Auparfum

Parfumerie de niche, en quelques chiffres

par , le 23 janvier 2014

Depuis son expansion il y a quelques années, la parfumerie de niche reste discrète sur les chiffres. Longtemps considérée comme anecdotique, il était très difficile de savoir ce qu’elle représentait exactement en terme de ventes.

Mais à force de gagner du terrain, elle n’est apparemment plus si insignifiante que ça comparée aux marques "mainstream", car si elle engendre toujours des volumes plus modestes, ses prix de vente sont souvent plus élevés, et sa clientèle sans doute plus fidèle...

Voici donc quelques chiffres tirés du numéro de janvier du magazine Cosmétiquemag, qui nous aident à y voir un peu plus clair :

Sur 1330 lancements de parfums en 2012, il y a eu 331 parfums de niche, soit environ 1 parfum sur 4.

En 10 ans, le marché de la parfumerie "confidentielle" a été multiplié par 3, d’après Michael Edwards.

130 marques exposaient leurs parfums à la dernière édition d’Esxence, salon de la parfumerie niche à Milan.

Au Printemps Haussman, 25% du chiffre d’affaires de la Belle Parfumerie est constitué par les marques niche et ces dernières ont progressé de 50% en 2012.

50 000 euros, c’est environ le capital nécessaire pour lancer sa marque de parfum.

Une fois par jour : c’est le nombre de fois où David Frossard (directeur de Différentes Latitudes, et créateur de la boutique Liquides) reçoit la demande d’une nouvelle marque à la recherche d’un distributeur.

3000 points de vente dans le monde diffusent les parfums de niche, dont 300 "qualitatifs" comme le Printemps à Paris, Harvey NIchols à Londres ou Bergdorf Goodman à New York.

D’après Marc Chaya (PDG de la Maison Francis Kurkdjian) certaines marques de niche feraient plus de chiffre d’affaires que Chanel ou Dior dans certains grands magasins, tel que Kilian chez Harvey Nichols, qui est n°1 des ventes devant toutes les grandes marques !

Dans les parfums de la Maison Francis Kurkdjian, les formules ont un budget environ 4 fois supérieur à celles d’un brief classique, toujours d’après Marc Chaya.

Ce florilège de chiffres a de quoi nous faire reposer la question : qu’est-ce qu’une marque de niche aujourd’hui ?

Kilian, qui vend autant de flacons à Londres, est-il plus "nichu" que Prada ou Bottega Veneta qui se trouvent au Séphora du coin ?

Comment positionner le marques "classiques", comme Guerlain, Hermès ou Cartier qui proposent à la fois des lignes haut-de-gamme exclusives positionnées comme niche, et d’autres plus grand-public et mieux diffusées ?

Comment savoir ce que contient réellement un flacon d’une marque inconnue vendue 200 euros dans une boutique feutrée, ou un grand magasin luxueux, qui vous donne l’impression que tout est forcément de grande qualité ?

Un seul conseil : apprendre à sentir avec ses émotions, ne pas se laisser impressionner par des vendeurs parfois intimidants, mais oser questionner ceux qui vous paraissent passionnés, savoir écouter son instinct, sa première impression, mais aussi prendre le temps de faire ses choix, en essayant, ré-essayant encore et laisser les parfums évoluer et vivre sur sa peau pour ne pas se faire piéger par un achat impulsif trop rapide.

Et surtout, continuer de s’informer, comme vous le faites en ce moment en nous lisant :)

Mise à jour du 20 janvier 2016 - L’annuaire des parfumeries de niche
Image : jovoyparis.com

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Ankalogon

par , le 25 janvier 2014 à 14:06

Une illusion qui nous exalte, nous est plus chère que les ténèbres des véritées mesquines (o_0)
C’est tiré de... Ché pu !
La niche commence (plusieurs années déjà) à ne plus se sentir. Mais d’où viennent ils ces nouveaux parfumeurs ? ...
Ils me font penser à un temps ou n’importe quel personne avec de l’argent à ne plus quoi savoir quoi en faire, rechercher dans les livres d’histoire le nom d’une disparue manufacture de montre, et hop ! Voici de l’horlogerie à quelques dizaines de milliers d’euros pièce.
Comme dirait un ami technicien dans l’abstraction monétaire :
« Un très bon moyen de rendre propre des investissements. Et oui ! Un peu comme pour d’autres sphères, certain kebab »
Pour causer un peu des passionés, ils sont une infime portion des consummateurs, ils vont même se satisfaire d’un petit flacon (lorsqu’il existe), d’un pshit voir d’un échantillon, pour les autres aux gros sous :
« J’en veux dix flacons ! » (déjà vue), à l’opposé des deux premières catégories, acheter un savon est un problème lorsque l’usine où il bossait vient de partir au Maroc.

