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Sahara Noir

Tom Ford

Flacon de Sahara Noir - Tom Ford
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Désert Incensé

par , le 12 novembre 2013

Pourquoi le Sahara pourrait être lassant...

De nombreux éléments devraient nous faire haïr Tom Ford. Il est beau, donc, détestable et/ou enviable... Bon, comme nous ne sommes pas sur un blog beauté, nous allons tenter d’élaborer des arguments un peu plus sérieux que cela. Quels sont ces détails qui devraient nous rendre Tom Ford insupportable ?

- Pour commencer, le fait que l’on se perd dans les gammes de parfums qu’il propose. Les intitulés, quand ils ne sont pas totalement décorrélés des senteurs, comme Arabian Wood qui est plus proche de chypres verts comme Y, Vent Vert, Miss Dior et surtout Private Collection (vintages bien entendu) que d’un santal rosé ou d’un oud, ou Lys Fumé l’année dernière qui était "fumé" seulement dans son intitulé, peuvent être répétitifs à l’envi. Déjà, l’an passé, en pleine année 2012 presque intégralement de "Noir(e)" vêtue, que ce soit en "Petite Robe" ou en "Coco", Tom Ford intitulait ainsi de manière sobre si ce n’est sans originalité son superbe masculin plutôt bien fichu, lui qui avait déjà nommé à peu près la moitié de ses parfums du qualificatif "Noir(e)" en dehors du "Sahara", ce qu’il fait cette année...

Ensuite, ce sont toutes ses récurrentes inspirations qui pourraient encore donner envie de crier au manque d’originalité. A l’image de ce Noir sus-cité qui rappelle trop Habit Rouge pour certain(e)s qui crient à la copie. Pourtant, non : car Tom Ford ne s’est jamais vanté d’innover en tous points. Il fait simplement de très bons parfums, inspirés et inspirants : influencés par d’autres parfums plus classiques, mais également eux-mêmes influençants par leur maîtrise.

En poursuivant, certains tics encore seraient exaspérants. Dans le cas de Sahara Noir, sorti il y a quelques semaines, et par le titre et par la dorure qui pourrait vous fracturer la rétine si vous regardiez le flacon sous un angle un peu trop éclairé, on peut imaginer que la clientèle moyen-orientale, très grosse acheteuse de parfums et clientèle principale de la parfumerie de niche, est visée. Pourtant, même cet opportunisme qui vise le Moyen-Orient de manière peu subtile n’est pas réellement irritant.

Ni même la qualité très moyenne des flacons de la collection pourtant plus exclusive de la Private Blend vendus près de 200 euros, au design réussi mais mal assorti aux pauvres capots épais en plastique très toc pas vraiment luxe : les flacons de la collection régulière seraient presque, à la fois, plus qualitatifs et plus innovants.

Ni l’imagerie véhiculée depuis plusieurs années (par ailleurs difficilement compatible avec le public ciblé précisé juste avant) qui a fait du porno-chic une série de chocs visuels créés pour marquer les esprits.

Un autre élément un peu plus exaspérant, la plupart des occidentaux ne possédant pas de pétrole et, par là, n’ayant pas le budget d’une ville comme Doha au Qatar à investir dans leur budget mensuel consacré aux parfums, est la politique de positionnement des prix, connue pour être l’une de celles qui permet la plus grosse culbute entre prix de départ et tarifs à la vente. La Private Blend est à un montant usuraire alors que la collection régulière, en théorie plus accessible, est l’une des plus onéreuses des circuits de distribution grand public. Mais, une partie de la clientèle (américaine, russe et moyen-orientale surtout) a les moyens d’acquérir l’intégralité de ces collections, même les quatre parfums récents de l’Atelier d’Orient ou du Jardin Noir de l’an dernier. Alors, tant pis pour les "pauvres" ! [Comprendre : un certain nombre d’entre-nous...]

- Enfin, un dernier point d’énervement est le nombre de lancements annuels de Tom Ford, à peu près cinq par an, et presque autant de discontinuations depuis quelques années. Ainsi, les très beaux Japon Noir, Velvet Gardenia entre autres et Amber Absolute récemment, Black Violet et d’autres à venir, ont-ils été trop vite arrêtés.

Cela fait énormément de raisons, a priori, pour ne pas apprécier les parfums de Tom Ford. Pourtant, un élément essentiel donnerait presque envie de tout pardonner et joue à sa décharge. Il tient en deux mots : les jus.

Visite du Sahara (Noir donc...)

C’est que si on a bien souvent la désagréable impression que ce cher Tom pourrait être en train de se moquer de nous, dès lors que l’on sent ses créations, on est rassuré par lui et pour une certaine forme de parfumerie. Il est doté d’un goût très sûr et a la bienséance de nous en faire profiter (contre monnaie sonnante et trébuchante).

