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Oud Caravan

Via del Profumo

Flacon de Oud Caravan - Via del Profumo
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Biquette de luxe

par , le 28 octobre 2012

Antithèse totale du Oud de Mona di Orio, Oud Caravan de Via del Profumo est selon moi le oud le plus fidèle à la matière naturelle, et le plus réussi dans ce style là dans tous ceux que j’ai pu sentir.

Ménagez vos narines jeunes gens ! Ce oud ci rend un véritable hommage à dame biquette et sieur l’écurie, et pour notre plus grand plaisir !

Très très brutaliste dans sa première approche, les notes de départ de Oud Caravan s’illuminent avec les mêmes notes que l’opus de Mona di Orio (les notes « turquoises » s’entend) mais que le parfumeur Dominique Dubrana a contrasté avec les notes les plus extrêmes du bois : les notes de champignons, la croûte de fromage bien fermentée et les délices fécaux de la matière !

Cependant, on sent poindre dans la composition des notes foins qui font écho aux touches sales du parfum et qui transportent dans une sorte d’écuries d’antan. Ainsi, mes repères de perfumista français tendent à m’orienter vers le narcisse, même si je doute fort que la fleur entre dans la composition. C’est d’ailleurs là que le travail est le plus intéressant puisque le parfumeur mène le oud – très complexe – vers une facette de son choix, à savoir le foin craquant. L’aspect animal, marié à cette note d’écurie, dirige réellement vers une image fantasmée d’un médiévalisme bien ancré depuis mes cours d’histoire de CE2. Comment s’approprier un parfum dont on ne peut culturellement pas percevoir l’intention ? En effet, la distribution des parfums Via del Profumo étant plus que limitée, et le rendu – bien que saisissant – est loin d’attirer le premier badaud venu : la création de Oud Caravan est donc plus intentionnelle que commerciale ! Ainsi, le perfumista plus sérieux en moi applaudit l’exercice de style, le travail de la matière et la déconstruction-construction du parfum. Mais le oud ne fait pas parti de mon histoire et à chaque fois les ressentis personnels (aussi bien gastriques que chromatiques, oui oui) priment sur la simple compréhension de l’intention culturelle. Plus que les fleurs blanches exotiques, le oud (et surtout celui là !) décentralise l’opinion du perfumista parisien bien-pensant. Et ça fait du bien.

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Aberystwyth

par , le 22 décembre 2017 à 17:35

Bon, comme visiblement je ne vais pas pouvoir essayer ce parfum avant longtemps -bien que ce ne soit pas l’envie qui manque- je pose la question : comment est-ce que cet oud se compare avec THE Oud, The Night des EDPFM ?
Et comme c’est Jicky qui est l’auteur des deux billets, je ne cache pas que j’aimerais bien entendre son avis ! Mais sans pression ^^ et si quelqu’un d’autre a un avis sur la question, je suis preneur.

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par , le 5 novembre 2012 à 18:12

Merci Jicky de parler ici de Via Del Profumo !
Ces parfums me donnent l’impression de devenir plus intelligent et plus ouvert d’esprit en les sentant, si si !

Avec Oud Caravan (numéro 1, celui que j’ai), on retrouve tout à fait "la biquette" dont parle Jicky en ouverture (et même la pisse de bouc, je le crains LOL !). J’aime retrouver de l’animalité dans les parfums, et je crois que j’aime l’oud pour ça. Ici, on est servi ! C’en est presque gênant pendant un quart d’heure.

Oud Caravan est à l’opposé d’un sent-bon fonctionnel, c’est une fragrance difficile d’approche, que beaucoup jugeront "importable" voire répugnante et qui pourtant, passé la première bouffée de biquette plutôt rude, devient juste fascinant (dans le genre fumée sèche, cire dense, pas jolie petite fleur...)

Je lui trouve quelque chose de commun avec M/Mink de Byredo. Il me parle du passé, comme M/Mink me parle du futur, ils ont pour moi la même puissance évocatrice, la même difficulté d’approche, et tous les deux me rendent heureux ! Mais attention "only for the brave" ;-)

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par , le 5 novembre 2012 à 21:59

Oh c’est vous que je remercie Woody ! *rougit*

 

Vous parlez des versions, c’était notre "interrogation" avec Jeanne. J’ai reçu 3 petits échantillons de Oud Caravan initialement en fait, qui s’intitulaient avec extravagance "Oud Caravan n°1", "OC n°2", "OC n°3".

