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Profumo

Acqua di Parma

Flacon de Profumo - Acqua di Parma
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Chypre Allegretto

par , le 17 octobre 2013

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Comme en cuisine, en architecture, en musique, peinture et autres diverses formes d’arts, en parfumerie, dès lors qu’une formule innove et fonctionne, on voit suivre, avec plus ou moins de réussite, des fragrances inspirées de la création à succès.
Les exemples seraient bien trop nombreux pour les citer.

Il en est ainsi avec "LE Chypre" de François Coty en 1917, forme assez raide mais suffisamment intéressante pour qu’on la redécouvre, deux ans plus tard, assouplie par une note de pêche à la sensation de matière et au toucher duveteux, par Jacques Guerlain dans l’un de ses chefs-d’œuvre : Mitsouko.
Dans les années suivantes, une tripotée de chypres fruités plus ou moins inspirés verra le jour, comme le très beau Que Sais-Je ? de Jean Patou et quelques autres.
Profumo est un de ces parfums inspirés, datant de 1930 (semblerait-il), soit huit ans après la ré-interprétation de Jacques Guerlain ; bien inspiré. Très bien même.

La comparaison avec le parfum de la célèbre maison est inéluctable tant celui-ci sert encore actuellement de maître-étalon. Toutefois, bien que très proche par l’esprit, Profumo apparaît rapidement comme moins épais et plus lumineux. La bergamote y est bien moins perceptible, l’envol se fait plus délicat par un accord de pivoine douce. S’il est fruité, c’est de manière moins définissable. Seule certitude, ces fruits sont davantage confits et sirupeux que chez Guerlain, ce qui apporte une douceur encore plus moelleuse et confortable à l’accord à la fois poudré et crémeux de l’accord classique joué entre rose, jasmin, iris et ylang qui apporte de sa générosité crémeuse grasse et épaisse.

Des notes ambrées de ciste-labdanum arrondissent encore les facettes boisées du patchouli, santal et vétiver. Quelques muscs tentent de conférer à la partition une durée correcte qui, toutefois, n’atteint ni en puissance (sillage) ni en durée (tenue) les capacités du parfum de 1919, dont la maison est connue pour composer assez bruyamment.

Que ce soit par un chauvinisme éhonté -d’autres que les Français peuvent-ils donc savoir faire du parfum ? des Italiens qui plus est ? (Oui, il se trouve que plusieurs marques italiennes de parfums sont intéressantes, dont Acqua di Parma...) -, ou car il y avait déjà bien suffisamment de quoi faire en France en termes de parfums durant tout le XXème siècle - Guerlain, à elle seule, est une marque dont le catalogue de 700 à 800 références (!) pourrait occuper à temps plein un(e) perfumista hardcore chevronné(e) durant dix ans -, très peu d’intérêt a été porté jusqu’ici à la marque Acqua di Parma et à Profumo, son joyau. A tel point que l’on peut s’interroger sur la véracité de la date de naissance vague supposée qui remonterait jusque dans les années 30 qui, si elle est crédible en termes de nature du parfum (les chypres fruités poussaient alors comme des pêches sur les arbres en août), l’est un peu moins du fait de l’absence totale d’éléments vérifiables pouvant étayer un âge si vénérable.

Peu importe. Profumo, quel que soit le nombre de bougies soufflé, est un concerto grandiose qui mérite très largement qu’on le découvre. Même si la création novatrice presque centenaire rejoue depuis peu une mélodie plus complexe (on ne peut que se réjouir grandement de cela), le jeu d’instruments un peu plus nuancés et réellement androgynes (moins fruités bien que confits) de Profumo peut en faire une partition utile à découvrir.