Qu’en est-il donc de son nouveau féminin ? Amber Absolute, donc malheureusement discontinué il y a peu, semble avoir acquis un second souffle saharien dans la collection régulière du créateur. En effet, on retrouve puissamment au départ puis par intermittences ensuite la sensation ambrée par le labdanum propre au parfum récemment disparu de la Private Blend. Mais, sous des atours plus habillés.

Le solinote quasi-absolu construit autour du ciste-labdanum laisse place à une orchestration plus ciselée ornementant la matière résineuse et ses effets confits par de l’encens et du poivre et autres épices plus douces, safran et/ou cannelle peut-être. Des bois dont du cèdre offrent leur morsure brûlante aux résines fondantes pour un effet très sec.

Sahara Noir se fait plus minéral également par de l’encens qui, allié au patchouli, renforce la facette épicée et augmente l’impression d’un souffle d’air chaud de poussière brûlante sur le visage en plein désert.

Si le labdanum confit et résineux, opaque et miellé, est très sensible au début de l’évolution, tel n’est pas le cas ensuite.

Laissant place à de la fumée d’encens en overdose, presque salée, il se mêle très vite à une note animale vaguement crotteuse surprenante par son aplomb. Une impression de cuir gras souillé, d’olivâtre de la saumure rappelle le castoréum ; peut-être est-ce du oud qui révèle ici pleinement ses facettes animales et grasses amplifiées par des notes miellées, baumées et florales.

Je détecte de la rose. Probablement associée à du jasmin, les pétales apportent un velouté très léger nécessaire pour ne pas suffoquer. Certain(e)s ressentent cet encens comme celui d’une église. Pas moi, car c’est ne pas tenir compte d’un élément essentiel. La place du sexe dans la religion catholique. Or, cet encens, surdosé s’il en est, l’est de manière animale et même bien plus encore. Il est bestial. Pas simplement sensuel, mais sexuel sans que le terme soit galvaudé.

Que ce soit par castoréum ou oud, l’intérêt est que l’on repère difficilement la matière en tant que tel, ce qui arrive trop souvent. Ici, elle sert un effet : celui de l’expression de nos besoins les plus primaires par une sensation cuirée.

L’encens, si souvent religieux, utilisé ici comme message de notre intériorité et de nos pulsions.

Au fur et à mesure de l’évolution, ce parfum anguleux, cinglant, à la conduite nerveuse, ne s’arrondira que peu. C’est ce parti pris d’une certaine radicalité qui fait de Sahara Noir un parfum si distinctif par rapport à d’autres et le différencie de nombre de parfums orientaux tels Ambre Fétiche, plus boisé et cuiré, mais plus souple à l’évolution.

Rappelant le spectre de Black Cashmere de Donna Karan (marque très créative en termes de parfums malheureusement trop méconnue en France) sorti il y a plus de dix ans, la création récente maximaliste de Tom Ford ne dénoterait pas dans l’univers oriental et baroque de Serge Lutens.

Sahara Noir reste offensif durant toute sa longue durée de vie. Il me rappelle d’ailleurs deux autres parfums (sur)puissants et distinctifs : une Absolue pour le Soir sèche et moins baumée ou douceâtre ainsi que Portrait of a Lady et sa brutalité baumée animale agressive et magistrale, la facette rosée en moins ; ou, plus précisément, amoindrie bien que présente, non plus au centre de la pièce jouée, mais servant les autres acteurs principaux que sont devenus l’encens, l’ambre et les notée animales.

Toujours partir bien équipé...

Je précisais au début de cet article que, souvent, les titres choisis pour ses parfums par Tom Ford n’avaient rien à "voir" avec l’odeur libérée au goulot des flacons.

Tel n’est pas le cas de Sahara Noir qui brûle et fond sur la peau comme le sable sous le cagnard, et qui se révèle sombre par à peu près tout, rappelant le parti pris de L’Air du Désert Marocain même s’il s’en différencie notablement.
Oser offrir un parfum si animal et si "dur" dans certains des magasins de la parfumerie grand public est un parti pris risqué, même si les lieux choisis ont été déterminés après une sélection rigoureuse. (Ne vous attendez pas à trouver ce parfum dans tous les "Nociphorarionnauds"...)

Mais, à côté des Teisseire, Haribo, Kréma et autres Ice Tea, la démarche culottée ne peut que faire plaisir aux amatrices et amateurs de parfums lassé(e)s d’avoir l’impression de faire leurs courses hebdomadaires un samedi après-midi, caddy en mains, alors qu’ils tentent vainement de se choisir simplement un parfum, un "vrai", avec un tant soit peu de personnalité et d’allant !

Mon seul point de désaccord - en dehors du prix qui, encore une fois, pourrait faire rougir de jalousie une bonne partie des marques de niche, moins chères que Tom Ford dans sa collection "grand public" - est le classement de cette proposition dans la catégorie "Féminin" tant ce parfum, généreusement fourni à l’entrejambes, pourrait tout aussi bien avec ses overdoses de toutes les matières qui activent du "black", du "dark" ou du "noir" dans le crâne, se trouver chez ces messieurs.

