Auparfum

Sur la Lagune, le premier Jardin de Christine Nagel

par , le 19 février 2019

Collection à succès d’Hermès, les Jardins accueillent leur sixième création. Une composition florale aux accents salés, inspirée par le parc d’une villa nichée dans les rues de l’île vénitienne de la Giudecca.

Venise n’est pas réputée pour ses jardins, et pour cause : la terre, condamnée à boire l’eau de mer, y est pauvre et peu propice à l’horticulture. C’est pourtant là que Christine Nagel, parfumeur maison d’Hermès depuis 2016, a trouvé l’inspiration de sa première création pour la collection des Jardins, initiée par son prédécesseur Jean-Claude Ellena en 2003 avec Un Jardin en Méditerranée.

Plus précisément, dans le parc d’une villa acquise à la fin du XIXe siècle par un lord et paysagiste britannique du nom de monsieur Eden, qui parvint à y aménager un jardin à l’anglaise où passèrent entre autres Marcel Proust, Henry James ou Rainer Maria Rilke. Classé monument national en 1945, laissé à l’abandon pendant plus de vingt ans, le « Giardino de Eden » demeure aujourd’hui une enclave de verdure totalement inattendue – et le plus vaste jardin privé de la ville.

« J’ai été touchée par ce jardin, que j’ai découvert pour la première fois un matin de janvier », raconte Christine Nagel. « J’y suis retournée de nombreuses fois et à chaque visite, selon les saisons, j’y faisais une nouvelle découverte olfactive. Le pittosporum en fleurs, le magnolia, le lys de la Madone, mais aussi la salicorne ou l’odeur boisée des racines qui restent à fleur de sol. C’est ce rêve que j’ai voulu condenser dans Un Jardin sur la Lagune », poursuit-elle.

Un Jardin sur la lagune, disponible à partir du 4 mars 2019.
113 euros/100ml et 79 euros/50ml.

Crédit photos : @Sarah Bouasse

Premières impressions

Après une ouverture fraîche emmenée par les agrumes, on découvre un bouquet de fleurs blanches un peu épicé, qui peut évoquer celui de Twilly. Un accord salé offre un contraste intéressant à ce cœur floral tendre aux effets duveteux et amandés. Mais très vite, le fond boisé ambré prend le dessus, dévoilant une certaine parenté avec celui d’Eau de citron noir.
Christine Nagel essaierait-elle d’affirmer une signature bien à elle, apte à la distinguer de son prédécesseur ? Ou bien cède-t-elle à la demande de puissance et de ténacité qui a décidément gagné toutes les marques ? Dans tous les cas, ce fond bien présent s’inscrit en rupture avec les sillages légers et transparents jusqu’ici caractéristiques des Jardins d’Hermès.

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par , le 3 avril 2019 à 07:22

C’est moi ou il y a un cote poire et fleurs blanches croquantes ( tiaré/magnolia /gardenia) du genre "matin d’orage" de Goutal ? Avec une pointe de sel en plus pour Hermes...

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Duolog

par , le 20 mars 2019 à 16:34

Testé aujourd’hui sur touche... Le nom était prometteur mais j’ai senti tout ce qui me dérange dans la parfumerie actuelle, notamment une note synthétique très proéminente au bout de 10-15 minutes, qui sent exactement comme bon nombre de déodorants pas cher. Je n’ai donc pas testé ce Jardin sur peau parce que je sais que j’aurais dû frotter pour me débarrasser de cette sensation ; j’avais déjà fait l’erreur avec You or Someone Like You d’Etat Libre d’Orange qui présente une note de fond similaire (plus violente cela dit) et qui m’avait laissé presque nauséeux.
Après quelques heures, ma touche sent le t-shirt coton après une longue journée de travail "corporate" : ça sent la lessive, la transpiration étouffée par le déodorant, les muscs défraîchis, encore métalliques, chargés de camoufler les odeurs du corps sans affirmer une esthétique quelconque. En me concentrant je comprends que ça peut ressembler à l’idée d’un ambre frais... Mais je ne vois pas où est le jardin, et ironiquement l’odeur qui apparaît m’est très familière, c’est celle qui me fait dire, quand je sens un vêtement déjà porté : "direction le panier à linge". Ce n’est pas une "mauvaise odeur" en soi mais ses connotations ne me sont pas agréables.
Sur un thème similaire, Shalimar souffle intense me paraissait plus réussi.

