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Pour Homme

Yves Saint Laurent

Flacon de Pour Homme - Yves Saint Laurent
Les Classiques
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Animal disco

par , le 18 mars 2015

Lorsqu’on sent Yves-Saint Laurent Pour Homme (à ne pas confondre avec “L’Homme”, bien-sûr !), un mot surgit : « dualité ».
Voire « tension », entre une fraîcheur proprette et polie à la limite de la naïveté et de la candeur, et une noirceur animale, dérangeante, presque malsaine qui s’échappe déjà après quelques secondes.
Comment ne pas penser immédiatement à Yves Saint Laurent lui-même, qui présentait son premier parfum masculin en 1971 avec ces mots : « Ceci est mon eau de toilette. Maintenant, ce peut être la vôtre ». Et surtout une image forte, celle de son corps, entièrement dénudé qui fit scandale dans toute la presse.

Totalement inscrit dans les tendances de l’époque, dans la continuité d’une Eau Sauvage et d’un Chanel pour Monsieur, et dans les codes de la maison de couture et de son créateur, Pour Homme affiche une façade fraiche et pudique, un accord Cologne entre citron, thym, sauge et lavande, comme un visage rasé de près. Mais ce paravent n’est là que pour mieux souligner par contraste toute la gravité et le trouble suggérés par cette sombre fougère chyprée, aux frontières du propre et du salasse, qui entre géranium, mousse, vétiver, patchouli et surtout, une note animale de civette, procure dès le départ une sensation de dualité intrigante florale et fécale, à la manière d’une pâquerette.

Pour Homme sent à la fois le savon et la sueur, le disco en costard noeud pap, les nuits blanches au Palace arrosées de champagne, et saupoudrées d’autres substances, les discussions sans fin sur les banquettes en velours et les regards croisés à travers le dance floor entre les party animals des nuits parisiennes des années 70.
Saint Laurent prétendait n’avoir « que lui à offrir », il nous a cependant offert, avant sa disparition, des parfums qui le maintiennent encore un peu en vie aujourd’hui.
Il est cependant bien dommage que ce parfum, iconique et incarné, ait été contraint de rejoindre l’anonymat de la “Collection” (comprendre les “vieilleries” pas rentables), aux côtés de M7, banalisé dans son flacon cubique noir, tristement endeuillé...

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par , le 8 mars 2018 à 18:29

J’ai appris que ce parfum sera retiré de la vente. Le suis en train d’écumer les stocks

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Farnesiano

par , le 25 mars 2015 à 11:24

Merci, Jeanne, pour cette chronique d’un parfum qui hélas doit paraître bien vieilli/vieillot à la jeune génération actuelle. Il faut en effet nez expert, une bonne connaissance des classiques de la parfumerie, pour pouvoir apprécier ce jus à sa juste valeur. Pourtant à la première vaporisation, on est frappé par cette dualité fraîcheur/noirceur que vous nous révélez avec tant de perspicacité. Ce parfum accroche et s’il nous repousse un bref moment, c’est pour mieux nous reprendre. Je n’ai plus senti cet YSL depuis longtemps mais jeune, je l’ai beaucoup aimé pour le trouble qu’il occasionnait en moi, pour la modernité cinglante que vous nous révélez si bien. A l’époque, je crois l’avoir quitté pour le Vétiver de Guerlain, à la fois plus rayonnant et plus mystérieux.

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par , le 23 mars 2015 à 15:15

J’ai porté et adoré ce parfum. Les notes fraîches du départ évoquent pour moi l’ambiance des coiffeurs masculin en Espagne. Un mélange de fraîcheur et de chaleur, et quelques notes osées.
Je n’aurais rien contre le cube noir si cela était le changement le plus important. Mais la reformulation assassine littéralement cette eau de toilette, qui n’a ni la belle fraîcheur initiale ni les notes sombres de la fougère. Après une heure, il ne vous reste qu’une banalité. A la fois proprette et entêtante. Une très mauvaise photocopie du tableau initial. Bien sûr, on pourrait dire la même chose de l’infâme brouet qui a remplacé Opium.
J’aimerais comprendre qui achète ces reformulations. Pour ceux qui ont une bonne mémoire de l’original, ce n’est pas possible. De nouveaux consommateurs ? Que peuvent -ils y trouver ? Peut-être la seule raison est de conserver au nouveau propriétaire de la Marque (l’Oréal) l’usage d’une belle appellation ?

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par , le 23 mars 2015 à 15:22

Cher Giovanni,
Merci pour votre témoignage, et votre constat, qui est très juste.
"Qui achète ces reformulations" ? Plus grand monde, en effet... d’où la décision de mettre ces "classiques" en flacon standard afin de ne surtout pas trop dépenser pour eux, sans pour autant les supprimer totalement "pour l’image".
De la même manière que le travail de reformulation a sans doute du être baclé, car pas de temps ni d’argent à perdre avec ces "vieilleries", vu que personne n’achète... sauf que comme vous dites, ça donne encore moins envie d’acheter ! Cercle vicieux, effet boule de neige malheureux...

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par , le 8 mars 2018 à 18:28

j’ai appris aujourd’hui que ce parfum sera retiré de la vente. Le suis en train d’écumer les stocks !