En plus de récidiver à nouveau cette année en sortant ce qui s’annonce déjà comme l’un des meilleurs et plus culottés lancements de 2013 toutes catégories confondues (après avoir lancé le fantabuleux Noir l’an passé), Tom nous oblige à nous interroger sur la pertinence de certaines classifications parfois obsolètes.

Que vous partiez loin ou pas du tout, ne ratez pas cette invitation au voyage captivante et mystérieuse ! Evasion garantie ! Immanquable ! Inratable ! Comme on dirait chez Chanel : "Inévéïteubeule !"

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par , le 2 octobre 2016 à 15:10

Qu’est-il advenu au désert ? Ou peut-on, en 2016, trouver ce parfum ?

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par , le 4 janvier 2017 à 16:03

Bonjour Louise si tu recheches toujours SAHARA NOIR, je te le propose à 150 €. Le produit est neuf, sous blister et authentique.

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Aaricia

par , le 7 janvier 2016 à 10:21

Je tombe enfin sur cette chronique, et j’adore ! Je partage beaucoup du point de vue d’Opium, mis à part un point... S’il est vrai que Lys fumé n’a de fumé que le nom (et encore, c’est même pas un lys, c’est un amaryllis à mon nez), il est quand même plus d’un parfum qui "colle" au nom choisi dans la gamme...

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Demian

par , le 17 novembre 2013 à 12:38

Il est rare que je craque pour une composition contemporaine mais là, j’ai été emportée. Depuis quelque temps, je suis attirée par l’encens. Je me souviens d’une vielle chapelle romane dans le sud de la France, où tout le mur situé au nord était privé d’ouvertures pour ne pas laisser entrer "les forces du mal", selon la croyance des bâtisseurs de ce temps. Venant de l’extérieur, par une journée d’été écrasée de chaleur et de lumière, on se retrouvait complètement dans les ténèbres, du temps que nos yeux s’habituent à l’obscurité de la chapelle. Mais je me souviens de l’explosion d’encens et du parfum des lys cueillis disposés autour de l’autel, couronnée par une odeur terreuse et humide, qui m’ont sauté aux narines, alors que j’étais privée d’un sens, au moins provisoirement. Depuis j’essaye de retrouver cette sensation et je me suis tournée vers les parfums à base d’encens. Serge noire de Serge Lutens, Wazamba de Parfums d’empire, Encens flamboyant d’annick Goutal et maintenant, Sahara noir de Tom ford. J’ai littéralement chaviré en le découvrant. Ce n’est plus l’encens des chapelles romanes, c’est celui des Mille et une Nuits, mais on a presque la sensation de l’entendre crépiter sur sa peau. Il n’est quand même pas à la portée de toutes les bourses, j’ai cassé ma tirelire comme on dit - bon j’avoue, j’ai profité d’une réduction avantageuse d’une célèbre enseigne de parfums. Mais je ne regrette pas, ce moment de luxe et de volupté, d’autant plus que deux pschitts derrière les oreilles et vous vous enivrez d’encens toute la journée. Seul bémol, la bouteille or franchement bling-bling....

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par , le 8 décembre 2013 à 21:35

Bonsoir Demian.
Belle évocation, vous aussi, que celle de cette chapelle qui servait de parenthèse au monde extérieur, tant par son univers, son décor, sa fraîcheur que par son obscurité.
Sahara Noir est une autre forme d’invitation, vers des contrées plus lointaines.
A l’image de Wazamba, Serge Noire ou même Alamut, Parfum de Peau son prédécesseur, Encens Flamboyant, l’Absolue pour le Soir, Sahara Noir invite lui-aussi au transport dans des contrées qui ne sont pas celles (ou pas que celles...) des églises comme le font Avignon, Cardinal ou Messe de Minuit. Avec les premiers, la température n’est pas celle, froide, des bancs en bois et des pierres des sanctuaires religieux. C’est celle, peut-être encore mystique malgré tout, des endroits chauds : déserts et lieux où la brûlure de l’encens crépitant et brûlé peut s’imprimer.
C’est bien dans un conte des Mille et une Nuits que l’on est transporté, avec Aladin et Shéhérazade.
La puissance de Sahara Noir a l’avantage, pour revenir à des préoccupations plus pragmatiques, de permettre de l’utiliser avec modération. Ainsi, le prix très élevé pour ce flacon est un peu amorti et moins douloureux.
Quant au flacon et toute sa dorure, il est probable que le bling-bling ostentatoire ait été utilisé, comme dit précédemment, afin de satisfaire aux goûts pour ce qui est doré et voyant propre à la clientèle moyen-orientale.
Quoiqu’il en soit, profitez pleinement de votre nouvel achat et de son enivrement. Qu’il vous apporte toute la chaleur, le soleil et les rêveries nécessaires en ces températures hivernales.
Bonne soirée.
Opium

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par , le 14 novembre 2013 à 10:40

Impossible de mettre le nez dessus ! pourtant les descriptions me font très envie !