Par ailleurs, cette parfumerie qui se veut alternative , elles pompent pas mal (cela se faisait aussi en tradi : Salvador Dali vs Antaeus...) :
Green vs Grey Flannel, Cologne bigarade vs Eau d’Hermès, Granville vs Blenheim Bouquet,
Aomassaï vs Kouros (là, j’ai un doute), etc.

Enfin, des prix qui ne veulent plus rien dire ou presque...
Lorsque j’étais un tout jeune adulte le luxe c’était :
100 ml dans un flacon en cristal d’Eau d’Hermès , bien sur inabordable 1 500 Fr ou 230 €, (aujourd’hui dans un flacon en verre bouchon en plastique 74 € :-)), ou un 200 ml Mouchoir de Monsieur 700 Fr.
De nos jours, 100 ml Homme de Xerjoff c’est 520 € (merci A pour l’échantillon), j’ai donné un exemple fort (quoi que, il y a bien plus onéreux). Cela étant dit, en parfumerie alternative il y a encore quelques possibilités de se faire plaisir à partir de 66 € pour 50 ml d’Ambre Russe.

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Nymphomaniac

par , le 25 janvier 2014 à 01:21

Comme le parfum est devenu un produit de masse (les promotions sont permanentes chez mario-sepho-... ; YSL parfum intense sent peu ou prou la même chose que Invictus - on n’a même plus envie de savoir ce qui les différencie, car on zappe, on sent à peine, etc.), l’aspect "produit rare/unique" (qu’avait le parfum avant) a totalement disparu. La niche a pris le relais de manière naturelle (nouveaux venus, segmentation par réseaux des collections des "existants sur le marché", ...). L’hyperniche voit désormais le jour (il faudra bientôt aller à Tombouctou ou que sais-je pour dénicher je ne sais quelle effluve ; les "créations" de plus en plus "pointues" abondent...).

Mais le marché du parfum ne fait que refléter les mécanismes du "néolibéralisme d’État", qui génère d’une part une masse de gens en dessous du niveau de vie des ex-classes moyennes (qui tendent à disparaître) et d’autre part une classe d’hyperriches en expansion. La masse sous-payée et souvent nourrie à l’emprunt achète des produits peu chers qui font office de parfum, et elle est contente (la marge commerciale est très élevée, puisque le coût de production est ridicule) ; si d’aventure elle a envie d’un produit plus cher, éventuellement de niche, car elle trouve que certains sentent vraiment meilleurs que ceux qu’on lui met sous le nez, elle prend un crédit en cas de difficultés de paiement (le crédit étant devenu l’huile nécessaire du système et l’aliénation permanente permettant aux hyperriches de prospérer) ; les plus riches achètent des trucs plus chers ou des trucs de niche s’ils parviennent à identifier leurs souhaits olfactifs de manière plus personnelle ; les hyperriches sans goût ont le choix (ils peuvent indifféremment acheter Invictus ou du Roja Dove (sic), peu importe ; souvent les deux, peut-être), etc.

Quoiqu’il en soit, je veux dire quelque soit la segmentation ou le positionnement, les marges sont (très) élevées, même si le modèle économique est radicalement distinct. Pour la "haute niche", c’est un peu comme pour les opticiens, je veux dire, désormais. Et comme il y a de plus en plus de gens pour proposer des nouveaux parfums, les prix de la "rareté artificielle" augmentent pour maintenir les marges... jusqu’à un possible effondrement du système, à dire vrai (en espérant que la qualité fasse le tri après le déluge, ce qui n’a rien de certain, eu égard au poids du marketing ou au caractère réellement indépendant ou non desdites niches...).