Alors que certains parfums paraissent dilués au fur et à mesure des reformulations successives subies, rien de tel avec Profumo. A l’image du chef-d’œuvre de Guerlain, dont il est très proche, la retouche qu’il a subie en 2008 ne semble pas l’avoir éthéré ; au contraire, il paraît plus défini. La trame moussue boisée étant amoindrie, c’est autant de bruit et de fondu en moins, les traits au pinceau restants sautent alors davantage au regard/nez. Dans le cas de Mitsouko jusqu’à la très récente formulation ayant octroyé à nouveau un peu plus de complexité, la pêche, seule, se faisait obsédante et omniprésente. Les notes intriquées de Profumo, si elles sont un peu moins complexes, évoluent dans une spirale qui reste ciselée et hypnotique. En fait, Profumo dans sa version actuelle ressemble toujours à ce qu’a parfois été Mitsouko dans le passé : un parfum entre évidence et complexité, entre langueur et mouvement, à la fois précis et indéfinissable par de simples mots.

A l’image de Jubilation XXV, hommage dépassant presque son modèle original qu’est Femme (tout au moins en son état présent au moment de la rédaction), Profumo se révèle être une sorte de chypre jouant une mélodie délicate dans de la soie, du lin et de la popeline. Il est cher. Mais, cela se sent...

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par , le 12 juillet 2019 à 18:57

En lisant votre post la semaine dernière Adina76, j’ai eu envie de sentir ce parfum. Me trouvant hier soir au drugstore PUBLICIS en attendant la projection privée d’un film, j’ai par hasard croisé ce “Profumo“... Quelle merveille ! J’ai humé mon poignet pendant toute la projection du film “Aznavour Autobiographie“ . Les images des années cinquante en Kodachrome me transportaient à l’unisson avec ce parfum d’un autre âge, d’une élégance qui peut souvent faire défaut aux eaux de parfums actuelles. En sortant je suis retourné au drugstore acheter ce parfum. Pas donné quand même, mais j’ai eu 20% de ristourne...

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par , le 15 juillet 2019 à 07:29

Bonjour Don Saluste,
Je me réjouis que cette expérience olfactive - et cinématographique - vous ait permis de découvrir et d’aimer cette splendeur avant qu’elle ne disparaisse. Oui, des parfums tels que Profumo sont de vrais joyaux qui mériteraient d’être bien davantage dans la lumière. Nez en faisait le parfum imaginaire de la Reine Victoria, ce qui résume bien la richesse et l’opulence toute aristocratique du jus. Je suis un peu - juste un peu - désolée pour votre dépense mais vous en aurez de toute façon largement pour votre argent.

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Adina76

par , le 14 juin 2019 à 10:34

Déçue mais aussi énervée au plus au point ! Qu’est-ce qu’on en a à faire de toutes ces flopées de nouveautés ! Acqua di Parma va sortir un truc à la vanille .... j’ai failli demander si les pralines et le sirop seront de la partie, tant qu’on y est... alors oui, la concurrence est rude, les consommateurs ne consomment plus beaucoup, mais le feront ils davantage si on leur propose toujours les mêmes formules alors qu’Aqua di Parma avait un catalogue magnifique qui ne demandait qu’à être mieux valorisé ? voilà ma journée est - presque- fichue ...

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Adina76

par , le 14 juin 2019 à 10:07

Bonjour à tous,
Je viens d’apprendre la disparition de ce chef d’oeuvre absolu ! Misère, misère, misère.... ma petite virée au Bon Marché vient de s’achever sur cette triste nouvelle. Disparue également la Colonia assoluta ! Malgré toute la bonne volonté du charmant vendeur qui m’a fait la louange de la nouvelle gamme à venir, je suis déçue, déçue .... avis aux amateurs : il y a encore ces deux merveilles sur un site en ligne bien connu et à des prix plutôt tirés vers le bas. M’est avis que les stocks ne vont pas faire long feu...

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par , le 15 juillet 2019 à 17:09

Dans la foulée, je viens de me commander 180 ml de Colonia Assoluta sur un site...
J’aime beaucoup aussi.

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par , le 16 juillet 2019 à 08:14

Moi aussi j’ai craqué pour la superbe Colonia Assoluta. Mais en 100 ml seulement. En fait, mes préférés chez Aqua di Parma sont ceux qui disparaissent, hélas... J’aime aussi beaucoup la belle note cuirée de la Colonia Intensa. Les quelques eaux récentes que j’ai pu sentir dans cette marque m’ont paru très anecdotiques. Pura est à oublier.

