Auparfum

Le Grand Musée du Parfum, comme si vous y étiez

par , le 12 décembre 2016

Voilà, c’est fait. Lundi 12 décembre 2016, après deux années de préparation et de longs mois de travaux sans répit, le Grand Musée du Parfum a ouvert ses portes... aux journalistes ! L’ouverture au grand public aura lieu vendredi 16 décembre. Plus que 3 jours et quelques heures à attendre pour les plus curieux.

Le tapis rouge, déroulé dans la cour intérieure, nous conduit jusqu’à l’entrée du musée, où une visite guidée est sur le point de débuter. Direction le sous-sol, pour une première séquence dédiée à l’histoire du parfum, articulée en quatre espaces, et commentée par l’historienne Elisabeth de Feydeau.

La Galerie des séducteurs, illustrée par les portraits de personnalités revisités par Bruno Bressolin, forme des couples réels ou imaginaires et évoque les parfums qui les lient, de Cléopâtre et Marc-Antoine à Napoléon et l’Impératrice Eugénie.

Sources sacrées, dans une cave voûtée à l’éclairage intimiste, nous fait remonter aux origines du parfum, de l’Egypte ancienne à l’Empire romain. On peut y sentir le kyphi, premier parfum né en Egypte, l’oliban, résine constituant de l’encens, et la myrrhe dans des vasques blanches qui diffusent ces effluves sacrés.

Le Cabinet de curiosités, adjacent, présente l’histoire du parfum du Moyen Âge au XIXe siècle, comme la naissance de l’Eau de Cologne et la légende du Vinaigre des Quatre Voleurs, mélange secret qui aurait été utilisé par des brigands pour faire les poches des pestiférés sans être contaminés…

Le dernier espace évoque l’Essor de la parfumerie française à partir du milieu du XIXe siècle, jusqu’à l’avènement de la parfumerie des couturiers à partir des années 50. Le lieu est aménagé comme une rue parisienne avec des vitrines, dans lesquelles on peut voir des flacons d’époque ou, notamment, le mobilier d’une parfumerie Houbigant datant du Second Empire.

Arrivés au premier étage, place à l’Immersion sensorielle, qui nous rappelle comment fonctionne notre odorat, grâce à une vidéo décrivant le parcours des molécules odorantes dans notre cerveau, et à l’intervention exceptionnelle de l’incontournable Roland Salesse. L’odeur de la rose est prétexte à sentir un bouquet de fleurs fraîches, et trois de ses composants principaux (alcool phényléthylique, citronnnelol et eugénol) dans de drôles d’Erlenmeyer de laboratoire surmontés d’entonnoirs cuivrés.

La technologie du Head Space nous est expliquée par Judith Gross, directrice de la création pour la maison de composition IFF (International Flavour & Fragrance), qui compare l’outil à nos appareils photo numériques, qui “capturent” chacun l’image, comme l’odeur. IFF est d’ailleurs l’un des principaux mécènes de ce musée privé.

Le Jardin des senteurs, est un dispositif monumental conçu par l’agence Projectiles, qui a par ailleurs piloté la plupart des espaces et des parcours du musée. Il est formé de grandes corolles blanches, qui diffusent des odeurs figuratives du quotidien quand on approche son nez. Dans la pièce suivante, des Jeux olfactifs proposent de jouer aux devinettes odorantes, sur un double fauteuil équipé d’écrans et de diffuseurs.

Le deuxième étage consacré à l’Art du parfumeur, s’ouvre sur La collection des matières premières, une installation signée Harvey & John composée de 25 ingrédients, naturels et synthétiques, les plus couramment utilisés par les parfumeurs. Ces matières peuvent être découvertes grâce à des boules que l’on peut à la fois sentir et qui, quand vous les portez à votre oreille, vous révèlent quelle matière vous venez d’inspirer. La langue pouvant être changée en faisant faire une rotation précise à la boule, mais j’avoue que j’en ai écouté quelques-uns en allemand !

Une des salles comporte des petites coiffeuses, sur chacune desquelles est posé un flacon à poire, et qui sont surmontées d’écrans. A la pression de la poire, on se retrouve en tête-à-tête avec Mathilde Laurent, Jean-Claude Ellena, Anne Flipo ou Amélie Bourgeois qui démontent les idées reçues en abordant des sujets tels que la réalité des notes de tête, coeur, fond ou encore le rendu d’un parfum suivant le type de peau...

Enfin, dans une salle obscure, l’Orgue à parfums consiste en un jeu lumineux imaginé par les designers du Jason Bruges Studio, où chaque ingrédient du parfum est matérialisé par des notes de musique et un rayon de lumière.