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missmuffin

par , le 20 mars 2019 à 12:34

Le fond ambré arrive en effet beaucoup trop vite, environ 10 mn après pulvérisation sur ma peau... c’est dommage car je n’ai pas vraiment eu le temps de saisir le reste

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par , le 20 mars 2019 à 15:36

Je trouve ce parfum grossier, le fond tombe rapidement dans ces bois-ambrés- qui-piquent à succès... Très banal, inintéressant.

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par , le 13 mars 2019 à 13:32

Je l’ai testé aujourd’hui. Est-ce mon esprit ou j’ai eu l’impression d’avoir mis olympea de Paco Rabanne ? Il y une sacrée ressemblance. En tout cas je ne me suis pas dit waouh .... il m’a tout de suite fait penser à qq chose de déjà senti. ET il y a ce fond de musc synthétique qui est exactement le même que dans Invictus et qui me gène terriblement. Enfin je pense qu’il s’agit de musc. Quelqu’un peut me confirmer ?

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par , le 29 mars 2019 à 04:30

Pas sûr que ce soit un musc. Ca peut être un boisé-ambré, ou une de ces notes gourmandes de sucre (veltol), sirop, fruit.

Je n’ai plus en tête cet hermès ou olympia, mais j’en profite pour digresser.

Il y a une mode chez les fabriquants pour les parfums "linéaires", comme les évoquent Luca Turin. *

Certains ingrédients synthétiques sentent pareil, qu’on en mette beaucoup ou très peu.
Il s’agit alors de faire des parfums qui ne contiennent que de ces ingrédients.
Ca plaît aux client(e)s parce que le parfum sent pareil dès les 1ères secondes et 2 heures après : lisibilité, impression de performance.
Exemple : Black opium, La vie est belle, ...

Par contre ça donne des parfums monotones, il n’y a pas d’évolution.
Ils sont difficiles à analyser en tant que passionné, parce que la composition semble comme dans un brouillard. Mais on commence à connaître les trucs.
Et il suffit d’être hypersensible à un ingrédient pour trouver le parfum hyper-lourd.
Personnellement j’aime bien les 2 parfums pré-cités, et il faut du talent pour les avoir fait, mais c’est difficile pour un passionné d’apprécier et de porter un parfum qui n’évolue pas.

Malheureusement la palette d’ingrédients linéaires n’est pas très grande. Et ces parfums sont parmi les best seller donc les marques se copient dessus. C’est pourquoi on a souvent l’impression d’avoir déjà senti le même parfum.

* Nouveau guide 2018, à "Black opium"
"A linear perfume is one which the materials (...) have the property of being both long-lasting and with a flat perceptual curve, meaning that a little smells not much different than a lot."

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par , le 30 mars 2019 à 16:22

Très intéressant ! Angoissant aussi, ces parfums qui ne "bougent pas" ont un côté très mécanique, non-vivant, hygiéniste ; ce serait un peu décevant de vivre dans un monde où l’on trouverait ça séduisant.

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par , le 1er avril 2019 à 08:15

"mécanique, non-vivant, hygiéniste"
C’est vrai qu’on est à l’inverse de la parfumerie classique. On est habitué à un équilibre "naturel & synthèse", à un parfum qui évolue, et qui transmet un message bien à lui, et qu’on peut marier à sa personnalité propre.

Néanmoins le marketing s’en sort avec les parfums linéaires en jouant sur la métaphore filé du "tatouage", du "marquage de peau". Et la pub vient compléter l’idée en jouant sur les symboles "effet de groupe (tribal, clanique), rite de passage"

Comme un tatouage, un parfum linéaire ne bouge pas, il ne fait que s’estomper et se ternir au fil du temps. C’est voyant et pourtant on oublie qu’on le porte.

Le "marquage de peau" rappelle l’aspect hygiéniste : le rituel de s’appliquer une odeur tenace le matin dans la salle de bain, qui va tenir jusqu’à la fin de soirée. On le met alors que ça sent pas génial. On est assez proche du déodorant dans l’usage.

