Auparfum

Le rêve d’Orient, par Hermès

par - , le 2 mars 2018

« J’ai voulu retourner aux origines de la parfumerie et m’immerger dans son histoire. Chacune de ces cinq créations exprime à sa manière un rêve d’Orient. » Christine Nagel

De l’Orient, berceau de la parfumerie, Christine Nagel puise les premières matières originelles : musc, myrrhe, bois d’agar et cèdre, qu’elle mêle à des notes plus contemporaines. Elle a composé trois eaux de toilette dont les flacons se parent de fourreaux de cuir fin et souple en veau Swift ou Sikkim, et redécouvre la première forme d’expression en parfumerie, l’huile, qui l’a conduite à créer deux essences de parfums. Ces dernières peuvent se porter seules ou juxtaposées avec les eaux de toilette, ou aux autres Hermessences, perpétuant ainsi le geste de superposition de la parfumerie moyen-orientale.

Les eaux de toilettes
Myrrhe églantine

Autrefois plus précieuse que l’or, la myrrhe, cette résine rouge épicée et presque anisée, rencontre les notes florales et piquantes de l’églantine, espèce de rose sauvage.

Agar Ebène

En tête le bois d’agar (l’autre nom de l’oud), matière première très prisée en Orient, accompagné de fir balsam, matière venant des aiguilles du sapin baumier, pour former une composition chaude, boisée et baumée.

Cèdre Sambac

Le cèdre est ici ponctué de notes de jasmin, comme si la plante « s’enroulait » autour du tronc puissant de l’arbre.

Les essences de parfum

Cardamusc

La cardamome est l’une des épices les plus anciennes. Ses notes solaires, d’aldéhydes et d’épices sont ici associées à l’animalité enveloppante et sensuelle des muscs.

Musc Pallida

Une huile « seconde peau », qui caresserait comme un onguent onctueux. L’iris poudré se fond dans les muscs qui lui apportent baume et souplesse.

Disponibles le 1er mars 2018

Essences de parfum : 325 euros/20ml

Eaux de toilette : 225 euros/100ml, 340 euros/200ml
Vaporisateur et fourreau en lézard lisse : 1600€/100ml
Vaporisateur et fourreau en lézard Salvator : 2000€/100ml

Coffret à composer, 4 vaporisateurs 15ml : 132€, 8 vaporisateurs 15ml : 264€, 12 vaporisateurs 15ml : 396€

Premières impressions

Hermès avait échappé jusqu’à présent à la “tentation de l’Orient”, n’ayant jamais sorti aucun flanker autour de la “sensualité de l’oud”. La maison succombe finalement, mais toujours avec élégance, dans une collection très honorable, même si on peut se questionner sur l’utilité d’une telle profusion simultanée (les dernières Hermessences étaient plus “distillées”, dévoilées au compte-gouttes).

Mon coup de coeur va sans hésitation à Musc pallida, joli mariage de l’iris et du musc, dans un déroulé parfait de poudré-velouté, à la fois lumineux, un peu fauve, et légèrement savonneux.

Cardamusc met en lumière la cardamome et ses facettes aromatiques camphrées, dans un nuage de musc lacté, réchauffant comme un Chaï latte de luxe. Joli, mais un peu éphémère.

Myrrhe églantine évoque un peu la rose de Galop, rafraichie par une rhubarbe acidulée.
Enfin Agar ébène traite le bois d’oud avec finesse, un peu dans l’esprit d’un Cuir d’ange, entre notes de cuir, d’encre et de résines baumées.
Cèdre sambac mêle un jasmin charnu à un accord boisé robuste de cèdre, évoquant Féminité du bois, et même parfois Samsara. Cette dernière me parait sortir du lot, évitant la redite avec des précédentes références de la marque, et parce qu’elle propose une composition plus personnelle et identifiable.