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par , le 8 décembre 2013 à 21:32

Salut Lucasdries.
La distribution est très "premium" : comprendre assez exclusive. En fait, à peine plus disponible que la Private Blend. J’imagine à quel point cela peut être rageant...
N’hésite pas à nous dire ce que tu auras pensé de Sahara Noir si tu as enfin l’occasion de le tester. Il mérite le détour. J’espère que tu y parviendras.
A bientôt.
Opium

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Le Nez Bavard

par , le 13 novembre 2013 à 16:28

Difficile pour moi de me retenir pour parler de ce dernier opus de la collection "grand public" de Tom Ford. Ce créateur me pose un cas de conscience. En effet, j’ai beau avoir détesté ce qu’il a fait à Paris de YSL lorsqu’il a retravaillé la publicité, en créant une atmosphère étrange et malsaine ; autant que détesté le machisme hurlant de son premier masculin, se vautrant la provocation la plus primaire, je ne peux qu’admirer la force de son style et de sa ligne visuelle, élégante, rétro et mystérieuse. Et en tant qu’amoureuse du parfum, je ne peux qu’adorer son goût en matière de parfum, car la gamme Tom Ford (Private Blend et grand public passée et présente) est une de celle que j’aimerai le plus posséder.
.
Et pourtant ! Comment ne pas détester ce sombre abruti qui en 3 ans de temps a fait discontinuer 3 des parfums pour lesquels j’étais prête à me couper un bras. J’ai réussi à sauver les meubles en acquérant in extremis un flacon de Urban Musk aux Galeries Lafayette (un musc ambrette scintillant, lumineux mais doucement animal et ronronnant) il y a 2 ans. En revanche, à mon grand dam, j’ai trop tardé à m’offrir le nectar des nectars, la résine suprême, le plus beau labdanum du marché, feu Amber Absolute. Et je le regrette amèrement aujourd’hui. Bois Marocain, un splendide cèdre Atlas très fin, encens, patchouli et bais roses est lui aussi discontinué, et s’il est encore possible de le trouver sur Internet, d’ici le 31 décembre, il ne restera probablement plus grand chose.
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Bref, ce cher Tom mérite des baffes. Mais il offre un espace de découverte et de respiration tellement salvateur dans cette marée ambiante de médiocrité, que l’on ne peut que le saluer. Car pour moi, il ne fait pas seulement "mieux" que les autres, il fait réellement de beaux parfums. Sahara Noir en fait donc parti, et son parti-pris franc et assumé est une réelle bonne surprise. Pour la part, je ne suis pas surprise du positionnement, car je pense que ce parfum n’a pas été fait pour le marché américain, ni même occidental d’ailleurs. La publicité et l’odeur nous le confirmerons si nécessaire. Cette franchise brûlante de l’odeur, l’overdose de l’encens, des notes boisée animales, la tenue, le sillage, l’évocation juste et bien réalisée du oud font de Sahara Noir un parfum pour les Moyens-Orientaux et les excités du bulbe olfactif. D’ailleurs, la distribution le confirme. Seuls quelques points de ventes bien sélectionnés ont été choisi pour le distribuer, créant ainsi "le nouveau casse-tête-méga-fun" de la distribution. Un grand public ? Apparemment. Mais distribué comme un parfum de niche (et olfactivement nichu) ? Apparemment aussi.
.
Cependant, et malgré tout les points positifs énoncés ci-dessus, Sahara Noir n’est pas pour moi. Il m’a fait rêvé, pendant un temps, à l’espoir de retrouver mon Amber Absolute chérie, déguisée dans un nouveau flacon, mais son évolution m’a fait déchanté comme une descente en bad trip. Trop dur, trop sec, trop vertical pour moi, je n’ai pas pu retrouver dans ses profondeurs le voluptueux crépitant et embrasé du labdanum. Je pleure probablement un bonheur perdu que je ne pourrais pas retrouver dans ses bras, mais il me faut m’avouer aussi que je ne comprends pas encore le oud. Que je ne suis pas capable de l’aimer comme j’ai appris à aimer l’encens, le patchouli, le cèdre, le cuir depuis le début de ma vie de perfumista. Sa présence dans ce parfum est trop marquée pour moi. Mais je continue de le saluer pour la justesse et l’audace de sa note qui, une fois de plus, ravit l’amateur de parfum amoureux d’une parfumerie inventive et ayant de la personnalité.