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Thierry

par , le 22 octobre 2013 à 19:16

Je suis allé ressentir la version actuelle car je possède un flacon précédant la reformulation de Nathalie Lorson. Cette version dont je ne suis pas du tout sûr qu’elle soit identique à l’original de 1930 pouvait à mon avis être qualifiée de chypre fruité générique. Il n’y a aucun accent dépréciatif dans ce point de vue (je l’aime beaucoup), mais il est vrai que Femme ou Que Sais-Je ? constituaient des variations plus originales que Profumo (par les épices ou cette note gianduja) autour de ce chef de file qu’est Mitsouko.

La formulation actuelle est davantage lumineuse (un peu comme Mitsouko 2013), elle a aussi perdu la raideur caractéristique des "vieux chypres" et est en quelque sorte plus élégante, plus douce, plus poudrée...

Hélas, son positionnement-prix l’empêche peut-être de toucher une clientèle plus large. Avec Jubilation 25 (Amouage), Profumo constitue une alternative "moderne" que les amateurs du genre "chypre fruité", se doivent de découvrir.

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par , le 22 octobre 2013 à 19:18

Oui, Jicky, j’ai mis des guillemets à "moderne"... :-)

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par , le 22 octobre 2013 à 19:34

Tu ne les avais pas mis en parlant de Rive Gauche. :)

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par , le 22 octobre 2013 à 19:36

Perso, je suis tout à fait d’accord avec toi pour dire que Jubilation 25 est moderne, à la fois dans son exécution que dans ses matières premières. Après c’est le rendu qui pourrait, éventuellement, peut être, bourré, dans le noir, avec une anosmie, sembler un peu vieillot... Même si je continue de penser que Jubilation 25 est un moderne !

(un peu comme Rive Gauche quoi...)

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par , le 22 octobre 2013 à 19:50

Jubilation 25 et Profumo ont tous les deux une exécution, un traitement et des matières très modernes. Ils me rappellent l’esprit des Malle : une inspiration classique mais une exécution ultra moderne. Ces parfums que j’adorent n’ont pas l’aspect sombre des grands chypres classiques, ils sont plus épurés et lumineux.
Jolie alternative peu onéreuse à Profumo : Classic Chypre d’Esteban. Franchement, je le trouve superbe. Son fond chypré, boisé et poudré est ravissant. De plus, il a le côté fruits blets de Que sais-je et de Champagne.

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par , le 3 janvier 2014 à 10:33

Salut Jicky et Newyorker. (Jicky et Patwisse (si tu passes par ici toi aussi) : cela s’écrit N-E-W-Y-O-R-K-E-R... Essayez, vous verrez, z’allez y arriver vous aussi... ^^)
Là, maintenant, j’ai envie de découvrir ce Classic Chypre d’Eteban. Je pourrais avoir envie de connaître Champagne à nouveau mais, depuis que l’Yvresse a été versée dans un flacon de Champomy en toc (ce plastoc et ces cubes si cheaps, surtout en comparaison du magnifique flacon originel) avec beaucoup de sirop Teisseire, je suis moins tenté. Bref. Encore une excellente idée d’équipes marketing qui ont trop ou pas assez abusé des substances essentielles au bon fonctionnement de leurs connexions synaptiques... ^^ #peaudevache #mauvaise #MauvaisesRésolutions2014
Bonne journée.
Opium

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par , le 3 janvier 2014 à 10:30