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Petrichor

par , le 19 septembre 2018 à 23:45

325€ les 20ml ? Cardamone ? Jasmin sambac ? Allez réessayer L’heure mystérieuse, la XIIème heure de Cartier par Mathilde Laurent.
Ce sont les ingrédients stars, sur du patchouli, du bois de cade, et de l’encens blanc. On oublie trop cette collection, et pourtant certaines fragrances valent leur prix, tant leur concentration les apparentes à des extraits Guerlain. Ou simplement parce qu’elles sont très belles. *

Hermès sort 5 fragrances dans sa ligne exclusive, et elles sont clairement bonnes. Mais elles ne sont pas assez riches, cossues, dérangeantes à mon goût. Vous me direz, elles restent dans le code invisible des hermessences : légères, élégantes, impeccables, mais aussi ciselée, et très agréables.
Si on veut un parfum "entrée, plat, dessert", il y a Galop.

Il faut du temps pour distinguer celui qu’on aime.
C’est agar ebène qui ressort le mieux sur ma peau. Le velouté, la note oud, une sensation nouvelle, et la rémanence semblent là.

Les noms sont trompeurs.
L’églantine a la belle rose de "rose ikebana", et je ne détecte pas de myrrhe. Je me demande si ce ne serait pas plutôt du dihydromyrcenol emprunté aux codes de la parfumerie masculine, et qui donne le côté espiègle à la composition.

Cèdre sambac est un cuir, la sensation textile d’un cuir hermès ondoyant entre deux courants de parfum, dessus, dessous. Dessus les fleurs, dessous les ambres.

Les parfums huileux ne sont pas assez intense, au regard du prix. (320€ les 20ml)
L’iris commence avec un beau beurre d’iris. Mais je me demande s’il n’aurait pas mieux servi autre part. Le beurre d’iris c’est très beau, mais ici c’était pas nettement émouvant. Iris silver mist réussit mieux à tout point de vue (intensité, émotion, marquer les passants, prix).
Comme exemple de parfum huileux, d’attar, j’ai "Homage" d’amouage. Je vous assure que le parfum "encre" le bout des doigt, la peau.
Il n’a pas d’évolution. Il se développe comme une caisse de million de petites billes qu’on déverserait en haut d’un escalier au ralenti. Chaque bille sent le même accord : fraîcheur atmosphérique de l’encens blanc, du vert des roses de l’absolu rose, le "sale" et le tactile d’un cuir velour, et de l’oud (un vrai, aigrelet, qui oscille entre l’agar et le santal indien).

Je refuse de dénigrer la ligne des hermessences pour leur prix, parce que, en boutique, les conseillers sont affables, passionnés, et accordent encore facilement des échantillons, quelle que soit la personne. Je n’ai jamais détecté aucun cynisme, aucun appât du gain dans la démarche de la marque. Donc j’apprécie mieux ce que chaque parfum apporte, indépendemment de les trouver tous rémanents, portables... bons.

Je reste estomaquée de la façon dont Christine Nagel reprend les codes de Hermès et Jean-Claude Ellena.
La référence à Rose Ikebana dans l’églantine, et de Cuir d’ange dans Agar-Cèdre, me rappelle les formules à tiroir des anciens Guerlain.
On retrouve la grammaire de notes "potagères" pour faire cuir dans "Galop" et "Twilly". L’absolu foin de Kelly Calèche, la feuille de tomate du jardin en méditérranée, le beurre d’iris (son effet cheveux), le narcisse (du vert poison des tiges au blanc narcotique des fleurs), peut-être le baume du perou et le fir basalm.
Et à la fois, c’est tout à fait la patte de Christine Nagel, que de faire ondoyer des ingrédients connu de façon nouvelle et étrange.

Je ne me suis peu pencher sur les deux eaux (je n’ai pas adhéré). Je me demande si elle va jouer sur "l’accord thé" de Jean-Claude Ellena, s’il lui en a laissé les secrets.
Luca Turin salue ce que Jacques Cavallier a fait en adaptant le thème à l’oud dans "eau parfumée au thé noir" chez Bulgari. Je suis baba de Voyage, parfum comme edt. Je me demande si elle réussira une variation sur ce thème.

* Les Heures de Cartier prochent de l’extrait : la VI, l’heure défendue (cacao amer), la XII précitée, la XIII (notes fumées, bouleau, narcisse).
Les Heures de Cartier très belles : la IV, l’heure fougueuse. Et j’ajouterai la III, L’heure vertueuse, dont l’équilibre de l’accord central ressort 5mn après, et m’émeut.