En bon perfumista passionné, j’ai évidemment testé les trois.

 

Ce qui est amusant, c’est que mon favori est aussi le 1. Bon, je le dis tout de suite, les 3 essais ne sont pas caaaaarrément différents. Ils ont des nuances, notamment dans l’arrondissement du parfum, mais ils sont vraiment très proches. Le 1 était tout de même le plus animal, le plus biquette et tout ce que vous voulez. Et c’est en réalité l’essai que j’ai pris comme support pour écrire le billet.

 

Or, Jeanne me demandait ce qu’on faisait. On parle des 3 essais ? On parle de celui là (le 1). On parle de celui qui est finalement choisi ? On parle de Oud Caravan sans précision ?

 

J’ai donc envoyé un mail à la marque pour demander quel est l’essai finalement choisi (en montrant bien que mon préféré est le 1). "C’est le 3, mais rassurez vous, le 1 était aussi le préféré de Luca Turin" *secoue ses cheveux dans le vent en mode BeauGosse*.

Bon, voilà qui n’arrange pas forcément mon affaire.

Donc finalement, j’ai ressenti le 3, j’ai comparé avec le 1 et surtout par rapport à ce que j’ai écrit. Et au final, c’était vraiment la même sensation donc j’ai laissé. Et on a décidé de pas dire dans le billet que y’avait 3 version, que je parle d’une mais que c’est une autre qui a été choisie mais que c’est pas vraiment celle là dont je parle mais c’est pas grave nin nin nin parce que c’est pas glamour dans un billet, et qu’on peut vite perdre le fil de la lecture ^^

 

Donc voilà :D !

 

Enfin, chose amusante : votre comparaison à M/Mink.

Par où commencer... Vous parlez de temporalité pour les deux parfums. Or - bon je fais le postulat discutable que la parfumerie soit un art - il y a toujours cette question qui lie l’art et le temps. L’art ignore t-il le temps ? On admire encore aujourd’hui des oeuvres créées il y a des centaines voire des milliers d’années (peinture scultpure, etc) qui ont été fait à une période donnée avec des outils de cette époque, et souvent pour évoquer quelque chose de cette époque (le contexte).

 

Bon, le parfum - surtout celui là - est récent. Mais, en quoi l’histoire de l’oeuvre est-elle importante dans la manière dont on la perçoit ? Ainsi la technique fait partie du temps : ici le bois de oud reflète la tendance, la manière dont cela le parfum est travaillé est le fruit d’une époque (Via del Profumo se veut de travailler sur du 100% naturel) qui est différente de la manière dont les parfumeurs oeuvraient pour L’Heure Bleue ou pour arpège.

 

Cependant, on saisit aussi bien un parfum comme L’Heure Bleue ou comme Oud Caravan car il touche l’homme en tant que tel, il peut refléter une part de la nature humaine qui est hors du temps. Et la nature humaine ne change pas, qu’on soit un grec de l’antiquité qu’une quarantenaire qui bosse à La Défense.

 

 

Bien évidemment, vous ne parlez pas vraiment de cette temporalité là, mais c’est un point que l’on peut tout de même aborder. En fait, tout comme j’y voyais un paysage médiéval, vous êtes transporté dans un environnement passé. Sachant que l’art ignore le temps parce qu’il touche des thèmes atemporels, comment se fait-ce ?

Et là on revient aux questions sur l’intention de l’auteur et de la culture du "senteur" (i.e. celui qui sent).

 

De même pour M/Mink, dont Jeanne a fait un très beau billet ici, avec une discussion intéressante sur le forum.

Au risque de "faire la promo", j’ai aussi parlé de M/Mink sur J&P ici. C’est un parfum extrêmement intéressant, peut être l’un des plus intéressants d’ailleurs dans ce qui s’est fait ces dernières années, et dont on a pas fini d’interprêter les tenants et les aboutissants.

