Auparfum

Episode 11 - Jacques de fin

par - - - , le 27 août 2014

(Cet article fait partie de notre Saga Guerlain)

Avec le bout de sa langue pincé entre ses deux lèvres et les sourcils froncés, Thierry Wasser s’appliquait. A quoi ? Les jurés étaient intrigués, certains levaient discrètement la tête pour apercevoir ce qu’il dessinait. Car, à observer les mouvements de sa main, c’était bien ce qu’il semblait faire. Interrogateur, Frédéric Sacone s’éclaircit la gorge : "Thierry ?". L’intéressé leva la tête et observa la vingtaine de paires d’yeux tournés vers lui. C’est qu’un silence presque amusé s’était installé dans l’enceinte du tribunal de fortune de nos passionnés de parfum. "Ben quoi ? Regardez ce que j’ai fait !" et au même moment, Thierry Wasser éclata d’un rire jovial et communicatif tout en montrant à toute la "Cour" son travail consciencieux : le dessin d’un clap final de cinéma.

Eh oui, le temps passe, les chapitres s’égrènent, les touches à sentir défilent au rythme palpitant des parfums découverts. Strate après strate, le mille-feuilles complexe d’une part de l’histoire de Guerlain, et par là de l’histoire de la parfumerie, se dévoile...
Voilà que l’on aperçoit le bout du tunnel sous le sable des déserts de l’oubli. Car, à la vue du dessin du parfumeur, nous savions tous que les derniers disparus allaient être étudiés, ces derniers travaux d’un homme, d’un seul toujours, mais au génie rarement égalé jusqu’à présent. Jacques Guerlain qui, aux alentours de cette guerre dévastatrice et en même temps qu’il subit les affres du temps qui passe, se fera plus rare, moins présent, moins productif, mais pas moins intéressant ni bouleversant pour certains...

Pour la première fois de la matinée, ce fut Méchant Loup qui fut appelé pour témoigner. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il troubla certains jurés. Quelle place occupait-il dans le cœur de Coque d’Or  ? Était-il un simple admirateur ou un amoureux plus intime ? C’est que le ton de sa voix pouvait laisser supposer bien des choses...

Coque d’Or - Jacques Guerlain, 1937 - par Méchant Loup d’Olfactorum

Coque d’Or ! Un nom qui sonne comme un écrin lourd, cher et précieux, comme pour faire écho au mobilier très massif, sculpté dans des essences rares et verni, en vogue à la période où il est créé, en 1937. Le flacon mérite à lui seul le détour, tant c’est une prouesse de verrier, avec sa forme de nœud, teinté de bleu et recouvert d’une couche dorée.

Le parfum n’est pas en reste, et à la seul bouffée d’un effluve de Coque d’Or, c’est bien un âge d’or aujourd’hui révolu qui revient à l’esprit. En effet, comme pour le mobilier de cette époque qui ne serait plus concevable de nos jours essentiellement pour des raisons de coûts, Coque d’Or ne pourrait sans doute plus être formulé pour les mêmes raisons, tant il semble chargé d’iris et de son plus précieux composant, l’irone. Bien sûr, cette noble racine est hors de prix, et elle se montre en quantité négligeable quand elle est revendiquée dans les parfums actuels.

Une coque d’or, quel merveilleux écrin pour cette noble matière, une belle mise en valeur ornée d’autres précieux attributs qui lui font écho tout en accentuent ses facettes complexes. L’iris, iridescent mat et froid de Coque d’Or résonne ainsi avec un accord œillet, dont la violette, l’angélique, la graine d’ambrette et l’eugénol non encore soumis à des limites à l’époque sont les piliers !

Dans son évolution se dessine comme par magie la trame d’un parfum auquel il emprunte la lumière et les facettes fruitées et épicées de bergamote piquante, de pêche juteuse, de piment, de cumin et de mousse de chêne, celle du célèbre et emblématique Mitsouko, qui a connu un sort meilleur. Jacques Guerlain, comme beaucoup de parfumeurs à cette époque (et comme vu durant les épisodes précédents), avait pour coutume d’écrire des formules dites "à tiroirs" prenant ainsi la trame d’un ou de plusieurs parfums pour l’habiller différemment et en créer un autre à la signature singulière. Les notes de fond, sur peau, se figent autour d’un accord de styrax et de baume de tolu sans doute pour mieux exprimer son caractère et son luxe, que l’on imagine en sillage dans les décors riches de l’époque.