Ces parfums sont impersonnels, génériques, donc les pubs vont associer ce marquage de peau à l’appartenance un groupe et/ou un rite de passage.
- j’appartiens à ceux qui ont pu se payer un parfum
- la pub pousse le curseur vers : appartenir au groupe de potes [pub black opium EDP] ; au groupe des gens cool avec des vêtements cool [idem] ; au groupe des adultes [toutes] ; au groupe des gens sexuellement actifs [toutes] ; au groupe de ceux qui rentrent en boîte/dîner de gala) [black opium EDP ; LVeB] ; au groupe des gaâagnants [Invictus] ; au groupe des gens optimistes [LVeB]).
C’est par opposition au parfum plus personnels, distinct, où on va plutôt mettre en avant "je suis unique, je suis un univers à moi tout seul, comme mon parfum", ou "je suis une déesse, mon parfum me transforme de normal à une version sublimée de moi-même".

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par , le 4 avril 2019 à 16:28

Merci pour ce commentaire intéressant, comme les autres que vous avez postés récemment d’ailleurs !
Le discours du marketing sur le parfum oscille souvent entre la promesse d’une appartenance sociale et d’une individuation, mais c’est vrai que cette symbolique "tatouage" est un truc nouveau (Mon Guerlain est à fond dessus, pourtant ce n’est pas le pire de ces parfums). Par contre c’est très éloigné de la comm Hermès, alors je ne sais pas comment ils vont se débrouiller...
C’est vrai qu’au fond dans ces parfums c’est l’esthétique du déodorant qui s’impose. C’est une poésie post-moderne sans doute un peu limitée : mon corps sent comme mes dessous de bras qui ne sentent rien !

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par , le 5 avril 2019 à 12:58

Vous allez me faire rougir (c’est cool que vous trouviez intéressantes mes logorrhées).
Vous me faites penser, en me faisant me relire, que j’aurais pu faire plus simple :

- un tatouage c’est plat, ces parfums sont assez plats (peu d’évolution)
- définir le "tatouage (de peau)" par opposition aux "parfums fourrures" de jadis

L’expression se perd. Lucas Turin l’utilisait pour dire de Femme de Rochas, qu’on a du mal à imaginer ce parfum sur une femme nue, genre tellement il fait habillé.
Oui parce que "parfum fourrure", ça ne veut pas dire "pour parfumer la fourrure", mais ... râh c’est un peu du registre de l’indicible, mais ce sont des parfums très habillés, avec du moelleux de la projection et beaucoup de notes. On parlerait d’effet 3D aujourd’hui, avec le côté "gras" -pour reprendre un vocable d’Elena- qui caractérise ces compositions avec des huiles essentielles et des macérations d’ingrédient animaux (au sens civette, musk, ambregris plouf dans l’alcool).
Je dis ça, car "parfum fourrure", ça a accidentellement la connotation négative inverse du parfum plat : c’est un peu trop, trop riche, ou trop habillé, ou trop poilu profond comme du tissus pour peluche.

Hermès n’est pas dans ce problème (que j’arrête d’être hors sujet).
Elena avait une esthétique à lui. (plutôt minimaliste pour dire vite)
Les classiques Hermès d’avant lui ont gagné en raffinement grâce à lui, les reformulations forcées les avaient un peu aplatie, il semble avoir améliorer les qualité des matières première (mon ressenti) et les orchestration après coup.

Nagel est une excellente nez, par contre j’ai lu qu’elle laissait des boisé-ambré dans ses colognes (citron noir -j’ai pas restesté-). (Je l’ai senti dans "cèdre sambac") Elena ne faisait pas ça, comme une sorte d’éthique de parfumeur, au sens où côté client ça pouvait être bof-bof, mais on pouvait s’en aspergé, ou l’acheter, et être sûr qu’aucun ingrédient bizarre vous passe l’humeur au papier de vers 2 heures après.
mes avis
. twilly : très très bien
. citron noir : bof ; cèdre sambac : trop fort (et redite sur "féminité du bois", je trouve) ; agar ébène : impressionnant effet cuir suédé (faut que je reteste) ; musc pallida : bof, iris quasi pur ; cardamusc : intéressant, dommage pour le prix
. galop : bien (trop tenace, je sens le sirop de coing des jours ; les clientes ont boudés, car c’est une rose au safran (presque un peu souffré au début (genre le bourgeon de cassis) or les non initié n’aiment pas ça, et les cliente hermès ne sont plus habitué aux parfums puissants, et c’est assez injuste pour elle car ça fait du mauvais bouche à oreille au sein d’hermès vis-à-vis de Nagel. Galop est plein de petites astuces de parfumeurs pour faire "cuir" avec du végétal en ingrédient naturel, je soupçonne la chamomille, l’absolu foin, le bourgeon de cassis, etc. La palette d’Elena pour Kelly calèche EDP et extrait, en somme.

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