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ghost7sam

par , le 19 mars 2015 à 12:01

Je ne l’ai pas encore découvert, mais les mots me font irrémédiablement penser à Kouros du même créateur. Le départ propre, savonneux, qui reste une façade pour les notes plus sombres. Et cette dualité qui persiste tout au long de l’évolution du parfum.
J’ai récemment senti un autre parfum, Van Cleef & Arpels pour homme , qui me semble aussi dans ce même schéma : c’est d’ailleurs la même décennie.
J’irai donc rencontrer cet "Animal Disco" à la première occasion, merci Jeanne pour cet article
— -
peace

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par , le 19 mars 2015 à 12:47

Cher Ghost7sam, votre remarque est très pertinente, en effet Pour Homme semble annoncer Kouros dans son esprit "dualité propre/sale", mais les deux sont pourtant très distincts en terme de structure et d’esthétique.
Alors que Pour Homme reprend la structure Cologne chyprée d’une Eau Sauvage, avec des notes plus fougères et animales, mais dans un style très 70s, Kouros est lui déjà bien ancré dans les années 80 avec sa fougère imprégnée de notes d’encens, de costus et de cuir qui s’imposent dès les premières secondes.

L’analogie avec Van Cleef & Arpels, qui date de 1978, et que j’aime beaucoup également, est tout à fait juste, par ce côté un peu médicinal des notes aromatiques et le fond boisé chypré, vétiver, mousse de chêne, un peu fumé, très classique et sombre.

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par , le 20 mars 2015 à 10:50

Bonjour Jeanne et merci pour votre réponse
J’irai les sentir tous côte à côte, notamment avec l’Eau Sauvage où la structure chyprée m’a échappé.

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par , le 19 mars 2015 à 11:38

Jeanne, votre plume enchanteresse est un plaisir pour le lecteur.

Oui, ce parfum fut un succès à l’époque, à la fois par le scandale publicitaire qu’il suscita (Saint Laurent posant nu) que par le nombre des ventes qui s’ensuivit.Il se voulait pourtant dans la tradition des jus "masculins" de l’époque : propre et conforme aux codes de la virilité et, en cela, poursuivait la voix tracée par Eau Sauvage de Dior.

Il semble un peu daté aujourd’hui mais, ce qui le différenciait à l’époque était le côté incroyablement frais du départ, puis, après des notes de plantes médicinales et boisées (mousse de chêne) un fond particulièrement sec sous l’emprise du vétiver.Un parfum froid, glacial, presque spatial par son côté propre.

Il a existé 2 versions de cette fragrance : l’ordinaire dont vous parlez et que la reformulation a modifiée et une version "Haute concentration", disparue au moment de la création de la nouvelle ligne.Cette dernière est, pour moi, la meilleure des deux avec un côté animalisé plus abouti, l’ajout de nouvelles notes et une élégance qui permettait d’en faire un parfum portable pour les grandes occasions.

C’est en pensant à cette version haute concentration (dont je conserve précieusement un flacon) que je donne 4 étoiles à YSL pour homme.

Et, je plussoie votre remarque : quel dommage d’avoir renvoyé à l’anonymat, par un système de flacon unique, les meileurs jus de la maison.L’esprit créatif (et génial) de Saint Laurent me semble avoir été totalement perdu de vue.

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par , le 19 mars 2015 à 12:37

Merci Aryse, ma plume rougit :)
Je ne crois pas me souvenir avoir senti cette version Haute Concentration, mais je l’imagine facilement, en version plus aboutie, animalisée et concentrée, et elle ne peut donc qu’être superbe...

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par , le 21 mars 2015 à 17:08

Bonjour, il y a même eu une cologne, très fidèle à l’original mais dépouillée de la note animale dont vous parlez (cette note m’échappe mais mon nez est moins cultivé que le vôtre). Cette version "fraîche" n’a duré que quelques saisons mais était très agréable à porter en été. Quelqu’un s’en souvient-t-il ?

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Beer luc

par , le 19 mars 2015 à 11:18

J’ai porté à l’époque ce parfum ainsi que la version Haute Concentration,et j’aime encore m’en souvenir.
Eau Sauvage de Dior et Pour Monsieur de Chanel ont fait également partie de ces fragrances qui m’envoutaient.
Pour moi ils resteront des classiques ainsi que dans un autre registre,Grey Flanel de Geoffrey Beene que je porte encore.

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Bella

par , le 19 mars 2015 à 11:04

Halala... les flacon cubes... Mais c’est vraiment dommage. Et puis les jus sont changés aussi...
J’étais catastrophiée de voir que Black Opium est dans les meilleurs ventes chez Sepho & Co. Et les si belles créations HISTORIQUES sont dans les flacons si moches en plastock en bas des étagères.

Pourtant, je me suis dis, ils pourraient mettre en valeur les parfums historiques grâce aux ventes de Black Opium... Hahahaha.

Quand je vois ça je suis vraiment triste pour cette Maison qui avait été si belle, sur tout les niveaux, et le créa et les parfums. Et surtout que c’était cohérent. Ce n’est plus le cas aujourd’hui malheureusement.

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Bianca

par , le 19 mars 2015 à 10:21

Une bien jolie relique.

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Patrick Barrabé

Patrick Barrabé

a porté Pour Homme le 5 septembre 2015

∞ ∆ - C19H28O2 - /al.tʁɥist/ || vecteur permanent d’enrichissement collectif || rendons ce monde meilleur et l’avenir possible - Innovation Advocate - ❤️
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