Bonjour Thierry.
Bonne année encore !
C’est toujours un plaisir de te lire sur auparfum.
Je ne reviendrai pas sur la modernité ou son absence dans certains parfums possédant une trame classique mais produits de manière malgré tout plus contemporaine. Vous maîtrisez bien mieux que moi ce domaine Jicky, Newyorker et toi. ;-)
Qualifier Profumo de "chypre fruité générique" sans dépréciation me paraît, également, tout à fait approprié. Il n’y a pas ce "twist", ce petit revirement de situation qui fait une vraie différence avec Mitsouko contrairement à beaucoup d’autres parfums qui étaient des variations autour du même thème comme Que Sais-Je ? ou Jubilation 25.
En comparaison de ce dernier, il semblerait presque manquer quelque chose à Profumo. Le cumin et la variété de la sensation fruitée de Jubilation 25 en font grandement l’intérêt. Il paraît davantage facetté. Tous deux, toutefois, avec Mitsouko aujourd’hui, du fait de l’absence dans les quantités passées de la mousse de chêne (vénérée), se font bien plus lumineux. Au clair-obscur de la fin d’automne succède actuellement une luminosité orangée de tout début de soirée d’un été finissant.
Pour comparer Profumo avec Mitsouko, la matrice originelle, c’est l’absence de bergamote en ouvreuse de théâtre qui fait la différence principale selon moi. Profumo entre directement dans le vif du sujet, et, en cela, il est "moderne". Pas d’ouvreuse, pas de prologue, on est placé immédiatement, mais tout en douceur et fluidité, dans le cœur du sujet, dans l’action. Mitsouko, par la pétillante des agrumes servant d’introduction, est plus vif, plus incisif, un peu plus offensif que Profumo.

En fait, Profumo, en termes olfactifs, serait presque le parfum facile à enfiler, une sorte de "chypre easy-to-wear", un "chypre easy-listening", un "chypre prêt-à-porter" aussi facile à enfiler qu’une tenue basique dans laquelle on se glisse sans trop réfléchir. MAIS, grand problème pour cela : il vaut mieux être issu des vieilles bourgeoisie ou aristocratie de l’ouest parisien pour cela. En effet, comme tu le soulignes, si en termes olfactifs ce parfum est l’un des chypres les moins compliqués à appréhender, en termes financiers, il faut pouvoir se le permettre ! C’est que la "simplicité" a un (sacré) coût !

Je vais digresser un peu. Mais, la semaine passée, suite à la recherche d’un jeune homme, amateur de niche et qui m’a donné le défi qui, à ce jour, est resté l’un des deux plus difficiles à remplir (le suivant a eu lieu, heureux fait du hasard, le lendemain) [respectivement, une odeur de marais/bayou et une autre d’herbe à fumer, le tout en flacon... ^^], un échange étonnant a eu lieu.
Faisant découvrir au premier des parfums verts, floraux humides, et tentatives de chypres moussus, dont Aromatics Elixir (qui, s’il n’est pas classé, à proprement parler, en chypre, est bien l’un des parfums qui en a les caractéristiques - de sous-bois - les plus flagrantes), il me déclare : "Mais, pourquoi ne fait-on pas des parfums (chypres) qui sentent juste la terre, l’humidité, les sous-bois ? Pourquoi y ajouter toujours quelque chose ?" Et moi, quelque peu interloqué, de lui répondre que sa demande est pour le moins assez rare et que les gens, en général, préfèrent des choses plus arrondies et douces.
Thierry, voilà un jeune homme de 19 ans qui réclame le Chypre de Coty dans toute sa grande austérité ! A une époque qui se vautre dans les fruits poisseux, la praline collante, le sucre cheap, le DHM et les "bkp" (petit clin d’œil à l’initiateur de cet abrégé... ^^), il y a parfois de rares espoirs. ;-)
Passe une excellente journée.
A bientôt.
Opium

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par , le 3 janvier 2014 à 14:26

Bonjour, Thierry et Opium. Instructif, ce bel échange. Comme vous le soulignez, la grande différence entre Mitsouko et Profumo, c’est précisément cette brassée d’agrumes, dont la magnifique bergamote, qui animent l’ouverture du premier, le pionnier finalement. Ce sont ces notes de tête, typiques de chez Guerlain, celles qui tout de suite vous "piquent" au nez pour mieux vous accrocher tout en vous rafraîchissant divinement. Notes merveilleuses, lumineuses, reconnaissables entre toutes et que j’ai retrouvées tout à l’heure dans Shalimar Ode à la vanille, que je connaissais mal - assez belle composition ma foi. La lumière Guerlain, elle est là dans ce fil d’or qui parcourt leurs plus belles créations. Dans Profumo, mon flacon datant d’avant la reformulation, je sens plus le jasmin que l’aspect fruité- pêche, et de fait, on entre plus vite dans le coeur du sujet, sans doute un peu moins facetté et à l’évolution moins troublante, moins mystérieuse que celle de Mistsouko. Mais lié à des souvenirs, je porte plus volontiers Profumo que le Guerlain, et ce depuis dix ans, simplement parce qu’il me va mieux. Souvenir, quand tu nous tiens...