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Nymphomaniac

par , le 25 janvier 2014 à 01:20

Comme le parfum est devenu un produit de masse (les promotions sont permanentes chez mario-sepho-... ; YSL parfum intense sent peu ou prou la même chose que Invictus - on n’a même plus envie de savoir ce qui les différencie, car on zappe, on sent à peine, etc.), l’aspect "produit rare/unique" (qu’avait le parfum avant) a totalement disparu. La niche a pris le relais de manière naturelle (nouveaux venus, segmentation par réseaux des collections des "existants sur le marché", ...). L’hyperniche voit désormais le jour (il faudra bientôt aller à Tombouctou ou que sais-je pour dénicher je ne sais quelle effluve ; les "créations" de plus en plus "pointues" abondent...).
Mais le marché du parfum ne fait que refléter les mécanismes du "néolibéralisme d’État", qui génère d’une part une masse de gens en dessous du niveau de vie des ex-classes moyennes (qui tendent à disparaître) et d’autre part une classe d’hyperriches en expansion. La masse sous-payée et souvent nourrie à l’emprunt achète des produits peu chers qui font office de parfum, et elle est contente (la marge commerciale est très élevée, puisque le coût de production est ridicule) ; si d’aventure elle a envie d’un produit plus cher, éventuellement de niche, car elle trouve que certains sentent vraiment meilleurs que ceux qu’on lui met sous le nez, elle prend un crédit en cas de difficultés de paiement (le crédit étant devenu l’huile nécessaire du système et l’aliénation permanente permettant aux hyperriches de prospérer) ; les plus riches achètent des trucs plus chers ou des trucs de niche s’ils parviennent à identifier leurs souhaits olfactifs de manière plus personnelle ; les hyperriches sans goût ont le choix (ils peuvent indifféremment acheter Invictus ou du Roja Dove (sic), peu importe ; souvent les deux, peut-être), etc.
Quoiqu’il en soit, je veux dire quelque soit la segmentation ou le positionnement, les marges sont (très) élevées, même si le modèle économique est radicalement distinct. Pour la "haute niche", c’est un peu comme pour les opticiens, je veux dire, désormais. Et comme il y a de plus en plus de gens pour proposer des nouveaux parfums, les prix de la "rareté artificielle" augmentent pour maintenir les marges... jusqu’à un possible effondrement du système, à dire vrai (en espérant que la qualité fasse le tri après le déluge, ce qui n’a rien de certain, eu égard au poids du marketing ou au caractère réellement indépendant ou non desdites niches...).

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Perfume Echoes

par , le 24 janvier 2014 à 14:57

Même si je suis d’accord avec vous, heureusement que ses marques de niche existent !
Après c’est à nous de détecter les belles créations avec de belles matières ! En plus les parfums sont des déclencheurs d’émotions très subjectifs et non une science exacte...s’il contient X : ça sent bon, s’il contient Y : ça ne sent pas bon.

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dau

par , le 24 janvier 2014 à 13:43

La niche est le nouveau mainstream (pas forcément en termes de qualité, Dieu merci !) et augmente ses ventes en augmentant toujours plus ses prix alors que l’argument avait toujours été "mais nous ne vendons que de petits volumes, c’est pour ça que nous sommes cher.’ Effectivement, c’est un peu effrayant. Et on se demande ce qu’on y gagne. Un peu plus de choix, plus facilement qu’avant pour les non-parisiens. Mais est-ce vraiment du choix ? Entre les 315 variations sur le oud et les 2632 jasmins du marché nichu, ne tombons nous pas dans les mêmes vieux pièges du mainstream : celui du parfum à la mode, de la marque qui planifie ses sorties pour plaire au public et s’aligner sur les concurrents en t perdant un peu de son âme. L’exemple de l’Artisan, cité par Youggo est le plus flagrant : plus personne ne comprend rien à cette marque qui part dans tout les sens passant du conceptuel importable au frais fruité facile en été, avec un coup je le retire des rayons, le coup d’après je le remets... ça tue un peu la fidélité ce genre de comportement.

