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Flacon de Oud - Mona di Orio
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Oud Occidental

par , le 16 octobre 2012

Ajout de septembre 2015 : Oud a été renommé Oudh Osmanthus, toutefois la marque garantit : « Nouveau packaging, nouveau nom, formule originelle. »

Des ouds, on en a senti des centaines, des milliers (« des dizaines de milliers oui ! ») parfois avec un plaisir relatif, d’autres fois avec un dégout jouissif et à de nombreuses reprises avec un petit air dédaigneux de perfumista (« Kilian, darling, c’est quoi ça ? Ca c’est pas du oud, ça s’appelle un accord benjoin-maltol  »).

Cependant, on a beau rêver de posséder un centième des richesses de Dubaï, on n’a pas pour autant cette culture du oud et des accords qui en découlent. Ainsi, on a pu compter sur certains parfumeurs pour occidentaliser l’accord, depuis la majesté et la grandeur de Portrait of a Lady au Oud épuré et plus froid de Francis Kurkdjian.
Cela dit, selon moi c’est feue Mona di Orio qui a réussi à faire de la matière un parfum très moderne, très abouti dans la finition des facettes, avec Oud, de la série des Nombres d’Or.

Le départ illustre immédiatement la matière dans ses aspects les plus fusants, presque camphrés. Je ne saurais dire ce qui donne cette sorte de lumière, mais j’y vois une couleur bien précise : le bleu turquoise, presque électrique. D’ailleurs, je retrouve cette couleur dans le Oud de The Different Company voire même dans le M7 d’Yves Saint Laurent.

Ainsi, la nature boisée du oud est mise de côté, Mona di Orio ayant préféré décortiquer ses facettes les plus métaphysiques. La « plussoyance » du oud est donc mise en avant dès le départ, accompagnée de notes camphrées et électriques. L’accord, véritablement plus froid que les oud ordinaires, a été prolongé avec des notes cuirées et balsamiques, toujours relativement froides et qui – dans ma classification chromatique des odeurs – donnent des notes blanches et noires (le cuir froid à la Bandit) ainsi qu’une continuité turquoise-blanc avec des notes d’encens presque aromatiques. Bien entendu, la matière centrale est rappelée avec des notes boisées toujours revues dans la retenue, élevées par un très beau cèdre, mais aussi par des notes animales traitées dans la transparence. Exit les odeurs de muscs chauds et langoureux, ou les relents de fromage de biquette, les notes animales du Oud de Mona di Orio semblent plus abstraites et maitrisées qu’à l’usuelle.

Au final, Mona a fait un oud altier, hiératique, à l’image de sa silhouette, selon une esthétique occidentale très réfléchie. Dans le marché florissant de ce bois précieux, je dirais que cet Oud ci est le plus abouti et aussi un des plus intéressants dans sa manière d’avoir été détourné et remanié. Un chef d’œuvre de justesse et de majesté.

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AdRem

par , le 10 novembre 2013 à 12:19

"Je n’aime pas le Oud..." a été la phrase la plus idiote que j’ai pu prononcer en sentant de nombreux parfums offerts à mon nez occidental....J’ai même été "surpris" que Mona Di Orio tombe dans cet effet de mode, de niche, de luxe oriental...Et sans surprise j’ai rejeté ce Nombre d’Or dès sa sortie..."Pas pour moi !!!!"
J’ai passé mon temps à dire que le seul Oud "acceptable" à mes yeux est l’"Accord Oud" de Byredo....qui ne contient pas un gramme de Oud....un peu comme un orchestre baroque interprète "une Tempête" sans une goutte de pluie sans une once de vent : une ambiance recréée, presque festive loin des désastres métérologiques du moment....
Bref ! Rejeter ce Nombre d’Or a été fait sans plaisir car j’aime cette Maison et Mona Di Orio est un parfumeur au talent incroyable, son décès laissant un vide abyssal dans le Ciel de mes créateurs favoris...
Et puis il y a quelques jours, j’ai fait du rangement dans ma cave à échantillons : le roller d’Eau Absolue et celui de Violette Fumée devaient rejoindre les 8 autres Nombres d’Or...Et là surprise, une odeur s’est imposée...comme une présence dans la pièce...Lorsque Mona Di Orio a expliqué le peu d’enthousiasme que le travail sur le Oud lui offrait, elle a raconté que son jugement s’est complètement inversé à l’occasion d’une mouillette laissée sur un coin de table dans sa chambre : au réveil le sentiment d’une présence humaine, animale...inquiétante car invisible. Un fantôme était né de ce papier oublié : le Oud se révélait a son nez...comme une odeur incroyable...et qui mérite tout le bien. Et son travail de création autour de cette matière première a pu débuter sous de meilleurs cieux...
Dans ma pièce vide, une odeur a surgit d’un échantillon mal refermé : j’ai compris enfin l’histoire racontée pat Mona Di Orio...Depuis 2 jours, j’apprivoise ce Nombre d’Or...avec un plaisir qui ne cesse de grandir (aucune connotation sexuelle...quoi qu’avec ce Oud...allez savoir ^^)...et je tente d’oublier la douloureuse facture au bout du chemin :(
Et merci Jicky pour ce sujet..bien sentit ;)