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Aberystwyth

par , le 20 juin 2018 à 10:09

J’ai essayé hier côte à côte Musc Pallida, et un parfum que j’imaginais pouvoir être une alternative bien moins chère (mais qui est en réalité l’est encore plus -390€ pour 75 ml...) : Inlé Iris, de Memo.
Verdict : les deux ont un côté iris-musc très doux, très seconde peau, un aspect très fondu, en définitive, très agréable. Inlé Iris est plus floral, et parle donc un peu plus fort, mais la formule dans l’huile du Hermès lui permet de mieux s’appuyer sur la peau, et de plus diffuser les notes de cœur, surtout par ce temps chaud. En fin de course, les deux sont de même puissance, Musc Pallida est peut-être un peu plus linéaire, là où les fleurs d’Inlé Iris ont disparu, ne laissant plus qu’un musc savonneux, mais très agréable.
En définitive, si je devais choisir l’un d’eux, ce serait... aucun des deux. Ils sont chacun bien trop cher, surtout quand on voit que les plus grands iris sont plus accessibles (sauf l’Iris de Fath, mais bon... Unobtainium, quoi). Et si je veux un bel iris qui soit doux (non, pas toi, ISM), je prendrais l’Heure Promise, de Cartier. Moins de tenue, mais je peux me permettre d’en remettre... Et il est bien plus beau.

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par , le 20 juin 2018 à 10:38

Bonjour Aberystwyth,
Avez-vous testé Iris Nazarena d’Aedes de Venustas ?
Un summum de distinction

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par , le 27 juin 2018 à 13:30

Bonjour ghost7sam,
Tiens, c’est une double étrange coincidence, je viens de répondre à l’un de vos vieux commentaires, et je voulais en outre aller essayer Iris Nazarena... Mon devoir est donc très clair ! Merci du conseil, je vous dirais mon avis dès que je peux :)

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par , le 2 juillet 2018 à 08:42

Hello Aberystwyth
Oui, dites-moi ce que vous pensez de cet Iris de terre sainte.
Il est pour moi "scintillant"

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poivre rose

par , le 17 mars 2018 à 08:48

Bonjour !
Je suis allée tester la nouvelle collection Hermessences à mon tour. Je n’en suis pas repartie émue, peut-être parce qu’il y a trop de nouveautés d’un coup et que j’aurais du les tester en plusieurs fois pour mieux les découvrir. En tous cas je n’ai eu aucun coup de coeur, j’étais plutôt un peu déçue, même s’ils sont tous jolis, bien réalisés et élégants. Ma préférence va à Cèdre Sambac que j’aimerais retourner tester sur peau pour mieux voir son évolution. J’attendais tout particulièrement Musc pallida, attirée par le mélange iris-musc cher à mon coeur, mais il ne me plaît pas plus que ça, le musc blanc est en surdose et il m’a manqué de la subtilité, et de l’originalité. Je suis allée aussi tester le nouveau Dyptique basé sur un accord iris-musc, j’essaierai de prendre le temps d’aller décrire mes impressions sur celui-ci aussi, mais plutôt déçue aussi...Le plus bel accord iris-musc restera donc encore sans aucun doute Hiris d’Hermes à mes yeux !
Agar Ebène est intéressant, mais la note d’oud m’évoque presque une odeur d’essence qui me dérange. cependant je ne l’ai pas testé sur peau.
Bonne journée.

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par , le 17 mars 2018 à 09:25

Bonjour Poivre rose. Si vous ne l’avez déjà senti, testez à l’occasion Le Cri de la Lumière de Parfum d’Empire : iris, musc, rose... Une merveille !
Oui, Hiris d’Hermès demeure un must pour les amateurs d’iris : quelle élégante douceur, quel beau velours ! Et ce flacon bleu... Bon week-end.