Ainsi, entre Mouchoir de Monsieur pour ses facettes poudrées et irisées, Après l’Ondée pour son œillet crémeux et Mitsouko pour sa pêche chyprée lumineuse, Coque d’Or réussit la synthèse de conjuguer le meilleur dans une harmonie et une aura noble et riche. Est-ce un hasard si l’on m’a demandé de témoigner aujourd’hui, car Coque d’Or est sûrement celui que je préfère de toutes les reconstitutions présentées par Guerlain, si l’on excepte ceux qui ont survécu ? Ou est-ce l’instinct qui a parlé ?

De 1938 à 1948, dix ans passent. Jacques Guerlain perd un fils, vieillit et la parfumerie évolue. Lui qui savait parfaitement comprendre les tendances de son temps, voilà qu’avec Fleur de Feu, il laisse de côté les compositions plus modernes pour mater cet archétype que représente le floral aldéhydé. Et qui de mieux pour nous parler de ce parfum que le docteur-ès fleuri aldéhydé, notre cher Dau ?

Fleur de Feu - Jacques Guerlain, 1948 - par Dau pour A la Recherche

Les années ’50 débutent en 1947 lorsque Christian Dior présente sa première collection. Elles seront une Restauration. Peu importe que les françaises votent enfin, elles retrouvent les grâces du Second Empire, tailles étranglées par les guêpières et les gaines, jupes aux longueurs indécentes, délicieuse petite madame d’un âge d’or retrouvé. Gabrielle Chanel, retirée en Suisse, fait la gueule à cette France qui ne lui pardonne pas ses aventures allemandes et prépare ce retour dont personne ne veut. En attendant, elle règne par ses parfums, son increvable N°5 étant toujours la fragrance la plus vendue de ces années-là, directement suivi par ces autres vétérans que sont Arpège et Joy.

Liu et Véga ayant été des échecs commerciaux, même si Liu possède toujours ses fidèles, Jacques Guerlain remet son ouvrage sur le métier et veut donner à sa maison le grand succès aldéhydé qu’elle ne possède pas encore. Fleur de Feu sera donc un grand floral aldéhydé.

Le départ est lumineux. Jamais je n’avais senti aldéhydes plus dorés. Les autres grands noms du genre paraissent en comparaison blancs ou brunis. Une touche de miel mêlée au jasmin les rend absolument suaves, lumineux et "flamboyants." Le bouquet est complexe, on distingue l’ylang, et s’étend sur des douceurs poudrées d’iris, héliotrope, tonka et un petit quelque chose de résineux qui me semble courir à travers tout le parfum, lui donnant un aspect quelque peu caramélisé, quoique sans sucre ajouté.

Fleur de Feu n’a pas trouvé son public et Jacques Guerlain n’aura donc jamais vraiment connu le succès avec les aldéhydés. Pas que les parfums ne fussent beaux, j’avoue un grand coup de cœur personnel pour ce Fleur de Feu, mais probablement parce qu’ils ne correspondaient pas à la clientèle Guerlain. Qui attendait sans doute autre chose de son parfumeur fétiche qu’un parfum dans la même veine que ces "parfums de couturiers" qu’on achetait en allant faire ses essayages, en passant par la boutique. Des années plus tard, Jean-Paul Guerlain fera enfin un aldéhydé à succès, Chamade, dans une époque autre, moins luxueuse, où les femmes ne passent plus leurs après-midis chez leurs couturiers.

Après que tous les témoins purent s’exprimer, Jicky, enfin, dû revenir à la barre. Si l’une des toutes premières créations d’Aimé Guerlain l’étonna au début de notre rencontre, il en fut encore de même pour ce parfumeur qui lui semble si proche avec sa dernière création à la fin de notre réunion.

Atuana - Jacques Guerlain, 1952 - par Jicky

L’image d’un Jacques Guerlain déambulant dans les rues de Paris en 1952 m’emplit d’une mélancolie teintée de satisfaction : la première moitié du XXème siècle est achevée. La parfumerie n’est plus l’embryon qu’était Pao Rosa ni l’enfant que représentait Jicky. Après l’Ondée vient de finir sa thèse d’histoire de l’art, Mitsouko va faire son service militaire et Vol de Nuit quitte le domicile parental. Que faire ? Suivre l’air du temps et se lancer dans une tubéreuse fracassante ? Atuana permet de découvrir que Jacques a préféré, pour une fois, fermer les yeux sur la parfumerie du début des années 50 pour mieux se concentrer sur son écriture.