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par , le 11 novembre 2012 à 05:59

J’aime bien l’écriture en arabe sur la bouteille "oud". J’habite près de Dubai et j’aurai bien aimé sentir Les nombres d’or pour comparer avec le ’oud local et voir ce que vous appelez un oud aux accords occidentalisés.
Cordialement

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Jicky

par , le 21 octobre 2012 à 18:58

Honnêtement, oui c’est cher, mais je n’ai pas pensé une seule fois au prix en parlant du Oud de Mona. Ca me parait tellement inutile d’en parler : il n’est pas pour moi en terme de prix et je me fais pas d’illusions. Je préfère le sentir et l’admirer tel quel.

 

Je vais pas au Louvre me dire "tiens, j’aime bien ce tableau ci, mais il est trop cher". J’admire juste. Ainsi, je ne parle ni flacon, ni packaging, ni prix. Juste le petit liquide d’une splendide couleur à l’intérieur du verre ;)

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par , le 21 octobre 2012 à 18:58

Et - oh ingrat que je suis ! - merci à tous pour vos gentils mots =)

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Koimynose

par , le 21 octobre 2012 à 18:42

Bonsoir !
Merci beaucoup Jicky pour ce texte. J’avais déjà envie de découvrir cette maison. Cette critique ne fait qu’attiser ma curiosité ! A part quelques séances sniffage de M7, je ne peux pas dire que je m’y connaisse en Oud. Mais maintenant que j’y pense, je me souviens d’une texture froide, métallique, mais vraiment agressive, qui m’avait choqué dans Aoud d’Angkor - par L’Essence des Notes. C’était une note qui déséquilibrait littéralement le parfum... insupportable. Bref, je me réjouis d’avance de sentir un jour les créations de Mona Di Orio.
Bon, pour le prix, on verra après, je préfère rester sur cette belle impression :D

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Opium

par , le 19 octobre 2012 à 22:44

Bonsoir Jicky.

 

Merci pour ce bel article.
Tu es de plus en plus clair et limpide, à l’image de ce oud dont tu analyses parfaitement l’esthétique.

 

J’apprécie, tout particulièrement, l’analyse trans-culturelle que tu fais du traitement par Mona di Orio de cette matière. Son Oud est bien "altier", il a bien quelque chose de presque "sacré". Et, surtout, dans le traitement moderne qu’elle fait de la matière, décomposée avant d’être reconstituée, d’une manière autre qu’on ne s’y attendrait, comme souvent chez elle, il y a bien, malgré tout, le corps du oud, ce qui fait la richesse réelle de cette matière. Ici, le oud est fondu dans la composition. De la même manière que son Vétyver rend un aspect parfaitement associé, lié et fluide de la matière dans le parfum du même nom.
D’autres, dans un traitement moderne récent, ont souvent trop "nettoyé" la matière pour qu’on parvienne à la ressentir encore réellement. Dans ces cas-ci, la matière semble juste servir d’argument commercial plutôt qu’être une réalité concrète sensible dans le tout formé par la fragrance (et permet ainsi de "justifier" une augmentation des prix déraisonnable autrement, sujet traité par les premiers intervenants justement).
Là, il y a l’épaisseur, le volume et la densité du oud. Sans avoir à "subir" les effets collatéraux de la matière : "biquette", "crottins" et autres délicatesses.
"Abstraites et maîtrisées", telles semblent bien être les notes animales ici. Tel, également, semble être ce oud (dans sa globalité, note animales parmi d’autres), que, comme toi, je "vois" ("sens) bleu turquoise et noir, moins "marron" que dans des traitements plus "naturalistes" et "brutalistes" de la matière. ;-)