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par , le 8 décembre 2013 à 21:31

Salut PoivreBleu/Juliette.
Tom Ford est, clairement, par nombre d’aspects, une vraie tête à claques. Parfois vulgaire, d’un machisme dans son imagerie de la séduction souvent déplacé, qui pratique une politique tarifaire aussi indécente que son imagerie... En plus, s’il lance des produits très souvent beaux, il les discontinue aussi vite que ses parfums sortent par fournées entières. Résultat des courses : les parfums osés et risqués étant ceux qui ont le plus de difficultés à trouver leur public, ce sont ceux qui sont le plus rapidement court-circuités, à notre grand désespoir. Les muscs sortis par quatre ; Amber Absolute, "l’ambre absolu" qui te fai(sai)t craquer ; Arabian Wood qui exploitait/e dans son intitulé un orientalisme pour plaire au Moyen-Orient et aux occidentaux en mal de dépaysement mais qui sent(ait) les années 70 et leurs chypres verts gavés de galbanum à la Private Collection d’Estée Lauder (M. Ford utilisant souvent à bon escient et intelligemment les références de Mme Lauder dont le groupe détient la marque du premier, donc, tout est assez logique) ; mais aussi Japon Noir et ses notes chyprées boisées cuirées obscures et tourbées et surtout Velvet Gardenia, LE seul gardénia crédible et sans concession en parfumerie alcoolique pour le corps à ce jour (et ses notes à la touffeur champignonnée). Dommage. Mais, je ne suis pas surpris...

 

Le positionnement premium destiné au Moyen-Orient a les défauts d’imposer un style doré à fracturer la rétine et des prix exorbitants.
Heureusement, à côté de cela, il y a un effet collatéral positif dans le cas du oud : en sus de séduire cette clientèle qui, même si l’on lit souvent qu’elle se lasse de cette matière, ce qui est faux selon mon expérience (En effet, elle ne veut plus uniquement du oud traité comme du oud, elle veut aussi des ouds "modernes", sucrés, fruités, gourmands et, également, des parfums frais - pour "les jours sans parfum" probablement - ; mais, cette clientèle veut toujours du oud, en fait en plus du reste. Et, quand on consomme du parfum dans toutes les pièces d’une maison et à tous les étages, il y a encore du oud à vendre !), donc, en plus de cette clientèle, il y a un effet collatéral hautement désirable : l’attraction exercée par cette matière puissante et marquante sur une clientèle occidentale lassée et anesthésiée par des années de lancements de fruités insipides apathiques et de muscs lénifiants amorphes à l’EEG cadavérique. Avec le oud, au moins, il se passe un truc. Finie l’anorexie parfumée. Bienvenu à des odeurs rabelaisiennes. Mais, sur ce point, vous aurez bientôt l’occasion de lire un dossier fort intéressant de Jeanne.

 

La distribution ressemble bien à un Rubik’s Cube, un vrai casse-tête insoluble : en fait, ne serait-ce pas tout simplement l’exploitation de cette bonne vieille stratégie de la pénurie qui, dans le luxe, fonctionne toujours auprès d’une clientèle qui veut du différent, du rare, de l’introuvable pour le commun des mortels (donc, les autres) et de l’exceptionnel ? Il suffit d’observer la demande pour tout ce qui est en édition limitée ou "exclusif" pour s’en assurer. Le problème du rare et de l’exclusif est de savoir comment le doser. Il faut que cela soit assez rare pour répondre au critère d’exception qui rend hautement désirable ; mais, avant cela, il faut être suffisamment connu pour avoir pu créer cette désirabilité. En gros, il faut communiquer de sorte à créer l’existence du produit tout en maintenant un fort désir pour lui. Le cas le plus typique, c’est Hermès : tout le monde connaît, mais, pour avoir certains modèles de sacs il faut, non seulement être dans la capacité d’aligner plusieurs centaines d’euros, mais, en sus, malgré cela, de bien vouloir faire preuve de patience en faisant la queue durant deux ans pour obtenir ledit objet tant convoité. Pourtant, il est probable que la marque pourrait former des gens pour qu’ils soient plus nombreux à maîtriser les techniques artisanales nécessaires à la confection des objets de maroquinerie de l’illustre maison. Hermès en a la capacité et les moyens. Mais, pas l’envie apparemment. Et, avec raison. Car, après tout, du luxe arboré par beaucoup n’est plus du luxe : problème que connaît Louis Vuitton aujourd’hui. Toutefois, si la stratégie est commercialement souvent payante, elle est énervante pour le plébéien que je suis qui : d’une part, doit courir après la rareté pour la sentir, mais en plus, doit aussi vendre un rein pour obtenir l’objet tant convoité !

