrive pas à aller sur le site de la marque, il est peut-être en chantier... Parfum d’Orsay est parfois vendu dans des petites parfumeries, où habitez-vous ?

New-Yorker, Iris : je ne connaissais même pas ce Jacques de Bascher ! Mais j’ai très envie de visionner les deux films sur YSL...

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par , le 4 octobre 2014 à 23:48

Bravo aussi pour l’article Jeanne, j’aime beaucoup !
Sinon pour info on peut trouver Le Dandy à la Scent Room du Printemps Hausmann, je l’ai senti il y a quelques jours.

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par , le 2 octobre 2014 à 20:39

Merci de nous faire découvrir les parfums de cette manière ! Je n’ai qu une envi ..... Le sentir ! Mais oui puis je le trouver en province ? Bravo pour l’article en tout cas

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potra

par , le 1er octobre 2014 à 21:39

Quel talent ! J’adore le récit, j’y croit complétement :-)
Et c’est bien la première fois qu’une critique me laisse penser que le parfum ne me plaira pas tout en me donnant une furieuse envie d’aller le tester pour voire si je retrouve les même sensations !
Bravo et merci,
Potra

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Bella

par , le 30 septembre 2014 à 23:14

Merci pour votre sens de l’humour Jeanne ! Surtout la fin qui m’a fait rire "il restera à la maison avec maman" !
Je suis pas fan de ce parfum pour ses notes d’alcool justement. Par contre votre article on dirait un extrait d’un film !

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Jeanne Doré

par , le 30 septembre 2014 à 21:31

Merci à tous pour vos avis et vos compliments, je suis touchée !
A vrai dire, je ne savais ps trop où ça me menait en commençant à écrire, c’était un peu expérimental cet article.
Je n’avais pas envie de dire j’aime ou j’aime pas, mais le parfum a eu un tel effet évocateur sur moi que j’ai plutôt ressenti le besoin de raconter l’histoire et le personnage qu’il m’évoquait.
Alors à partir du moment où un parfum raconte une histoire, on peut dire qu’il est plutôt réussi, même s’il comporte des défauts, tels qu’ils sont décrits dans ce "portrait".
Je ne sais pas si un parfum raconte la même histoire à tout le monde, mais après tout, c’est aussi cela qui est intéressant !
Quand à l’ingrédient évoqué par la moustache, je n’ai pas de réponse ! Disons qu’elle reflète plutôt l’allure générale qu’une note en particulier :)

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par , le 1er octobre 2014 à 03:07

Une scène drôle et un texte juste parfait, vraiment parfait. Continuez d’expérimenter comme cela, on aime !

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lycan

par , le 30 septembre 2014 à 20:34

Comme d’habitude avec vos critiques je n’ai pas l’impression de regarder un film mais d’en faire partie soit comme spectateur soit comme acteur mais tout en étant invisible et d’avoir l’impression d’épier ou d’espionner les personnages ce qui rend la chose plus excitante et intime, de ne pas pouvoir y participer mais justement d’y être d’autant plus que l’on peut sentir les acteurs, la pièce ou se déroule la scène.Je n’ai jamais été déçu lorsque j’ai acheté un parfum après l’une de vos critiques. J’espère que celui-ci ne dérogera pas a la règle tant il me fait envie.
Merci...tout simplement.

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Sun Jae

par , le 30 septembre 2014 à 20:27

Ca doit être la meilleure critique de parfum que j’ai jamais lue ! J’adore ! Ce qui n’est pas le cas du parfum...

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Vesper

par , le 30 septembre 2014 à 18:56

Si ce parfum manque autant de retenue que le personnage qui lui sert d’incarnation, il semble carrément risqué de s’y essayer.
Par contre je ne sais pas quel(s) composant(s) evoque(nt) la fine moustache...

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lrisfleur

par , le 30 septembre 2014 à 17:52

Un parfum qu’aurait sans doute apprécié Jacques de Bascher, si l’on en croit l’image que lui ont prêté les deux films sortis récemment sur Yves Saint Laurent...!

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par , le 1er octobre 2014 à 23:58

Iris, à la lecture de l’article, j’ai pensé exactement à la même chose que vous ! C’est l’image du dandy Jacques de Bascher qui m’est immédiatement venue à l’esprit. C’est marrant :).
Vraiment bravo à notre Jeanne nationale pour ce superbe article, si évocateur et sensuel, au sens premier du terme.

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par , le 2 octobre 2014 à 13:16

Oui, Jacques de Bascher est vraiment l’archétype du dandy débauché, et Louis Garrel l’incarne très bien je trouve (même si la ressemblance physique avec le "vrai" reste, en fait, assez limitée) :)
Jeanne a effectivement un talent fou pour nous faire plonger dans des univers incroyables, et toujours avec cette pointe d’humour et de légèreté si caractéristique !

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