 

Merci pour cet article, pointu, intelligent, mais accessible. ;-)
Tu m’as bien fait rire aussi en début d’article : "... darling..." ! :-p
Bonne soirée.
Opium

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par , le 17 octobre 2012 à 04:51

Merci pour cette belle revue ! C’est en effet un merveilleux parfum dont la qualité "saute au nez" même pour un total non-expert comme moi, assez éloigné des ouds "occidentalisés" que j’apprécie cependant beaucoup (M7, Oud Shamash, certains Montale), peut-être plus proche d’un oud oriental, mais je n’ai eu la chance de sentir une "huile" orientale qu’une fois, donc mon avis n’est pas très fiable (j’ai adoré l’expérience, mais je ne pourrais pas en porter).

Cela dit, ce nombre d’or est totalement portable tout en étant parfaitement original, avec une très bonne tenue (j’aime !) et un sillage assez puissant (j’aime moins !) Spécialement pour les messieurs, je me permets de recommander un dosage très parcimonieux !

Je ne regrette absolument pas mon flacon, même si je demeure réservé sur le positionnement tarifaire de ce type de produit.

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par , le 17 octobre 2012 à 10:41

oui on peut même précisé que le flacon est à 375€...je comprendrais pour une composition extraordianire et une concentration identique mais malheureusement il n’a aucun des deux.

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par , le 17 octobre 2012 à 12:21

Tous les parfums de Mona sont remarquables, le moins bon n’est que...très bon, mais cela ne justifie en rien le positionnement commercial de Kurkdjian comme celui de cette maison qui, sous prétexte d’un ingrédient rare et très onéreux, vont jusqu’à l’absurde dans la recherche du profit.

 

La quantité d’extrait de oud employée est minime, quand on sent cet ingrédient primaire on comprend pourquoi, il est donc grave de berner autant la clientèle.

 

L’iris est aussi rare, les parfums qui l’emploient en grande quantité ne coûtent pas le double, voire plus. Cherchez l’erreur...Une quête assez simple !!

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par , le 17 octobre 2012 à 19:04

Excusez-moi la question. Vous donnez un prix de plus de 300 euros, ce n’est pas une erreur ? En Espagne les parfums Mona di Orio coûtent 145 euros.
Cordialement.

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par , le 17 octobre 2012 à 19:12

Je viens de regarder sur le site et je m’excuse, vous avez bien raison, Oud coûte 345 euros, je trouve qu’il s’agit d’un parfum intéressant mais jamais à ce prix exorbitant. Le prix est donc plus élevé du fait qu’il s’agit d’une Eau de Parfum intense ? Je n’en sais rien ; l’adjectif "intense" en tout cas ne veut rien dire...

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par , le 18 octobre 2012 à 04:52

Je ne veux pas défendre l’aspect tarifaire de ce "Nombre d’or" ni des Kurkdjian qui est en effet complètement injustifié. Menfin parler de ces deux là comme exemple de tarifs délirants, c’est un peu injuste, parce que la qualité est là, au moins.

Quid de la production du rejeton-playboy-Henessy-de-chez-LVMH ? là, les limites du scandale sont juste pulvérisées ! Vendre la qualité et la conception "crowd pleaser" des parfums mainstream avec des flacons et des boi-boîtes chichi-pompon-desiiiign à des prix obscènes, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde ! Vous avez senti les nouveaux "fruités feminins" du-dit rejeton ? Une insulte !

Oh well... désolé pour l’humeur ;)

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par , le 21 octobre 2012 à 18:56

« Kilian, darling, c’est quoi ça ? Ca c’est pas du oud, ça s’appelle un accord benjoin-maltol  »

 

 

Nous sommes fait pour nous entendre jeune Woody ;)

 

(Patrice, qui traine parfois ici quand il a le bon goût de s’y promener, fait des touilles pour s’amuser et il a pu récupérer la dernière un peu de oud pur. Il a mis du galbanum avec et dans son petit tube de moins de 1ml il a dit et j’ai trouvé ça très drôle : "j’ai plus de vrai oud dans me petite fiole que dans tous les flacons Kilian du monde")

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