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Babouboba

par , le 18 octobre 2013 à 23:28

C’est là qu’on aurait beson d’un "like", quand on ne pas dire mieux ou plus beau que le commentaire déjà laissé.
Bravo farmesiano...

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par , le 20 octobre 2013 à 19:05

Merci beaucoup, Babouboba, et un grand merci aussi à Jicky, d’avoir pris la relève : je me sentais si seul à évoquer Profumo après le long et si juste billet d’Opium. La confrérie s’élargit, ouf ;-). Bonne soirée à tous.

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Farnesiano

par , le 18 octobre 2013 à 14:42

- Merci mille fois, Opium, pour cette chronique que j’attendais tant !
Vous avez tout dit sur ce parfum que je place dans le top 10 de mon trop grand
palmarès. Sans doute est-ce grâce à lui que j’ai vraiment découvert et
pu apprécier à sa vraie valeur cette vaste et si belle famille olfactive,
les chypres, au sein de laquelle Profumo demeure mon préféré. Je le
porte volontiers dès l’automne. Est-ce, malgré ses rondeurs féminines
si moelleuses et si confortables, son lumineux côté masculin
qui me séduit tant ? Dans sa version 2003, en tout cas. Dès que je sors en profumo, tout le monde autour de moi me dit
que je sens divinement bon ! C’est un parfum non pas facile, il est
trop rare pour cela, mais accessible : chacun peut y retrouver une
facette dans laquelle se lover...
- Souvenir personnel : fin de l’automne 2003, quelques semaines avant
Noël, sortant d’une période plutôt difficile, j’entre dans une
parfumerie, bien décidé à me faire plaisir. Le parfumeur m’accueille
gentiment et me propose de sentir quelques nouveautés. L’étudiant qui
l’aidait, passe à côté de moi et sent divinement bon ! Que
portez-vous, Monsieur, qu’est-ce que ce si beau parfum, demandai-je au
jeune homme ? Devant l’ignorance de l’étudiant, le patron me répond :
Profumo, un beau classique de chez Acqua di Parma, mais bien différent
de leur gamme habituelle. Pourtant, pensai-je, ce type de fragrance ne
m’était pas du tout inconnu , j’y retrouvais tout ce que j’aimais dans
Pour Monsieur de Chanel, version concentrée, avec en plus un magnifique
bouquet de fleurs, çà et là fruitées et mûres, et surtout un merveilleux fond chaleureux. C’est superbe, déclarai-je aussitôt conquis, je me l’offre ! Le prix n’était pas exorbitant comme aujourd’hui. (Elle est scandaleuse, cette
augmentation des prix, depuis quelques années, dans les marques dites prestigieuses, c’en est presque indécent !)
- Je possède donc un flacon datant d’avant sa reformulation
brillamment exécutée par Nathalie Lorson. Je garde cependant un faible pour
la version précédente que je ne qualifierais pas pour autant de
vintage. J’aime Profumo pour son côté immédiatement voluptueux, pour
cette délicieuse et douce plongée dans toutes ces notes que vous
évoquez si bien, Opium, et ces bois subtils qui en soutiennent le fond.
Je l’aime aussi parce que tout simplement il s’appelle Profumo. Pour
moi, c’est LE parfum. Ou celui que j’emporterais sur l’île déserte,
allez, je vous l’accorde, avec deux ou trois vieux Guerlain. A mes
yeux, Profumo résume tous les parfums, j’y trouve tout ce que, après
tant de découvertes vertigineuses dans les plus hautes ou rares
niches, je recherche aujourd’hui : fleurs, fruits et bois
harmonieusement mêlés pour une senteur tour à tour ronde, captivante, naturellement élégante et si lumineuse, au sein de laquelle je ne me lasse pas de me prélasser...
S’il n’avait pas déjà été le pseudo d’un(e) autre, Profumo aurait été
le mien, bien avant que je ne choisisse Farnesiano. Désolé d’avoir été si
long, Opium, mais le coeur, et tous mes sens, ont parlé.