 

Je connais bien ta désillusion de ce Sahara Noir comparé à Amber Absolute. Mais, dans la vague de lancements tom-fordiens, il y a encore eu, comme tu le sais très bien, de bien nombreuses autres bonnes surprises. Dont ses deux derniers ouds qui, sans innover radicalement, sont d’une maîtrise rare quand il s’agit de cette matière assez brute de décoffrage.
Le parfum en lui-même et le traitement des notes animales qui a été effectué en est un exemple dans Sahara Noir ; ce qui est plus vrai encore dans les deux autres ouds.
Ce qui est intéressant avec Tom Ford, c’est qu’avec ses noms tarabiscotés (comme on en a vu quelques exemples précédemment), on ne sait jamais où il va. Sa collection "orientale" arbore un aldéhydé, son Bois Marocain est un joli boisé "universel", son Oud Wood est très aromatique.
Avec ses deux derniers ouds, il surprend encore.
Oud Fleur a l’intérêt de ne pas mettre le oud au centre de la composition. Ce serait, s’il fallait tenter de le classifier, plutôt un floriental animalisé dans lequel le oud soutient un bouquet floral très classique, très français, soutenu par le oud qui remplace les notes animales inutilisées aujourd’hui qu’étaient musc, civette et castoréum. Cela tombe bien, il réunit certaines de leurs différentes facettes et bien d’autres encore.
Quant à Tobacco Oud, s’il est moins surprenant dans le genre oriental contemporain, son animalité exacerbée nourrit les baumes et l’encens. Tu le sais, je préfère aujourd’hui Tobacco Oud à Sahara Noir. Ce dernier, plus massif et percutant, plus radical, a le défaut d’être boosté par des bois ambrés qui sont trop présents dans le final grandiose. Ils sont utiles, je comprends leur utilisation. Mais, les territoires cuirés ambrés à la 1 Million et leur astringeance sont un poil trop proches. Tobacco Oud est plus rond, moins radical, plus fondu, gras et lourd. Mais, je préfère sa chaleureuse rondeur animale ronronnante aux cris bestiaux de la bête Sahara Noir.

 

Bref, quoi qu’il en soit, il s’agit bien, comme tu le dis, d’une parfumerie "inventive et ayant de la personnalité". Indéniablement.
Ouf ! Ça fait du bien dans ces tsunamis de médiocrité devenus par trop habituels.
Merci pour ton intervention.
A très viiiite !
Opium

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ericgmd

par , le 12 novembre 2013 à 13:05

Bonjour Opium,
Merci de cet article. Sahara Noir a ete lance’ ici aux USA vers le mois de Mars 2013 en distribution tres limite et reservee a quelques magasins archi-luxe comme Neiman Marcus (de mon Texas natal) ou Bergdorf Goodman a New York. A l’origine, la reaction etait tres forte et un doute extreme s’est manifeste’ : Quelle idee de lancer un feminin qui sent le masculin trop puissant sur un marche’ initial ou la cliente-type est tres conservatrice en matiere de gout !
Souvenez-vous du flop de Feminite’ du Bois de Shiseido aux Etats Unis malgre le genie Lutens ? Car il ne sentait pas suffisemment le parfum feminin a l’epoque. Ou l’echec des parfums epices comme Kenzo Jungle ou Donna Karan et bien d’autres de niche...
La femme Americaine adore les floraux-frais-propres. C’est confirme’ (Modern Muse anyone ?)
Alors c’est une clientetele masculine qui commence a adopter Sahara Noir de plus en plus. Moi compris car il me fascine. Il est assez proche de Bois d’Encens d’Armani Prive’ mais s’eloigne de par son manque de "bois de cedre".
Et il est vrai qu’il ne suscite pas des compliments comme un Bleu de Chanel et que la reaction type est du genre : "Vous sentez comme une eglise" !
Moi personnellement ca ne me gene pas car je porte un parfum pour mon plaisir et non pour rappeler aux autres que je me suis bien lave’ le matin.
Se vendra-t-il a un public qui cherche a sentir faris et propre ? Je le doute bien. Et je vous assure que sa distribution se trouvera de plus en plus limitee dans un an ou deux.
Mais je tiens a vous preciser qu’un grand clin d’oeil de ce parfum est bien son nom ! Vous avez bien raison que le bon vieux Tom adore le mot "NOIR" et en met partout.
Mais "Sahara Noir" est le nom d’un marbre tres sombre et plein de dorures naturelles originaire d’Afrique du Nord. Il se trouve d’ailleurs en abondance dans la basilique de Saint Pierre au Vatican.
C’est bien reussi ce nom apres tout ! Le monde Moyen Oriental adorera le mot Sahara. Le mot Noir ne fera qu’amplifier l’effet bien sur. Et le monde Occidental y trouvera aussi son bonheur en associant l’encens des eglises et une spiritualite’ a la mode. En Asie ce sont les temples qui viendront a l’esprit. D’ailleurs tout ce qui est Tom se vend bien (trop bien) la bas. Nom magique et que le groupe Lauder sait tres bien marketer.
Une reussite creative totale, je vous assure.
L’enjeu tient a ce que les ventes soient assez bonnes afin que Lauder continue a le produire ! Si vous avez des doutes, achetez-en maintenant et avant qu’il ne rejoigne la categorie des echecs disparus et aux prix exorbitants...

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par , le 8 décembre 2013 à 21:15

Bonsoir Ericgmd.
Merci pour votre long et très instructif retour qui soulève plusieurs points.
Tout d’abord, je vous remercie particulièrement à propos de l’une des interprétations possibles à propos de ce qu’est le "Sahara noir", ce marbre prestigieux utilisé en abondance dans la basilique Saint Pierre de Rome. L’évocation invite au religieux (mais, j’y reviendrai un peu plus tard) et au voyage.