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par , le 24 janvier 2014 à 14:30

Tout à fait. Et j’ajouterai que la fidélité a longtemps été ce qui faisait vivre la parfumerie de niche, à l’époque où le marché était vraiment confidentiel et occupé par une poignée de marques.
Les parfums étaient vendus et produits en faible volumes, commercialisés dans une poignée de points de vente sans aucune publicité, mais n’étaient jamais discontinués car il y avait toujours une petite clientèle fidèle à un parfum particulier où à la maison. Maintenant les marques n’hésitent plus à supprimer des parfums peu rentables, quitte à trahir certains de leurs plus fidèles clients.
Une des raisons de cette nouvelle politique moins intègre et plus mercantile, c’est, entre autres, parce que les maisons de niche ont été rachetées par des investisseurs qui ont flairé le bon filon lorsque le marché a commencé à exploser, et en veulent pour leur argent. C’est le cas pour l’Artisan Parfumeur, Goutal etc... Et là encore on peut se poser la question de frontière entre niche et mainstream quand on voit que l’immense majorité des marques dites de niche sont aujourd’hui détenues par des grands groupes ayant pignon sur rue.

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Farnesiano

par , le 24 janvier 2014 à 12:30

- Bonjour Jeanne et bonjour à tous. Je ne sais si cela a déjà été dit sur AP mais Goutal va redistribuer à l’automne prochain son délicieux Mon Parfum chéri, dont entre nous, je préfère l’EDT, moins sourde, moins lourde, moins compacte, et plus lumineuse et facettée que l’EDP. J’ignore si le flacon sera toujours de cette si belle couleur prune pourpre presque noire.
- A propos des marques de niche, Goutal en est-ce une ? Et l’Artisan ? Et avec les achats via Internet, demeure-t-on une marque de niche ? On les trouve partout : boutiques de mode, salons de coiffure, de beauté, etc. Vient aussi la question des prix. Standard de CDG en 100 ml est vendu en un seul endroit à Bruxelles à 85 euros (c’est à dire le prix d’un 50 ml Serge Lutens, disponible dans toute bonne parfumerie) et sur l’étagère voisine, l’Oud de Mona di Orio, vraiment indispensable à mes yeux, s’affiche 385 euros. Qui me l’offre pour mon anniversaire dans un mois ? ;-) Plus j’avance dans l’exploration du monde de la parfumerie, plus je me pose des questions. Ce débat, largement alimenté sur AP, n’en finit pas de me poursuivre. La question des matières utilisées me laisse aussi perplexe. On nous cache tout ? On ne nous dit rien ? Au secours, amis perfumistas, car au-delà des émotions à répétition (le temps d’évaluer dans le temps telle ou telle autre création), mon portefeuille en prend un sérieux coup ! Saurons-nous donc jamais le fin mot de l’histoire ? Reste l’émerveillement devant un beau parfum. Comme le disait Jicky, on n’achète pas la Joconde, mais tout le monde peut aller la contempler au musée. Le parfum malheureusement ne peut que se sentir... c’est aussi ce qui fait sa valeur, sa géniale singularité. Quelle oeuvre d’art peut-on s’approprier à ce point ?!

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par , le 24 janvier 2014 à 15:11

Une petite précision pour Comme des Garçons, il sont effectivement en partie à coté de Mona di Orio chez Senteurs d’Ailleurs mais tu les trouves aussi sur le même trottoir avenue Louise (294) dans le magazin de vêtement Balthazard et surtout au centre ville Rue Marché au Charbon (74) au magazin deco-design Ultra (Vendeur très sympa et prix minimums)

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par , le 24 janvier 2014 à 18:02

Bonne nouvelle que celle-ci ! Merci du tuyau, Frédéric. Habitant Liège, je me réjouis de retourner à Bruxelles dans une dizaine de jours et d’aller traîner rue du Marché au Charbon. Une bonne Westmalle au Plattesteen clôturera ma balade à l’heure de l’apéro. Ne penses-tu pas que c’est à Anvers que se " nichent " les parfumeries les plus pointues ? Bon week-end.

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par , le 25 janvier 2014 à 11:03

et bien c’est une bonne question, pour avoir les parfums de niche "normaux" Bruxelles reste évidemment la seule solution mais par contre pour avoir la niche de la niche on peut trouver à Anvers des parfums créés pour de jeunes créateurs qui viennent de sortir leurs premières collections de vêtement, parfums aussi conceptuels et difficiles d’accès que les vêtements (Nico Uytterhaegen, Ulrich Lang,...). Mais tu pensais peut-être plutôt à certaines marques en particulier ? si tu as des suggestions je suis preneur
ce que je ne comprends pas c’est que pour avoir les Guerlains exclusifs il faille aller dans un petit village en Flandre près de le frontière française, par contre bonne nouvelle Senteurs d’Ailleurs organise un coin vintage avec (tous ?) les Caron et les Patou