C’est que Atuana, à l’image d’un Sous le vent, semble être un prisme de Vol de Nuit. En effet, il reprend une verdeur très semblable au chef d’œuvre de 1933 pour l’ouverture ainsi qu’un fond baumé surpiqué de vétiver pour clore sa composition. Atuana se concentre donc sur ces deux entités en opposition, typique de Guerlain. Ainsi, ce parfum est avant tout un grand hommage aux notes aromatiques, comme jamais depuis Jicky : la lavande s’aventure en mettant en avant ses atours les plus verts, permettant d’accueillir à ses côtés un basilic pétillant et plein de lumière, donnant presque un effet menthé particulièrement saisissant. Fait intéressant, ces notes vertes ne semblent pas rafraîchir la composition. A vrai dire, elles paraissent même... chaudes. En effet, des aspects gourmands proches du chocolat mou et d’un miel doré viennent à la fois texturer le déroulé du parfum et introduire les notes plus orientales. Ainsi, un ambre vanillé et poudré s’agrippe à ces aromates très verts mais consistants, mettant en relief le rôle du cœur floral, notamment un jasmin permettant de faire un lien profond. Sur le fond, Atuana chyprise légèrement, les notes boisées et moussues se faisant néanmoins discrètes, suggérant plus les restes de la lavande qu’autre chose.

Que Jacques Guerlain continue d’explorer son écriture, c’est une chose, néanmoins, on pourrait aussi penser qu’il remet quelques parfums à leur place. Pour un Homme est passé par là et Miss Dior, reprenant un des schémas proposés par Vol de Nuit, ne cesse de monter dans le cœur des dames. Atuana se pose dans la lignée de ces parfums, avec une sagesse et un recul qui lui confère une gravité que les autres parfums n’ont pas, eux qui semblent plus frais et enjoués. Mais lui n’a pas vieilli : en évitant la binarité du Caron ou le bouquet un peu trop appuyé du Christian Dior, le Guerlain a su rester encore très intelligible pour un public actuel, le fait qu’il ait disparu des mémoires ayant aussi beaucoup aidé. Cependant, dire qu’un parfum comme L’Heure Vertueuse soit son descendant direct est loin d’être idiot, tant son approche des notes lavandées et aromatiques est semblable.

Enfin, dans son fourmillement de textures, de couleurs et de bruissements subtilement audibles, Atuana s’avère être un Jacques Guerlain terriblement intéressant à la fois pour la compréhension de son écriture, mais aussi parce qu’il rappelle avec simplicité que les odeurs ont le pouvoir de se lier au cœur de ceux qui sentent. De ne faire plus qu’un avec eux.

Voilà...
Le dernier parfum ressuscité découvert par une matinée pluvieuse et fraîche d’un avril qui ressemblait à un novembre vient d’être évoqué. Un jour, peut-être, d’autres suivront encore...
Mais, avant cela, retrouvez-nous la semaine prochaine non plus pour découvrir de nouvelles pièces à conviction... Mais pour tenter, tels Sherlock Holmes ou Hercule Poirot, d’analyser, décortiquer, malmener ce qui a été transmis pour comprendre ce qu’a été la maison Guerlain par le passé. Histoire d’activer un peu nos chères "petites cellules grises"...

(Cet article fait partie de notre Saga Guerlain)

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Thelittlebox

par , le 25 octobre 2014 à 18:10

Bonsoir,

Coque D’Or sortira en édition limité à 25 exemplaires dans un flacon Baccarat courant décembre.
Selon les dires de la même personne, il s’agit, "bien entendu d’une version du parfum repesée et reformulée pour qu’il puisse être autoriser à la vente".
Cela risque d’être inabordable, mais ce genre d’évènement est précieux pour le patrimoine.

Thelittlebox,
Bonne soirée.

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par , le 25 octobre 2014 à 18:47

Une amie a sentie les deux versions d’ailleurs (celle qui sera proposée à la vente et celle qui a été repesée d’après la formule d’origine) et m’a dit que c’était vraiment très très proche.

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Thelittlebox

par , le 27 août 2014 à 23:33

Bonsoir à tous,

Coque D’Or à l’air sublime ! Votre description met l’eau à la bouche. En jetant un œil pour voir à quoi ressemble ce flacon nœud, je vois qu’il se vend aux enchères. Il doit y avoir des collectionneurs de vintages qui courent après.
Je suis un peu chagriné que la maison Guerlain semble refuser que ses parfums vintages soient vendus d’occasion sur internet notamment, cela pourrais participer à faire perdurer le patrimoine dont il ne reste plus guère que des formules écrites. Ceci est un autre débat.