La visite se termine au rez-de-chaussée, dans le Concept store qui reconnaissons-le, ne ressemble pas à une parfumerie classique. Même si les parfums n’étaient pas encore tous installés, la volonté de présenter les parfums autrement que par marque (même si certaines disposent de leur espace réservé) est à saluer.

Des étagères rassemblent par exemple des sélections autour du patchouli, de l’ambre ou de la bergamote, mêlant marques mainstream et niche. Un grand espace est entièrement dédié à un parfumeur, présentant les parfums qu’il a signés, mais aussi des classiques qu’il aime et qu’il souhaite mettre en avant (Mathilde Laurent, membre du comité scientifique du musée, est le premier parfumeur à y figurer).

Vous trouverez même un petit espace dédié à la sélection de la revue Nez, avec une sélection de douze parfums chroniqués extraite du cahier critique de nos deux premiers numéros. Ce sera pour certains d’entre vous l’occasion de les découvrir "en vrai".

Chaque parfum peut être senti sur mouillette en papier, mais aussi dans des petites coupelles de céramique posées devant chaque flacon.

Toutes les marques ne sont bien sûr pas représentées. On retrouve bien sûr les blockbusters comme One Million ou La Vie est Belle… mais aux côtés des classiques de la niche comme The Different Company, Frédéric Malle, L’Artisan Parfumeur, Tom Ford, et des marques plus confidentielles comme Les Liquides Imaginaires ou Dear Rose. Pour l’instant, Dior, Hermès ou Chanel n’y figurent pas...

A noter : un dispositif "d’avatar olfactif" vous permettra de noter au cours de votre visite les matières qui vous auront séduits et les conseillers de la boutique auront comme tâche, loin d’être mince, en fonction de votre parcours dans le musée, de vous guider pour trouver le parfum qui vous conviendra. Comme nous l’a indiqué le responsable de vente, « il s’agit surtout d’une façon de créer le premier contact avec les clients ». Dont acte !

Enfin, dans l’entrée, près des caisses, se trouve la librairie, avec une sélection de nombreux livres consacrés au parfum, à l’odorat et même des romans dans lesquels les odeurs ont une place particulière comme ceux de Proust ou Huysmans. Sans oublier la revue Nez, magnifiquement mise en avant, et parfaitement à sa place dans ce beau rayon, riche et très complet, comme on rêverait d’en voir un jour apparaître dans les grandes librairies, plutôt que de devoir chercher les quelques ouvrages sur le sujet en bas du rayon mode ou beauté…Amis libraires...

Globalement, ce Grand Musée réussit son pari d’offrir un lieu parisien, moderne, élégant et épuré à la parfumerie, où une grande place est laissée au design, à l’originalité des dispositifs visuels et olfactifs ainsi qu’à la présence du parfumeur.

On pourra peut-être regretter la rapidité du parcours, car le lieu n’est en effet pas immense, et certains pourront rester sur leur faim en terminant la visite. Mais heureusement, la librairie est là pour combler les esprits curieux !

Ouverture au public le 16 décembre
Horaires : du mardi au dimanche de 10h30 à 19h, le vendredi jusqu’à 22h.
Fermé le lundi, sauf pendant les vacances scolaires.
Réservations : www.grandmuseeduparfum.fr
Tarifs : 14,50 euros /adulte, 9,50 euros /jeune 13-17 ans, 5 euros /enfant 6-12 ans, gratuit /moins de 6 ans
Un smartguide est inclus dans le droit d’entrée, disponible en cinq langues.
Le Grand Musée du Parfum
73, rue du Faubourg Saint-Honoré, 75008 Paris
Tél. : 01 42 65 25 44

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par , le 27 décembre 2016 à 18:26

rv pris pour vendredi également avec mon vieux père fanatique de parfum : je donnerai donc un retour multi-générationnel ;-)

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Solance

par , le 26 décembre 2016 à 14:00

Voilà, RV est pris avec une amie pour aller visiter vendredi 30/12 ce nouveau lieu qui rend hommage au parfum et à l’olfaction de bien belle façon apparemment .... je vous livrerai mon ressenti après coup :)

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par , le 15 décembre 2016 à 18:04

Super article pour nous faire découvrir le musée. Merci beaucoup

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par , le 15 décembre 2016 à 14:49

J’ai hâte de pouvoir y aller et découvrir par moi même !

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Beer luc

par , le 14 décembre 2016 à 12:34

Un bel article en préface d’une visite de ce futur lieu de l’art olfactif,merci.

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Garance2

par , le 12 décembre 2016 à 20:46

Oooooh, ai-je fait devant mon écran, comme un enfant face à un feu d’artifice !
Je vais à Paris à peu près une fois par an, j’ai vraiment hâte de pouvoir découvrir ce nouvel endroit.

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