 

Vous soulevez une autre problématique, celle liée au type de marché visé. En vous lisant, je me suis fait la réflexion que, de toutes façons, Tom Ford (en tant que créateur) fait comme il lui plaît. Il doit se dire qu’un jour ou l’autre, à force de proposer de jolies choses, par lassitude ou parce que leur goût se sera amélioré, les gens vont bien finir par parvenir à adhérer commercialement à l’une de ses propositions un peu risquée. Après tout, Black Orchid reste LA référence. Pourtant, elle est bien déjantée celle-ci. Pas très WASP. Mais, il est vrai, elle cartonne aux côtés du très maîtrisé limite ennuyeux Neroli Portofino. Un peu de folie pour mesdames, ok, mais du bien cadré bien frais pour ces messieurs. Chez Tom Ford, les femmes sont hystéro-frappadingues pendant que ces messieurs acceptent juste de porter la chemise blanche déboutonnée. Mais, en inondant le marché, il se dit peut-être qu’il aura le goût des clients soit en parvenant à les éduquer soit à l’usure. Si je me permets d’être un peu grossier, je dirais "qu’à force d’en bouffer du gardénia, ils vont bien finir par les aimer les aspects champignon et croûte de fromage de cette fleur" ! Qui ne tente rien n’a rien. Au moins, lui, il ose...

 

La tendance hygiéniste que vous décrivez était, jusque récemment, très propre à la société américaine. On observe, malheureusement, une contamination de la France également.
Mais, pas de moi ! (Ouf !) Si je gagnais un euro à chaque fois que j’entends : "Moi, j’aime les odeurs de propre...", je serais millionnaire ! ^^
En fait, on veut aujourd’hui de la lessive ou des bonbecs. Ça doit bien représenter largement plus de la moitié des demandes de parfums (féminins). Pas très original ni passionnant tout cela.
Dans ce "tout cela" justement, que propose Tom Ford ? Un encens qui sent tout à la fois l’église ET la bête et le passage à l’acte. Voilà, voilà...
Probablement, ce parfum ne trouvera-t-il pas beaucoup d’acheteurs/euses aux Etats-Unis, quand bien même serait-il un peu plus accessible en termes de distribution et diffusion tant il est "difficile" en termes olfactifs.
A propos de la segmentation masculin-féminin, les conseillers et conseillères à la vente de la marque en France font comme sur auparfum, ils ouvrent les possibilités au mieux et ôtent la seule connotation "féminine" pour un accès aux deux genres. Tant mieux. ;-)

 

La clientèle visée par Sahara Noir est, probablement, surtout celle des émirats, en train de mettre un bel uppercut à l’Occident vieillissant. Eh oui, il semble bien que l’Atlantique soit une frontière bien mince entre Europe et Etats-Unis, tous deux en train de se trouver réunis dans un vieillissement qui n’incommodait que la seule "vieille Europe". Le couple occidental se fait maintenant vieux à deux face à un Est (européen), un Orient et à un Sud (pour son hémisphère) qui auraient bien tort de ne pas prendre une certaine revanche après tout. Mais, pas de géopolitique ici. Pour ce qu’il en est des parfums, indéniablement, le Moyen-Orient, avec sa clientèle qui achète ses flacons, non par un ou deux, mais par dix ou vingt, est une clientèle qui séduit de plus en plus. Et, si les choix de cette clientèle manquent parfois un peu de subtilité et délicatesse, je préfère les fumigations cuirées, ambrées, oudées et "encensées" (insensées par leur puissance ?) aux rites hygiénistes du parfum entendu comme seul prolongateur de la douche purifiante, mais à plus de cent euros le flacon. Si on nous avait dit que tout un style plus ancien d’une parfumerie plus "animale" serait sauvé non par la France mais par la volonté de répondre à une demande particulière d’une clientèles qui distingue bien, elle, le parfum comme parure et rite d’habillement du seul rituel hygiéniste de la douche, on ne l’aurait peut-être pas cru. Pourtant, tel semble bien être l’un des dénominateurs marquants aujourd’hui. Tant mieux : longue vie à l’encens plutôt qu’aux muscs blancs propres comme de la lessive. Si je veux de la lessive, je lave mon linge ! Point.
Alors, face à l’hygiénisme qui fait remplir au parfum sa seule fonction dé(s)odori(s)ante, je préfère de bons gros ambrés qui tapent et des encens qui cognent. ^^

 

La proximité avec Bois d’Encens est un élément sur lequel je vais me pencher un peu plus.
Il est vrai que Sahara Noir, avec son odeur d’encens - essence même de la parfumerie - évoque bien une odeur d’église ou de temple. Une odeur du religieux. Par référence à une thématique particulière (ici, le sud désertique cramé sous le cagnard), parce que tout bêtement cette odeur lui plaît, ou par une sorte de transgression païenne de la part de Tom Ford, dont on sait à quel point il aime s’amuser avec les codes ?
L’encens, probablement car il renvoie trop au religieux et, au travers du rite funéraire dont il est un élément essentiel, à la notion de la mort, est une odeur qui dérange et n’est pas très appréciée.