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par , le 25 janvier 2014 à 16:08

Je me promets de me rendre un jour à Wevelgem, près de Courtrai (bij Kortrijck ;-) et de renontrer le fameux David, figure très connue dans le monde de la parfumerie haut de gamme. Il paraît qu’il fait des consultations personnelles lors desquelles, à force de questions sur ta personnalité, tes goûts, ton style, il établit ton " profil parfumé " qui t’aide ainsi à choisir le parfum qui te convient idéalement. Hum, hum... Mais la rencontre a un prix. Concernant les points de vente de parfums rares, au vu de la liste dressée par le site munumu, Anvers me semble hautement recommandable :
http://www.munumu.com/cities/antwerp/
- Quelques Caron ches Sd’A en effet, mais la présence du célèbre Tabac Blond et de Farnesiana ne me console pas de pouvoir sentir En Avion, Or et Noir, Nuit de Noël et Narcisse Noir. Mais l’amateur de l’immémorial Pour un Homme, de l’Anarchiste ou du 3ème Homme sera heureux de retrouver ces parfums qui avaient diparu de la distribution belge. Sont ultra bienvenus, en revanche, les trois re-créations de la collection Héritage de chez Patou : Eau de Patou, Homme de Patou et le fabuleux Chaldée que je te conseille vivement : une évolution incroyable ! De la verdeur initiale à la chaleur d’une peau ambrée livrée au soleil, ce n’est que délices ! On ne se lasse pas de sniffer ce fond cuivré divinement animalisé. Un must qu’AP m’a permis de connaître récemment.

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Youggo

par , le 24 janvier 2014 à 12:18

Excellent article Jeanne. C’est vraiment passionnant... et un peu inquiétant aussi.
En tout cas on voit que les chiffres viennent confirmer nos impressions de perfumistas : le marché explose. Le chiffre d’un lancement sur 4 qui appartiendrait au marché de niche est ahurissant. Sans parler du nombre de nouvelles marques et des chiffres d’affaires réalisés. Clairement, quand un marché prend de telles proportions on ne peut plus parler de marché de niche. Parfumerie sélective, parfumerie haut de gamme, parfumerie de luxe même si on veut... ces termes me paraissent plus appropriés.

Après on peut se demander ce que tout ça va devenir dans 3, 5, 10, 15 ans...
En effet, la frontière entre mainstream/niche semble de plus en plus floue, aussi bien en terme de création, de qualité, de distribution, de positionnement... Et les marques de niches semblent parfois un peu perdues et dépassées par cette explosion du marché. Je pense notamment à l’Artisan Parfumeur, autrefois modèle d’intégrité et de qualité, qui semble hésiter sur son positionnement et multiplie les stratégies déroutantes, entre suppressions des certains produits cultes, lancement de gammes "luxe", disparition de certaines boutiques remplacées par des Penhaligon’s (appartenant à la même maison mère). On parle même d’un volonté d’une distribution plus large dans les grands magasins spécialisés, à la façon de Serge Lutens, en même temps qu’une suppression de la distribution chez certains revendeurs agréés. C’est à n’y rien comprendre. Et beaucoup d’autres marques (Diptyque, Goutal, même Lutens) semblent un peu dans la même situation et face à cette explosion et cette nouvelle visibilité, tentent difficilement de se repositionner en hésitant entre l’opportunité d’atteindre le grand public avec des produits plus accessibles, et la volonté de continuer à profiter du phénomène de mode de la parfumerie sélect(ive) chez les clients à fort pouvoir d’achat.
En tout cas, bien qu’en pleine expansion, ce marché ne peut pas continuer à s’étendre indéfiniment. J’ai du mal à croire qu’on puisse voir un jour des boutiques Frédéric Malle fleurir dans toutes les villes de taille moyenne comme les inévitables Séphoriocibé. Mais des boutiques de niches regroupant plusieurs marques, peut-être... ???
Et ces nouvelles petites marques surgies de nulle part ne pourront pas toutes survivre.
J’imagine que le phénomène va s’essouffler à un moment, que beaucoup de maisons vont mettre la clé sous la porte, y compris certaines grandes marques historiques qui auront fait de mauvais choix stratégiques ou n’auront pas su évoluer. Sans doute aussi la clientèle la plus argentée, par un replis snobinard, ira se tourner vers d’autres marchés clairement inaccessibles au commun des mortels (on commence à le voir). Et on peut espérer qu’il restera quelques belles maisons, proposant des produits de qualité à un juste prix, pour nous satisfaire nous les perfumistas. Ou pas...