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par , le 18 mars 2018 à 09:22

Bonjour Farnesiano !
Merci beaucoup pour votre conseil ! Il se trouve que je suis déjà allée découvrir Le cri de la lumière, à la chouette boutique Marie Antoinette à Paris. Le propriétaire de la boutique, très sympa, m’en avait même donné un échantillon donc j’ai pu l’expérimenter un peu sur moi. Il m’a semblé que c’est un ’grand’ parfum, épatant, mais malheureusement je n’arrive pas à le porter. Je n’aime pas le sentir pendant plusieurs heures en fait, quelque chose m’écœure même si je le trouve superbe. Le propriétaire m’avait aussi fait essayer Equistrius que j’avais trouvé sublime sur le coup, mais son évolution sur touche m’avait laissé penser que j’aurais aussi du mal à le porter. Il faudrait que j’aille essayer à nouveau ces merveilles...
Connaissez-vous l’Eau blanche de IUNX ? C’est une beauté à base d’Iris également, malheureusement si fugace..
Bien à vous.

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Doblis

par , le 15 mars 2018 à 21:13

Myrrhe Églantine est sympa par ses côtés très printaniers. Proche de Rose Ikebana en plus charnu.
Cèdre Sambac est magnifique par une certaine opulence lactée, très enveloppante, peut être trop douce. Très belle tenue en tout cas, la meilleure des 3. Proche de Santal Massoïa.
Agar Ébène est magnifique mais trop proche de Cuir d’Ange et surtout trop timide et avec une tenue déplorable.
Beaucoup on regretté le manque de tenue à Cuir d’Ange également mais sur moi il tient énormément et toute la journée. Comme quoi... faut tester sur soi.

En ce qui concerne les huiles, elles sont jolies.
Je préfère Musc Pallida, l’autre musc étant trop animal sur moi.
Mais ils sont vendus comme des parfums alors qu’ils n’ont pas leur puissance et qu’il faut approcher le nez pour les sentir.
Et ce son des huiles, c’est gras, pas pratique.
Et on vante le "layering"... bah oui... 550€ donc pour 120ml à mélanger... excellente idée ! Mais moi à ce prix là je préfère investir dans un vrai parfum qui se suffit à lui même et surtout on peut trouver mieux et moins cher.
Et pour les huiles, le flacon est joli mais pas pratique du tout. Un roll on aurait été plus pratique à mon avis.
Je donne une faible durée de vie aux huiles... même si elles trouveront leurs fans dans les clientèles aisées.

Christine Nagel créé de beaux parfums très Hermes mais je trouve qu’elle reste trop proche des créations de Jean-Claude Ellena. Cela dit est ce franchement un mal finalement.

Chez Hermes on peut aussi tester la Cologne Citron Noir qui sortira en avril. Très belle création pour les fans d’agrumes et la tenue me semble satisfaisante.

Un nouveau Terre d’Hermes doit sortir aussi cette année.

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Aberystwyth

par , le 7 mars 2018 à 12:46

Bonjour !
J’ai eu l’occasion de sentir ces nouveautés lors d’un incursion récente à un corner Hermès : les edt sur touche, et les huiles sur peau.
Verdict : rien de révolutionnaire, mais tout est beau, et surtout rien n’est laid, bref du pur Hermès.
Pour ce qui est des huiles en particulier, et bien que j’aie conscience que c’est un choix clivant de la part d’Hermès, je les ai appréciées pour une qualité en particulier : celle de la seconde peau. En les mettant (en particulier Musc Pallida), j’ai vraiment eu la sensation que ce n’était pas un parfum plaqué sur ma peau, mais vraiment comme si ma propre odeur avait été améliorée, raffinée, complétée. C’est une sensation que je n’avais eu avec aucun parfum sur base d’alcool, et je dois dire que c’est particulièrement agréable. Si le prix n’avait pas été si stratosphérique, j’hésiterait peut-être à prendre Musc Pallida comme parfum des jours où je ne me sens pas d’assumer un parfum de caractère, mais en voulant malgré tout être "habillé olfactivement" ^^
D’ailleurs, ce côté seconde peau donne peut-être un peu plus de sens au "geste de superposition". Mais c’est vraiment peut-être, j’ai pas très envie d’essayer.
Conclusion : pas de passion extrême, mais tout de même, ça reste très beau, et c’est très agréable à porter, comme un pull en cachemire.