 

A propos d’odeurs qui peuvent ne pas séduire, j’éprouve toujours un certain étonnement que l’on n’apprécie pas certaines odeurs alors que d’autres ne choquent pas. Le vert, l’encens, les facettes métalliques sont autant de notes qui ne plaisent pas. Alors que bonbons cheaps Kréma, yaourts Leader Price, sirops Teisseire, gels douches, shampooings et mousses à raser Lidl, eux, ne posent pas problème : alors qu’ils valent trente fois moins que ce qui est demandé par la parfumerie dite "de luxe" pour sentir pareil.... *est songeur*
Je connais et conçois bien l’appétence pour les odeurs sucrées et le fait que l’on se sente bien dans un environnement confortable quotidien, donc, rassurant. Alors, je comprends bien la facilité que l’on éprouve à enfiler un parfum gourmand ou une fougère moderne qui rappelle tant la salle de bain chérie. Toutefois, si j’entends bien que les notes métalliques, par leur aspect acéré rappelant la dangerosité d’une lame de couteau, puissent déplaire, en revanche, j’ai du mal à comprendre que sentir l’herbe fraîchement coupée puisse ne pas satisfaire alors que ressembler à un gros paquet de deux kilos de crocodiles fluos ne dérange pas !
Comme vous le dîtes très justement, que l’on profite de ce lancement. Rien ne dit qu’il sera encore distribué dans deux ans... Pourvu que la "tendance" (néo-/transgressivo-)spiritualiste actuelle de populations en manque de sens soit un élément qui joue en faveur de cet encens tout sauf si sage même s’il convoque dans les temples de presque toutes les religions à un moment où la société se fait moins croyante mais reste peut-être assez sensible à certaines croyances et au spirituel malgré tout.
Merci pour votre message fort instructif.
A bientôt.
Opium

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Farnesiano

par , le 12 novembre 2013 à 10:43

- Bravo, Opium, et merci. C’est une belle claque bien brûlante que Tom Ford nous envoie là avec ce Sahara Noir. Je l’avais senti il y a quelques semaines à Bruxelles sans oser l’évoquer sur AP parce que presque tout chez TF m’agace, insupporte, me fatigue... (J’adore cependant son film A Single Man). Et cette obsession du noir finit par irriter autant que lasser. Mais là, j’ai craqué. Ai voulu acheter Noir l’an dernier mais le prix et la peur d’être déçu au bout de quelques jours m’ont fait renoncer. J’attendais impatiemment qu’AP nous donne un avis sur Sahara Noir. Vous me confortez dans mes impressions : c’est bien l’un des meilleurs crûs 2013. Quels transports !
- Curieusement, plus que le mouvement du voyage, ce parfum m’inspire une attente : je suis là, immobile, en plein coeur d’un désert aride où souffle un vent brûlant, terriblement sec, et mêlé furieusement de sable, je lui tourne le dos, ma peau chauffe, brûle et sent l’encens, comme un pressentiment... Mais en même temps, je vis, je vibre, comme jamais ! Est-ce que que je meurs ? Peut-être, mais voluptueusement.
- Voilà sans nul doute le seul Tom Ford que je m’offrirai un jour. Farnesiano

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par , le 8 décembre 2013 à 20:55

Bonsoir Farnesiano.
Merci à vous et avec plaisir.
Comme souvent, vous pouvez vous laisser guider par votre flair et lui faire confiance, il ne se trompe pas.
Tom Ford est lassant, exaspérant, fatigant, insupportable par bien des aspects (obsession du "noir" ressassé toujours et encore plus, tarifs prohibitifs, imagerie putassière...). Mais, il faut bien reconnaître que ses sorties sont assez réussies comme je le disais à Koimynose dans l’article consacré à la série de l’Atelier d’Orient.

 

A propos de Sahara Noir, il s’agit bien d’une "claque bien brûlante" effectivement. Votre évocation de cette attente cuisante et voluptueuse est, comme toujours, transportante et juste. On se croirait dans ce désert écrasé par le soleil et la chaleur, le soleil brûlant sous soi. Il y a quelque chose de mystique, de transcendental dans la manière dont vous l’évoquez.
Je sais que le personnage et ses prix vous insupportent et vous irritent. Mais, êtes-vous bien sûr que ce sera le seul parfum Tom Ford acheté que cette belle sortie de l’année ? ^^ Mon petit doigt me dit qu’à la vitesse où Tom Ford fait des propositions intéressantes, il est bien possible que d’autres choses vous plaisent encore à l’avenir... ;-) #TobaccoOud #suspense
Excellente soirée.
Opium

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