 

Une odeur du future. C’est tout à fait intéressant. Je pense avoir beaucoup parlé pour commencer à réfléchir dessus, mais j’ai mis le lien de l’article sur J&P car il reflète beaucoup de ce que je ressens pour ce parfum, et le rapprochement avec Oud Caravan est vraiment intéressant.

 

 

Merci pour votre mot Woody, et pour les questions que vous soulevez !

 

Vive l’odorat !

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Opium

par , le 30 octobre 2012 à 19:05

Bonsoir Jicky.

 

Merci d’aborder, en même temps qu’un parfum, le trans-culturalisme, et de poser la question de l’intention et du résultat.
Pertinence ? Moi, je dirais bien que oui...

 

Comment la violence d’un parfum nous transporte ailleurs, de l’Orient en intention vers le Moyen-Age dans les faits. Si c’est bien le parfum dont je me souviens, avec nos critères occidentaux, on pourrait presque considérer que techniquement, tout est redevable au coup dans le pif, par ce oud très primaire.
La matière n’étant pas normalisée, finalement, on sait peu ce que cela sent réellement, tant ce sont souvent des reconstitutions qui nous sont données à sentir. Mais, dans mes représentations mentales de la matière, allant de l’antiseptique, en passant par le pansement, la plaie humide et les odeurs fromagères et champignonnées, il en est un bel exemple ! (Comprendre : "Violent !")
[Ta description est en même temps drôle, juste et "fracassante" ! #tubéropowa]

 

Merci de nous faire voyager, et comprendre en même temps que rire. Et de nous transporter au-delà d’une simple description de parfum, de poser la question même de l’évaluation de celui-ci et de ses limites.
Ce que nous, passionné(e)s, faisons chaque jour ou presque, ici et ailleurs...
 

Je me souviens que j’ai été bien "décentralisé dans mon opinion de perfumista" quand je l’ai senti. Grâce à Oud Caravan, quand je dois me souvenir de ce à quoi peut ressembler le oud à peu près, pour certaines facettes en tous les cas, je me dis : "Pense à ce parfum qui p*e !" [Il s’agit d’un compliment ici, à comprendre en tant que tel. Il "p*e bon" comme dirait Jle ! ^^]
Je ne sais pas si c’est au Moyen-Age que je suis renvoyé, mais, c’est dans un lieu trèèèèèès éloigné de ce que nous connaissons aujourd’hui.

 

Bonne soirée.
Opium

 

PS : Je ne peux pas voter sur mon seul souvenir d’il y a des mois. De plus, je ne sais ce qui ressort : de l’admiration pour un parfum (dé)culotté ou une forme d’incompréhension du fait d’un trop grand éloignement culturel face à ce coup de poker très sale.

 

NB : Il mérite un détour et un coup de nez, quoi qu’il en soit... ^^

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Frédéric

par , le 29 octobre 2012 à 13:37

Oh j’adore ce site, même Via del profumo y apparait et quelle marque ! C’est vraiment le depaysement garanti pour tous les amateurs de parfums. J’ai vraiment eu un coup de foudre pour Sharif et je conseil aussi Mecca Balsam ou Tabac, l’idée de parfums d’Orient y prend tout son sens.

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par , le 29 octobre 2012 à 18:56

Oui pour le coup, moi qui suis finalement assez sceptique face aux parfums d’orient, j’aime assez le travail de Via del Profumo, qui s’émancipe un peu des fonds lascifs ambrés, pour rester dans une sécheresse cohérente (Sharif), ou une amertume originale (un fruité mousse de chêne rarement vu).

 

Après, le billet aborde surtout la question de la réception et de l’interprêtation. Suis-je dans la pertinence ? Finalement, je ne pense pas.

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par , le 30 octobre 2012 à 14:34

dans l’explication que l’auteur donne sur ses créations on comprend qu’il les imagine presque comme des médecines de l’émotion-des états d’âme-de l’esprit. Ca reprend souvent aussi des clichés comme la vanille réconfortante pour les désirs d’amour maternel (le parfum Don Corleone) mais le produit au final est convaincant. Le terme d’odeur medicinale est assez original comme approche de ce qui pourrait englober les parfums orientaux.

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