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Corto Maltese

par , le 6 mars 2018 à 12:36

Myrrhe églantine est une rose vineuse dont l’ouverture rappelle beaucoup Rose ikebana.
Cèdre sambac est une tubéreuse assez grasse, mais qui se gâte par ses accents de notes trop solaires.
Agar ébène est mon préféré des trois, un oud civilisé et doux qui aurait rencontré Cuir d’ange.
J’ai le sentiment que ce lancement massif comble surtout une niche orientale qui manquait alors, à défaut d’être original et renversant.

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neovand

par , le 3 mars 2018 à 13:44

Cette profusion de lancements m’inspire tout de même de l’inquiétude pour la pérennité de certaines références. Je crains que la maison Hermès doive faire du ménage un jour ou l’autre...

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par , le 2 mars 2018 à 18:48

J’ai jamais aimé ces parfums Hermès ; tenue déplorable, du pamplemousse dans tous les sens pour mourir en fin de parcours sur un tsunami de muscs blancs. Pas mon truc.

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Beer luc

par , le 2 mars 2018 à 14:06

Avec des prix semblables et une tenue aussi éphémère....à réfléchir 2 fois avant de se lancer à l’achat.
La passion peut avoir des limites quand on possède encore un peu de bon sens.

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par , le 2 mars 2018 à 15:51

Bonjour Beer Luc,
Réfléchir, soit.

Cependant je ne suis absolument pas d’accord avec vous quant à la tenue prétendument "éphémère" des Hermessences.

Certes, on attend d’un parfum qu’il soit notre emprunte, notre marque même de fabrication, de notre état d’être. Mais lorsque l’on acquiert un composant d’une collection confidentielle, on ne se contente pas d’une ténacité infaillible, mais de constructions ambitieuses, parfois subtiles et incompréhensibles. Les attentes ne sont pas les mêmes, là se trouve le clivage entre fragrances d’exception et multiples eaux adulées de tous dont on ne retrouve aucun élément naturel... C’est d’ailleurs pour cela que vous ne verrez jamais de pub sur une Hermessence ou un Exclusif de chez Chanel, on ne s’adresse pas au même public.

Par ailleurs, le fait que ces véritables chefs-d’oeuvres soient onéreux ne traduit en rien une perte d’évanescence... Posséder quelques confidentiels permet de changer plusieurs fois dans la journée, d’odeur, suivant son humeur. Il me semble que Cartier avait créé le concept avec "Les Heures" faisant référence à sa "patte" d’horloger, mais aussi à une fugacité permettant d’alterner les parfums au gré des moments de la journée.

Bien d’accord avec vous concernant la réflexion avant achat, je ne pense pourtant pas que ce serait "manquer de sens" que d’acheter une Hermessence. C’est tout simplement l’envie de porter quelque chose qui nous correspond, et qui reste exceptionnel... Peu importe les sacrifices (argent et ténacité pour certaines). D’autant que nombreuses sont celles qui durent (Vétiver Tonka, Ambre Narguilé, Santal Massoïa que je porte avec grand plaisir, ou bien même Epice Marine).

Bien à vous ;-)

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par , le 2 mars 2018 à 17:26

Bonsoir BoingMan2b,

Si je ne suis pas en désaccord sur la teneur de votre message, quelques détails méritent à mon sens d’être tempérés.
Parler de véritables chefs-d’oeuvres en évoquant dans leur ensemble les Exclusifs de Chanel et les Hermessences me parait un peu excessif.
Certains de ces parfums sont d’une facilité qui ne déparerait pas les rayons un peu qualitatif d’un Séphora, d’une part. D’autre part, si vous avez connu "Cuir de Russie" ou "Coromandel" dans leur formulation eau de toilette, vous avez une idée précise de ce qui était, peut être, un chef d’oeuvre. Les parfums de niche n’échappent pas à la logique commerciale et il convient selon moi de souligner que le prestige n’excuse pas tous les excès.
D’ailleurs, si j’étais mauvaise langue, je dirais même que tout ce qu’à emprunté Christine Nagel à son illustre prédécesseur, c’est sa propension à Ranxeroxer ses formules. Il m’est difficile de considérer "Myrrhe Eglantine" comme un summum de la parfumerie quand il me rappelle tant "Galop" sorti il n’y a pas si longtemps.