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Sun Jae

par , le 24 janvier 2014 à 11:04

Merci pour cet article Jeanne, et votre conseil de sentir avec ses émotions. Il est difficile parfois de ne pas se laisser submerger et de devenir une éponge qui va aimer un parfum parce qu’on nous a dit qu’il fallait l’aimer et payer un rein pour l’avoir. Les vendeurs intimidants sont de vraies plaies parfois, ils vous sautent dessus et si on ose dire que ce qu’ils nous font sentir n’est pas notre tasse de thé, on a droit au regard "pfff, pauv’ tache". Je me souviens d’une vendeuse à l’Inno (vos galeries Lafayette en 1.000 fois plus petit en Belgique) qui m’avait laché un "je vais vous faire sentir quelque chose de SPECTACULAIRE !" avant de me fourrer sous le pif une touche de Manifesto. Mon mari s’est étouffé de rire et c’est devenu une private joke entre nous depuis. L’aurte exemple positif cette fois est le supra-méga-gentil monsieur qui nous a reçu chez Lutens au Palais Royal lors de notre escapade parisienne. Une vraie crème. Il ne nous a pas jugé sur nos vêtements déjà, à contrario de bon nombres de vendeurs des départements "de luxe" (on était fringué comme des randonneurs qui bravent la pluie le froid : veste en gore-tex, baskets Vans et sac à dos de rando - le top quoi), et il n’a absolument pas poussé à l’achat, au contraire. Mon mari hésitant sur un parfum (déjà il en a essayé un, c’est un miracle), il lui a carrément dit de ne pas le prendre mais d’attendre, de faire un tour, et de revenir si il lui convenait. Il préférait ne rien vendre plutôt que de vendre un parfum qui ne convenait pas. Jamais vu ça. Un rêve de conseiller parfumeur.

J’ai l’impression que les parfums de niche se reproduisent comme des lapins, et que les prix gonflent de plus en plus. Au plus cher c’est au mieux ce sera. Quand je vois le parfum D’Anatole Lebreton qui est une pure merveille vendue au prix abordable d’une 70aine d’Euro, je me demande ce qu’on paye vraiment quand on achète de la niche actuellement.

Vos mots font aussi écho à ce que dit toujours l’adorable David de la Place Vendôme à Wevelgem : les parfums sont des émotions liquides, et les gens qui les achètent veulent des sentiments, pas des marques.

Bref, c’est un (très) vaste sujet de discussion, surtout de nos jours où paraître est plus important qu’être et où les logos et le bling-bling sont plus importants que la qualité.

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par , le 24 janvier 2014 à 15:19

Oh je viens de recevoir l’Eau Scandaleuse de Anatole Lebreton ici à Bruxelles et ça fait plaisir de voir qu’il y a d’autres amateurs de son travail en Belgique.

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Aaricia

par , le 24 janvier 2014 à 10:26

Je ne sais pas trop où poster ça, mais je voulais vous informer d’une série de rencontres autour du parfum dont j’ai eu vent, au printemps Haussman très prochainement. Pas mal de parfums "de niche" là-dedans et des intervenants... hmmmm ! (c’est Jicky qui va être content, il y aura Mathilde !)
C’est par là :
http://www.printemps.com/beaute/w/Les-Belles-Rencontres-35063

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par , le 24 janvier 2014 à 13:02

Inscrit ! Merci de l’avoir partagé !

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par , le 24 janvier 2014 à 14:36

Bonjour,
Il s’agit de mon premier post sur ce merveilleux blog dont je parcours avec avidité les dossiers depuis que j’ai accepté de subir les commentaires fantaisistes des autres "nez" sur les parfums que je porte qui ne sortent pas tout droit d’une pâtisserie ou d’une confiserie.
Ma question porte sur "l’Atelier Découverte" que propose Annick Goutal dans sa boutique avenue Victor Hugo qui doit se rapprocher de la conférence du 1er février au Printemps : certains d’entre vous auraient-ils eu l’occasion de le tester ?