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par , le 18 octobre 2013 à 23:00

Merci beaucoup Farnesiano pour votre enthousiasme et votre sincérité ! En toute honnêteté, ça m’a fait plaisir de livre votre texte alors que je rentrais complètement déprimé de ma journée. Ça fait tellement du bien de voir ce genre de passion et d’amour du parfum, complètement gratuit et généreux !

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par , le 20 octobre 2013 à 19:09

En bien des cas, le parfum peut s’avérer une douce consolation, mais heureusement, il est bien plus que cela ! Les chroniques et commentaires de tous les collaborateurs d’AP nous le prouvent au quotidien. Merci aussi, Jicky, et bonne semaine. farnesiano

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par , le 21 octobre 2013 à 09:22

Bonjour Farnesiano.
Merci pour votre message, vos mots et votre enthousiasme qui font vivre, dans l’émotion et la bonne humeur, pour partie ce site.
La parenté avec Pour Monsieur Intense ne me surprend pas vraiment, nous restons dans les chypres avec quelques touches fruitées.
C’est une famille olfactive qui, pour les connaisseurs, et davantage encore que les floraux aldéhydés, serait souvent LA famille olfactive, celle qui s’offre difficilement, mais qui quand elle devient plus lisible, le devient totalement et avec passion. Pour beaucoup (de parfumeurs et pas que...), LE parfum serait Mitsouko ou Femme, la ligne claire ou la complexité, autour d’un même thème, ou de plusieurs autour de celui-ci. Pas étonnant que pour vous "le" parfum puisse être Profumo (si proche du premier), "LE Parfum", le seul, l’unique. Bon choix.
Ce qui est dingue avec les chypres, c’est que, s’ils font datés, ils "rameutent" les compliments à foison pourtant. Nous en sommes à un stade où nous ne portons pas un parfum pour avoir l’acquiescement public. Mais, malgré tout, je reconnais que parfois cela fait plaisir. ;-)
Encore merci pour votre enthousiasme habituel, votre fougue, pour vos transports qui appellent à de belles émotions.
A bientôt.
Opium

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par , le 2 janvier 2016 à 15:22

Farnesiano,

Je partage votre amour de ce parfum, même si je suis bien incapable d’en parler aussi bien que vous. C’est le seul que j’aime autant sentir sur ma peau que Nahéma en extrait parce qu’il s’y fond d’une manière divine. Je ne sais plus ce qui tient de lui, ce qui tient de ma peau et ce qui tient de l’alchimie entre les deux. Bref, je m’incline devant cette complicité. Je voulais vous demander votre avis sur un point, mais ce n’est pas quelque chose de facile à mettre en mots, en tous cas pour moi qui suis novice dans l’évocation de mes impressions parfumées.

Je trouve Profumo très direct, très horizontal. J’essaye d’expliquer. Je trouve qu’il rampe sur ma peau, qu’il s’y mêle, mais je lui trouve aucune velléité de s’envoler au loin. Disons que si c’était une construction, ce serait une construction basse, sans jeu d’ascension verticale, l’inverse d’un building. Ou plutôt, si c’était une musique, j’imagine une batterie, des tambours et des cordes, pas de flûte, pas de cor, pas de triangle. Rythmes et cordes, et c’est tout. Et pourtant, je ne veux pas dire par là qu’il est linéaire, il évolue dans le temps, simplement je le trouve très très compact, comme tressé de lianes serrées ensemble. C’est tout sauf un défaut pour moi car j’apprécie son côté très direct. Je le vois comme une personne dont les qualités sont tellement nombreuses et évidentes qu’elle n’œuvre d’aucun artifice ni même d’aucune séduction. Un parfum très séduisant mais pas séducteur pour deux sous.