Ensuite, je ne crois pas avoir jamais lu que les Heures de Parfum aient jamais été conçues pour être évanescentes.
Parce que, pour le coup, certaines d’entre elles sont à des lieues d’avoir une tenues médiocre. La Défendue et la Treizième faisant preuve d’une rémanence sur peau qui confine au harcèlement.

Bien à vous

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par , le 3 mars 2018 à 12:22

Bonsoir Vesper,

En effet, on me dit être souvent excessif dans mes propos, et voilà une belle idée que de les tempérer :-P

Ensuite je tiens à mettre au clair quelque chose : lorsque je parlais de chefs-d’oeuvres, je ne parlais que des Hermessences, qui pour moi représentent le savoir-faire et la noblesse de la parfumerie dans toute leur splendeur. Cependant, il est clair que sur des questions d’opinions et de goûts, il est dur de trancher tant le manque d’objectivité est le propre de l’homme.

N’ayant pas connu Cuir de Russie ni Coromandel dans leurs anciennes formulations, je ne peux pas m’exprimer dessus. Dans sa version actuelle, Cuir de Russie me plaît énormément, mais je le trouve très (trop) éphémère, alors qu’il s’impose avec de délicieux accords gras et très ylang... Mais ça me plaît beaucoup, car ça lui donne un côté mystérieux. Mais je trouve ce mystère en adéquation avec sa composition, tandis que Cuir d’Ange, porte bien son nom, il se volatilise, mais pas totalement

Ensuite, bien d’accord avec vous concernant les parfums de niche qui ne sont pas fatalement les plus raisonnables avec la parfumerie telle que nous passionnés, on l’imagine, je dois dire autre chose. Je mets Hermès de côté sur le marketing. Christine Nagel (tout comme Jean-Claude Ellena le fut précédemment), n’a de cesse d’affirmer qu’elle vit sa liberté depuis son arrivée au faubourg... Et c’est justement là que se distingue Hermès (d’après moi toujours) : les créations du nez sont proposés à Pierre-Alexis DUMAS (et les autres responsables de collection etc). Rien n’est imposé. L’anticonformisme bat son plein puisque c’est là que JCE a exprimé son âme au travers d’une parfumerie épurée et classe, et c’est là que Christine Nagel nous dévoile sa personnalité : rose terrible, orient sacré et cuir traditionnel.

Bien-sûr, je trouve aussi que certaines Hermessences ne valent pas leur prix...

Aussi, concernant les Heures de Cartier, j’ai bien dit "il me semble", car je l’avais lu dans une revue amateur, il y a des mois de cela...
Cela reste à vérifier évidemment ;-)

Bien cordialement

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par , le 3 mars 2018 à 12:24

(Aussi, comprenez que je ne compare pas Cuir de Russie et Cuir d’Ange dans leur composition qui n’est absolument pas la même, je compare leur tenue et leur identité).

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par , le 3 mars 2018 à 15:44

Et je voulais aussi écrire “inadéquation” entre l’esprit de Cuir de Russie et le fait qu’il soit si fuyant (dans sa reformulation eau de parfum).

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par , le 2 mars 2018 à 17:38

Bien d’accord avec vous Beerluc, une composition parfaite allie des qualités olfactives et des qualités techniques.
Un rasoir doit raser, une roue doit rouler, un parfum doit parfumer. C’est un basique.
Un grand nez maîtrise les deux aspects de la conception d’un parfum et c’est à cette condition qu’il devient un artiste.
Quant au prix de toutes ses exclusivités, peut-être que les vrais amateurs de parfums devraient se cultiver un peu plus en matière économique, lire un peu plus Les échos, L’usine Nouvelle etc... pour s’apercevoir que le positionnement prix d’un parfum ne reflète en rien un quelconque degré de qualité du parfum. C’est par exemple une stratégie marketing clairement délibérée chez Lutens, et non le fruit d’un coût des matières.
Il y a fort à parier que certains jus, s’ils étaient testés à l’aveugle ou estampillés "Monoprix" ne mériteraient au mieux pas la moindre ligne et au pire, des critiques acerbes.
Soyons "aware" (emprunt à Jean-Claude V.).
:p