#voixdeStéphaneBern « on »
Un grand merci à Auparfum, à Jeanne et aux rédacteurs d’ici et d’ailleurs et à la maison Guerlain qui nous ont permis de suivre cette délicieuse aventure « Saga Guerlain ».

Merci de nous avoir fait partager l’histoire de Guerlain et de ses parfums à travers vos jolies plumes et vos nez aiguisés. Souvent clairs et agréables à lire, vos récits nous ont amenés à rêver ces parfums d’une autre époque.

Ce fut un vrai plaisir, mais comme nous le savons, les meilleures choses ont une fin.
#voixdeStéphaneBern « off »

Et surtout, bandes d’affreux chanceux, gardez bien en mémoire tout cette journée chez Guerlain !!!
Vivement la semaine prochaine pour le debriefing.

Thelittlebox.

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par , le 27 août 2014 à 23:47

Il est toujours possible de te rabattre sur l’un des 29 exemplaires "numérotés" qui seront mis en vente en septembre prochain, pour la modique somme de 17 K€ (soit 89,5 € le millilitre).

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par , le 28 août 2014 à 16:29

C’est une affaire, assurément, ou faut-il signer ?
Je dois te donner les 17k en liquide j’imagine bien :D

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par , le 28 août 2014 à 18:33

J’imagine qu’il suffit d’aller dans la boutique des Champs pour acheter son flacon (je n’y ai jamais mis les pieds encore). Il y a plusieurs articles à ce sujet sur internet – il suffit de taper "coque d’or", "guerlain", "29 exemplaires" dans g**gle –, mais je n’ai pas vu les modalités pratiques d’acquisition du précieux flacon...

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par , le 28 août 2014 à 19:06

Et bien il y à de grand chance que ce Coque D’Or ne puissent plus être vendu compte tenu de ses composants.

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par , le 28 août 2014 à 19:59

Il s’agit d’une "édition vintage" mais tenant compte en effet des "prescriptions" actuelles. 17 K€ pour un sublime flacon de 190 ml., je pense qu’il faut se lâcher de temps à autre.

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par , le 28 août 2014 à 00:41

Bonjour Thelittlebox,

N’oubliez pas - nous le préciserons de manière plus formelle à la fin de la saga - les parfums évoqués lors de la Saga peuvent tous être sentis au 68, sur rendez-vous (pour le moment, il me semble que d’ici peu, la prestation se fera de manière plus officielle, plus qualitative mais payante, mais c’est à suivre). De plus, dans leur démarche cohérente de conservation du patrimoine et de la culture du parfum, Thierry Wasser et Frédéric Sacone ont envoyé ces parfums à l’Osmothèque.

Guerlain ne peut précisément pas vendre ces parfums, c’est là toute la subtilité de l’affaire ! Si elle le faisait, elle serait obligé de mettre ces parfums dans les normes, ces normes qui ont "détruit" ces mêmes parfums ! Du coup ce sont des parfums à admirer comme on admire une œuvre de musée... Évidemment, l’affaire se complique lorsque l’on n’habite pas Paris. Et c’est là que la Saga joue un rôle à double tranchant : on a tenté avec Opium ainsi qu’avec tous les rédacteurs qui y ont participé de près ou de loin, d’être intelligible et pédagogue pour cette parfumerie très importante pour comprendre une partie de l’histoire de la marque, tout en sachant qu’il y avait aussi un vecteur de frustration pour ceux qui ne peuvent pas sentir ces parfums.

En tout cas, merci pour vos mots Stéphaneberniens très gentils, ça fait vraiment plaisir ! Néanmoins, si les descriptions des "chers disparus" sont finies, il reste encore quelques épisodes de cette Saga à vous faire partager... Et je pense qu’il va y avoir de belles choses à venir ;) #TeasingApeineRacoleur

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par , le 28 août 2014 à 16:27

HOOooOOoo teasing, encore et toujours !
...L’Heure Bleue en fera partie *_* ?... arf vous ne pouvez rien dire.

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par , le 28 août 2014 à 18:26

Autant vous le dire tout de suite : non. L’heure bleue n’a pas été repesé par le duo de parfumeurs Guerlain, du coup il ne rentre pas dans le cadre de la saga.

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