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par , le 24 janvier 2014 à 15:06

Ca fait partie de ma "to do" liste... Je pense que ça s’en rapproche, mais chez Goutal il me semble que c’est payant.
En tous cas, si ça vous intéresse, inscrivez-vous rapidement, parce que apparement ça part vite !

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par , le 24 janvier 2014 à 16:04

Merci pour votre réponse Aaricia. Effectivement chez Goutal il s’agit d’un service facturé 25 €. J’ignorais que les "Belles rencontres" du Printemps étaient gratuites.
J’avais participé il deux-trois ans à un atelier de ce type à Haussman et une participation de 20 € était demandée.
Encore merci pour ce bon plan !

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par , le 25 janvier 2014 à 03:21

Merci beaucoup Aaricia ! C’est top !
Du coup Mathilde m’avait même pas prévenu... Rha la la. Mais elle va être "ravie" de voir son relou de mari se pointer alors qu’elle pensait être tranquille. (Bon j’ai envoyé mon mail mais j’espère qu’il reste des places). Au pire vous lui ferez des bécots de ma part.

Sinon j’ai été au truc d’Houbigant/Perris aujourd’hui (enfin... Hier, il est trois heures donc on a changé de jour, et vous lirez ça "demain"). On a rencontré le parfumeur de la maison qui nous a parlé d’une rose particulière (la rose de la ville de Taif au moyen orient) et du parfum qui en a été inspiré. C’était sympa, j’en parlerais plus en détail si vous voulez, mais bon là je vais dormir ^^.

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par , le 25 janvier 2014 à 17:23

Oui oui !
si j’ai partagé l’info, c’est que je ne pourrai pas être la beaucoup, et de loin, et je compte bien sur les présents pour nous raconter !!!

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par , le 25 janvier 2014 à 19:26

Je serai également présente à cette conférence.
J’essaierai de vous en toucher quelque mots, Mathilde Laurent étant une parfumeuse talentueuse cette rencontre sera enrichissante pour moi. Et si quelques infos sur le nouveau féminin fuitent lors de cette soirée...

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par , le 25 janvier 2014 à 19:47

Le féminin est présenté à la presse lundi et auparfum a la chance d’avoir une place donc je pense que vous en entendrez parler bientôt... ;) (sauf s’ils nous menacent de noyade dans une cuve de karanalamberextreme, auquel cas il nous faudra tenir la langue dans la poche)

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par , le 25 janvier 2014 à 20:49

Merci Jicky ;)
J’ai peur de la déception. Je comprends l’ambition de Cartier, nécessaire pour s’ancrer plus fermement dans le marché mainstream, mais je remarque que beaucoup de consommateurs étrangers croient à une réédition de Panthère. La leur est assurée mais j’ai beau m’attendre à quelque chose de différent, j’espère découvrir un jus à la hauteur des capacités de cette maison.

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par , le 25 janvier 2014 à 21:45

J’avoue être aussi très nuancé dans l’attente... Je ne m’emballe pas, je me prépare psychologiquement à la déception. Je sais qu’il y a beaucoup d’ambition dedans donc forcément le parfum sera vraiment grand public. Mais bon, on peut faire confiance à Cartier pour ne pas non plus faire un gros patchoufruit insignifiant ou un gros Beghin Say vomitif.

En tout cas ce n’est pas une réédition de Panthère, c’est bien La Panthère.
J’ai hâte :D ! (Mais... Sans emballement, zen).

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par , le 28 janvier 2014 à 08:55

Nuancé dans l’attente, mais pas dans la découverte, apparemment, si j’en crois ma lecture matinale de facebook ;-)

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par , le 28 janvier 2014 à 10:01

Ha ha oui !!!
Nous avons perdu Jicky, je répète, nous avons perdu Jicky....( motif de l’absence : état idolâtro-hypno-extatique post-traumatique dans un contexte clinique de mathildite aiguë)

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par , le 29 janvier 2014 à 16:46

Nan mais oui, entre La Panthère, Wasser et Laurent, j’ai fait 5 infarctus en deux jours et demi, je suis désolé ^^
(bon, je fais la brève sur Guerlain et j’arrive)

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le 29 juillet 2019