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par , le 3 mars 2018 à 08:11

100 fois d’accord avec vous Galate.
Un beau parfum sans tenue minimum est un échec pour moi, en plus d’être une frustration évidemment.
J’ai fais le deuil de certaines merveilles trop fugaces à mon goût dont la plupart des Lutens et en particulier la série des bois mais aussi
Equistrius de Parfum d’Empire, Après l’Ondée de Guerlain et bien d’autres hélas.
Voir Féminité du Bois me quitter au bout d’une heure incarne à lui seul pour moi la frustration et la déception en matière de parfumerie exactement comme en cinéma lorsqu’un un film se révèle bien en deçà de ce que nous promettait la bande annonce. Si en plus le jus est cher là frustration cède sa place à l’indignation.
Tout cela cumulé m’a fait prendre mes distances d’avec la parfumerie moderne et pourtant Dieu sait que j’aime ça mais il est usant d’être déçu.

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par , le 3 mars 2018 à 09:26

Beurk,
Parfaitement d’accord avec vous.
A force d’être "subtile" et inoffensive, la parfumerie est devenue lassante et mièvre.

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par , le 3 mars 2018 à 09:28

Bonjour Beurk, c’est toujours utile de se rappeler que le coût des matières 1ères ne représente que 1% à 2% du prix d’un parfum. Le reste c’est du flaconnage, de la marge, la facture de la maison de composition et des dépenses de marketing.
De fait, rien, absolument rien ne justifie un prix à 250 euros.
Il faut rester cartésien.
Si Angel et Lady Million font un carton, c’est sans doute parce que leur prix est abordable et que la "masse" garde les pieds sur terre.
Les parfums de niche se developpent parce qu’ils surfent sur l’effet Velben.

"L’effet Veblen, ou effet de snobisme, a été mis en évidence par l’économiste et sociologue Thorstein Veblen, dans son ouvrage Théorie de la classe de loisir (1899). Dans le domaine des biens de luxe ou du moins ceux qui permettent une certaine distinction sociale, la baisse de prix de ces produits se traduit par une baisse de l’intérêt qu’ils représentent aux yeux de leurs acheteurs potentiels[1]. De manière inverse, la hausse du prix d’un produit peut le rendre davantage désirable et le faire entrer dans la catégorie des biens dont la possession traduit un rang social élevé. De manière générale, l’effet Veblen se matérialise par le fait que les individus ont tendance à désirer des biens dont le prix élevé fait toute la valeur, en dépit d’une valeur pratique éventuellement faible (consommation ostentatoire). Par exemple, des œuvres d’art, des vêtements de créateur, des voitures anciennes et voitures de luxe, des bijoux, certaines bouteilles de vin, etc[2]."
La valeur perçue n’est pas la valeur réelle :).

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par , le 3 mars 2018 à 14:27