Cela correspond-il à votre propre perception

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par , le 6 janvier 2016 à 22:20

Bonsoir Alchimie, et vraiment désolé pour le retard ! Cela me fait toujours extrêmement plaisir d’évoquer Profumo : c’est par lui que je suis entré dans la famille des chypres dits féminins, ou floraux. Famille complexe que les chypres ! Les rédacteurs d’Auparfum en parlent et en parleront encore beaucoup mieux que moi. Tant de richesses simultanées, tant de côtés, de facettes peuvent s’y côtoyer et mélanger : fleurs, fruits, bois, mousses... Toutes ces variations nous feraient parfois presque à nous hésiter à les qualifier de chypres.
Je crois comprendre votre ressenti face à Profumo. Je n’ai senti que deux trois fois et trop rapidement la version actuelle. La mienne a plus de dix ans et je l’ai "économisée" trop longtemps. Aujourd’hui, je me suis décidé à la porter plus régulièrement tout simplement parce que ce parfum me va. Certes, il ne décolle pas comme le ferait Mitsouko, son évolution est moins surprenante que celle du Guerlain dont la "circulation" dans l’air est proprement magique et réserve selon l’heure du jour, la chaleur, le degré d’humidité, j’allais presque dire la lumière, de merveilleuses surprises : Mitsouko pourrait être le parfum pour l’île déserte. Cependant, même si Profumo semble (ou est) plus prévisible parce que peut-être plus compact, et aussi sans doute moins féminin, donc moins aérien, je le porte plus volontiers, en tout cas dans version d’avant Nathalie Lorson. Vos comparaisons musicales sont intéressantes, j’aurais presque envie d’en faire de semblables en peinture (Giorgione ou Titien pour Mitsouko contre Poussin pour Profumo) mais il m’est réellement difficile d’évoquer Profumo en termes de séduction. Bon nombre de parfums mineurs ou trop sentis sont magnifiés par l’homme ou la femme qui les porte. De vieux classiques comme Kouros et Rive Gauche, pour reprendre deux YSL croisés dans la rue récemment, font des merveilles sur telle ou autre personne, selon le physique, le style vestimentaire, la dégaine ou l’allure. Profumo me porte, et cela me suffit. Mais je suis mauvais juge : depuis un an, je nage - et me noie ! - dans cette famille que j’adore : Femme de Rochas, Jubilation XXV d’Amouge (supérieur encore à Profumo, ou le génial (et financièrement tout à fait accessible Classic Chypre d’Esteban. Petit faible aussi pour le splendide bouquet fruité et boisé du Parfum de Thérèse... mais là, on s’éloigne des chypres traditionnels. Au plaisir de vous retrouver sur AP.

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domik

a porté Profumo le 17 mars 2015

Dominique, from "Nèze"
Sa note :
domik

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a porté Profumo le 27 février 2015

Dominique, from "Nèze"
Sa note :
domik

domik

a porté Profumo le 21 février 2015

Dominique, from "Nèze"
Sa note :
domik

domik

a porté Profumo le 20 février 2015

Dominique, from "Nèze"
Sa note :
domik

domik

a porté Profumo le 10 février 2015

Dominique, from "Nèze"
Sa note :
Farnesiano

Farnesiano

a porté Profumo le 31 octobre 2014

Passionné par le monde des odeurs, je sens mon amour du parfum grandir de jour en jour. Des grands classiques aux parfums de niche ou plus exactement parfums d’auteurs, sans négliger certains (...)
Sa note :

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Folie bleue

Folie bleue - Godet

Une réédition qui semble avoir ramené de 1925 tout son charme bucolique et poétique.

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Bonjour à tous, Vous pouvez retrouver Mathilde Laurent dans cette interview(…)

sigisbée a commenté Loulou

il y a 2 jours

Bonjour Chloé, C’est avec bonheur que je lis votre poste. En France, nous avons la chance(…)

Jicky a commenté Folie bleue

il y a 4 jours

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le 29 juillet 2019