Bonjour Galate,je partage également votre point de vue.
Nous sommes des passionnés de parfums,en faire une collection n’est donc pas un hasard.
Il faut se dire aussi que ce qui est plus cher n’est pas forcément le meilleur,tout comme l’argent,il ne fait pas le bohneur mais il y contribue.
Mais un produit de qualité reste de la qualité,je suis d’accord.
Pour une certaine clientèle,payer une somme qui semblerait déraisonnable pour un parfum serait un achat ultime de bon goût,voir à réserver uniquement pour les initiés,et c’est là hélas avec cet état d’esprit que certaines maisons mettent la barre très haute avec leurs lancements.
Je réagis en cela en prennant pour exemple,la sortie des ces huiles chez Hermes,si moi,un illustre inconnu sortirais cette gamme,on me rirait au nez,mais quand on s’appelle Hermes ....c’est autre chose ,et comme toutes sociétés ont des frais généraux,il faut bien < investir > dans un nouveau produit.
Quand des prix semblables sont pratiqués,nous sortons de l’art et la science du parfum pour en devenir un investissement financier.
Il vous reste à faire assurer votre flacon comme une oeuvre rare en cas de perte,dans ce cas...ne parlons plus de parfums mais de finances.
A présent,il est normal de ne pas sentir sur tout le monde son parfum favoris qui est une signature olfactive de notre personnalité,de ce fait,nous nous dirigeons vers des marques de niche et trouvons notre bohneur.,et pas toujours hors de prix.
Ces créateurs ont compris le ras le bol des tgv de parfums où tout le monde se ressembles comme sortant d’un même catalogue,ils apportent leurs créativités qui aura son publique.
En bref,une éducation du sytème est a revoir afin de trouver sa place en tant que consommateurs avertis et en oubliant un peu cet effet de mode,car la mode c’est ce qui se démode,mais la personnalité,elle,elle reste et pour longtemps.

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par , le 3 mars 2018 à 15:22

Beerluc, les niches sont à la parfumerie ce que les NTIC furent à la Bourse : une bulle.
Et au vu des niches qui sont en difficultés financières ou se font racheter par des géants, on peut dire que le business model de la niche est d’ores et déjà dépassé.
Les grands groupes vont surfer quelques années sur la notoriété des marques qu’ils achètent (car ils achètent une marque, une image et non un savoir-faire), vont pomper le client avec des marges juteuses puis vont mouliner tout ça et procéder à un formatage en règle.
Il n’y aura de la place que pour de vrais parfumeurs de niche, ceux qui sont vraiment des nez, qui ne passent pas commande à une maison de composition et qui maîtrisent toute la chaîne de leurs créations. C’est le seul cas où des prix un peu élevés sont justifiés par l’impossibilité d’avoir des prix de gros, sur le flaconnage notamment.
Concernant l’aspect grand public du parfum, les ventes d’Opium dès sa sortie ont été 15 fois supérieures aux prévisions .Un tsunami. En quoi le fait qu’il ait été porté par toutes les femmes, de la caissière à la directrice, lui enlève ses qualités ? Il me semble que lorsque des produits de qualité sont offerts à des prix abordables (ce que j’appelle des prix socialement transversaux) la masse fait preuve d’un bon goût sans défaut. Le succès du n°5 en est la preuve.
Aujourd’hui, ce n’est pas le mauvais goût du public qui s’exprime dans lady Million, mais un portefeuille moins capable qu’avant d’accéder à des jus qualitatifs compte tenu de l’augmentation drastique des prix de certaines maisons.
Peut-être suis je naïve, mais il me semble qu’un nez ne peut que s’enorgueillir de savoir proposer un parfum populaire, qualitatif, racé, abordable et de le voir porté dans tous les milieux, par tous les âges et sur tous les continents. Ç est ça la gloire d’un parfumeur.
J’espère que la Panthère suivra le chemin d’opium. Je trouve ça chouette de proposer du 30 ml en edp à 65 € et un coffret 50ml+crème corps à 90€. Ça risque de rendre les transports en commun... moins communs :)

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par , le 8 mars 2018 à 16:53

Bien d’accord avec votre thèse générale : la rémanence fait partie des qualités et du "niveau" d’un parfum. J’en dirais autant du sillage. Mais je ne partage pas votre impression quant à Equistrius et à Après l’ondée : sur ma peau, du moins, la rémanence est parfaite : ils m’accompagnent toute la journée, l’un comme l’autre. J’ajoute que ces deux parfums ne se distinguent pas par un prix particulièrement élevé.
(Par ailleurs, quelques pshits de plus en milieu de journée, pour profiter de nouveau des notes de tête dans tout leur éclat, ce n’est pas non plus dramatique. C’est ce que je fais pour certains parfums. Ce qui n’est pas normal, c’est l’évanescence ; ce sont ces parfums qui vous quittent au bout d’une heure. Parfois même au bout de... rien ! J’ai déjà rencontré des parfums à rémanence nulle.)

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